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Pesticide : l'Efsa pointe les risques du fipronil pour les abeilles

Le fipronil, matière active du pesticide Régent de BASF, présente "un risque aigu élevé" pour la survie des abeilles lorsqu'il est utilisé en tant que traitement des semences de maïs, prévient l'autorité européenne pour la sécurité des aliments.

Biodiversité  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

L'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) a rendu lundi 27 mai un avis dénonçant le risque "aigu élevé" du fipronil pour la survie des abeilles. Le fipronil est la substance active du pesticide Régent, fabriqué par le groupe allemand BASF, et utilisé en tant que traitement de semences de maïs. Cet insecticide à large spectre appartient à la famille chimique des phénylpyrazoles. Il est "utilisé pour contrôler divers insectes du sol au cours de la phase de croissance des larves et agit par contact et par ingestion", rappelle l'Efsa.

La Commission européenne avait demandé cet avis à l'agence en août 2012. L'Efsa relève un risque aigu élevé identifié pour le maïs associé à l'exposition des abeilles aux émissions de poussières issues des semences traitées par l'insecticide. En revanche, pour d'autres cultures, notamment le tournesol, "une évaluation complète des risques n'a pas pu être réalisée" faute de données et, par conséquent, le niveau de risque associé à une exposition à des poussières produites lors de l'ensemencement en lignes (c'est-à-dire lorsque les semences sont placées mécaniquement dans le sol puis recouvertes) "n'a pas pu être établi", a souligné l'Efsa.

Concernant l'exposition des abeilles via le butinage de pollen ou de nectar "contaminés", les études disponibles – études sur le terrain et études en conditions semi-naturelles – présentaient également "des lacunes et se sont donc révélées insuffisantes" pour établir le niveau de risque pour les abeilles associé à l'utilisation du fipronil pour le traitement des graines de tournesol et de maïs. Cependant, l'Efsa estime ce risque "comme étant peu élevé en ce qui concerne les légumes pour lesquels l'utilisation du fipronil est autorisée, car les abeilles ne butinent pas leur pollen ou leur nectar".

Plusieurs lacunes ont été identifiées "dans les données disponibles relatives à d'autres voies d'exposition potentielles" comme l'eau de guttation butinée par l'abeille notamment, ajoute l'Efsa.

Le fipronil déjà interdit en France

La France a déjà interdit depuis 2004 le Régent utilisé pour le maïs et le tournesol pour son impact sur les abeilles. Selon l'AFP, cinq pays de l'UE utilisent encore cet insecticide pour le maïs : l'Espagne, la Hongrie, la Bulgarie, la République Tchèque et la Slovaquie. Il est également utilisé en Belgique, en Roumanie et aux Pays-Bas, mais pour d'autres cultures que le maïs.



Le groupe BASF a désormais trois semaines soit jusqu'au 14 juin pour répondre à cet avis. La Commission européenne soumettra ensuite le cas du fipronil à un comité d'experts de l'UE pour une décision le 15 ou le 16 juillet, ont indiqué les services du commissaire chargé de la Santé Tonio Borg.



Dans un communiqué, BASF estime que le rapport de l'Efsa "n'a signalé aucun risque supplémentaire lié à l'utilisation des traitements des semences à base de fipronil". Le groupe souligne également que cette dernière évaluation effectuée par l'agence "se base en grande partie sur de nouveaux domaines de compétences qui posent questions et pour lesquels il n'existe actuellement aucun critère d'évaluation reconnu".

Vers un prochain retrait européen du fipronil ?

Suite à un avis de l'Efsa paru en janvier dernier, la Commission européenne a confirmé le 24 mai sa décision de restreindre pendant deux ans, à compter du 1er décembre 2013, l'utilisation de trois pesticides de la famille des néonicotinoides (la clothianidine, l'imidaclopride et le thiaméthoxame) fabriqués par les groupes Bayer et Syngenta, pour leur impact sur les abeilles.

Les pesticides contenant du fipronil pourrait être les prochains visés par Bruxelles. "Ce n'est pas en limitant l'utilisation des produits contenant du fipronil, que les autorités européennes parviendront à préserver la santé des abeilles. Au contraire, elles imposeront des contraintes supplémentaires à l'agriculture européenne et inciteront les apiculteurs à abandonner la lutte contre les vrais causes de mortalité que sont le varroa, nosema...", a prévenu Jürgen Oldeweme, vice-président du Département Sécurité produits et Affaires réglementaires de la division Protection des Plantes de BASF. "Nous sommes prêts à discuter avec l'Efsa et la Commission Européenne de nouvelles études à mener et des actions à mettre en place pour améliorer la protection des abeilles. Nous soutenons toute collecte de données objectives pouvant démontrer à nouveau la sécurité de nos produits", a-t-il ajouté.

Réactions2 réactions à cet article

 

Ce responsable de BASF déclare: "les autorités européennes (...) inciteront les apiculteurs à abandonner la lutte contre les vrais causes de mortalité que sont le varroa, nosema..."
Mais pourquoi BASF ne s'interesserait-il pas à ce marché nouveau: LA SANTE DES ABEILLES? C'est une chose largement aussi importante que la lutte contre les ravageurs des cultures.

ami9327 | 03 juin 2013 à 08h40
 
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C'est plutôt cocasse de voir sur ce site un commentateur s'interroger sur l'absence de BASF du marché de la santé des abeilles.

D'habitude, on voit plutôt fleurir les cacas nerveux dès qu'il s'agit de « pesticides ».

Mais M./Mme ami9327 a posé une bonne question. Une question qui démontre implicitement l'intérêt, voire la nécessité de ces vilains produits chimiques.

Dans le cas présent un produit chimique que de très nombreux Français apprécient... puisqu'il sert à antipucer nos animaux domestiques

Cela dit, je rejoins BASF quand ils affirment que l'évaluation de l'EFSA fait état de risques théoriques ne prenant pas en compte les bonnes pratiques d’utilisation.

Il y a, à la fin du document de l'EFSA un tableau récapitulatif des retours d'expérience des États membres. Très grossier puisqu'on n'y a que deux possibilités: risque identifié et évaluation non finalisée (celle-ci signifiant plus exactement, sauf exception, pas de risque identifié). Les seuls risques identifiés sont pour les poussières dans le cas du maïs.

Un risque, ça se gère.

Wackes Seppi | 03 juin 2013 à 12h53
 
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