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Promotion du vélo : une alternative à la baisse des taxes sur le carburant ?

Alors que le prix à la pompe s'envole, le Club des villes et territoires cyclables rappelle les avantages économiques de ce mode de transport, à l'heure où les vélos en libre-service connaissent un essor en France. Etat des lieux.

Transport  |    |  Actu-Environnement.com

Alors que le gouvernement vient d'annoncer une baisse provisoire des prix du carburant, le Club des villes et territoires cyclables – qui rassemble plus de 1300 collectivités territoriales – déplore cette mesure qui, selon lui, est une fausse bonne solution pour soulager le budget des ménages. Le club a réitéré auprès du premier ministre ses propositions pour promouvoir ce mode de transport alternatif "au service du pouvoir d'achat" et des politiques publiques des transports et de la santé. "Le comble de cette mesure est qu'elle est très coûteuse pour le budget de l'Etat alors qu'il faudra bien assumer des décisions courageuses et efficaces dans trois mois, lorsque cette réduction fiscale prendra fin. Il faut engager des mesures  pour économiser la facture énergétique, diminuer les impacts environnements de la voiture et encourager les solutions alternatives comme le vélo, seul ou combiné aux transports publics", explique Jean-Marie Darmian, président du club.

 
Quelles retombées économiques du vélo en France ? Selon le Club des villes et territoires cyclables, les retombées économiques du vélo, depuis l'essor de sa pratique en 2005 dans l'hexagone, représenteraient aujourd'hui 4,5 milliards d'euros, "soit déjà neuf fois le montant des investissements". En matière de santé publique, ce sont, selon lui, 5 milliards d'euros qui sont économisés chaque année avec une pratique actuelle du vélo autour de 3%. "Une pratique de 12 à 15% à horizon 2020 permettrait d'engranger une économie de 15,4 milliards d'euros par an", estime le club.
 

Le Club des villes et territoires cyclables avait exprimé sa déception après les premières Rencontres nationales du vélo en janvier dernier, où selon lui "aucune mesure concrète n'en était ressortie". Il appelle depuis à la mise en place d'un programme national "Au travail à vélo" sur le modèle de "Cycle to work" en Grande-Bretagne et d'une indemnité kilométrique vélo comparable à celle automobile dans le cadre de la prime transport. "Cette indemnité kilométrique qui pourrait être de 0,21€ du kilomètre (comme en Belgique) serait exonérée de cotisations sociales patronales et d'impôts sur le revenu pour le salarié", suggère le club.

"C'est le moment de faire un bilan sur le vélo en libre-service"

Outre la participation des entreprises, la mise en place de services de vélos en libre-service (VLS) par les collectivités est une autre alternative pour le développement de ce mode de transport. Dans le cadre d'un colloque sur le vélo partagé prévu le 11 septembre prochain à Strasbourg, le Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (Certu) dresse un premier bilan des différents systèmes de VLS en France et donne les éléments clés pour leur mise en oeuvre. Selon Alain Jund, adjoint au maire de la ville de Strasbourg organisatrice du colloque, "c'est le moment de faire un bilan de la démarche VLS qui a redonné une légitimité au vélo en ville".

Une diversité de services ressentie dans les coûts

Selon le Certu, on dénombre aujourd'hui en France 35 services de VLS, allant de quelques vélos autour d'une station aux plus de 23.000 Vélib' et 1450 stations à Paris. En fonction des caractéristiques du service et du mode de gestion, la fourchette de prix observée par le Certu - comprenant les coûts d'investissement dans le matériel et de fonctionnement - varie de 1.300 euros par vélo et par an (comme à Strasbourg) à 3.400 euros (comme à Paris). La moyenne observée est de 2.500 euros par vélo et par an. Les coûts de mise en place comprennent l'achat des vélos, des stations, du système d'exploitation, du matériel et des véhicules d'entretien et les travaux d'installation des stations. Les coûts d'exploitation comptent les charges du personnel, l'électricité et les frais d'entretien. Le Certu précise qu'aucun des systèmes, même à l'échelle de l'Europe, ne permet la compensation des coûts par les recettes issues des abonnements et dans certains cas de la publicité.

Bilan sur les difficultés toutefois rencontrées par les collectivités

Malgré l'engouement dans certaines villes des habitants pour les VLS, les collectivités doivent faire face à certaines difficultés, comme la mauvaise régulation naturelle des flux entre les stations. La réponse la plus "efficace" est la mise en circulation d'un véhicule de redistribution des vélos mais le risque, tant que le bilan environnemental reste positif ! Les causes des déséquilibres peuvent être la structure géographique de la ville, comme à Lyon où les stations en altitude sont souvent vides tandis que celles situées en bas sont saturées, la structure économique de l'agglomération lorsqu'elle présente des zones résidentielles et des zones d'activités distinctes et enfin lors d'évènements exceptionnelles amassant un grand nombre de personnes dans une même zone. aradoxe relevé par le Certu est que ces difficultés sont exacerbées plus les VLS sont utilisés. Alain Jund ajoute l'observation du faible succès des VLS dans les villes, comme à Strasbourg, où la culture du vélo est déjà développée même si l'objectif premier est le développement de la part des modes de déplacement actifs. Roland Ries, maire de Strasbourg et président du Gart (Groupement des autorités responsables de transport), met d'ailleurs en garde les collectivités car "le vélo partagé ne peut remplacer une politique globale de promotion du vélo, ce n'en est qu'un élément".

Alain Jund explique que le travail des collectivités doit avant tout viser un changement des mentalités. "Peu de Français sortent leur vélo lorsqu'il pleut, ce qui ne freine pas les Danois qui sont équipés contre la pluie", souligne Roland Ries. Il ajoute que "l'importante promotion de l'automobile en France ne doit pas gêner le développement de l'usage du vélo. L'Allemagne, pourtant royaume de la voiture, montre une part de déplacements en vélo jusqu'à 20% dans certaines villes !". Le Club des villes et territoires cyclables a, de son côté, rappelé le gouvernement à se doter d'une véritable politique nationale "a l'instar de ses voisins européens".

Réactions1 réaction à cet article

 

Avec le nombre, types, styles et design de cycles et véhicules non thermiques occupant peu de place, ne polluant pas ou très peu, ne consommant rien ou très peu, qui sortent actuellement dans le monde dans toutes les gammes d'applications, avec ou sans assistance électrique comme les vélomobiles, cargo-bikes (Kangaroo, Christiania, Madsen...), tricycles, scooters, triporteurs, velotaxis etc. on se demande pourquoi il y a encore tant de véhicules lourds, classiques, polluants, inadaptés, congestionnant les artères des villes faisant perdre beaucoup à l'économie, au budget et à la santé. Des marques comme Organic Transit avec ses véhicules comme l'ELF solaire ont su trouver des bons créneaux vues les fortes demandes européennes de cette marque américaine, de même que Lit Motors ou les concepteurs de la Lynx, Nissan Land Glider, Hiriko, Sam EV II, Tango EV, Lumeneo Smera etc sans parler des véhicules solaires comme Solarwolrd GT, SCV-4 Kyocera etc. 37% des habitants de Copenhague roulent avec toute une gamme de bicyclettes etc, 50% à Berlin. Beaucoup de villes françaises ont du retard et on va bientôt atteindre les 100 milliards d'importations d'énergies fossiles par an et plusieurs millards pour les pertes du budget santé lié à la pollution des véhicules, sans évoquer la durée de vie diminuée, les nuisances, le bruit, les maladies et les morts. Il serait peut être temps pour les médias télé de passer régulièrement en revue ce qui se fait le mieux dans le monde et les solutions.

Jean | 02 septembre 2012 à 05h21
 
 

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