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Existe-t-il un lien entre les installations nucléaires et les leucémies de l'enfant ?

L'état actuel des connaissances ne permet pas de conclure à l'existence d'un tel lien. Même si quelques études ont pu montrer la présence d'excès possibles. Explications.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

Le groupe de travail chargé par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) de faire un état des lieux des connaissances sur le risque de leucémies chez les enfants vivant au voisinage des installations nucléaires a remis son rapport en avril dernier. Ses recommandations viennent d'être présentées à la presse.

Des excès de leucémies confirmés dans trois sites sur 198

Les leucémies représentent 30% des cancers de l'enfant : 470 nouveaux cas par an de 0 à 14 ans et 80 de 15 à 19 ans, en France. "Des progrès thérapeutiques considérables sont notés depuis 30 ans avec un taux de guérison de 80% dans les leucémies aiguës lymphoblastiques (75% de l'ensemble) et de 60 % dans les leucémies aiguës myéloblastiques", souligne le rapport.

C'est suite à des inquiétudes suscitées en 2007 par une étude allemande faisant état d'une augmentation d'incidence des leucémies de l'enfant âgé de moins de 4 ans dans un périmètre de 5 km autour des centrales nucléaires que les autorités française avait décidé la création d'un groupe de travail sur cette question.

Une revue critique des études épidémiologiques publiées a été effectuée en avril 2008 par l'IRSN, complétée depuis par une veille bibliographique. Selon ce rapport, sur 198 sites nucléaires répartis dans dix pays différents, trois sites montrent des excès confirmés : Sellafield en Angleterre, Douneay en Ecosse et Kruemmel en Allemagne. Pour trois autres sites, les excès sont considérés comme possibles mais ne sont pas confirmés : Aldermaston et Burghfield en Grande-Bretagne, La Hague en France.

Des facteurs mal connus

Alors peut-on dire que le lien est établi entre installations nucléaires et leucémies ? Quelles sont les causes de la maladie ? "Il est difficile de répondre de façon formelle à ces questions, en raison de l'hétérogénéité des leucémies, de l'intrication possible de plusieurs facteurs étiologiques, de la complexité méthodologique des études", indique Danièle Sommerlet, professeur de pédiatrie et présidente du groupe de travail.

En outre, les leucémies se caractérisent par un développement multi-étapes marqué par des anomalies génétiques successives, dont la première survient probablement in utero (1% des nouveau-nés), constituant un "clone préleucémique" dont l'évolution peut aller dans 1% des cas vers une leucémie. Cette évolution peut se faire sous l'effet de facteurs multiples associant l'environnement, le rôle de gènes de prédisposition, une dysrégulation immunitaire….

Si le risque de cancer est avéré pour des expositionsà forte dose, en revanche, "les connaissances actuelles sur les effets des radiations ionisantes à faible dose ne permettent pas de conclure à une relation causale et les rares agrégats de leucémies à proximité de certaines installations nucléaires demeurent inexpliqués", indique le rapport.

Poursuivre les recherches

D'où les préconisations du groupe de travail de poursuivre et développer les recherches épidémiologiques en cours, couplées à l'étude des expositions à d'autres substances cancérigènes potentielles et des facteurs génétiques favorisant la leucémogénèse.

Le rapport préconise également de recenser les catégories de sites nucléaires à prendre en compte dans ces études et d'en identifier les caractéristiques. A l'initiative de l'IRSN, une évaluation des méthodes utilisées dans les études épidémiologiques sera effectuée. Son objectif ? Parvenir à un consensus international sur le plan méthodologique.

Sans oublier l'information de la population qui doit passer par "une communication claire, en dépit des incertitudes scientifiques".

D'ores et déjà, la DGS et l'Institut national du Cancer (INCa) ont inscrit au Plan cancer la création d'un nouveau groupe de travail sur l'information et la communication.

Enfin, l'ASN, la DGS et la DGPR ont décidé de mettre en place un comité de suivi pluraliste de ces actions avec des représentants de différentes institutions, en y associant des représentants du groupe de travail.

En bref, comme le souligne Jean-Christophe Niel, directeur général de l'ASN, "il est nécessaire de mener des actions de long terme", tant les incertitudes scientifiques paraissent encore importantes.

Réactions1 réaction à cet article

 

pour ma part ,je trouve sage et prudent de poursuivre encore plus loin des recherches .
il m'apparait evident que la proximitè d'une centrale nucleaire puisse ne pas etre sans incidence en particulier sur les population les plus sensible et vulnérables a savoir : LES ENFANTS..........

vévé | 09 novembre 2011 à 11h11
 
 

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