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Les eaux superficielles et souterraines de France sont toujours autant polluées par les pesticides

Alors que le gouvernement vient de présenter son plan de réduction des risques liés aux pesticides, le rapport annuel de l'Ifen sur la qualité des eaux en 2003 et 2004 montre une qualité globale qui n'évolue pas au regard des années précédentes.

Eau  |    |  Actu-Environnement.com
La qualité globale des cours d'eau et des eaux souterraines est évaluée selon des grilles de notation qui intègrent plusieurs critères à mesurer rattachés à l'usage en eau potable et, pour les cours d'eau, aux besoins de la vie aquatique. La mesure des pesticides est l'un de ces critères de notation. Les eaux superficielles sont classées en cinq catégories : de Très Bonne Qualité à Mauvaise Qualité en passant par Bonne, Moyenne, Médiocre. Ainsi un cours d'eau de très bonne qualité permet la vie des organismes aquatiques et la production d'eau potable alors qu'un cours d'eau de mauvaise qualité ne peut plus satisfaire les équilibres écologiques ou la production d'eau potable. Les eaux souterraines sont classées en trois catégories : qualité Bonne, Médiocre ou Mauvaise. Ainsi, une eau souterraine de bonne qualité ne nécessite pas de traitements spécifiques aux pesticides pour produire de l'eau potable, une eau de qualité médiocre nécessite un traitement spécifique et une eau de qualité mauvaise est inapte à la production d'eau potable sauf autorisation exceptionnelle du ministère chargé de la Santé.

Depuis 1998, l'Institut Français de l'Environnement (Ifen) a développé un système d'information permettant d'établir régulièrement un état de la contamination des eaux par les pesticides. Cette évaluation de la contamination des milieux aquatiques permet d'attribuer une classe de qualité à chaque point de mesure réparti sur tout le territoire que ce soit pour les eaux de surface ou les eaux souterraines.
Comme chaque année, l'Ifen vient de publier les résultats des mesures effectuées en 2003 et 2004 sur plus de 10.000 stations de surveillance. Bien que ces points ne constituent pas un échantillon entièrement représentatif de l'ensemble des cours d'eau et des nappes souterraines du territoire national, ils permettent néanmoins de donner un aperçu de la contamination des eaux par les pesticides. Plusieurs molécules actives de pesticides sont recherchées et leur concentration mesurées.

Selon le rapport de l'Ifen, la contamination par les pesticides concerne l'ensemble du territoire, métropole et départements d'outre-mer (DOM). Elle touche aussi bien les eaux superficielles que les eaux souterraines, préférentiellement au niveau des zones anthropisées par l'agriculture et par l'urbanisation.
Les résultats de 2003 et 2004 sont globalement semblables aux années précédentes. Chaque année, dans environ 50 % des stations de mesures en eaux de surface, les limites de 0,7 µg/l pour au moins une substance et/ou de 2 µg/l pour la somme des concentrations des différentes substances présentes simultanément dans l'eau, ont été dépassées au moins une fois. Ceci signifie qu'environ 50 % des cours d'eau analysés ont une qualité moyenne voire mauvaise. En ce qui concerne les eaux souterraines, environ 30 % des nappes souterraines analysées ont une qualité médiocre à mauvaise pour l'usage en eau potable et nécessiteraient un traitement d'élimination des pesticides si elles étaient exploitées pour la production d'eau potable.
Dans les DOM, les données proviennent principalement des stations de surveillance des sources d'eau potable et sont très peu nombreuses. Cependant les premiers résultats d'analyses traités démontrent que malgré son interdiction depuis 1993, les niveaux de contamination des eaux par le chlordécone restent élevés dans les Antilles.

Même si l'Ifen se veut prudent en précisant qu'il y a de nombreux biais possibles dans les mesures, il semble que la qualité des eaux stagne, ce qui laisse présager que l'objectif européen de bonne état écologique des masses d'eaux pour 2015 fixé par la directive-cadre sur l'eau (DCE), sera difficilement atteint par la France.

Néanmoins l'Ifen se veut optimiste en précisant que la mise en place du système d'information sur l'eau et des contrôles de surveillance prévus par la directive cadre engendrera des progrès significatifs sur les données de contamination des eaux par les pesticides. En particulier au niveau de la représentativité spatiale des stations de mesures, de l'homogénéisation de la qualité des données et sur les durées de mise à disposition de l'information au niveau national.
Mais qui dit progrès sur les données ne dit pas systématiquement amélioration de la qualité de l'eau.
Néanmoins les méthodes de mesure évoluent et se font de plus en plus complètes. Le nombre de molécules recherchées continue à croître : en eaux superficielles, 459 substances différentes ont été recherchées en 2004 contre 408 en 2002. En eaux souterraines, 417 substances différentes ont été recherchées en 2004 contre 373 en 2002.
Les substances les plus quantifiées en 2003 comme en 2004 dans les eaux superficielles sont le glyphosate et son métabolite l'AMPA, l'atrazine et ses deux métabolites (atrazine déséthyl et la 2-hydroxy atrazine), le diuron, l'isoproturon et l'aminotriazole.
Les substances les plus quantifiées en 2003 comme en 2004 dans les eaux souterraines sont l'atrazine et ses trois métabolites (atrazine déséthyl, l'atrazine déisopropyl et la 2-hydroxy atrazine), la terbuthylazine déséthyl qui est un métabolite de la terbuthylazine, la simazine, l'oxadixyl et le diuron.

Mais si on connaît de mieux en mieux certaines molécules utilisées depuis longtemps en agriculture, ce n'est pas le cas pour toutes les nouvelles substances mises sur le marché et souvent plus toxiques à faible dose. Le plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides présenté le 28 juin dernier doit d'ailleurs permettre d'améliorer les connaissances et la transparence en matière d'impact sanitaire et environnemental des substances. De même, l'observatoire des résidus de pesticides (ORP) dont la coordination technique a été confiée à l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), constitue l'un des éléments clefs de ce dispositif. Il doit permettre de rassembler et valoriser les informations sur la présence des pesticides dans l'environnement afin de caractériser l'exposition de la population et des écosystèmes.
Du côté de CAP 21, la réaction est moins optimiste. Le parti écologiste déplore que le plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides ne soit pas de nature à enrayer cette dégradation inexorable des ressources en eau. En effet, celui-ci ne fixerait pas de véritables objectifs de réduction et se contenterait d'études ou de mesurettes. Seule la mise en place d'une politique de soutien à l'agriculture biologique et aux systèmes de production intégrés apparaissent véritablement efficaces pour supprimer ou réduire l'utilisation des pesticides de synthèse. Cette politique pourrait être complétée par l'instauration d'une taxe suffisamment dissuasive sur les pesticides calquée sur l'expérience danoise.
Même suspicion du côté du Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF) : ce n'est pas le plan interministériel pour la réduction des risques liés aux pesticides, totalement inconsistant, présenté début juillet, sans réduction globale des quantités de pesticides employées, qui va améliorer les choses ! La loi sur l'eau, qui prévoit de faire contribuer les agriculteurs à hauteur de 4% seulement des budgets des agences de l'eau, sera également sans effet sur cette pollution dramatique, commente F. Veillerette, Président du MDRGF.

Réactions7 réactions à cet article

 
Re:Re:Il n'y a pas que les pesticides...

on sait déja que ça fait baisser notre taux de fecondité par exemple.

bastien
 
 
Il n'y a pas que les pesticides...

Il n'y a pas que les pesticides qui polluent la terre.

Dans le Nord, une usine Coca-Cola. Sa station d'épuration équivaut à celle d'une ville de 110 000 personnes. Ses boues contiennent des traces de cobalt, chrome, mercure, plomb, zinc, ...et j'en oublie, des germes pathogènes, coliformes, staphilocoques, helminthes.., des nitrates et phosphates en quantité.

Que faire de ces boues? Des agriculteurs (pas tous) sont volontaires pour les épandre dans la terre. Pensez donc, c'est de l'engrais gratuit. Tant pis si seulement 60% des nitrates et phosphates sont utilisés par les plantes, le reste ira rejoindre la nappe phréatique. Après tout, on y a bien enfoui des farines animales contaminées, des fientes de volailles importées illégalement de Belgique et infestée, en pleine période de peste aviaire qui sévissait en Belgique et Pays-Bas en 2003.

Alors, pourquoi pas des pesticides? La terre n'est-elle pas une grande poubelle?

NYV | 24 août 2006 à 09h27
 
 
Re:Il n'y a pas que les pesticides...nucléaire

Bientôt il y aura aussi les déchets nucléaires qui seront aussi enfouis sous terre : voir le projet de Bures mené par l'ANDRA en France.
On nous dit que ces déchets seront confinés dans des emballages résistants : verre + béton + acier .
Donc tout va bien aujourd'hui pour nous.
Mais qu'en sera-t-il dans 1000 ans, durée de vie de certains déchets radioactifs?
Car ces déchets dégagent radiation et chaleur. Et on n'a pas d'expérience des réactions des couches géologiques à ces contraintes !!

Jean Ogier

ogier.jean | 24 août 2006 à 13h21
 
 
Re:Il n'y a pas que les pesticides...

Petites précisions concernant l'épandage des boues. Toute boue avant d'être épandue doit faire l'objet d'une analyse quant à sa teneur en éléments traces métalliques, en éléments fertilisants (azote et phosphore entre autres) et en composés traces organiques, et répondre à certaines normes de composition (teneurs seuils). L'épandage est également soumis à autorisation préfectorale et une même parcelle agricole ne peut recevoir plus de 30 tonnes de matières sèches de boues par hectare sur 10 ans. Ne connaissant pas la composition des boues de l'usine Coca Cola, je ne peux me prononcer à leur sujet, mais si elles sont épandues par certains agriculteurs c'est qu'elles en ont reçu l'autorisation. Le problème de l'impact environnemental de l'épandage des boues est complexe, mais sachez que c'est la meilleure façon de valoriser durablement les boues (comparé à l'incinération ou à l'enfouissement en centre de stockage), boues qui sont aussi issues de nos activités domestiques quotidiennes, rappelons-le. Et je ne suis pas sûre que tout le monde regarde l'étiquette des produits d'entretien avant de les utiliser chez soi... Nous contribuons aussi à enrichir le sol en molécules et éléments pas toujours désirés pour l'environnement! Donc à méditer...
En revanche, il est clair qu'il est temps de réagir plus fermement vis-à-vis des pesticides résiduels que l'on retrouve dans le sol et les ressources en eau (via l'agriculture, l'entretien des voiries communales et les activités des particuliers jardiniers), car on ne sait encore rien de leurs effets à long terme sur les organismes vivants, humains compris.
La Terre n'est pas une poubelle...!

MB | 24 août 2006 à 16h32
 
 
Des subventions nuisibles à l'environnement !!

IL EST TEMPS DE CHANGER.

La situation actuelle :
Les pesticides sont actuellement utilisés en grande quantité et polluent (voir l'article ci dessus).
Les pesticides permettent aussi d'améliorer les rendements agricoles.
Cette augmentation des rendements crée des surplus agricoles (au moins en Europe).
Avec pour conséquences :
- une baisse des prix des produits agricoles,
- une gestion coûteuse de ces surplus : stockage en entrepôts frigorifiques, destruction de stocks, vente à perte,...
- une politique ruineuse (pour l'U.E) de la PAC à cause de nombreuses subventions données aux agriculteurs pour :
+ soutenir les prix des produits agricoles européens, face aux prix mondiaux,
+ reconvertir les activités agricoles : arrachage d'arbres fruitiers, de plants de vigne, ...
+ indemnisation des exploitants de petites surfaces qui ne supportent pas cette concurence et doivent arrêter leur activité et/ou se reconvertir,
+ etc...

Une proposition pour une politique vertueuse en harmonie avec le développement durable :
1) Réduire de façon drastique l'usage de produits chimiques de toutes sortes : engrais, insecticides, pesticides... dans l'agriculture,
2) Limiter au maximum l'emploi des engins agricoles : moins de labourage, plus de traitements excessifs phito-sanitaires, ...


CETTE POLITIQUE aura de nombreuses conséquences POSITIVES et NEGATIVES.
Pour les conséquences POSITIVES :
A) limitation de consommation de matières premières : souffre, potasse, ... et de pétrole aussi,
AA) donc progrès écologique et pour le D.D.,
AB) amélioration de la balance commerciale de la France par la diminution des importations,

B) réduction importante de nombreuses sources de pollution et dégradations de l'environnement :
BA) CO2 dans l'atmosphère,
BB) produits chimiques dans les cours d'eau et nappes phréatiques,
BC) fumées et solvants émis par les usines de produits chimiques,
BD) etc...

C) réduction des coûts engendrés par ces activités polluantes dont la charge incombe à tous les français, tel que Plan SEVESO, organismes de contrôle des activités polluantes,

D) réductions des dépenses associées à ces pollutions :
DA) dépenses de santé :
DAA) traitements des cancers,
DAB) traitements des maladies respiratoires, etc...
DB) dépenses de remise en état original :
DBA) traitements des déchets : en déchets ultimes, en décharge, ...
DBB) dépollution des sites pollués : sols, batiments, déchets, laissés par les industriels,

E) amélioration de la qualité des produits agricoles qui seront plus proches de la "qualité-culture bio", que la qualité "culture chimique-intensive" actuelle,

F) et amélioration de la santé des citoyens qui vivront dans un univers moins pollué et se nourriront avec des produits alimentaires plus sains. ET DONC REDUCTION du TROU DE LA SECU....

G) moins de surproduction agricole :
GA) remontée des prix agricoles donc augmentation des prix de vente des agriculteurs,
GB) moins de surstocks de produits alimentaires et des coûts associés, et donc remontée des prix

H)baisse des coûts de production pour les agriculteurs qui achèteront moins d'engrais, de produits de traitement et de gazoil,

I) et d'autres avantages : moins de transport de matière premières, etc...,

BIEN SUR cette politique a aussi des CONSEQUENCES NEGATIVES :
J) baisse des rendements agricoles, donc baisse des revenus des agriculteurs; (mais il se pourrait que cette baisse soit compensée par la baisse des coûts H et l'augmentation des prix des produits agricoles GA),

K) baisse du C.A. de l'industrie chimique qui verra le volume de ses ventes baisser.
Si d'avanture on constatait que ces entreprises associées assez souvent à des grands groupes pétroliers avaient des problèmes financiers, il faudra peut-être leur octroyer des subventions. Est-ce que TOTAL-FINA-ELF, avec ses milliards de profits aura besoins de subventions?

MAIS AU FAIT les subventions que l'on donne aux agriculteurs, pour se payer des engrais et des pesticides, ... ne servent-elles pas à :
- fabriquer et répendre partout des produits chimiques polluants,
- constituer les PETITS PROFITS de nos chères compagnies pétrolières et autres multinationnales.

Tiens, tiens; ces subventions données aux agriculteurs seraient donc nuisibles à l'environnement. Mais bénéfiques pour quelques trusts. Ben zut alors.

A VOUS DE JUGER.

Jean Ogier

ogier.jean | 24 août 2006 à 17h39
 
 
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apendulum | 16 janvier 2007 à 06h34
 
 
Pour lire le rapport de l'IFEN

Pour en savoir plus sur les eaux de ma région j'ai trouvé ce rapport de l'IFEN sur :

http://www.observatoire-pesticides.gouv.fr/upload/bibliotheque/326389227265395634589566063065/ifen_pesticides_eau_2003_2004.pdf

michel | 22 septembre 2007 à 10h45
 
 

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