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Un salarié sur trois exposé au risque chimique

Selon la dernière enquête Sumer, un salarié sur trois est exposé à au moins un produit chimique. Parmi les plus exposés les secteurs de la construction, de la santé, de l'industrie et de l'agriculture.

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Le ministère du Travail a rendu public le 13 février les principaux résultats de la dernière enquête "Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels" (Sumer). Cette enquête, qui s'est déroulée de janvier 2009 à avril 2010, a porté sur environ 50.000 personnes représentatives de près de 22 millions de salariés. Son champ était beaucoup plus large que les deux enquêtes précédentes de 1994 et de 2003. En revanche, le protocole est resté identique afin de permettre les comparaisons dans le temps.

Il en ressort une grande hétérogénéité des expositions selon les secteurs d'activité et les risques considérés. Petit focus sur les risques chimique et biologique, ainsi que sur le bruit.

La construction, secteur le plus fréquemment exposé au risque chimique

"En 2010, un salarié sur trois était exposé à au moins un produit chimique dans l'exercice de son activité", peut-on lire dans la synthèse de l'étude effectuée par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail. Les secteurs les plus fréquemment exposés ? La construction (61% des salariés sont exposés), la fonction publique hospitalière (55%), l'industrie (45%) et l'agriculture (43%).

L'exposition à au moins trois agents chimiques (multi-exposition) touche 29% des salariés de la construction et 25% des agents de la fonction publique hospitalière. Les solvants sont fréquemment utilisés dans la fonction publique hospitalière et, dans une moindre mesure, dans l'industrie et la construction. Ces deux derniers secteurs sont les plus exposés à des agents chimiques cancérogènes. "Les produits les plus fréquemment cités par les médecins du travail sont les gaz d'échappement diesel, les huile minérales, les poussières de bois et la silice cristalline", précise la Dares.

Les expositions prolongées aux agents chimiques (au moins 10 heures par semaine) concernent en priorité la construction (25% des salariés) et l'industrie (19%).

"Du fait des métiers exercés, les hommes connaissent plus souvent que les femmes des expositions longues, la multi-exposition et une exposition à au moins un produit chimique cancérogène", relève les auteurs de la synthèse.

Le risque biologique très présent en milieu hospitalier

Ce sont surtout les salariés de la fonction publique hospitalière qui sont exposés à des agents biologiques : 76% d'entre eux, contre 22% pour l'ensemble des salariés. Viennent ensuite ceux du secteur agricole (37%) et, dans une moindre mesure, ceux de la fonction publique territoriale (35%).

Les salariés de la fonction publique hospitalière travaillent le plus souvent au contact d'agents biologiques émanant d'autres personnes ("réservoir humain"), alors que ceux du secteur agricole sont plus exposés au contact d'animaux ("réservoir animal").

L'exposition au risque biologique touche plus les femmes (30%) que les hommes (16%). "Cela provient pour une large part du fait que les femmes sont très majoritaires dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale", analyse la Dares.

Le secteur de la construction le plus exposé au bruit

"Plus de la moitié des salariés du secteur de la construction sont exposés à des bruits supérieurs à 85 dB(A), contre 18% de l'ensemble des salariés", indique l'étude. Autres secteurs exposés : les salariés de l'industrie (39% sont exposés) et ceux de l'agriculture (38%). Du fait de leur surreprésentation dans ces secteurs, les hommes sont globalement plus exposés au bruit (29%) que les femmes (4%).

"Etre exposé à un bruit supérieur à 85 dB(A) pendant 20 heures par semaine ou davantage est particulièrement nocif pour l'audition", rappelle le ministère du Travail. Cette exposition longue touche 17% des salariés de l'industrie, 11% de la construction, 10% de l'agriculture, contre 5% pour l'ensemble des salariés.

La grande hétérogénéité des conditions de travail selon les secteurs et selon le sexe des salariés "reflète en large partie des différences liées aux métiers exercés, aux organisations et aux contraintes spécifiques à chacun de ces secteurs", soulignent les auteurs de l'étude, qui annoncent "d'autres analyses, par famille professionnelles et par expositions".

Réactions2 réactions à cet article

 

Bonjour,
est un article interesant, medecine de travail est present dans tous les domaines d'activite, tres bien!

romulo | 22 février 2013 à 10h32
 
 

Après le "on ne trouve que ce que l'on cherche", voici le "on cherche, mais on ne trouve ce que l'on peut...".
A ce rythme et avec ces méthodes, dans 1000 ans ils chercheront toujours, s’il y a encore des survivants à l’espèce humaine.
Ce serait presque comique (ou cynique) s'il n'y avait autant de vies en jeu.

Tout cela coûte beaucoup d'argent et peut être, peut-on mieux dépenser l'argent public et se contenter d’appliquer bêtement les décisions de l'Europe et le programme REACH.

Truffe | 25 février 2013 à 10h36
 
 

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