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Plus de 200 villes renforcent leur résilience face au changement climatique

Pour atténuer les impacts des événements climatiques sur leurs activités économiques, plusieurs centaines de métropoles en réseau prennent des mesures pour protéger leurs infrastructures et limiter leur dépendance aux énergies fossiles.

Décryptage  |  Climat  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com

Selon Protéger notre capital, rapport co-élaboré par le réseau C40 des villes pour le climat, Bloomberg Philanthropies et CDP Global Cities à partir de données transmises par 207 villes, le changement climatique pourrait coûter jusqu'à quatre billions de dollars d'ici à 2030. Or la majeure partie du PIB mondial est générée dans les métropoles. 76% d'entres elles se déclarent conscientes des impacts que le climat pourrait avoir sur leur activité économique. Une étude récente de la banque de développement asiatique a souligné qu'en Asie de l'Est, les coûts du changement climatique pourraient dépasser 5,3% du PIB. Aux Etats-Unis, le cabinet Risky Business a calculé que ces montants se chiffrent en milliards de dollars et pourraient faire chuter de 5,9% la production économique.

Protéger le capital

"A Belo Horizonte, les orages sont devenus plus intenses, causant des dégâts sur les infrastructures de transports, réduisant les déplacements de main d'oeuvre vers leur travail, interrompant la chaîne de fournitures..." : le changement climatique menace le capital, déclare l'étude CDP Global Cities. Chaîne alimentaire, adductions d'eau, activité portuaire, disponibilité des matières premières, ses effets sont à large spectre. A Campinas, dans l'Etat de Sao Paulo, au Brésil, la production de sodas est menacée par la pénurie d'eau. Le troisième port européen, Hambourg, rapporte que ses infrastructures seront dégradées par les effets du climat. Aux Etats-Unis, la ville de Cleveland signale que ses activités de construction navale sur le lac Erié sont aussi menacées à hauteur de 6,5 milliards de dollars. Le port de Seattle a vu son trafic portuaire désorganisé par des événements climatiques extrêmes. Selon l'OCDE, ce sont quelque trois billions de dollars que le climat pourrait coûter aux économies des villes portuaires.

Investir dans les infrastructures

Face à ces risques, les villes augmentent leur résilience et limitent leurs émissions carboniques. Cette année, quelque 102 cités se sont dotées de plans d'adaptation au changement climatique. En 2014, 108 villes ont publié leurs inventaires d'émission de carbone. Les métropoles de Denver, Londres, Madrid, Durban et Taipei ont réduit leurs émissions d'un total de 13,1 millions de tonnes de CO2 équivalent depuis 2009, soit une réduction de 12%. Le nombre de villes qui ont dévoilé des mesures liées au climat a doublé, passant de 110 l'an dernier à 207 en 2014. Celles-ci reconnaissent que le climat n'est pas qu'une source de coûts, il peut être une opportunité économique : amélioration des infrastructures, renforcement de l'efficacité énergétique des bâtiments. La ville de Portland (Oregon, Etats-Unis) a rapporté qu'elle économise 5,5 millions de dollars par an grâce au City Energy Challenge. "Investir dans la résilience des réseaux d'eau, d'énergie et de communication peut avoir des répercussions économiques avantageuses pour les villes et les entreprises", souligne le rapport.

Londres évite l'air conditionné

La capitale du Royaume-Uni systématise l'optimisation thermique dans la construction de nouveaux bâtiments. L'efficacité énergétique est rendue prioritaire. L'Autorité du Grand Londres investit 188.000 livres par an pour financer du conseil en énergie auprès des promoteurs, et accompagne les développeurs pour implanter des toits et des murs végétaux. Il s'agit pour la municipalité de contribuer à réduire la consommation énergétique des bâtiments, mais aussi de réduire les îlots de chaleur sans recourir à l'air conditionné. L'investisseur immobilier Great Portland Estates, qui détient 44 immeubles dans la région de Londres, a constaté que ses bâtiments n'étaient pas conçus pour résister aux vagues de chaleur sans recours accru à l'air conditionné. Pour améliorer la résilience de ses bâtiments, le groupe conçoit désormais des immeubles à refroidissement passif, jouant sur l'ombre afin de limiter l'exposition au soleil.

Singapour face à la montée des mers

Construite sur un archipel, centre économique hyperactif à la démographie en hausse, la cité-Etat de Singapour est particulièrement vulnérable à la montée du niveau des mers. La municipalité a récemment imposé de nouvelles normes : les terrains constructibles ne doivent pas être inférieurs à 2,25 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle a commandé une étude cartographique des risques, couvrant l'ensemble de la bande côtière de la métropole, afin d'identifier les zones spécifiquement exposées. "Le fait de fixer et de maintenir des standards et de fournir des informations précises sur les risques et les impacts rassure les investisseurs", note l'étude de C40 et alii.

New York après Sandy

L'ouragan Sandy a coûté quelque 11 milliards de dollars à la municipalité. Désormais, pour les entreprises newyorkaises, ouragans et tempêtes sont parmi les risques climatiques les plus réels. Thomson Reuters a vu son centre de données de New York fermer, tandis qu'un autre de ses centres devait recourir à des groupes électrogènes au diesel, pour une facture de carburant de 50.000 dollars pour 72 heures d'utilisation. Cinq mille employés ont dû être déplacés, les dégâts ont coûté 5 millions de dollars... A la suite de Sandy, la ville de New York a accordé 293 millions de dollars aux PME de la ville pour les aider à améliorer leur résilience. Elle impose désormais aux opérateurs de télécommunications de s'équiper pour résister aux événements extrêmes.

Sao Paolo, géant aux pieds d'argile

La ville géante de Sao Paulo se mobilise pour créer de nouveaux espaces verts et construire des défenses contre les crues. Elle se focalise sur l'accessibilité de ses infrastructures. Elle investit 22 milliards de dollars dans le réseau de transports afin d'améliorer la mobilité des clients et des fournisseurs. Elle améliore le traitement des eaux usées, dont le réseau est vulnérable aux fortes pluies, par le programme Vida Nova, qui concerne 43 bidonvilles. D'Edmonton au Canada à Geoje en Corée du Sud, de Melbourne en Australie à Durban en Afrique du Sud, la résilience est d'abord une affaire économique : il s'agit de protéger le capital.

Réactions10 réactions à cet article

 

La crédulité humaine est sans limite !

Laurent Berthod | 14 juillet 2014 à 23h32
 
 

peuples endormis et irresponsables...nous avons 50 ans de retard...il y a longtemps que le train est passé...

BERTRAND | 15 juillet 2014 à 09h44
 
 

Quand les scientifiques disent : "vous aller avoir chaud et il y aura des inondations" tout le monde s'en fou. quand les "banquiers" disent à vous coutera en clim et en infrastructure les gens écoutent.

moris | 15 juillet 2014 à 11h12
 
 

A voir les zones commerciales, artisanales et même des pavillons souvent inondées et toujours permis dans le lit des rivières, on peut se dire que nous ne sommes pas préparés au pire !
Idem des architectures toujours en cours pour bâtiments publics en verre à toit plat qui seront plus un risque que nécessité, par canicule, tempêtes et neige. Que de retard et non volonté à changer les choses !

claude | 15 juillet 2014 à 15h04
 
 

il suffit de voir que M. Berthod n'aime pas ce sujet pour comprendre à quel point il est important.

L'aveuglement des fanatiques n'a pas moins de limites que la crédulité.

Et pour ceux qui agissent, il y a d'une part ceux qui, connaissant le problème, mettent un peu plus la pédale au plancher pour en profiter jusqu'à l'ultime dévastation - et d'autre part ceux qui font preuve de responsabilité. Devinez qui restera debout à la fin ?

Zoltan | 15 juillet 2014 à 16h52
 
 

Et moi je pense qu'il y a des manipulateurs d'opinion. Et je pense que c'est moi qui ai raison. Prouvez moi le contraire ! Donc le débat est ouvert. Il est sain qu'il soit ouvert et il est anormal que certains réchauffistes fassent tout pour le fermer, surtout lorsque ce sont des scientifiques.

Laurent Berthod | 15 juillet 2014 à 18h57
 
 

M. Berthod, Réchauffement climatique ou pas les comptables des compagnies d'assurances vont nous demander de payer pour les réparations des dégâts. Le risque c'est un aléa x un coût, il est plus logique de construire un terrain de foot en zone inondable qu'un data center (même aléa, mais pas même coût de réparation). Ce qui est gênant c'est quand un groupe demande réparation parce que leurs maisons sont détruites alors qu'ils les avaient construites dans une zone à risque en connaissance de cause...ou alors les assurances doivent en tenir compte en modulant les primes.

mooris | 17 juillet 2014 à 10h56
 
 

Mon cher Mooris,

Je partage tout ce que vous écrivez, qui n'est que bon sens, lequel manque de plus en plus à nos contemporains, mais pas à vous.

Laurent Berthod | 17 juillet 2014 à 21h56
 
 

Je pense comme Moris qu'on peut alerter tant qu'on veut les fanatiques du gaspillage, ils s'en moquent comme de l'an 40 tant qu'il n'y a pas de lien direct avec leur misérable porte-monnaie. Mais si on annonce que ça va se traduire sur les primes d'assurance, branle-bas de combat !
La peur et l’égoïsme sont des leviers bien plus puissants que l'intelligence.

Zoltan | 21 juillet 2014 à 10h27
 
 

Bloomberg / Philanthropy: Cherchez l'erreur.
Bizarre que sur ce site complotiste personne ne relève. Est-ce parce qu'on parle de l'apocalypse que nous vivons et que ça contribue au catastrophisme ambiant. ActuE associé à la finance internationale pour sauver le monde? Solidarité entre "lanceurs d'alerte" pour le moins bizarre.
Salutations et bon été à tous.

Albatros | 30 juillet 2014 à 11h11
 
 

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