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Paris adopte son plan biodiversité

Le Conseil de Paris a adopté le plan biodiversité de la capitale qui vise, d'ici 2020, à recréer des continuités écologiques intra et extra-muros. Pour financer ce plan, une taxe départementale des espaces naturels sensibles pourrait être créée.

Amenagement  |    |  Actu-Environnement.com
Paris adopte son plan biodiversité (© Paris.fr) Le jardin écologique Serge Gainsbourg recouvre le périphérique à la porte des Lilas

Après une phase de concertation, le Conseil de Paris a adopté le 15 novembre le plan biodiversité de la capitale. Celui-ci est orienté autour de trois axes d'actions à mettre en œuvre d'ici 2020 : renforcer les trames verte et bleue, mettre la biodiversité au cœur de l'action municipale (urbanisme, politique des achats, gestion des espaces verts, fleuves et canaux) et mettre en place début 2012 un Observatoire parisien de la biodiversité pour sensibiliser et mobiliser les acteurs.

Tout d'abord, une cartographie fine de Paris intra-muros (typologie et inventaire des différents milieux naturels parisiens) devrait être réalisée dès 2012. Elle permettra, d'ici 2014, l'élaboration du schéma de la trame verte et bleue de Paris, qui constituera une déclinaison, par arrondissement, du schéma régional de cohérence écologique.

 
Quelques idées de financement Paris entend lancer, avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC) Biodiversité une étude de faisabilité de la mise en place d'un mécanisme de compensation "visant à renforcer le rôle de corridor biologique joué par la Petite Ceinture, élément majeur de la trame verte parisienne".
La ville va également recenser les espaces verts pouvant être classés Espaces naturels sensibles et étudiera "la faisabilité de la mise en œuvre d'une taxe départementale des espaces naturels sensibles (volet départemental de la taxe d'aménagement), dont le produit serait utilisé pour protéger, valoriser et développer la biodiversité à Paris". Concrètement, cette taxe serait applicable à tous les demandeurs de permis de construire. Elle pourrait générer 2,2 millions d'euros par an.
 
''Les projets d'aménagement, de construction, de création de nouveaux espaces verts ou de requalification de l'espace public la prendront en compte'', indique l'exposé des motifs présenté au Conseil de Paris. "Ainsi, le PLU [plan local d'urbanisme] encouragera réglementairement la végétalisation des cœurs d'îlots et du bâti, ainsi que la perméabilisation des sols, autant de leviers favorables à la biodiversité".

Les cahiers des charges des opérations d'aménagement et de construction intégreront la biodiversité à chaque stade opérationnel (programmation, conception et réalisation). "Dans un premier temps et parce que les recettes toutes faites n'existent pas, des sites pilotes (Paris Nord-Est, Bercy-Charenton, Clichy-Batignolles notamment) permettront d'arrêter des principes et une méthodologie qui seront ensuite déclinés à l'ensemble des opérations d'aménagement parisiennes".

Trames parisiennes verte et bleue

''A l'échelle de la ville, les espaces riches en biodiversité doivent se multiplier et être reliés les uns aux autres, tenant compte des usages multiples générés par une population nombreuse''. Cela passe par un renforcement et une diversification des strates végétales, la création de continuités linéaires (les alignements d'arbres principalement, les talus, les grandes jardinières des trottoirs), la multiplication d'éléments ponctuels formant autant de "pas japonais" (un mur, une vigne vierge, un arbre, une jardinière ou un sol stabilisé gérés de façon écologique), l'amélioration de la capacité d'accueil de la biodiversité des bâtiments (végétalisation des toitures, réflexion sur les matériaux employés, les formes architecturales, etc.)…

Une action pilote sera engagée sur le site allant du quartier du Père Lachaise au quartier Saint-Blaise "à partir du travail engagé par le conseil de quartier du Père Lachaise, les jardins partagés locaux et la DPVI [délégation à la politique de la ville et à l'intégration] dans le cadre de son programme Nature +". Cette première action devrait permettre d'élaborer une méthodologie d'action.

Le plan prévoit que les abords de l'ensemble des équipements sportifs ou des cimetières (91 ha intra-muros et 336 ha extra-muros) seront végétalisés. Sept hectares de toitures végétalisées seront développés sur l'ensemble du territoire parisien, dont au moins 15 nouveaux jardins en terrasse. Quarante nouvelles mares ou milieux humides seront aménagées d'ici 2020 dans des zones identifiées comme favorables, dont une dizaine avant 2014. La gestion différenciée dans l'entretien des espaces verts parisiens sera généralisée.

Enfin, Paris entend "faire pleinement jouer à la Seine et aux canaux leur rôle de trames régionales majeures. La qualité de leurs milieux sera renforcée avec Voies navigables de France, Ports de Paris et l'Agence de l'eau, notamment en optant pour des modes d'entretien différenciés, en évitant tout rejet polluant, en traitant les berges de façon à favoriser les relations entre les milieux terrestre et aquatique, en végétalisant les berges chaque fois que cela est possible (les trames bleues sont aussi des trames vertes!) ou encore en les connectant aux espaces de nature voisins (autres milieux aquatiques, espaces verts, etc.)".

Favoriser la continuité avec la périphérie

Pour favoriser une continuité avec l'ensemble du territoire francilien, une ceinture verte autour de Paris sera aménagée. ''Les opérations d'urbanisme et d'aménagement (ces dernières sont essentiellement concentrées à la périphérie de Paris) seront notamment pensées de façon à renforcer la place de la nature sur la ceinture verte et à favoriser la circulation des espèces, sur la petite ceinture ferroviaire bien sûr, mais aussi avec les espaces de nature des collectivités voisines en prolongeant les alignements d'arbres, en valorisant les talus du périphérique et en végétalisant des passerelles ouvertes aux circulations douces au-dessus du périphérique''.

La qualité écologique des bois de Vincennes et de Boulogne devra être renforcée : ''Les bois parisiens, avec leurs 300.000 arbres, feront l'objet d'une attention particulière, avec des modes de gestion adaptés. Une réduction du morcellement de leur territoire et la création de connections avec les espaces verts et les lieux ressources de la biodiversité francilienne sont les objectifs du Plan, en lien avec les chartes du développement durable des bois''.

Réactions1 réaction à cet article

 

Rappelons-nous les chiffres du déficit de logement en France... Cette taxe servirait donc à préserver la biodiversité en ville ? Bien sûr, chacun rêve d'une ville accueillante te moins polluée mais on dirait bien que l'espèce menacée en ville, c'est le pauvre humain de base...

YaKaYFoKon | 26 avril 2012 à 07h09
 
 

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