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Changement climatique : l'acidification des océans s'accélère

Le rapport sur les effets de l'acidification des océans sur la biologie marine, présenté lors de la 12e réunion de la CDB en Corée, alerte sur la perte de biodiversité et ses impacts socio-économiques.

Biodiversité  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Changement climatique : l'acidification des océans s'accélère

"De façon quasiment inévitable, d'ici 50 à 100 ans, les émissions de dioxyde de carbone vont encore augmenter l'acidité des océans à des niveaux qui auront des impacts massifs, le plus souvent négatifs, sur les organismes marins et les écosystèmes, ainsi que sur les biens et les services qu'ils fournissent". Présenté à l'occasion de la 12e réunion de la Convention sur la diversité biologique (CDB) à Pyeongchang (Corée), le rapport sur les effets de l'acidification des océans sur la biologie marine fait la synthèse de résultats d'une centaine d'études sur ce sujet.

Les scientifiques ont ainsi montré que l'acidification des océans a augmenté d'environ 26% depuis l'époque pré-industrielle. A l'origine de cette diminution du pH ? L'émission d'ions hydrogène lors de la transformation du dioxyde de carbone dissous dans l'eau de mer, en bicarbonate (HCO3-).

Un quart du CO2 produit dissous dans l'océan

Le rapport estime que depuis 200 ans, l'océan a absorbé plus d'un quart du dioxyde de carbone produit par l'activité humaine.

Si des lacunes subsistent encore dans la compréhension de ces processus complexes, les scientifiques ont pu mettre en évidence quelques tendances générales. Certains organismes comme ceux à squelette calcaire semblent plus menacés. Le pH plus acide réduit la disponibilité des ions carbonates dans l'eau nécessaire à la formation du calcaire des coquilles ou squelettes.

"De nombreuses études montrent une réduction des taux de croissance et de survie des coraux, mollusques et échinodermes [étoiles de mer, oursins, concombres de mer, etc.]", pointe le rapport. "Toutefois, ces réponses sont variables, et certaines espèces pourront vivre dans des conditions de faible pH".

L'acidification de l'océan pourrait également altérer les systèmes sensoriels ainsi que le comportement des poissons et de certains invertébrés.

Certaines espèces d'herbiers, de phytoplanctons ou posidonie pourraient en revanche bénéficier de ces apports en dioxyde de carbone pour leur photosynthèse.

L'acidification de l'océan risque également d'impacter le cycle biogéochimique des océans : le rapport azote-carbone dans la chaîne alimentaire, la biodisponibilité du fer, etc.

L'acidité des océans varie naturellement au cours d'une journée, des saisons, à l'échelle locale et régionale et également en fonction de la profondeur d'eau. Selon les scientifiques, les écosystèmes et les habitats côtiers subissent une plus grande variabilité que ceux situés en haute mer.

Les impacts sociaux-économiques de l'acidification

"Les impacts de l'acidification des océans se ressentiront de manière plus aigue et rapide dans l'Arctique et l'Antarctique du fait des faibles températures, note le rapport, l'acidification pourra contribuer à une modification de l'abondance des différentes espèces de poissons, avec une répercussion potentielle sur les moyens de subsistance des communautés locales ".

Les effets de l'acidification s'observent déjà dans le secteur de l'aquaculture dans le Nord-Ouest des Etats-Unis qui connaît une mortalité élevée dans les écloseries d'huîtres.

Autre sujet d'inquiétude : les risques qui pèsent sur les barrières de coraux des zones tropicales. Près de 400 millions de personnes dépendent pour leur subsistance de ces habitats.

"Le coût global des impacts de l'acidification des océans sur les mollusques et les récifs coralliens tropicaux est estimé à plus de 1.000 milliards de dollars par an d'ici la fin du siècle", souligne le rapport.

Pour évaluer les conséquences de l'acidification, certains scientifiques se sont appuyés sur les événements qui se sont produits dans notre histoire. La période du Paléocène-Eocène (il y a 56 millions d'années) est ainsi considérée comme l'analogue historique le plus proche. Toutefois la vitesse avec laquelle l'océan s'acidifie aujourd'hui exclut une capacité d'adaptation pour de nombreuses espèces.

"Même si les émissions de CO2 sont réduites de manière significative, l'acidification des océans se poursuivra durant des dizaines de milliers d'années, les modifications considérables pour les écosystèmes, et la nécessité d'apprendre à vivre avec ces changements semblent donc certains", constate également le rapport.

Réactions12 réactions à cet article

 

Il est grand temps de prendre, au niveau mondial, les mesures nécessaires pour stabiliser au plus vite la population humaine, car les quelques 220 000 bouches à nourrir qui s'ajoutent chaque jour à la population mùondiale sont tous de futur consommateurs pollueurs.

René Varenge | 09 octobre 2014 à 12h05
 
 

citation ++"Même si les émissions de CO2 sont réduites de manière significative, l'acidification des océans se poursuivra durant des dizaines de milliers d'années,++
C'est ce que je pense depuis bien longtemps. Dommage que si peu des personnes en aient eu conscience au début quand les scientifiquesont commencé a alerter. Les océans et les organismes a squelette ou coquilles calcaires SONT LES SEULS A PIEGER DURABLEMENT LE CO2.
Mais pour le faire ils ne doivent pas être exposés a des teneurs trop forte: malheureusement c'est le cas. Il vaut mieux ne pas réflechir aux conséquences prévisibles d'une dissolution du calcaire et des concrétions calcaires sous marines (=coraux morts ou vivants). Imaginez qu'il n'y ait plus d'atolls, que les côtes calcaires soient rongées encore plus vite que la simple érosion mécanique.
Face a ce problème la recherche d'organismes capables de fixer le CO2 en condtions plus acides est peut-être une piste. Il n'est pas evident de savoir si le Calcium dissous aujourd'hui en mer provient d'une source NON calcaire ou si ne provient plus que de la dissolutiond'un calcaire ailleurs par l'éxcès de CO2. Si cette dernière option se vérifie nous ne pouvons plus rien faire........

ami9327 | 09 octobre 2014 à 12h16
 
 

"Les scientifiques ont ainsi montré que l'acidification des océans a augmenté d'environ 26% depuis l'époque pré-industrielle. A l'origine de cette diminution du pH ? "
1) Les océans sont alcalins, le pH variant de 7,4 à 8,2 selon la latitude. Dire qu'ils s'acidifient est incorrect: il faut dire que la basicité (ou l'alcalinité) diminue.
2) Il y a confusion entre la concentration en ions H+ et le pH, lequel suit une loi logarithmique. Si la concentration en ions H+ augmente de 26%, le pH diminue de 0,1 unité pH. Cette confusion est-elle voulue ? Comme l'article vient d'une dépêche de l'AFP, c'est très probable...

jipebe29 | 09 octobre 2014 à 13h07
 
 

Toutes ces remarques méritent d'être discutées, car le danger est imminent et les répercussions sur le Vivant de la Planète sans limites dans tous les domaines ,y compris l'Air que nous respirons . L'excès de CO2 et de S02 a des impacts visibles,pour ne citer que les pluies acides!
Et pourtant, l'eau minérale bicarbonatée aurait des vertus, sur les étiquettes!

arthur | 09 octobre 2014 à 13h49
 
 

Qu'elle soit temporelle ou géométrique l'action anthropique se fait désormais à l'échelle géologique : la dégueulassosphère est ouverte, bienvenue aux industries dépolluantes.

boaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

Si on persiste à rester techniciste et technophile qu'on admette alors le simplisme des solutions industrielles actuelles, et qu'on s'assied moins confortablement sur les principes de prévention et de précaution, avec l'humilité que devrait nous donner l'état des savoirs techniques du moment...

pedibus | 09 octobre 2014 à 14h09
 
 

Ido, en se basant sur 150 publications avec comité de lecture, démontre que l’augmentation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère et dans les océans est le plus souvent bénéfique au développement de la vie marine (coraux, algues, mollusques, poissons, …), car « l’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère terrestre peut être un phénomène POSITIF, augmentant la croissance des récifs coralliens, et les aidant même à mieux résister aux nombreuses agressions environnementales qui sont hostiles à leur bien-être ».
Ce n’est pas vraiment conforme aux prévisions cataclysmiques de cette « étude », qui n’est que de la propagande téléguidée par le Grand Machin Inutile.

jipebe29 | 09 octobre 2014 à 16h07
 
 

1) Si le taux de CO2 atmosphérique doublait (prévision du GIEC pour 2100) la quantité de CO2 dissous dans l’océan augmenterait très peu (env. 2%), parce qu’il y a 50 fois plus de CO2 en solution dans les océans que dans l’atmosphère.
2) Le CO2 est différent des autres substances que contient l’océan, qui peuvent altérer son bilan acide-base, en ce sens qu’il agit comme tampon chimique, et donc a peu d’influence sur le pH, dans la gamme des concentrations et de pH observés.
3) Les mers et les océans n’arrêtent pas d’éroder des quantités phénoménales des roches fortement alcalines, dont la dissolution va tendre à augmenter l’alcalinité des eaux.

jipebe29 | 09 octobre 2014 à 16h09
 
 

Dans son rapport sur les océans, la Royal Society dit que le pH aurait diminué de 0,1 unité pH depuis les valeurs « estimées » pour la période préindustrielle : « Calculation based on measurements of surface oceans and our knowledge of ocean chemistry indicate that this uptake of CO2 has led to a reduction of the pH of surface seawater of à.1 units, equivalent to a 30% increase in the concentration of hydrogne ions. » Evidemment, parler de 26% de variation du pH est absurde, car il y a confusion entre concentration en ions H+ et pH, qui est sur une échelle logarithmique, et l’objectif est de paniquer le lecteur… Mais cet article étant l’oeuvre de l’AFP, rien ne m’étonne, car il est coutumier de la désinformation et du mensonge…

jipebe29 | 09 octobre 2014 à 16h15
 
 

Une diminution de 0,1 unité pH correspond à une augmentation d’environ 26% de la concentration des ions hydrogène dans l’océan. Si nous continuons selon les scénarios envisagés pour l'utilisation des
combustibles fossiles et l'augmentation du CO2 atmosphérique le pH sera susceptible de diminuer de 0,3 à 0,4 unités d'ici la fin du 21ème siècle et la concentration en ions hydrogène (ou l’acidité) d’augmenter de 100 à 150% par rapport à sa valeur à l'époque préindustrielle.

L'eau de mer n’est pas en équilibre avec l'atmosphère (elle a maintenant une pCO2 de 151 ppm, tandis que le niveau de la pCO2 de
l'atmosphère est de plus de 390 ppm), et par conséquent elle absorbera du CO2 jusqu'à ce que la pCO2 de l'eau de mer soit aussi égale à plus de 390 ppm, ce qui a pour conséquence de diminuer pH qui est alors de 7,83

Une hausse de 2°C des températures entrainera une baisse d’environ 10% de l'absorption du carbone par les eaux de surface. Le réchauffement des océans envisagé devrait également modifier la circulation océanique, réduisant encore davantage leur capacité à
absorber le CO2 atmosphérique, mais l'excès de CO2 restera dans l'atmosphère et continuera d’acidifier les océans.

À l'heure actuelle, les effets sont limités essentiellement aux 200-
500 premiers mètres de l'océan, mais chaque année ils se font ressentir un peu plus profondément et le bilan global à cette rapidité et pour l'humanité est négatif comme on le constate de plus en plus.

Scientifique | 10 octobre 2014 à 00h14
 
 

L'altération des roches continentales augmente l'alcalinité de l'eau de mer ainsi que sa capacité à compenser la baisse du pH. La neutralisation de tout le CO2 lié à l'activité humaine qui pénètre
dans les océans par ce mécanisme nécessiterait plusieurs centaines de milliers d'années. Par conséquent à l’échelle de temps intéressant
l’humanité (de la décennie à quelques siècles), ce processus n'est pas assez rapide pour atténuer de manière significative l'acidification des océans.

Coraux : si la photosynthèse des zooxanthelles venait à augmenter sous une élévation du CO2, cela ne profiterait pas nécessairement aux coraux. Dans la grande majorité des expériences, le taux de calcification des coraux diminue lorsque le niveau de CO2 augmente, il est donc clair que l'augmentation des émissions de CO2 diminue la capacité des coraux à construire leur squelette plutôt que de les protéger, en altérant la photosynthèse des zooxanthelles. Les coraux ont essayé de s'adapter à des concentrations en ion carbonate plus faibles depuis plusieurs millions d'années, mais ils n'ont pas été capables de s’imposer face à des algues et autres espèces non calcifiantes. Il est donc peu probable que les coraux parviendront à s'adapter aux nouvelles conditions de température et de chimie des eaux en quelques décennies.

Les océans pourraient être peuplés par des espèces qui sont moins utiles rendant les ressources et les services fournis par les écosystèmes modifiés indisponibles.

Scientifique | 10 octobre 2014 à 00h26
 
 

Une preuve des effets écologiques de l'acidification des océans peut être trouvée actuellement sur des sites où des sources volcaniques naturelles de CO2 acidifient naturellement l'eau et où de petites bulles de CO2 s'élèvent vers la surface. A l’un de ces sites autour de l'île d'Ischia (Italie) par exemple, la biodiversité est réduite de 30% pour un niveau d'acidité qui correspond au niveau attendu en 2100.

Le danger de l'acidification des océans est lié à sa rapidité, à la concentration de CO2 dans l'atmosphère attendue et à l'ampleur prédite du changement du CO2 dans l'atmosphère si nous continuons à émettre du CO2 à la même vitesse. La hausse actuelle du CO2 atmosphérique est d’environ 2 ppm par an et le CO2 atmosphérique a
augmenté de plus de 100 ppm depuis le début de la révolution industrielle. Dans la transition entre la fin du dernier âge glaciaire à la période chaude actuelle, les concentrations de CO2 ont augmenté de 80 ppm en plus de 10 000 ans. Aujourd'hui, l'accroissement du CO2 dans l'atmosphère est donc environ 100 fois plus rapide que la plupart des grands changements observés au cours des temps géologiques. Le taux de changement du pH et l’ampleur de ce changement présentent des problèmes importants pour les organismes qui se sont développés dans un océan qui a connu de faibles et lents changements de pH par le passé.

Scientifique | 10 octobre 2014 à 00h36
 
 

Je ne sais s'il y a un rapport, mais depuis plus de 20 ans je passe une semaine par an aux Sables d'Olonne, et sur la plage "la Paracou" depuis quelque années il n'y à plus aucun coquillage à ramasser, disparus, envolés.Le sable aussi disparaît d'après les gens du coin. Les crabes sont rares et les algues vertes augmentent.

renault | 11 octobre 2014 à 17h39
 
 

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