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Le 1er février, les Français étaient appelés par le collectif d'associations environnementales L'Alliance pour la Planète à éteindre leur éclairage et leurs appareils électriques en veille entre 19h55 et 20h00. Selon le gestionnaire du réseau de transport d'électricité RTE qui a surveillé avec attention le comportement du système électrique, une chute brutale de la consommation d'électricité d'environ 800 MW a été observée, soit une baisse de plus de 1% de la consommation totale en France ou l'équivalent de la consommation d'une ville comme Marseille. Autrement dit, selon une première estimation, cette baisse correspondrait à la consommation de l'éclairage et des appareils en veille d'environ 3 millions de ménages.
Pour Anne Bringault, directrice des Amis de la Terre, l'action a dépassé toutes nos espérances, et mobilisé bien au-delà des réseaux militants. Cet événement populaire confirme que les gens sont très concernés et prêts à agir concrètement, ajoute-t-elle. De nombreuses collectivités mais aussi des restaurants, des salles de spectacles, des entreprises avaient prévu d'offrir cinq minutes de répit à la planète. Résultats, selon les Amis de la terre se sont éteints des milliers de foyers, mais aussi la Tour Eiffel, la basilique de Fourvière à Lyon, l'Arc de Triomphe à Montpellier, la place du Capitole à Toulouse, la cathédrale de Reims, le Colisée à Rome, l'université de Montréal , la chambre des députés des Pays Bas et d'Allemagne, et de nombreux lieux dans plus de 20 pays !
À l'heure où plus de 500 experts du climat sont réunis à Paris, cette action s'est surtout voulue symbolique dans l'espoir d'attirer l'attention des citoyens, des médias et des décideurs politiques sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action. Pourtant, dans son dernier bilan des consommations d'électricité en France, RTE signale que la consommation intérieure d'électricité en 2006 est en retrait de 1 % par rapport à 2005, avec un cumul annuel atteignant 478,4 TWh, soit 4,8 TWh de moins. Cependant, ce recul est imputable principalement à la baisse de la consommation des grandes entreprises industrielles du secteur énergétique. En effet, la consommation du secteur résidentiel a augmenté de 2 % en 2006 par rapport à 2005.
Il semblerait que cette surconsommation ne soit pas le fait du chauffage des habitations ou de l'eau chaude sanitaire mais de l'utilisation des appareils électroménagers toujours plus nombreux dans chaque foyer. Si les caractéristiques énergétiques font désormais parties des critères de choix lors de l'achat du gros électroménager notamment grâce aux étiquettes énergies, de nombreux équipements comme les magnétoscopes, les lecteurs de DVD, les décodeurs ou encore les paraboles ne sont pas dotés de ce type d'étiquette. Ajoutons à cela une tendance à les laisser en veille. Au final, ces équipements représentent aujourd'hui plus de 20 % des consommations d'électricité du secteur résidentiel. Rien que les téléphones portables représenteraient par exemple une consommation électrique de 1TWh/an.
Les économies d'énergies sont donc plus que jamais à l'ordre du jour même outre-atlantique. Aux Etats-unis et plus particulièrement en Californie les économies d'énergies pourraient en effet se traduire prochainement par l'interdiction progressive des ampoules à incandescence d'ici à 2012. En effet, Le député démocrate Lloyd Levine doit déposer un projet de loi en ce sens. Rappelons que la lumière produite par une lampe basse consommation (LBC) de 15 W équivaut à celle provenant d'une « ampoule » classique de 60 W. Autre avantage, la première a une durée de vie 6 à 7 fois supérieure à la seconde ! Selon l'ADEME, si tous les ménages s'équipaient d'une LBC supplémentaire de 18 W pour remplacer une lampe de 75 W, la puissance évitée serait de 1,4 GW soit une économie de 850 GWh sur les 600h de durée de vie des ampoules classiques.
F .LABY
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