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L'UE et l'Organisation du traité de coopération amazonienne joignent leurs efforts pour la sauvegarde de l'Amazonie

RESSOURCES NATURELLES - Actu-Environnement.com - 11/05/2006
 
Le Centre commun de recherche de la Commission européenne (CCR) et l'Organisation du traité de coopération amazonienne (ACTO) joignent leurs efforts pour soutenir la création de systèmes d'informations environnementales panamazoniens.
 
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L'organisation du traité de coopération amazonienne (ACTO) est une organisation multilatérale fondée par huit pays d'Amérique du Sud sur le territoire desquels s'étend le bassin amazonien et la forêt ombrophile : la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l'Équateur, la Guyane, le Pérou, le Suriname et le Venezuela. Sa mission est d'œuvrer en faveur d'un développement durable dans cette écorégion. En effet, l'Amazonie, qui abrite un tiers de la diversité biologique de la planète, un cinquième des ressources en eau douce, le plus grand fleuve et la plus grande forêt ombrophile au monde, joue un rôle crucial dans le climat de la planète.

C'est dans ce contexte que le Centre commun de recherche de la Commission européenne (CCR) et l'ACTO joignent leurs efforts pour soutenir la création de systèmes d'informations environnementales panamazoniens.

L'accord prévoira une aide de la Commission européenne en vue de soutenir les activités ayant un rapport avec l'Amazonie dans toute une série de domaines de la politique communautaire, comme la coopération scientifique, la coopération au développement, l'environnement et l'agriculture, indique Bruxelles dans un communiqué.
Selon la Commission européenne, cet accord a notamment comme objectif de soutenir les efforts accomplis au niveau national par les pays de la région amazonienne en vue de produire de nouvelles données plus fiables utilisables par la région, par exemple dans le cadre d'un nouvel effort global du CCR pour évaluer le taux de déforestation des forêts tropicales et boréales dans le monde entier.

L'exploitation intensive de la terre et du bois s'est traduite par une déforestation massive en Amérique latine. Des 998 millions d'hectares de forêts en 1970, il ne restait que 958 millions en 1980, 919 en 1990 et 913 en 1994, soit plus de 60% de la quantité coupée sur l'ensemble de la planète. On estime*, par ailleurs, la destruction de la floresta amazonica à 5,8 millions d'hectares par an. Un phénomène qui prend une dimension particulière au Brésil puisque le pays représentait 8% des exportations mondiales de bois dur en 1995. Cette déforestation progresse d'année en année et les études scientifiques établissent que le cycle de vingt cinq à trente ans nécessaire pour la régénération n'est désormais plus respecté.

Un rapport récent du journal scientifique Nature** annonce que 40% de l'Amazonie seront détruits d'ici 2050 si les tendances actuelles de l'expansion agricole se maintiennent. Ce phénomène menace gravement et directement la biodiversité tout en contribuant sérieusement aux changements climatiques. Les monocultures de soja s'appuyant en outre lourdement sur des produits chimiques toxiques, elles polluant durablement les sols. Certains types de soja sont en outre génétiquement modifiés.

Parallèlement Greenpeace a publié dernièrement un rapport Eating up the Amazon*** qui dénonce le rôle indirect joué par la plus grande chaîne de restauration rapide du monde dans la destruction de la forêt amazonienne. Il tente de démontrer les implications du commerce mondial du soja sur la destruction de l'Amazonie. Gavin Edwards, coordinateur international de la campagne Forêt de Greenpeace souligne le lien entre les activités de l'enseigne et la déforestation sauvage. Mc Donald saccage l'Amazonie pour cultiver le soja nécessaire à l'alimentation des poulets qui seront ensuite transformés en Chicken Mc Nugget. Notre travail montre directement l'impact de la chaîne et de ses partenaires sur la forêt, ses éco-systèmes et sa formidable biodiversité.

Daniels Midland, Bunge et Cargill les trois géants américains du commerce mondial du soja sont les trois principales cibles visées par Greenpeace. Cargill ne s'est ainsi pas privé de passer des accords avec des fermes exploitant illégalement des territoires de la forêt amazonienne appartenant au domaine public ou aux populations indigènes, explique l'association. Les chaînes de la grande distribution et les géants de la restauration rapide, comme Mac Donald, doivent désormais s'assurer que les aliments qu'ils commercialisent n'entraînent pas la destruction de l'Amazonie et ne portent pas atteinte aux Droits de l'Homme, conclut Ludovic Frère, chargé de campagne Forêts à Greenpeace France.

C.SEGHIER

*PNUE
**Nature, 23 Mars 2006
*** Le Rapport

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