En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

L'obsolescence programmée, bientôt interdite ?

Le groupe écologiste du Sénat a déposé, le 18 mars, une proposition de loi pour lutter contre l'obsolescence programmée et faciliter la réparabilité des produits. Elle pourrait être intégrée à la loi de consommation, prévue avant l'été.

Dev. Durable  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
L'obsolescence programmée, bientôt interdite ?

Alors que les associations de défense de l'environnement et des consommateurs dénoncent l'obsolescence programmée depuis des années, une proposition de loi, déposée le 18 mars par le groupe écologiste du Sénat, vise à lutter contre ce phénomène et à organiser une économie de la réparation. Les sénateurs souhaitent également lancer une réflexion sur l'économie de fonctionnalité, en demandant au gouvernement un rapport sur ce sujet.

Le texte vise d'abord à donner une définition à l'obsolescence programmée, la plus large possible pour englober les différents types d'obsolescence (matérielle, logicielle…) des produits. Ainsi, "l'obsolescence programmée est l'ensemble des techniques par lesquelles un fabricant ou un importateur de biens vise, notamment par la conception d'un produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d'utilisation potentielle de ce produit afin d'en augmenter le taux de remplacement". Introduction volontaire d'une défectuosité, fragilité, arrêt programmé, limitation technique, impossibilité de réparer et non-compatibilité logicielle sont notamment visés dans l'exposé des motifs.

Ces stratégies, mises en place par les industriels lorsque les taux d'équipement des ménages sont devenus tels que le marché ne portait quasiment plus que sur le renouvellement des produits, pourraient ainsi devenir un délit, punis d'une amende de deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 37.500 euros.

Durées légales de garantie et de conformité

Explications de Jean-Vincent Placé, auteur de la proposition de loi
Explications de Jean-Vincent Placé, auteur de la proposition de loiMarie Jo Sader
 
Le texte propose d'étendre la durée légale de conformité à trois ans en 2014, quatre ans en 2015 et cinq ans en 2016, contre deux actuellement. Les associations, consultées au cours des mois précédant la rédaction de cette proposition de loi, auraient aimé que cette durée légale soit augmentée à dix ans. "Nous avons voulu trouver un compromis", explique Jean-Vincent Placé, l'un des auteurs de la proposition de loi.

En 2004, le plan national de prévention de déchets prévoyait la mise en place d'une norme expérimentale sur la durée de vie des produits. La norme avait alors été préférée à la garantie car cette dernière "suppose de surmonter le problème posé par les conditions aléatoires d'utilisation des produits par les consommateurs", précisait le plan. Mais les travaux commandés à l'Afnor et à l'Ademe sur cette norme n'ont jamais abouti…

"La plupart des produits sont fiables pendant au moins cinq ans, les fabricants ne devraient donc pas être particulièrement pénalisés par cette mesure. L'allongement de cette garantie peut même constituer un avantage concurrentiel", estiment de leur côté les sénateurs écolos. "Regardez le constructeur automobile Kia, il a fait de sa garantie sept ans un véritable argument marketing. Et cette marque se porte plutôt bien sur le marché aujourd'hui", illustre Jean-Vincent Placé.

L'article 3 prévoit une augmentation du délai de couverture des défauts de conformité, de six mois à deux ans. "Actuellement, les défauts de conformité qui apparaissent dans un délai de six mois à partir de la délivrance du bien sont présumés exister au moment de la délivrance, sauf preuve du contraire", détaille l'exposé des motifs.

Réparabilité et pièces de rechange

La proposition de loi prévoit également la mise à disposition des pièces détachés indispensables à la réparation d'un produit pendant au moins dix ans, mais aussi la disponibilité de la notice de réparation. "Les éco-organismes doivent être, par ailleurs, incités à prélever des pièces détachées sur les équipements usagés collectés lorsque la réparation n'est pas possible, en vue de la réparation d'autres produits de même type", ajoute l'exposé des motifs. L'article 5 prévoit aussi qu'un des critères de fixation de l'éco-contribution porte sur l'allongement de la durée de vie des produits, et notamment l'amélioration de leur réparabilité.

Des impacts encore incertains

Cette proposition de loi implique donc un profond bouleversement du modèle économique actuel. Les impacts positifs, on les devine aisément : moindre usage des ressources, diminution de la production des déchets, développement d'une économie locale de la réparation... Une étude de 2012 de l'Ademe sur le secteur de la réparation en France indique que, de 2007 à 2009, le nombre d'entreprises des secteurs de la réparation de biens d'équipements (électronique, électroménager, cordonnerie, horlogerie et bijouterie) était en baisse de 1 à 10 % alors qu'à partir de 2009, la tendance a commencé à sinverser, sauf pour l'électronique (baisse de 3%).

Mais quels impacts sur le modèle économique des fabricants, voire des distributeurs qui vendent aujourd'hui aux consommateurs des extensions de garantie correspondant à 10 – 15% du prix de vente ? Et comment être sûr que le report de ces mesures sur le prix de vente final soit limité pour garantir le pouvoir d'achat des ménages ? Le débat sur l'obsolescence programmée, organisé le 23 avril au Sénat par le groupe écologiste, répondra probablement à ces questions.

Réactions33 réactions à cet article

 

Dommage qu'il faille légiférer pour interdire une telle pratique...

C'est un bon début mais ça laisse un goût amer, 37500 euros d'amende, c'est cacahuète.

Car qui utilise l'obsolescence programmée ?
- La petite boite qui s'efforce de pénétrer un marché et fidéliser son client ?
- Ou les blockbusters tellement bien implantés qu'ils en sont devenus intouchables ?

Malgré tout, il eût mieux fallu que ce soit l'acheteur qui s'auto-moralise pour planter les boites qui avaient (et ont encore) le toupet de nous prendre pour ... ce que nous ne sommes pas (...tous).

Hannicare | 21 mars 2013 à 17h23
 
 

Pour lutter contre l'obsolescence programmée il faut avoir des preuves tangibles de son existence. Dans certains cas ce sera possible... Là ou il est clairement plus facile d'agir c'est au niveau des réparations: il faut que PAR CONCEPTION les objets soient réparables et l'obligation de tenir à disposition pendant 10 ans les pièces de rechanges peut être un argument massue pour dissuader les fabricants de multiplier sans cesse les modèles. dans les domaines informatiques et télecom ou le rythme des nouveautés est si rapide le délai de 10 ans devrait être adapté.
L'autre aspect plus compliqué est de pouvoir faire des réparations pour des couts raisonnables et non pas tels qu'ils découragent toute intervention. L'impact sur l'emploi est un argument important à notre époque: surtout que ce ne sera pas délocalisé (si la loi y a veillé...!)

ami9327 | 22 mars 2013 à 00h00
 
 

personnellement sa denerais confiance d'invertir dans des produit technologique de qualiter (imprimante a0,imprimante 3d,guitare électronique,etc)

gab | 22 mars 2013 à 03h08
 
 

La consommation collaborative sera aussi une très bonne alternative. L'usage qui prime sur la possession permettra aux constructeurs une remise en question, de gérer une vraie maintenance et donc de faire des produits plus solides au départ .

Céline TIPKIN | 22 mars 2013 à 09h26
 
 

« La plupart des produits sont fiables pendant au moins cinq ans, les fabricants ne devraient donc pas être particulièrement pénalisés par cette mesure... » (Jean-Vincent Placé) ?

Encore une loi pour (presque) rien. De l'avis même de son auteur !

Wackes Seppi | 22 mars 2013 à 09h40
 
 

UNE NOUVELLE MALADIE PLUS GRAVE QUE LES VIROSES QUI S"EST DEVELOPPÉE PEU A PEU A L AUBE DU 21éme SIECLE QUI GLOBALEMENT AURA CAUSÉ PLUS DE DÉGATS QUE TOUTES LES AUTRES NUISANCES DE L HUMANITÉ "LA CONSOMMANIE"... CETTE MALADIE PRESENTEE AUX POPULATION COMME SEULE SOURCE ET MOYENS DE BONHEUR AURA CAUSÉ D ÉNORMES DEGATS ET DESEQUILIBRES AU NIVEAU DU GASPILLAGE DES RESSOURCES ET DES AFFLIGEANTES DESTRUCTIONS CAUSÉES A LA PLANETE... LA POLLUTION EN TOUS GENRES. AINSI L HOMME MODERNES A PERDU SON ROLE DE VERITABLE COLLABORATEUR A SON ENVIRONNEMENT MAIS EST DEVENU UN DESTRUCTEUR SOURD ET AVEUGLE POUR ASSOUVIR SES PASSIONS ET SES ARROGANCES. HA, IL EST BEAU NOTRE HOMOS ECONOMICUS ???

BERTRAND | 22 mars 2013 à 10h26
 
 

Dommage, l'obsolecence programmee de Fessenheim etait a 60 ans et le meme parti souhaite abreger sa vie a 35ans.... Pourtant, elle est fondamentalement reparable et a ete patiemment remsie a jour et a un standard de haut niveau tous les 10 ans...

Fessenheim | 22 mars 2013 à 11h48
 
 

L'obsolescence programmée est à l'origine de nombreuses ARNAQUES aujourd'hui dans divers secteurs où les achats sont sensés être chers, pour l'ensemble de la population et très peu fréquents (comme par exemple les smartphones et ordinateurs, l'électroménager et les voitures, etc.). Fixer un même temps minimum pour tous les objets est peut-être plus simple mais n'est peut-être pas le plus adapté. Le problème est complexe car entre l'objet entier, une partie fonctionnelle de l'objet et une pièce de l'objet à réparer/changer, ce ne sont pas du tout les mêmes coûts pour le consommateur, le vendeur, le réparateur et l'industriel et cela change selon les garantis.

Mais en tout cas, c'est loin d'être une loi pour rien car quand par exemple on connait la durée de vie moyenne d'un smartphone alors que certain téléphones à touches (qui font aussi téléphone, sms, mms, photos, internet basique) durent facilement 10 ans malgrés de nombreux chocs ; ou encore quand un garage Renault facture plus de 400€ le changement d'un bloc porte à son fidèle client sur sa Renault-Mégane alors que seule une petite pièce en plastique faible qui soutient le verre de la fenêtre automatique s'est brisée car le moteur de la fenêtre automatique est trop puissant comparé à la résistance de la pièce...

J'espère qu'elle aura un impact effectif réel !

Lionel | 22 mars 2013 à 11h51
 
 

@Hannicare
En théorie, les peines sont multpiliées par 5 pour les personnes morales, donc 187.500€ ça fait une plus grosse cacahuète.

Kulteuro | 22 mars 2013 à 17h00
 
 

Ca, c'est crucial, j'en parle dans mon livre en cours de parution. La fin de l'obsolescence programmée est inéluctablement vouée à disparaître, même sans contrainte, le productivisme est terminé. Il était issu de la Seconde Révolution Industrielle.

Désormais, il va falloir accepter que l'emploi salarié tel que nous l'avons connu va considérablement s'amenuiser. D'ici à quelques années, seul 1 tiers de la population active travaillera : les techniciens, les ouvriers de maintenance, les cadres, les patrons. Un tiers ne travaillera qu'occasionnellement ou ponctuellement, en fonction des nécessités (changement de véhicule, agrandissement de la maison, naissance, etc...) et un tiers ne travaillera plus du tout.

L'obsolescence programmée n'avait qu'un seul et unique but : Permettre le développement sociétal malgré la démographie délirante. Augmenter exponentiellement la ressource pour nourrir tout le monde, donc créer de la richesse et donner du travail! Il fallait que tout le monde ait du travail pour pouvoir acheter ce que les ouvriers produisaient. Ce qui, au cours du XXème siècle, a apporté un développement sociétal unique dans l'Histoire de l'Humanité.

Aujourd'hui, l'emploi va donc disparaître...

Thierry Curty | 23 mars 2013 à 09h15
 
 

Une telle décision, quelque soit ses bons et mauvais points, adoptée au niveau Franco-Français n'aurais de toute façon qu'un impact marginal dans la mesure ou elle ne pourrait rien changer à ce qui se construit ailleurs, hors de nos frontières, sauf que nous consommons des produits qui pour la plupart nous viennent d'ailleurs, or je ne crois pas que cette loi pourrais atteindre ces produits fabriqués et construits hors de nos frontières.

Daniel JAGLINE | 23 mars 2013 à 12h13
 
 

@ami9327; le probleme de fond de cette mesure est d'ordre macroéconomique; une meilleur qualité de produit ralentit indubitablement la quantité a fabriquer et diminue l'emploi. ->Vers les 32 heures..? (Si encore il y avait des usines en France!)

Org4nic | 23 mars 2013 à 20h38
 
 

L'obsolescence programmée est inscrite dans les gènes des entreprise aujourd'hui et la lutte contre elle est quasi-impossible. Ansi hier, un jeune en formation de maintenance industrielle (BTS) m'a révélé hier que SONY sous-dimensionnait légèrement certains composants électroniques (condensateurs) en faisant des tests poussés de façon à ce qu'il claquent au bout de quelques années. Les appareils électronques sont conçus avec une telle densité de composants que la réparation est impossible. Poubelle.

DoubleVigie | 24 mars 2013 à 02h29
 
 

Ce que vous ne comprenez pas, tous, c'est que cette loi est sans importance. Qu'elle passe ou pas ne changera rien de toute façon. Au pire, ça augmentera le prix des produits en France parce qu'en durcissant les conditions de garantie, les importateurs en auront plus à assumer. Alors les français commanderont sur Amazon Allemagne, moins cher, avec des conditions de garantie "normales".

Où cette loi est intéressante, c'est qu'elle est un signe des temps. Durant des décennies l'obsolescence programmée à permis le développement sociétal. La surpopulation et le Mur de la Ressource contraignent désormais à l'évidence. Richesse construite, il faut désormais abandonner le modèle ultra-productiviste. D'un point de vue du capital, c'est bien plus intéressant : moins d'ouvriers, moins de frais de transports, des infrastructures plus petites, des prix plus élevés, plus de qualité, donc une plus grande valeur ajoutée.

L'absurdité serait de réduire le temps de travail ce qui amenuiserait encore la compétitivité et appauvrirait la population. En réalité, il faut, sinon l'augmenter, ce qui serait idéal, du moins le maintenir et libéraliser les conditions d'emploi et sortir purement et simplement du marché du travail, définitivement, ceux qui n'en ont plus.

....Et c'est là que sera le vrai changement sociétal.

Thierry Curty | 25 mars 2013 à 09h45
 
 

@ Thierry Curty

Bonjour,

Je ne suis pas sûr de bien vous suivre là : vous faites quoi exactement, dans votre système, des exclus de l'emploi ? Le terme "définitivement" m'évoque un désagréable goût de castes : des alphas gagnants dans le système libéral, avec l'accès exclusif aux produits de qualité, restreints en quantité et chers, puis les autres, les plus ou moins omégas, condamnés à vivre dans la démerde la récup voire sur les décharges.

Autant je partage le souci du mur de la ressource et de l'absurdité d'une course consumériste aveugle, autant j'aimerais que vous précisiez votre propos sur les conséquences sociales des solutions que vous envisagez.

krakatoe | 25 mars 2013 à 10h27
 
 

La réponse est simple et logique. Sachez que la transition sociétale est inéluctable. Soit on l'accepte, soit on rend tout le monde pauvre, avec la régression technologique que ça représente, le retour en arrière social et sociétal, médical, scientifique et tutti quanti, soit les exclus dont vous parlez devront disparaître, il n'y a pas d'alternative.

La SEULE solution est d'accepter ce changement sociétal qui est, selon moi, au moins autant une opportunité que ce que l'était la Révolution Industrielle pour ce qui est aujourd'hui l'ouvrier et qui sera demain acteur influent des grandes orientations socio-économiques grâce à la Troisième Révolution Industrielle.

Si on n'accepte pas ce changement, et peu importe qu'on aille vers un modèle genre "partage", "autonomie", "p'tits oiseaux" ou vers un modèle luttant pour l'emploi, ce sera l'horreur absolue.

Dans notre système complexe surpeuplé, si seulement 5% de la population se soulève, ça signifiera la rupture des approvisionnements, autant alimentaires qu'énergétiques, en quelques jours et la famine pour au bas mot la moitié de la population en 3 semaines.

A côté de chez moi il y a eu une simple coupure de courant d'une semaine, les gens se foutaient sur la gueule chez le boulanger...

De ne pas accepter le changement...n'est donc pas une option acceptable!

Thierry Curty | 25 mars 2013 à 11h24
 
 

Merci pour votre réponse.

Je suis désolé, mais je ne comprends toujours pas.

Vous dites :
> Soit on accepte la transition sociale,
> soit on rend tout le monde pauvre, avec la régression technologique etc...
> soit les exclus dont [je] parle devront disparaître, il n'y a pas d'alternative.

Cela fait trois alternatives, et je ne vois toujours pas ce que vous faites de tous ceux dont vous dites qu'ils n'auront plus à travailler, de fait, et sans que cela soit de leur choix.

Ensuite, je crois comprendre que pour vous, la seconde révolution industrielle a créé l'ouvrier tel que nous le connaissons. Et que ce sera lui l'acteur de la troisième révolution industrielle. Mais alors, je ne vois pas comment cela s'inscrit dans votre vision où cette catégorie (les salariés, les ouvriers) est amenée à fondre comme neige au soleil.

Je précise que ces questions relèvent d'un intérêt réel et ne sont pas là pour tenter de piéger quiconque.

krakatoe | 25 mars 2013 à 11h55
 
 

Ne vous en faites pas, je ne me sens nullement piégé. xD

Non, je ne soumets pas "trois alternatives". Pour moi, il y a UNE SEULE solution, je le redis. Les deux autres propositions ne sont pas des alternatives, mais un risque et ne sont donc pas des options envisageables.

Le paysan est devenu ouvrier avec la Première Révolution Industrielle "de la vapeur", début XIXème. Un ouvrier qui appartenait littéralement à son patron. L'ouvrier sous patronage paternaliste est devenu ouvrier salarié autonome sous la Seconde Révolution Industrielle "du pétrole" début XXème...l'ouvrier deviendra acteur citoyen de son environnement sociétal avec la Troisième Révolution Industrielle "numérique" au début du XXIème, tout simplement.

De nouveaux emplois vont apparaître dans les activités numériques, les nouvelles énergies, la nouvelle agriculture, mais de loin pas de quoi compenser les emplois qui seront perdus.

La solution est donc de sortir VOLONTAIREMENT, SCIEMMENT, du marché du travail ceux qui n'ont plus de travail, qui peuvent ainsi agir librement.

Le problème, aujourd'hui, ce n'est pas l'emploi, mais le chômage...supprimons le chômage, voilà tout, puisqu'il n'a plus lieu d'être.

On a su bâtir sur l'industrie le chômage, la retraite, on saura les supprimer avec la disparition de la grosse industrie, non?

Thierry Curty | 25 mars 2013 à 13h20
 
 

Deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 37.500 euros même multipliée par 5 pour les personnes morales doivent bien faire rire les fabriquants qui produisent en milliard d'euros ou de dollar...
Encore un texte qui n'est que de la poudre aux yeux.
De qui se moque-t-on ?

vache à lait | 26 mars 2013 à 08h16
 
 

C'est bien d'agir au plan français mais qu'en est il des directives européennes en la matière, existe t il quelque chose au niveau de l'OMC, quelles normes s'appliquent à nos entreprises internationalisées,pourvoyeuses de biens de consommation courante dans notre belle économie mondialisée? Autrement dit, quelle incidence une loi votée par le Poucet français sur cette nouvelle économie que la conclusion de l'article décrit?

nigelle93 | 26 mars 2013 à 09h38
 
 

Interdire l'obsolescence programmée c'est un peu comme interdire de mourir. Des mots, des mots. L'obsolescence est synonyme de vieillissement et semble à peu près incontournable. Je ne vois pas bien comment on pourra reprocher à un industriel que son produit d'hier n'est plus au gout du jour d'aujourd'hui. Mon premier ordinateur tournait sur un processeur Z80 (à 4 MHz) et des floppy disquettes de 360 Ko. Il marchait bien d'ailleurs (tableur, base de données) mais sans la "belle ergonomie moderne" (souris, fenêtrage, etc.). J'aurais certes pu le faire maintenir, mais, même sans exigence forte quant à "l'enrobage" force était de constater que le progrès technique l'avait rendu obsolescent. Cette obsolescence était-elle programmée ? Bien sûr que non. Ce n'est que le progrès.
Sur des produits plus matures (machines à laver, même microinformatique aujourd'hui), ça va être très difficile de démontrer la nature "programmée" de l'obsolescence. Un condensateur qui claque était-il programmé pour claquer, ou est-ce par fatigue excessive, ou est-ce le raté du lundi matin, ou est-ce parce que la machine a travaillé en dehors des plages normales de fonctionnement (chaleur excessive, charge trop élevée) ? Si cette loi passe, hormis son intérêt quant à l'obligation de garder des pièces détachées, elle ne servira qu'à encombrer les tribunaux car je souhaite bien du plaisir à celui qui voudra démontrer qu'il y avait volonté de profiter de l'obsolescence en la programmant. Une vue de l'esprit.

Aloyse | 26 mars 2013 à 11h02
 
 

Pour répondre à Aloyse, l'obsolescence programmée ne correspond pas le fait qu'un nouveau produit devienne désuet et se fasse remplacer grâce au progrès. Le marketing fait suffisamment bien son travail pour nous inciter à renouveler nos appareils quand des nouveaux, plus performants (ou juste plus beaux), arrivent. Au consommateur de choisir alors et de prendre ses responsabilités.
En revanche, quand les ampoules passent de 20 ans de durée de vie à 2 ans, que les imprimantes sont équipés de puces immobilisant l'appareil au bout d'un certain temps, quand une batterie en panne nécessite de changer l'appareil en intégralité, là c'est quand même étiquement plus discutable.
Après, le problème est très compliqué à légiférer, tellement les cas sont nombreux et variables suivant le type de produit...

Rémi | 26 mars 2013 à 13h27
 
 

Pour répondre a T. Curty voici une réflexion qui va dans le même sens;
"Jadis quand on imaginait le Futur on pensait qu'avec les progrès techniques on produirait davantage de richesses avec moins de travail humain. On pensait aussi que ce serait profitable à tous.
Dans la pratique on produit bien davantage de richesses avec moins de travail humain et donc on emploie moins de personnes. LE DEFAUT DU SYSTEME EST QU'ON EST CAPABLE DE PRODUIRE PLUS MAIS SANS DONNER AUX CONSOMMATEURS LES MOYENS D'ACHETER. Depuis toujours le système économique fonctionne avec comme priorité de réduire la part de travail humain et ça réussit surtout (sans aucun mérite) par la délocalisation.
J'observe que plus le temps passe et plus on emploie des gens a faire des travaux non productifs simplement pour les occuper. Seulement le problème est que leur travail n'est pas productif..."
Donc il faut changer de logique et prendre toutes les mesures pour pouvoir "écouler" la production (en réalité produire moins!)

ami9327 | 27 mars 2013 à 11h21
 
 

Dans les grandes lignes je trouve se genre d'initiatives légales géniales. Il y a un petit problème que je désire soulever. Est il pas dangereux de contraintre la disposibilité des pièces de rechanges pendant 10 ans pour tous les produits sans faire du cas par cas. Y a t'il pas le rsique de dans certains cas de figure on se retrouve avec des pièces de rechange sur les bras qu'on utilisera jamais, car le produit est devenus obselette pour des raisons "raisonable" (à définir ;-) ). Ce genre d'effet ne serait il pas contraire à l'objectif voulu?

ToBeGreen | 27 mars 2013 à 11h56
 
 

@ami9327 : les délocalisations ne coûtent pas des emplois, elles en créent. La France à crée des emplois depuis ces 40 dernières années, plusieurs millions pour être précis.

Après, vous avez une notion de la "non-productivité" qui m'échappe je dois dire.

En fait, je pense que vous n'êtes pas loin, sauf que, justement, on a pas suffisamment fait pour réduire le travail humain. Les usines devraient être automatiques depuis les années 80 et le travail tel que nous le connaissons devrait n'être plus qu'un souvenir.

Et attention avec les relocalisations, parce qu'en relocalisant, on appauvrit nos clients. Autant se tirer une balle dans le pied. Mais la France n'a pas besoin de ce qu'elle a délocalisé. Ce n'est pas en se remettant à faire des slips Calida qu'on va résoudre le problème évidemment. En revanche, ça aide considérablement les polonais.


A terme, l'emploi va disparaître inéluctablement, mais il ne faut pas voir le problème en problème français. Ce sera comme ça dans le monde entier. La productivité va s'effondrer, d'une part, mais, surtout, on n'aura plus besoin d'usines pour fabriquer.

Je prends volontiers l'exemples des pneus, pour lesquels on n'aura plus besoin de Good Year. Les marchands les imprimeront en 3D directement à l'atelier.

Thierry Curty | 27 mars 2013 à 13h15
 
 

@ToBeGreen : non, parce que les méthodes de fabrication permettent aujourd'hui de travailler intégralement à flux tendu, avec guère plus de 24h d'autonomie.

Avec une contrainte légale comme celle-là, les appareils sont simplement rendus plus modulaires et les modules sont fabriqués au jour le jour. Après l'écoulement du délai, il y aurait bien évidemment des excédents, mais en général ils sont rachetés par l'une ou l'autre entreprise qui va profiter de l'aubaine pour continuer la réparation à son compte. Et ce n'est de toute façon pas grand-chose en comparaison des produits vendus et, surtout, des produits non-vendus grâce à cette disposition.

Thierry Curty | 27 mars 2013 à 15h01
 
 

Ca y est, je viens de comprendre. Thierry Curty nous parle depuis une exoplanète, là où des voitures roulent avec des pneus obtenus par impression 3D dans un méga espace multidimensionnel et virtuel. Ca doit être la même planète que celle depuis laquelle nous parlaient les experts qui, dans les années 50, nous disaient qu'à l'horizon de l'an 2000 nous nous déplacerions tous en ville, individuellement, sur des petits engins en sustentation magnétique et à propulsion hydrodynamique. Ils nous disaient que cela réglerait le problème de la surconcentration urbaine, puisqu'on pourrait voyager en strates superposées, que ces déplacements se feraient à plusieurs fois la vitesse du son (ils n'osaient pas – les peureux – parler de la vitesse asymptotique de la lumière) et ils éludaient le problème de l'énergie nécessaire puisque la science aurait fait son affaire de tout cela.
On a pu tous constater à quel point ces prévisions se sont réalisées, n'est ce pas ? Puisque ce n'est pas arrivé sur notre belle planète bleue, espérons que cela soit arrivé sur l'exoplanète où vit Thierry Curty. D'ailleurs toute la théorie exposée par lui est certainement destinée à ce monde étrange où on imprime les pneumatiques (preuve que même là bas ils ont pris un peu de retard sur les déplacements en sustentation magnétique).
Par contre, Thierry Curty, corrigez votre carnet d'adresse, nous ne savons que faire de vos messages. Ils ne sont pas applicables chez nous.

Aloyse | 28 mars 2013 à 13h19
 
 

Thierry Curty : "Et attention avec les relocalisations, parce qu'en relocalisant, on appauvrit nos clients. Autant se tirer une balle dans le pied."

---> Non (pour les grands groupes) en relocalisant, on passe le bénéfice financier pour les actionnaires de 15 à 5 %.

Lionel | 28 mars 2013 à 14h33
 
 

Nos irresponsables politiques de gauche (Les éGologistes d'EELV inclus puisqu'ils ont fait la connerie de s'estimer de ce côté) comme de droite, sans oublier les extrêmes, n'ont quasi rien compris à l'économie intelligente

La finalité de l'économie intelligente, ce n'est pas d'avoir une « occupation payée », « un travail lié » (cf. ci-dessous) , mais un revenu pour vivre ou faire vivre décemment, sans superflu ; et encore plus sans luxe qui insulte l'intelligence et la misère . Afin d'avoir du temps pour réfléchir au sens de sa vie. Et ça n'a rien de triste

L'obsolescence programmée, il en était déjà, question dans le très réaliste ouvrage collectif de 1977 toujours bon à lire, mais qu'il faudrait ré-écrire, « Travailler deux heures par jour »

Jean-Marie | 28 mars 2013 à 14h35
 
 

@Thierry Curty, Krakatoe:

Les économistes qui ne se rappellent plus que l’économie n’est que l’exploitation des ressources naturelles pensent que la quantité de travail global résultant de l’activité économique, est un gâteau à partager.
Soit on le partagerait donc en 35h, soit en 32 voire moins.
Or, là où ces économistes se trompent, c’est que le gâteau à partager est beaucoup plus grand. On sous-traite une grande partie du gâteau à une bête de somme qui se fait guère payer et qui pourtant fait des miracles ; sans elle, point de telles richesses créées, point d’avancées sociales centenaires…

Cette bête de somme, c’est l’énergie.

On a du chômage car on a trop remplacé le travailleur par l’exploitation excessive de la ressource naturelle, si impactante à notre milieu. Pourquoi ? Le travailleur, onéreux par ses cotisations sociales, est à économiser pour tout employeur. L’énergie, elle, bon marché car dispensée de financer ses dégâts considérables (absence de provisions, de taxe carbone, etc…) le concurrence injustement jusqu’à le rendre indésirable en nombre dans une entreprise.
Est-ce logique qu’ une industrie doive se dispenser de bras au profit de pollutions pour être rentable ?

Etablissons une fiscalité écologiquement vertueuse. Ce qui pollue qui va être rare ou impactant doit coûter cher. Le travail doit être allégé de ses charges.
Ainsi, on pourrait créer plus d’emplois avec une décroissance du PIB. Mais une réduction des richesses humaines est à partager.

jp-42 | 29 mars 2013 à 00h55
 
 

J’ai l’impression qu’on s’attaque aux causes et non aux conséquences du problème.

Ces technos sont rien sans l'électronique.
L'électronique demande pour sa fabrication beaucoup de ressources naturelles.
Par exemple, la fabrication d'un PC produit notamment ~500kg de Co2, requiert abondamment d'éléments rares et beaucoup d'énergie.
Or, tous les coûts environnementaux engendrés par l'utilisation de ces ressources ne sont pas attribués aux produits, ce qui les rend injustement bon marchés.

On ne répare pas car ces produits sont bon marchés, contrairement aux réparations.
La réparation est chère car il y a de la main d’œuvre, onéreuse par ses cotisations sociales.

Rétablissons l’équilibre, transférons les cotisations sociales sur la ressource.
Il se passera ce qui arrive pour une auto, un vélo de qualité : le ratio coût produit /
Coût MO sera favorable aux réparations et à sa prise en compte dès la conception des produits…

jp-42 | 29 mars 2013 à 01h21
 
 

Oui, l'obsolescence est clairement un fardeau et plusieurs approches de lutte sont possibles, le changement de société, la révision de qualité de produits existants etc.
J'ai trouvé une initiative assez nouvelle: http://www.no-obsolescence.com une plateforme qui propose des produits et services non obsolescents. Il devraient augmenter leur offre avec le temps mais je trouvais l'idée assez innovante que pour en parler :-)

Moi je pense qu'à terme un devrait aller vers une société de la réparation / amélioration.

Ronald.

Ronald577 | 30 mars 2013 à 07h53
 
 

Trés bon projet que de s'attaquer à ce fléau.
Attention en revanche à ne pas faire des lois rédondante, il y a peut-être déjà en partie des lois contre cela. Cela s'appelle l'escroquerie, notamment.

Il faut également penser qu'étant donné l'avancement des produits de haute technologie, l'obligation d'augmenter la durée de vie d'un produit, n'a parfois pas de sens.
En revanche, il faudrait donc pour certains produits obliger les producteurs à proposer des mises à jour ou carrement des améliorations matérielles (même si celles-ci sont payantes).
Obliger les producteurs à penser le produit, en vu d'une évolution future.

azertyvince | 25 avril 2013 à 10h13
 
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]