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Le potentiel de pollinisation des territoires européens cartographié

Les pollinisateurs sont essentiels à la plupart des productions agricoles. Des scientifiques du JRC ont donc évalué et cartographié le territoire européen selon la capacité de chaque zone à assurer ce service écosystémique indispensable.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

"La productivité de nombreuses cultures agricoles dépend de la présence d'insectes pollinisateurs et d'écosystèmes qui abritent ces populations d'insectes", indiquent des scientifiques du Centre de commun de recherche (JRC), précisant : "La pollinisation par les insectes est nécessaire pour 75% des productions vivrières mondiales". Ce chiffre monte à 84% sur le territoire européen.

Si les productions de céréales, de racines et de tubercules n'ont pas besoin de la pollinisation, les productions de fruits, de légumes, d'oléagineux, d'épices etc. en sont dépendantes. Les pollinisateurs sauvages (bourdons, papillons…) seraient plus efficaces que les abeilles pour la nouaison des cultures. Or, ces insectes sont menacés dans leur diversité et leur nombre, notamment à cause de la disparition progressive de leurs habitats et de l'intensification agricole. Sans pollinisation, les rendements des cultures vivrières européennes pourraient chuter de 25 à 32%.

C'est pourquoi les scientifiques du JRC ont évalué et cartographié le potentiel de pollinisation sauvage pour la production agricole à l'échelle européenne. Cette étude, dont les résultats ont été publiés le 11 septembre dans la revue Land, permet ainsi d'identifier les zones de paysage qui affichent un déficit de pollinisation potentiel.

Connaître les zones propices et néfastes aux pollinisateurs

   
L'indice de potentiel de pollinisation relative (RPP) estime la capacité des écosystèmes à assurer la pollinisation des cultures sur une échelle de notation de 0 (incapacité) à 1 (capacité maximale). © JRC
 
   
Les chercheurs se sont basés sur une approche "services écosystémiques". En effet, certains paysages (prairies fleuries, lisières de forêts…) sont propices au développement des pollinisateurs, qu'ils soient sauvages ou domestiques. "Dès que ces insectes commencent à se nourrir, les écosystèmes qui accueillent ces populations d'insectes ont le potentiel d'augmenter le rendement des cultures limitrophes qui dépendent de la pollinisation par les insectes". Les chercheurs ont donc classé les paysages (ou écosystèmes) en fonction de leur capacité à assurer la pollinisation via la fourniture d'habitats et de conditions nécessaires à l'installation de pollinisateurs (ressources florales, variations climatiques). L'indice de potentiel de pollinisation relative (RPP), qui va de 0 à 1, évalue cette capacité à fournir le service pollinisation. Cet indice, qui mérite d'être amélioré pour plus de robustesse, pourra être utile pour planifier les politiques agricoles et la préservation de la biodiversité, soulignent les auteurs.

Sans surprise, la cartographie de l'indice RPP montre que le potentiel de pollinisation augmente au fur et à mesure que l'on va vers le sud et que la température se réchauffe, "ce qui correspond au taux d'activité modélisé des abeilles".

Mais la carte révèle surtout que l'indice est faible dans les zones où la production de céréales est dominante. "C'est le cas pour l'est du Royaume-Uni, les zones agricoles entourant Paris, le centre de l'Espagne, la plaine du Pô en Italie, les régions du nord de l'Allemagne, de la Pologne, de la Slovaquie et le long des frontières du Danube en Bulgarie et en Roumanie. Ces zones sont supposées avoir une aptitude de nidification relativement faible et offrir des ressources limitées en raison de la baisse de l'abondance de plantes nectarifères", indiquent les scientifiques.

Certains pays, comme l'Autriche et la Slovénie, présentent des valeurs élevées de dépendance à la pollinisation (respectivement 63 et 87%), en raison de l'importance de leurs productions fruitières. En Estonie, en République tchèque et au Danemark, la production élevée de colza crée une dépendance à la pollinisation supérieure à 25%. La France se situe dans la moyenne européenne.

Midi-Pyrénées : 20% des zones en déficit élevé

Afin d'illustrer la manière dont peut être utilisé l'indice, les chercheurs se sont basés sur deux exemples de régions : Midi-Pyrénées (France) et la Vénétie (Italie), où respectivement 27% et 41% des terres arables sont utilisées pour la production agricole.

"Dans la région Midi-Pyrénées, près de 40% des terres affichent un déficit de pollinisation faible, 42% présentent un déficit moyen à haut tandis que près de 20% présentent un déficit élevé. Ces zones à déficit important sont caractérisées par des pratiques agricoles intensives, où 15% des cultures sont tributaires de la pollinisation des insectes. Il s'agit de soja et de légumes secs dans le département du Gers, de colza et de tournesols dans la Haute-Garonne et de tournesols dans le Tarn".

En Vénétie, près de 80% des terres sont marquées par un déficit de pollinisation élevé, dont 50% sont caractérisées par des productions agricoles intensives, notamment de soja. Dans la région de Vérone, où l'agriculture est dominée par des productions de fruits, d'olives et de soja, le déficit est plus faible.

Réactions7 réactions à cet article

 

A la place d'apprendre à nos jeunes que maman peut avoir de la barbe et une robe pour papa qui débouche sur la confusion des genres et des esprits, il est plus qu'urgent d'apprendre nos enfant à découvrir trés jeune "LE VIVANT"...L'ordinateur n'est pas un outil qui procure la nourriture mais simplement un moyen d'aider l'Homme à quantifier la nourriture....Quant notre société aura fini de prendre des vessies pour des lanternes...

Bertrand | 29 octobre 2013 à 10h11
 
 

Je suis 100/100 d'accord avec la réaction de Bertrand, MERCI BERTRAND

Martial | 29 octobre 2013 à 10h45
 
 

Apparemment certains se prennet pour des lumières mais n'ont pas compris le sujet ^^

kathar | 29 octobre 2013 à 10h58
 
 

Pour les agriculteurs
Ne plus confondre jachère fleurie et jachère mellifère ce qui n'est pas la même chose

yanquirigole | 29 octobre 2013 à 16h24
 
 

Bonjour Sophie Fabrégat,

Je suis impressionné par la qualité de vos articles, surtout en matière de recherches et de documentation de localisation géographique des activités et des capacités de production.

Cela vaut pour tous les autres articles que vous avez écrits, bien que je ne les aie pas encore tous lu (n'ayant Internet que depuis le 11 octobre)

Félicitations et, même si c'est votre job, un très grand merci !

Dany à Nice

Dany-a-Nice | 01 novembre 2013 à 09h25
 
 

Bonjour,

pourriez vous nous communiquer le nom des chercheurs et la référence de l'article qu'ils ont écrit afin d'affiner la compréhension de leur évaluation.

Cordialement

Rémy

Rémy | 05 novembre 2013 à 11h49
 
 

@ Rémy,

je vous renvoie vers le 3e paragraphe où la journaliste a inséré un lien vers l'étude sur le mot "étude".

Bonne lecture

La rédaction | 05 novembre 2013 à 12h17
 
 

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