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Actu-Environnement

Degrémont met en service la première STEP équipée d’un traitement micropolluants

Cette année 2012 sera celle de la mise en service de la première station d’épuration (STEP) en France conçue pour le traitement des micropolluants. Cette belle réalisation, signée Degrémont, annonce t-elle une évolution du marché du traitement de l’eau ?

De nouvelles pollutions à traiter : un principe de précaution ?

crédit photo Martigny Cedric

Certes, la qualité des eaux dans les pays développés est plutôt bonne. Les moyens de traitement sont répandus et solutionnent nombre de pollutions particulaires, azotées, carbonées ou bien encore phosphatées. Et pourtant, cela pourrait ne pas suffire à terme compte tenu des préoccupations croissantes en matière de micropolluants.

Ces polluants « discrets », bien que présents de manière très infime dans l’eau (on parle de micro-grammes voire de nano-grammes), perturbent les milieux récepteurs et de nombreuses études sont en cours concernant l’évaluation de l’impact sur la santé humaine.

Trois questions à :

Adriana Gonzalez Ospina, Expert en charge des micropolluants, Direction Technique et Innovation de Degrémont

• Quelle est la clientèle du traitement des micropolluants aqueux ?

Le traitement des micropolluants concerne à la fois le domaine des eaux usées (protection des milieux récepteurs et de la ressource en eau) et celui de la production d’eau potable. Nos clients sont donc les collectivités locales et les industriels.

• Faut-il opter pour des traitements tertiaires dès aujourd’hui ?

La règlementation ne l’impose pas mais nous pouvons dès aujourd’hui proposer les technologies nécessaires. Celles-ci sont éprouvées. Nous optimisons la complémentarité entre les équipements en place et les traitements additionnels requis. Evidemment le choix des techniques et les dimensionnements associés se font sur mesure, au cas par cas. Et les engagements en termes de performance sont spécifiés dans le contrat avec le client !

• Quelles sont les technologies mises en œuvre pour ce type de traitement ?

Pour traiter la quantité de micropolluants restants, environ 20%, à la sortie des STEP conventionnelles, nous pouvons avoir recours à divers procédés tels que le charbon actif ou l’ozonation voire à des technologies plus poussées telle que la nanofiltration ou l’osmose inverse.

Dix ans de R&D dédiée

En tant que partenaire du traitement d’eau, Degrémont a activement contribué aux programmes de recherche et développement menés par Suez Environnement depuis 2001 sur le traitement des micropolluants.

La réflexion a été menée globalement en prenant en compte le cycle de l’eau dans son ensemble : l’eau à traiter étant à la fois ressource (point de captage pour la production d’eau industrielle et pour la production d’eau potable) et rejet (eaux usées épurées).

Plus de 10 ans après le début des travaux de recherche, 2012 sera l’année de la mise en service en France de la première station d’épuration qui intègre le traitement des micropolluants.

Agir aujourd’hui pour anticiper

Alors qu’aujourd’hui aucun cadre réglementaire ne demande leur traitement, le Syndicat intercommunal des Bouillides, à Sophia-Antipolis (06) s’est positionné en précurseur en intégrant un traitement des micropolluants dans le cadre de l’extension de sa station d’épuration d’une capacité de 50.000 Equivalents Habitants (EH).

En effet, à l’heure actuelle, seule la mesure de certains micropolluants est concernée par la réglementation, leur traitement n’est pas encore rendu obligatoire.

L’émergence d’une prise de conscience collective

D’autres projets de STEP « nouvelle génération » pourraient voir le jour en France dans les prochaines années, y compris pour des petites installations de 10.000 EH.

Dans les appels d’offres, les demandes se multiplient, au moment d’une réhabilitation, d’une extension ou d’une construction d’une STEP, les élus traduisent les attentes de l’opinion publique et questionnent les constructeurs sur l’efficacité des filières de traitement sur ces polluants « émergents ».

Des solutions de traitement d’ores et déjà disponibles

Plateforme dessais pilote micropolluants du Centre de recherche Suez Environnement
Plateforme d'essais pilote micropolluants
du Centre de recherche Suez Environnement

Degrémont s’attache à répondre aux attentes de ses clients en leur proposant dès aujourd’hui des solutions de traitement évolutives pour permettre la mise en place ultérieure de traitements complémentaires en cas de changement éventuel du cadre réglementaire.

Toutes les solutions proposées prennent en compte systématiquement le coût global de traitement (investissement et exploitation).

L’exemple suisse

En Suisse, l’Office Fédéral de l’Environnement pilote un programme de 800 millions d’euros d’investissements pour la modernisation des stations d’épuration. En moins de 20 ans, 100 stations stratégiques, sur les 700 que compte le pays, seront équipées pour le traitement des micropolluants aqueux.

Les pollutions « modernes »

Le 31 janvier dernier, la Commission européenne a proposé d’ajouter 15 micropolluants aux 41 substances prioritaires selon la Directive Européenne 2000/60/CE.

Objectif : les réduire ou les supprimer entre 2015 et 2021. Un bon début mais insuffisant : les composés pharmaceutiques et cosmétiques, les herbicides, les insecticides, les fongicides et les biocides génèrent 2.000 substances potentiellement dangereuses. La liste doit être révisée tous les 4 ans. A suivre.

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