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Collectivités : comment concevoir une politique d'adaptation aux changements climatiques

A partir d'expériences internationales pilotes, l'Ademe dresse des préconisations pour orienter les collectivités dans la définition du volet adaptation de leurs Plans climats énergies territoriaux.

Gouvernance  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

La loi Grenelle 2 prévoit que les collectivités de plus de 50.000 habitants élaborent un plan climat énergie territorial (PCET) d'ici fin 2012. Ainsi, quelques 500 collectivités planchent actuellement sur ce document qui vise l'atténuation (par la réduction des émissions des gaz à effet de serre) et l'adaptation aux changements climatiques. Dans le cadre de deux études, publiées en août 2012, l'Agence de l'environnement et de maîtrise de l'environnement (Ademe) a analysé l'expérience de collectivités du monde entier, déjà engagées dans de telles démarches, afin d'en tirer les enseignements. Cinq études de cas permettent dans un premier temps d'identifier les bons outils et méthodes pour réaliser un diagnostic de vulnérabilité du territoire. L'Ademe a ensuite étudié le cas de dix collectivités qui ont développé une politique d'adaptation et/ou d'atténuation. "Seules quelques dizaines de collectivités dans le monde avaient publié mi-2011 une stratégie d'adaptation ou un plan d'actions", note l'Ademe. Les collectivités françaises s'inscrivent donc, avec les PCET, dans une démarche relativement nouvelle.

Vulnérabilité : entre scénarios scientifiques et mémoire collective

Concernant l'évaluation de la vulnérabilité, "toutes les villes étudiées ont analysé d'abord les impacts passés avant d'aborder les impacts futurs : en effet, l'analyse de l'exposition et de la sensibilité au climat passé permet d'identifier des tendances qui pourraient s'accélérer, voire s'accentuer dans les années futures", observe l'Ademe. Outre l'analyse des observations climatiques, qui "ne peut révéler seule les impacts qui ont eu lieu ainsi que l'ampleur des conséquences des évènements climatiques", il faut mener une véritable recherche documentaire afin de retrouver la trace d'événements climatiques passés. Les archives locales, arrêtés de catastrophes naturelles, articles de presse régionale et locale, photos aériennes etc. permettent de prendre connaissance d'évènements très localisés, pas toujours enregistrés par les stations météorologiques. La presse peut ainsi fournir des informations précises sur l'événement en lui-même (millimètres de pluie tombée, vitesse des pointes de vent) et ses conséquences sur la population et la collectivité (coûts). Des discussions informelles avec des personnes ayant vécu certains phénomènes climatiques ou ayant constaté des évolutions au fil des années peuvent également être utiles afin de raviver la mémoire collective.

Concernant la probabilité d'événements à venir, "la recherche et l'utilisation de scénarios climatiques permettront là encore de fournir une base de travail importante pour effectuer des projections des impacts potentiels futurs. [Mais] il n'est pas toujours évident de trouver un scénario à une échelle directement exploitable (le plus souvent la précision des scénarios reste à l'échelle nationale et dans une moindre mesure infra-nationale)". Une recherche documentaire et une "réflexion en chambre" sur les impacts potentiels apparaissent néanmoins nécessaires. La classification des niveaux de vulnérabilité, dernière étape du diagnostic, fait appel "à des notations qualitatives propres à chaque territoire". En effet, "il n'y a pas d'échelle ou d'unité universelle de mesure de la vulnérabilité".

L'adaptation pas à pas

"Œuvrer pour l'adaptation au changement climatique implique inévitablement de prendre en compte l'incertitude. Cette incertitude concerne les évolutions attendues du climat, les impacts prévisibles du changement climatique sur le territoire et la vulnérabilité du territoire", note l'Ademe qui a étudié, dans un deuxième temps, les expériences de collectivités qui sont devenues précurseurs au niveau mondial en définissant des plans d'actions d'atténuation et d'adaptation aux changements climatiques.

Pour choisir les actions les plus pertinentes à mettre en œuvre, l'Ademe recense trois outils qui peuvent éclairer les décisions des collectivités : "Les mesures sans regret ou à bas regret, bénéfiques même dans un contexte sans changements du climat ; l'intégration de l'adaptation dans les politiques existantes, qui est en accordavec la vision de l'adaptation comme un enjeutransversal touchant plusieurs secteurs à la fois ;l'adoption d'un « prisme climat» pour passer au crible de l'adaptation au changement climatique toute orientation de la collectivité ". Le mieux, estime l'Ademe, est d'adopter une démarche progressive, avec un suivi-évaluation régulier via la mise en place d'indicateurs, qui permet d'ajuster les actions et les décisions. La priorisation des projets peut être faite à partir d'une évaluation coûts-bénéfices. Pour ce qui est des travaux d'infrastructures coûteux, "ces choix nécessitent une connaissance approfondie des impacts du changement climatique sur le territoire. La création des données locales est ici indispensable et implique de retarder le lancement de ces investissements.Une analyse économique des différentes options possibles est conseillée".

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