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Biomasse : baisse des tarifs d'achat de 3,6 %

Les nouveaux tarifs d'achat de l'électricité produite à partir de biomasse ont été publiés au JO du 30 janvier. Ils sont en baisse de 3,6 % mais la CRE souligne que les installations les plus efficaces énergétiquement restent cependant rentables.

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Biomasse : baisse des tarifs d'achat de 3,6 % (© Ordif)

L'arrêté du 27 janvier, publié au journal officiel du 30 janvier, fixe les nouvelles conditions d'achat de l'électricité produite à partir de centrales à cogénération utilisant la biomasse (matières non fossiles d'origine végétale ou animale). Un deuxième arrêté publié le 30 janvier abroge le précédent arrêté, qui avait multiplié par deux les tarifs d'achat.

Le tarif de référence est désormais fixé à 4,34 centimes d'euros par kilowattheure, contre 4,5 centimes/kWh auparavant, soit une baisse de 3,6 %. Cette baisse porte sur la part fixe mais aussi sur la prime complémentaire (pour les unités de puissance supérieure à 5 MW). Pour rappel, le tarif est composé d'une base fixe à laquelle s'ajoute une part variable qui dépend notamment de l'efficacité énergétique de l'installation et de son niveau d'émission de poussières.

À noter : ce nouveau tarif d'achat ne concerne pas les contrats d'achat conclus avant son entrée en vigueur et les installations pour lesquelles une ''demande complète de raccordement'' a été déposée avant l'entrée en vigueur du nouvel arrêté tarifaire et pour lesquelles le pétitionnaire en fait la demande écrite dans un délai de trois mois à compter de la publication du nouvel arrêté.

Malgré la baisse, les installations efficaces restent rentables selon la CRE

Dans son avis du 29 décembre, la commission de régulation de l'énergie (CRE) note que ''la baisse de 3,6 % des tarifs d'achat induit une diminution des rentabilités des projets de plus de 5 MW qui restent cependant incitatives'', avant de préciser : ''les niveaux de rentabilité induits par les tarifs proposés dépendent fortement de l'efficacité énergétique des installations''. Ainsi, les installations présentant des efficacités énergétiques supérieures à 65 % afficheront des ''rentabilités normales, sans être excessives'', contrairement au précédent tarif d'achat qui procurait ''une rentabilité trop élevée'' pour ces mêmes installations. La CRE souligne que ''cette structure tarifaire, peu incitative pour des efficacités énergétiques faibles, est en cohérence avec la directive 2009/28/CE qui prévoit que ''dans le cas de la biomasse, les Etats membres encouragent les technologies de conversion présentant un rendement de conversion [...] d'au moins 70 % pour les applications industrielles''.

D'ici 2020, la France mise sur l'installation de 2.300 MW de production d'électricité à partir de biomasse, selon la programmation pluriannuelle des investissements de production d'électricité (PPI). ''Selon le plan d'action national en faveur des énergies renouvelables fixé pour la période 2009-2020, 500 MW d'installations valorisant du biogaz pourraient participer à cet objectif. En supposant que 800 MW de centrales biomasse seront développées dans le cadre d'appels d'offres, 1.100 MW d'installations biomasse solide sous obligation d'achat pourraient être construites d'ici à 2020'', note la CRE, qui estime ''les charges annuelles de service public à l'horizon 2020 induites par le projet d'arrêté entre 250 et 800 M€''.

Réactions3 réactions à cet article

 

Une précision qu'il est essentiel de rajouter à l'article :
l'année de référence pour l'indexation du tarif passe de 2010 (ancien décret) à 2011 (nouveau décret), hors les indices d'indexation ayant augmentés de 3,4% l'année dernière, la baisse réelle du tarif est de 7%.

J'ajoute qu'un seul projet s'est enregistré avec ce tarif l'année dernière, malgré la myriade de développeurs et bureaux d'étude qui ont cherchés en vain à trouver un équilibre économique. On se demande bien comment, avec une baisse de 7%, la CRE entend atteindre son objectif de 1.100 MWe en 2020!! (env. 15 nouveaux projets à sortir / an!)

Quelle est la "rentabilité normale" pour un projet qui doit, pendant 20 ans, gérer un triple risque : technologique, sur l'approvisionnement en bois et sur la pérennité du consommateur de chaleur ? on est bien loin du photovoltaïque ou des éoliennes...

Il faut regarder la situation en face : aujourd'hui aucun opérateur n'a l'envie ni les capitaux pour sortir autant de nouvelles centrales, les banques rechignent à financer des projets aussi risqués, les consommateurs de chaleurs (papetiers..) n'ont pas de visibilité sur le long terme et ces tarifs ne permettrons pas d'aller mobiliser des gisements supplémentaires ou de financer une une gestion durable de la forêt.

C'est d'autant plus dommage que cette filière biomasse, elle crée de la valeur et des emplois dans nos forêts, elle participe à l'indépendance énergétique et à la compétitivité du territoire français !

JMH | 31 janvier 2011 à 14h43
 
 

INCOMPRÉHENSIBLE !

une petite peur que la biomasse fasse de l'ombre à l'atome ?
j'aime pas les discussions stériles atome/enr mais là quand même ils poussent le bouchon un peu trop loin !

Une proposition d'action pour nos amis de la CRE, plutôt que de juger comment il faut produire l'énergie, ordonnez aux fournisseurs d'énergie un format de facture électronique. Ceci permettra de commencer un vrai travail de maitrise de l'énergie ... A bon entendeur.

chocard | 01 février 2011 à 14h42
 
 

Bonjour.

Une précision à la précision. Si je ne me trompe pas, cette série de décrets concerne aussi la méthanisation (biomasse issue des résidus de repas, des collectes de déchets alimentaires et d'industries agro,etc...) et donc pas seulement la filière bois.

Par ailleurs, à coté du bois naturel, nous pouvons imaginer aussi la question du bois déchet (issu de la déconstruction et des palettes par exemple) qui pourrait donner lieu à des projets avant l'échéance de 2020.

Enfin, la question du consommateur de chaleur n'est pas seulement liée aux papetiers (rarissimes en France) mais aussi à d'autres industries, et surtout aux réseaux de chauffage urbain ; débouchés assurément plus pérenne qu'une activité industrielle.

Mes salutations.

Michael_E | 02 février 2011 à 16h21
 
 

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