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RT 2012 : le comportement des occupants est essentiel !

Stéphane Grenier, responsable marketing chez Legrand, nous propose un avis d'expert sur la complémentarité réglementation thermique / comportement individuel pour atteindre des objectifs ambitieux d'optimisation énergétique dans le bâtiment.

8 février 2012, 19h : un nouveau record français vient d'être battu. Avec 101.700 MW, la consommation électrique dans notre pays a atteint un niveau encore jamais égalé après celui de décembre 2010. En plein débat sur la politique nucléaire de la France – près des 2/3 de la production de ce 8 février provenaient d'ailleurs de notre parc de centrales – peut-on se contenter d'annoncer chaque hiver un nouveau record ? Quels sont les leviers à activer, les actions à mettre en place pour ne pas dépasser les limites ?

Le bâtiment va évoluer grâce à la RT 2012

Coïncidence remarquable, quelques semaines avant le début de l'hiver, la Réglementation Thermique 2012 entrait en vigueur. A compter du 28 octobre 2011, la RT 2012 a remplacé la RT 2005 : elle s'applique à tous les permis de construire déposés depuis cette date pour les bâtiments neufs publics et tertiaires et les bâtiments à usage d'habitation construits en zone ANRU (gérées par l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine).

A partir du 1er janvier 2013, la RT 2012 entrera en application pour tous les types de bâtiments neufs dans tous les secteurs.

Dans le prolongement du Grenelle de l'Environnement, la RT 2012 fixe des objectifs ambitieux pour rendre nos bâtiments moins énergivores et améliorer notre performance énergétique. Cependant ces objectifs ne seront pas simples à atteindre. Ils nécessitent à la fois une forte mobilisation de toute la chaîne des acteurs participant à la construction des bâtiments et une vraie prise de conscience des utilisateurs de ces bâtiments afin que nous changions nos comportements. Ces deux facteurs doivent impérativement évoluer en parallèle pour que demain les résultats soient au rendez-vous.

Des obligations de résultats incontournables

Les postes réglementaires sur lesquels s'appuient la RT 2005 et ses différents labels sont reconduits au sein de la RT 2012. Les nouveautés consistent en une réglementation d'objectifs. Trois exigences de résultats sont demandées :

Une exigence d'efficacité énergétique minimale du bâti ou Bbio max : cette exigence définit une limitation simultanée du besoin en énergie pour les composants liés à la conception du bâti (chauffage, refroidissement, éclairage) indépendamment des systèmes énergétiques mis en œuvre. Le niveau d'isolation, la mitoyenneté et la conception bioclimatique (éclairage naturel, apports solaires, orientation des surfaces vitrées…) sont ainsi valorisés. Bbio max mesure donc les qualités intrinsèques du bâtiment : sa conception et son implantation.

Une exigence de consommation maximale d'énergie primaire ou Cep max : les 5 usages pris en compte dans la RT 2005 sont conservés (chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage et auxiliaires - les pompes et ventilateurs) mais le niveau de consommation d'énergie à ne pas dépasser est ramené à 50 kWh/m²/an. Cet objectif est modulé selon la localisation géographique, l'altitude, le type d'usage du bâtiment, la surface moyenne des logements, les émissions de gaz à effet de serre des énergies utilisées.

Une exigence de confort d'été ou Tic : la réglementation impose que la température la plus chaude atteinte dans les locaux au cours d'une séquence de 5 jours consécutifs de chaleur n'excède pas le seuil de température intérieure de confort. Le Tic vise à garantir une température de confort en été sans avoir à utiliser la climatisation.

D'autres avancées significatives

Outre ces exigences de résultats, la RT 2012 impose aussi des exigences de moyens couvrant des domaines tels que la perméabilité à l'air, l'éclairage, le recours aux énergies renouvelables et la mesure des consommations d'énergies :

Air : un bâtiment dont l'étanchéité à l'air est peu performante verra ses besoins en chauffage augmenter. Le traitement à l'étanchéité de l'air est donc une exigence et des tests sur le niveau d'étanchéité doivent être réalisés obligatoirement dans les logements collectifs.

Eclairage : la place de l'éclairage naturel est pris en compte au travers d'un seuil minimal d'1/6ème de la surface habitable du bâtiment à consacrer à la surface totale des baies vitrées. Des dispositifs automatiques doivent également être installés pour éteindre le système d'éclairage si la lumière naturelle est suffisante ou pour réguler le niveau d'éclairage en fonction de l'occupation de l'espace, voire l'éteindre complètement s'il est inoccupé.

Energies renouvelables : la RT 2012 impose le recours aux ENR pour les maisons individuelles ou accolées. Par exemple, la production d'eau chaude doit être d'origine renouvelable et les réseaux de chaleur doivent être alimentés à plus de 50% par une énergie renouvelable ou de récupération.

Mesure : tous les bâtiments ou parties de bâtiments, à usage autre que d'habitation, doivent être équipés de systèmes permettant de mesurer ou calculer les consommations d'énergie par zone de 500m², par étage ou par départ de plus de 80A et usages (chauffage, refroidissement, production d'eau chaude, éclairage, prises, centrale de ventilation). Concernant les logements individuels accolés ou les logements collectifs d'habitation, ils doivent être équipés d'appareils permettant de mesurer ou d'estimer, par poste, la consommation d'énergie de chaque logement afin d'informer les occupants à minima mensuellement de leur niveau de consommation d'énergie par usage.

L'occupant, consom'acteur des bâtiments

Avec l'application de la nouvelle Réglementation Thermique 2012, les utilisateurs en habitat et les exploitants des bâtiments vont donc pouvoir connaître les consommations. Donner de l'information fiable et l'afficher au plus près de l'occupant représente une avancée importante sur le chemin qui nous mène à des bâtiments moins énergivores. En effet, si les produits et les systèmes sont indispensables pour espérer répondre aux exigences de la RT 2012, le rôle de chacun d'entre-nous est lui aussi essentiel. Comme le conducteur d'une automobile peut surveiller la consommation de son véhicule grâce à un ordinateur de bord, l'occupant va pouvoir connaître plus précisément le niveau de consommation des bâtiments et agir en conséquence.

D'après la dernière enquête de l'Unaf (Union nationale des associations familiales), 90 % des foyers accordent de l'importance à l'efficacité énergétique des bâtiments. Et des expériences montrent que le fait de connaître la consommation d'énergie incite les consommateurs à changer de comportement ce qui permet de réduire la consommation de 10 à 15% ! Ne plus laisser les lumières allumées inutilement, régler le chauffage à la bonne température ou encore arrêter son téléviseur ou son ordinateur plutôt que de les mettre en veille représentent des actions simples que la majorité des consommateurs, ainsi devenus des consom'acteurs, peuvent choisir de faire.

L'exploitation : c'est 75% de la consommation du bâtiment !

En France, les bâtiments représentent 43 % de l'énergie utilisée et correspondent au premier poste de consommation devant les transports et l'industrie. Si la conception et la construction d'un bâtiment ont un impact important sur sa consommation, 75 % de sa consommation d'énergie est le fait de son exploitation pour une durée de vie de 40 ans en moyenne. Et d'ici à 2020, le bâtiment doit diminuer ses consommations d'énergie de 38%. En complément des évolutions qui se produisent dans la conception des bâtiments et des améliorations qui sont permises par l'installation des solutions produits, chacun a donc aussi un rôle à jouer pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par la RT 2012. Ce sont les conditions pour, progressivement, vivre dans des bâtiments à l'efficacité énergétique améliorée et transmettre aux générations futures des bâtiments valorisés et une planète en meilleure santé.

Avis d'expert proposé par Stéphane Grenier, responsable Marketing "Systèmes de distribution d'énergie tertiaire et industrie" chez Legrand.

Article proposé par Stéphane Grenier - Responsable Marketing Systèmes de distribution d'énergie tertiaire et industrie chez Legrand

Le 23/04/2012

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5 Commentaires

Gérard

Le 24/12/2013 à 14h05

Bonjour, Une maison BBC rt 2012, est mise en location.

Le locataire installe une gazinière avec 4 feux gaz, et four AU GAZ.
Il fait ce qu'il veut le locataire, personne ne va contrôler.

N'y a-t-il pas comme un problème au niveau sécurité ???

De plus il étend le linge dans la maison (98% des gens le font) et de nos jours, on lave beaucoup et encore plus lorsqu'il y a des enfants. On sait que les VMC sont du genre minimaliste dans ces maisons, , donc pour absorber toute la valeur d'eau du linge, dur dur....et une DF ne résoudrait pas le problème non plus.

Et aussi, la hotte aspirante est à recyclage à cause de l'étanchéité, donc avec les casseroles sur le gaz, ça va faire beaucoup...

Et on aura de la chance, si encore un poêle à pétrôle ou à gaz sans évacuation (sous prétexte d'illusoires économies) n'est pas installé au milieu du salon....

Et on n'est pas à l'abri que le locataire aille se plaindre que la maison neuve soit IN SA LUUUUU BRE comme ils disent à la télé.

On sait aussi qu'un locataire est cru sur parole et qu'on lui donne quasiment toujours raison.

Pour moi, ces maisons ne doivent surtout pas être mises en location, sinon ce sera une catastrophe.

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Nono

Le 11/03/2014 à 14h55

Bonjour,
Auto-constructeur (2nd oeuvre), je me penche sur le soucis de l'installation d'un poêle et d'une cuisinière. Muni d'une VMC x2 flux (Unelevent), pour éviter une dépression de la maison et des problèmes de CO2, je dois installer une entrée d'air spécifique pour le poêle (+1 trou). Pour la cuisine, une hotte efficace est une hotte aspirante (avec sortie extérieure => +1 trou). Pour peu, que je veuille une cuisinière à gaz (plus efficace et moins coûteuse qu'une électrique), faut que je rajoute une entrée basse et haute pour la cuisine !!! (+2 trous). Ça me fais un peu penser au poinçonneur des Lilas !! Faire des normes, c'est bien joli !! mais faudrait que le matériel (matériaux comme ustensiles) suivent le mouvement également !! Sans parler du budget : une installation de récupération des eaux de pluie, un puit canadien ou panneaux solaires sont amortissables sur du long termes (15-20 ans approx)... quand il n'y a pas de problèmes....

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Gérard

Le 14/03/2014 à 4h46

bonjour, si vous êtes soumis à la RT 2012, vous ne pouvez pas créer d'orifice, sauf peut-être pour un poêle ETANCHE (ça existe), mais c'est tout.
Pas d'entrée haute et basse pour la cuisine, d'ailleurs avec votre VMC DF il ne doit pas y avoir de risque d'asphyxie, et ça ne met pas la maison en dépression.
Il faut banir les fours à gaz, qui ne sont pas très agréables, et produisent pas mal de vapeur d'eau. A la rigueur des brûleurs à gaz passe encore. Mais beaucoup de gens passent à l'induction.
c'est une idée complètement fausse que le gaz revient moins cher que l'électricité pour cuisiner, surtout que la dépense pour cuisiner n'a rien à voir avec celle du chauffage. Et si c'est du gaz en bouteille ça revient plus cher, sans parler le fait de changer les bouteilles de gaz.
La RT2012 impose l'étanchéité à l'air, donc impossible d'avoir une hotte à extraction et de créer des orifices, sinon imaginez le test d'étanchéité. Une étude thermique est imposée et bien sûr, aucune fuite d'air tolérée.

Dans les constructions neuves (RT2012) il faut au moins une énergie renouvelable et souvent on est contraint d'avoir un chauffe eau thermodynamique qui est bruyant (dérangeant) et qui refroidit la maison s'il puise l'air à l'intérieur...
ça coûte cher, dans 12 à 15 ans, c'est HS et si l'économie est de 50% d'énergie, c'est le grand maximum.
Or avec un chauffe ordinaire, en faisant attention, on peut faire aussi bien.

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Igor barège

Le 26/04/2014 à 16h41

RT 2012 programme de contrôle des lobbys. Rien à envier à un stalinisme dans toute sa puissance. Ne pas la respecter c'est tomber automatiquement dans la corruption. La respecter c'est tomber dans la soumission à une dictature des plus corrompu. Que faire ? Faire sauter l'ensemble, normes, contrôles en tout genre etc.. Commençons peut être à ne plus donner crédit à ceux qui décident pour nous. Ne plus voter et ne plus donner tout pouvoir à des élus qui pensent que dans leurs intérêts personnels et dans ceux de leurs amis instigateurs de normes et de contrôles dans le seul but de gagner de l'argent, beaucoup d'argent.. Sous de pseudo prétextes d'intérêts écologiques dont ils se fichent plus que totalement. Tous les jours nous sommes témoin de trafiques d'influence et autres favoritismes et magouilles et j'en passe. Alors pensez-vous les normes, sociales, écologiques et compagnie ne servent qu'a justifier ce qu'elles vous couteront en faisant croire que ce n'est que dans notre bon intérêt. Ne les laissons plus faire et organisons nous pour ne plus subir la corruption généralisée.

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Gérard

Le 28/04/2014 à 19h23

Si j'avais besoin d'une maison, je ne ferais pas construire, je chercherais patiemment une maison existante qui me convienne. Si possible pas trop ancienne pour être isolée, et j'améliorerais l'isolation à ma guise.
Je mettrais une véranda plein sud, et je prendrais l'air réchauffé par le soleil pour le renouvellement de l'air extrait pour la VMC.
De toutes façons, l'air de la véranda même la nuit, sera moins froid que celui de l'extérieur, et dans la journée, il peut être à 25° facilement même en hiver. Pour l'été, il faudra dévier cette aspiration.
C'est une bonne alternative à la VMC DF, si on a une maison bien exposée.
il faut que la construction tombe à zéro pour qu'ils comprennent qu'ils exagèrent.

Quant aux chauffe eau thermodynamique, ça fait un bruit énorme, ça refroidit la maison si ça ne prend pas l'air dehors, et ça coûte cher.
Chez moi, j'ai réduit le débit et la pression de l'eau, j'ai mis une douche économique (débite peu), j'ai recouvert mon cumulus classique de 150 litres, pour compléter son isolation, et je consomme pas plus qu'avec un thermodynamique. Et en plus j'économise l'eau qui, nous dit-on est un bien précieux et qui dépasse 3 euros le m3.

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