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Consommation durable : le signal prix est indispensable pour un changement de comportement

Le confort serait-il l'ennemi de l'environnement ? Pour les Français, la contrainte financière ou les incitations sont déterminantes dans l'adoption de comportements vertueux. En revanche, si leur bourse n'est pas touchée, le confort est privilégié.

Dev. Durable  |    |  Actu-Environnement.com

Si les Français se disent de plus en plus sensibles à l'environnement, dans la pratique, certains comportements ont la vie dure. Le tri des déchets est très ancré, le choix d'une meilleure consommation progresse, la lutte contre le gaspillage aussi. En revanche, la dépendance à l'automobile reste forte. Pour les économies d'eau et d'énergie, le critère financier est déterminant pour changer les comportements.

 
Les pratiques environnementales des Français en chiffres 0,5 % utilisent le solaire thermique,
9 % possèdent un système de climatisation,
32 % possèdent au moins deux voitures,
34 % produisent et consomment leurs propres légumes,
44 % ont acheté au cours du dernier mois des produits bio,
60 % utilisent exclusivement leur voiture pour aller travailler,
68 % utilisent exclusivement leur voiture pour faire leurs courses alimentaires,
68 % trient le verre usagé, les emballages, les plastiques, le papier et les déchets alimentaires,
74 % ont fait attention à la consommation d'énergie lors de l'achat d'appareils électroménagers,
81 % déclarent éteindre complètement le téléviseur sans le mettre en mode veille,
86 % font attention à la consommation d'eau,
92 % suivent l'évolution de leur facture d'électricité.
 
Globalement, ''le degré d'adoption des pratiques environnementales varie suivant qu'elles s'appliquent aux déplacements, au logement ou aux achats. (…) Selon la situation, des contraintes plus au moins fortes viennent en effet freiner le changement des habitudes'', note le Commissariat général au développement durable (CGDD) dans une étude sur Les perceptions sociales et les pratiques environnementales des Français de 1995 à 2011''.

Consommation d'énergie et chauffage : des pratiques contrastées

Le chauffage représente 69 % de la consommation d'énergie des ménages, la production d'eau chaude 10 %, la cuisson 2 % et l'électricité spécifique 15 %.La consommation d'énergie pour le chauffage est en baisse de 7 % depuis l'année 2000 alors que la consommation d'électricité spécifique augmente de près de 50 % entre 1990 et 2010.

Eteindre la lumière en quittant la pièce, attendre que la charge soit pleine avant d'utiliser la machine à laver ou le lave-vaisselle, ou éteindre les appareils lorsqu'ils ne sont pas utilisés sont des pratiques quasi systématiques (plus de 90 % des enquêtés déclarent le faire toujours ou souvent fin 2010 comme en 2008). En revanche, couper le mode veille des appareils électroniques ou baisser le chauffage pour limiter sa consommation d'énergie sont des pratiques un peu moins fréquentes (respectivement 65 % et 78 % en 2008).

En moyenne, le chauffage d'un logement français est à 20°C, contre 19°C conseillés. Ceux qui disposent d'un chauffage collectif chauffent plus que les autres. Ils sont moins nombreux à effectuer un suivi de leurs consommations, leur facture ne dépendant pas directement de leur propre consommation. Alors que ''les ménages ayant un chauffageindividuel sont directement confrontés au prix de l'énergie et voient leur comportement se traduiredirectement sur leur facture ce qui les incite à être plus attentifs''. Les ménages les plus aisés chauffent généralement davantage, pour des raisons de confort, et ceux ayant fait l'acquisition d'un logement récent également. Enfin, les ménages avec enfants chauffent en moyenne davantage que les autres.

Pour l'eau, le critère financier est également déterminant. ''Les ménages qui paient l'eau en fonction deleur consommation effective sont 65 % à être équipés d'appareils électroménagers à faible consommation d'eau, 70 % à êtres équipés d'une chasse d'eau à plusieurs débits et 49 % à utiliser des robinetteries à débit limité. Ces proportions tombent respectivement à 51 %, 42 % et 30 % pourles ménages qui ne payent pas l'eau sur la base de leur consommation effective'', note le rapport.

Le signal prix est le facteur déterminant

On le voit, le confort pèse beaucoup dans les comportements des Français. Ils ne sont pas prêts à y renoncer pour des questions environnementales, comme le prouve ''le taux d'équipement en climatiseurs, appareils particulièrement énergivores, [qui] a doublé en cinq ans''.

Souvent, le signal prix est l'élément déclencheur. La hausse des coûts de l'énergie et du carburant entraîne des pratiques d'économies tandis que la mise à disposition de produits vertueux à des prix abordables (électroménager, produits bio…) est souvent une condition de leur succès. Seuls ''les plus aisés tiennent plus souvent compte des caractéristiques environnementales des produits, ce qui pourrait s'expliquer par le fait qu'elles jouentaprès le prix sur les choix de consommation''.

Réactions2 réactions à cet article

 

Je m'étonne de ce chiffre : "34 % produisent et consomment leurs propres légumes"...
Pouvez-vous citer la source de cette enquête car ce chiffre me paraît très élevé ...
Article très intéressant par ailleurs !

Antonin | 02 novembre 2011 à 10h07
 
 

Bonjour,

Le lien vers l'étude se trouve dans le deuxième paragraphe sur les mots "pratiques environnementales".

Bonne lecture !

La Rédaction | 02 novembre 2011 à 10h27
 
 

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