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Bientôt des éoliennes flottantes en Méditerranée

Fin juillet, le préfet des Bouches-du-Rhône a donné son feu vert à la plateforme d'essai d'éoliennes flottantes au large de Port-Saint-Louis-du-Rhône, à proximité de Fos-sur-Mer. Deux prototypes d'éoliennes devraient y être testés en 2015. Détails.

Energies  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Bientôt des éoliennes flottantes en Méditerranée

Le 25 juillet dernier, le Préfet des Bouches-du-Rhône a signé l'arrêté préfectoral autorisant l'aménagement et l'exploitation du site d'essais d'éoliennes flottantes en Méditerranée, baptisé Mistral. Situé au large de Port-Saint-Louis-du-Rhône, à 5 kilomètres des côtes, ce site s'inscrit dans le programme national des sites d'essais mené par France énergies marines (FEM). Porté par la SAS Mistral, il sera piloté par EDF Energies Nouvelles, qui est actionnaire de l'entreprise.

Mistral pourra accueillir simultanément, dès 2015, deux éoliennes flottantes, en vue de tester leurs performances et leur fiabilité pour des durées de 12 à 24 mois. Le site est ouvert aux différents développeurs d'éoliennes flottantes. "L'objectif du site d'essai est de caractériser toutes les performances de divers prototypes en conditions réelles. Ainsi, pourront être recueillis de très nombreuses données et des retours d'expérience au plan technique et environnemental, ce qui est pratiquement inexistant actuellement", souligne l'arrêté préfectoral.

   
L'éolienne à axe vertical de Nénuphar © Nénuphar
 
   
A l'horizon 2016-2017, une deuxième ferme pilote (Provence Grand Large) sera testée à 20 km au large de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Treize éoliennes flottantes y seront installées pour une durée maximale de vingt ans. A plus long terme, d'ici 2030, des fermes industrielles accueillant une centaine de machines devraient être développées en Méditerranée. Si les profondeurs à proximité des côtes compromettent souvent le développement de l'éolien posé, l'éolien flottant constitue une alternative.

Une "première mondiale" : les éoliennes flottantes à axe vertical

Dans un premier temps, c'est la PME Nénuphar qui va tester ses prototypes d'éoliennes à axe vertical, en partenariat avec Technip et EDF EN. Ce type d'éolienne flottante est une "première mondiale", souligne le commissaire enquêteur, dans son rapport publié en février dernier, à l'issue de l'enquête publique unique. Selon lui, "le site permettra notamment de qualifier l'ensemble turbine et flotteur".

Cette éolienne fait 107 m de haut, 50 m de diamètre, pour une puissance de 2 MW. Selon les porteurs du projet, alors que "les éoliennes en mer sont presque toutes basées sur des architectures à axe horizontal, (…) la technologie à axe vertical permet une inclinaison plus importante de l'éolienne, une réduction du coût de la structure flottante [estimée à -30%], mais aussi un impact visuel moindre". Elle peut flotter dans des zones atteignant jusqu'à 200 m de profondeur.

Un premier démonstrateur à l'échelle 1/10e, installé à terre à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) en 2010, a permis de simuler le comportement de l'éolienne sous l'action du vent et des vagues. Un prototype à taille réelle, en cours de construction, va désormais être testé à terre à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), avant une mise à l'eau en 2015.

Le projet est soutenu à chaque étape par des fonds publics : les Investissements d'avenir pour la construction de l'éolienne et le fonds de recherche européen FP7 pour l'essai en mer. Après un premier test sur le site d'essai Mistral, Nénuphar installera d'ici 2017 treize éoliennes sur le site de Provence Grand Large, pour une puissance totale de 26 MW. Ce projet a été retenu dans le cadre du dispositif européen NER300. A terme, il pourrait permettre la création de 200 à 250 emplois, estiment les porteurs du projet.

Une large concertation depuis 2010

Auparavant, une large consultation a été menée pour définir la zone où serait installé le site d'essai Mistral. Dès 2009, une étude menée par l'Etat a identifié quatre zones propices au déploiement de fermes éoliennes dans le golfe du Lion. "Après études comparées de différents critères techniques, environnementaux et de sécurité, la zone située au large de Fos-sur-Mer a été retenue", indique le rapport d'enquête publique. Autre avantage de la zone : ses infrastructures portuaires qui permettent d'accueillir les activités terrestres (assemblages…).

 
Le marché des éoliennes flottantes Le marché de l'éolien flottant est encore très ouvert : seuls quelques projets sont développés à travers le monde, pour un puissance de 6 MW.
La Norvège est la plus avancée avec un démonstrateur testé par Statoil depuis 2009. D'autres projets de prototypes sont en cours en Norvège (Windsea, Hywind, Sway).
Au Portugal, c'est un consortium mené par EDPR qui porte le projet Windfloat, avec une turbine installée au large de Porto fin 2011.
Plus récemment, au Japon, une première éolienne flottante construite par Mitsui a été installée fin 2013 au large de Fukushima. L'Espagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis mènent également des projets de R&D.
 
Dès 2010, une concertation réunissant les principaux acteurs (préfecture maritime, industriels, pôle de compétitivité Mer PACA…) a permis de préciser la zone où serait implantée la zone d'essai. Les élus, les usagers de la mer, les associations, le conservatoire du littoral ont également été consultés. "Il faut souligner le caractère tout à fait exemplaire de cette concertation sociétale préalable et volontaire, élargie à tous les partenaires concernés. Elle a été très constructive quant aux engagements pris par le pétitionnaire dès la phase de conception", remarque le commissaire enquêteur. Résultat : le projet a suscité peu d'oppositions.

Pourtant, le site Mistral est au carrefour de nombreuses zones naturelles protégées. "Ces enjeux ont clairement été identifiés et pris en compte pour le tracé du câble de raccordement et pour l'organisation du chantier", souligne le commissaire enquêteur. Le principal enjeu concerne les oiseaux puisque la zone héberge 30 espèces protégées, dont les Puffins, les Sternes, les Fous de Bassan… Mais le commissaire enquêteur juge l'impact modéré, le principal risque étant la collision avec les éoliennes des oiseaux attirés par l'éclairage du site. Un suivi environnemental est prévu sur cette problématique. Cependant, l'Autorité environnementale, dans son avis remis en avril 2014, s'interrogeait "sur la suffisance des mesures mises en place".

Réactions2 réactions à cet article

 

il était temps,le vent souffle en permanence en méditerranée

lio | 14 août 2014 à 09h51
 
 

Ce serait intéressant quand le site est optimal d'avoir des hybrides éoliennes/hydroliennes (comme d'alleurs dans le solaire l'hybride photovoltaïque/thermique qui très efficace), çà permet une production continue, un gain de place, un amortissement souvent plus rapide etc mais c'est plus complexe. Les norvégiens, danois et écossais parmi d'autres ont des modèles qui fonctionnent bien, les japonais ont eût quelques difficultées au démarrage de Modec (Mitsui Ocean Dvpt Cie) mais çà s'arrange.

Energie+ | 19 août 2014 à 01h01
 
 

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