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Algues vertes : un rapport ministériel pointe la responsabilité de l'agriculture industrielle

Les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture ont passé en revue la littérature scientifique relative aux algues vertes et le bilan est sans appel : le développement de l'agriculture industrielle est le premier responsable.

Agriculture  |    |  Actu-Environnement.com

"La réduction des apports azotés liés aux activités agricoles et d'élevage reste l'objectif le plus pertinent pour limiter la prolifération des algues vertes." Telle est la principale conclusion du rapport "Bilan des connaissances scientifiques sur les causes de la prolifération des macroalgues vertes – Application à la situation de la Bretagne et solutions", rendu public le 22 mai 2012 par le ministère de l'Ecologie.

Rédigé conjointement par le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) du ministère de l'Ecologie et le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) du ministère de l'Agriculture, le document de près de 150 pages "établit un état des connaissances sur les proliférations d'algues vertes et apporte une analyse critique des arguments de la contestation du rôle des nitrates agricoles".

Une campagne de déni des fondements scientifiques

En préambule, les auteurs rappellent que "la mise en œuvre du plan d'action gouvernemental « algues vertes » en Bretagne est perturbée par une campagne de remise en cause des fondements scientifiques expliquant la prolifération de ces ulves, sur lesquels est fondée l'action de l'Etat". Il s'agit là d'une "contestation [qui] traduit l'inquiétude de la profession agricole directement mobilisée par les mesures correctrices du plan (réduction drastique des nitrates dans les eaux)", estiment les auteurs du rapport.

Pourtant, "aucun des facteurs physiques (lumière, température, pluviométrie, hydrodynamique côtière) comme biologiques et écologiques (espèce d'ulve, faune herbivore, effet des perturbations comme les marées noires) n'a connu d'évolution marquée pouvant expliquer de telles proliférations", relèvent les rapporteurs, ajoutant que "par contre, parmi les facteurs chimiques, les apports au milieu marin d'azote et de phosphore (ceux de silicium étant restés stables) sont impliqués fortement".

Hausse des teneurs en nitrates

Les apports d'azote et de phosphore "ont augmenté de façon considérable à partir des années 1960 et leur concentration s'est accrue dans les zones de prolifération d'ulves", indique le document, insistant sur le fait que "contrairement à ce qui est parfois avancé, on dispose donc de données assez conséquentes dès 1971". Les auteurs se basent en particulier sur les relevés quinquennaux établis dans le cadre du plan d'inventaire national de la pollution (pour les années 1971, 1976 et 1981) et de "quelques données de suivi annuel".

Et le document de préciser que la valeur de référence des teneurs naturelles est de l'ordre de 2 à 3 milligrammes par litre (mg/l). En 1971, les concentrations en nitrates varient de 0,5 à 11 mg/l, avec une moyenne de l'ordre de 5,5 mg/l. En 1976, elles sont en hausse d'environ 36% "dans pratiquement toutes les rivières", s'établissant à 7,5 mg/l avec un maximum de 18 mg/l. Les cinq années suivantes sont marquées par une hausse de 286% des concentrations en nitrates, avec en 1981 une moyenne à 21,5 mg/l et des valeurs maximales qui "culminent" à 38 mg/l. Les données pour les années suivantes ne sont pas présentées mais le document stipule que la décennie 1980-1990 marque un maximum.

Développement de l'élevage

Par ailleurs, plusieurs arguments attestent d'une augmentation sensible des apports agricoles dès les années soixante en Bretagne.

Il s'agit en premier lieu de la progression des productions animales en Bretagne. "Même si la progression s'est ensuite accélérée, le développement des productions animales en Bretagne avait commencé dès la fin des années 50", rappelle le rapport ministériel. Et d'expliquer que par rapport à 1950, les volumes produits en 1970 avaient été multipliés par 4 à 5 pour les volailles, 3 à 4 pour les porcins et 2 à 3 pour la viande bovine et le lait. Une hausse qui n'a eu de cesse de se poursuivre puisqu'elle a été multipliée par 5 environ depuis. "Le volume cumulé des productions de viandes porcines, bovines et de volailles atteignait 519.000 tonnes en 1966, soit environ 20% des volumes actuels", pointent les rapporteurs.

Par ailleurs, en-deçà de 100 habitants par kilomètre carré (h/km2), il n'est pas possible d'incriminer la pollution liée à la population pour expliquer l'eutrophisation des masses d'eau côtières. Or, cette limite n'a été dépassée qu'en 1990.

Et de conclure : "il ne semble donc pas exister de discordance notoire entre la période où les marées vertes prennent de l'ampleur en Bretagne et celle où les apports d'éléments fertilisants par les rivières ont augmenté sensiblement par rapport à des références historiques".

Sortir du dialogue bilatéral Etat-agriculteurs

Quant aux conclusions du rapport, elle sont en accord avec le constat formulé auparavant : "une réduction des apports d'azote liés aux activités agricoles et d'élevage, associée secondairement à la protection et à la restauration des zones humides, sera l'objectif le plus adéquat pour parvenir à limiter les proliférations d'ulves". Une action d'autant plus justifiée que "la part agricole représente au moins 90% des apports azotés et ne semble pas régresser [et qu'] elle est de 50 à 60% pour le phosphore, en croissance relative du fait des efforts en cours sur les réseaux d'assainissement".

Par ailleurs, les auteurs jugent qu'il est temps d'agir puisque les données scientifiques justifiant une stratégie de réduction des rejets azotés agricoles sont suffisant. De nouvelles études complémentaires "ne serviront qu'à conforter, en les détaillant, les acquis scientifiques actuels".

Par ailleurs, rappelant que la concertation à cinq du Grenelle, "[a] permis de mettre en évidence les conditions d'une « gouvernance » à respecter pour organiser l'action collective", les rapporteurs recommandent indirectement de ne pas limiter la concertation aux discussions avec le monde agricole. "Il n'est plus possible de limiter le débat public à un mode de dialogue bilatéral, comme tente de le faire actuellement une partie du monde agricole en interpellant l'État sur les fondements scientifiques du plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes", assènent-ils.

Sans aucun doute consciente des difficultés engendrées par une réduction des apports agricoles, "la mission insiste sur la nécessité de poursuivre les efforts d'information et de communication vis-à-vis de l'ensemble des acteurs et de s'inscrire dans une stratégie à long terme visant à offrir des perspectives positives à l'ensemble de ces acteurs".

Réactions24 réactions à cet article

 

Quelle découverte! au moins on dispose de chiffres maintenant. Mais il est pour le moins curieux que l'agriculture qui met des engrais pour faire pousser ses plantes cultivées dénie l'effet des engrais sur les espèces "sauvages". Autre constatation:la pollution peut bien être considérée comme un "trop de quelque chose": nitrates et phosphates sont nécessaires à la vie, mais quand on intensifie, on augmente les concentrations donc on pollue! On pourrait aussi faire payer à la profession agricole toutes les études menées sur le sujet!! Bon la moitié seulement vu l'apport à la connaissance globale.

gugu | 24 mai 2012 à 09h12
 
 

Formidable ! Un rapport du 23 05 12 pour ce que l'on sait depuis au moins l'adoption de la directive nitrate 1991, allègrement violée, par la complicité active des autorités et de services de l'Etat avec les représentations agricoles, agissant hors la loi,(comme l'a montré l'arrêt de la CAA de Nantes 1er novembre 2009), violant plusieurs principes généraux du droit et autres directives de l'UE conditionnant le minimum que toute autorité française doit faire avec la diligence requise imposée par le droit international de la mer, et les règles de l'art de toute profession, ici publique d'Etat, au principal, mais aussi de collectivités. Avec implications financières (N x millions (-ards ?)d'euros) pour les opérations non conformes au droit de l'UE, par ex. non autorisées conformément au droit de l'UE (près de 100% :) ?). Sans préjudice de violence, menace, diffamation, harcèlement, ou autres dommages subis notamment qui auront pu être exercées contre des personnels publics par ex d'Etat, en toute impunité, dans un tel contexte prolongé et non prescrit de sortie du droit ; y inclus droit national, les autorités judiciaires nationales étant tenues à la même diligence, de la pollution par émission de déchets et substances dangereuses dans le milieu naturel en particulier marin, à la protection des experts, témoins et victimes que la France doit assurer dans le cadre de la convention ONU contre la corruption. Qui saisit aussi la Commission UE, si lente et si gentille ; pourquoi ?

Théo Le Tranchant | 24 mai 2012 à 10h06
 
 

c'est cher payé pour produire des porcs et des volailles insipides et de plus nourries aux OGM et farcis de vaccin. BEURK producteurs industriels BRETONS je boycotte vos produits.

ababord | 24 mai 2012 à 10h42
 
 

Ce rapport confirme ce que tout le monde savait... Ce qui est fou c'est que l'élevage industrielle est responsable en Bretagne de nombreux problèmes chez les agriculteurs eux mêmes : faillite, diminution du nombre d'agriculteurs, dépendance à l'agro industrie... donc quand est ce que l'on change la façon de travailler ? Pourquoi continuer un système qui a un coût pour la société (dépollution des plages), un coût pour les agriculteurs (combien de d'exploitants vivent confortablement de cette course à l'élevage le plus important sur la surface la plus petite?) et un coût pour l'environnement ? Pourquoi l'argent qui a été dépensé pour ces études, pour la dépollution des plages, pour la mise aux normes d'élevage qui endettent les paysans, pour payer les amendes de l'union européenne, n'a pas été utilisé pour développer une autre agriculture (et je ne dis pas nécessairement agriculture biologique mais une agriculture à taille humaine). Donc dire que l'agricuture industrielle est la plus rentable des agricultures je pense que l'on en voit ici les limites...

sym | 24 mai 2012 à 23h36
 
 

Les photos affichées par france-nature-environnement l'avait dit plus fortement qu'un rapport tardif.
l'INRA avait aussi publié des études éloquentes, mais les agriculteurs bretons ou les céréaliers votaient à droite .

sirius | 25 mai 2012 à 00h27
 
 

Oh ce n'est pas qu'un problème de droite, c'est essentiellement un problème de droite ; c'est surtout un problème de démocratie et d'Etat de droit respectueux du droit de la protection de l'environnement (notamment marin), tel qu'établi au minimum par le droit international - voire affaire 17 du tribunal international de la mer - et affaires Erika et Bremen en cours ; ce que ne fait pas la France qui n'est pas au standards ; espérons, puisque l'affaire sordide de l'affiche FNE qu'un miracle politique de vrai changement (nécessaire et urgent) se produise et que le chemin de la vertu soit retrouvé par qui l'avait perdu pour tous les droits fondamentaux ; il n'y a pas meilleur prècheur qu'un récemment converti, JY, mon frère, encore un effort pour être européen, dans une démocratie moderne respectueuse des droits fondamentaux des personnes en toute circonstance, y compris pour les militaires ou en intervention extérieure (CESDH MEDVEDIEV, CEDH UK IRAK) donc pour le scandale des algues vertes relevant de la criminalité environnementale et financière.
Il est tant de cesser de n'accorder de l'importance à la parole de la France que pour les contrats nucléaires et d'armement, le droit de l'UE et le droit de la mer et les droits fondamentaux protégeant l dignité des personnes valent mieux que la course aux petits arrangements qui sentent le lisier. Non ?

LATTAQUEPARLADILIGENCE | 25 mai 2012 à 09h51
 
 

La partie échouée d'algues vertes est le symptôme d'un cancer français généralisé pour "pomper" des financements, de l'UE, de l'Etat, de collectivités, voire de la population (non application du principe pollueur payeur). L'intensification irresponsable (peut-être coupable) de pratiques de cols blancs publics révèle, en Bretagne, l'ampleur de la sortie du droit (environ 30 violations systémiques) mise en oeuvre par un Etat de complaisance : par sa législation nationale et les violations du droit de l'UE, apparence de légalité sur ses décisions [dans toute la France (compris outre mer) - y inclus pour l'agriculture, la pêche, la conchyliculture, et souvent en Bretagne pour les extractions, notamment de biotope remarquables (maerl)]. Faits sont non prescrits : justice bloquée (parquets non conformes aux exigences de bonne administration de la Justice ; au monopole d'initiative des poursuites renforcé au détriment des juges d'instruction et des victimes. Violation de la convention ONU contre corruption, non protection des témoins experts et victimes. L'attitude de l'exprésident de la Région Bretagne contre l'affiche FNE montre la perte de repère démocratique par démagogie de soutien de situation illégale contre la liberté d'expression. La communication du comité régional du tourisme est limite scabreuse.
Siphonnons, gêneurs éliminons en choeur entonnons, grosse main droite, petites mains gauches.
Mme Taubira, vite, une saine action Manopulite pour un Etat de droit démocratique !

Théo Le Tranchant | 26 mai 2012 à 08h37
 
 

Personne ne fait rien car l'agriculture en Bretagne est une source importante de revenus pour la France par l'intermédiaire des industries agroalimentaires. Les poulets industriels sont en grande partie exportés et les porcs servent à nourrir la France. je pense que la Bretagne est la première région agricole de France.

jpp | 26 mai 2012 à 12h29
 
 

Pour avoir démontré, avec André Ollivro, la responsabilité de l'agriculture intensive dans la mort de 36 sangliers en Baie de Saint-Brieuc l'année dernière, nous avons été insultés par la FNSEA, la CR et les Chambres d'Agriculture. J'ai été accusé le 27 avril dernier par M. Burlot, vice-président du Conseil Régional, de ne pas respecter les personnes et d'entretenir la guerre civile en Bretagne. Quant à Madame Lebrun maire UMP de Morlaix elle s'adresse à tous les élus politiques et associatifs de sa circonscription en proclamant qu'il faut défendre le modéle agricole breton menacé par "quelques pseudo-écologistes qui veulent imposer leurs diktats et leurs dogmes". Certes, on peut se consoler en disant que le Front National, c'est encore pire, en se référant aux déclarations de la Coordination Rurale.
Et vous voulez qu'ensuite ces élus tiennent compte de ce rapport pour orienter leurs actions publiques ? Si on veut en finir avec les marées vertes, il faut impérativement cesser d'accorder des voix à des représentants de partis qui ont failli et promettent encore et toujours de faillir, au prix de l'argent du contribuable. Belle démonstration s'il en faut de la manière de creuser la dette écologique avec la dette économique. Les élections législatives approchent : voter FNUMPPS, c'est voter sans hésiter marées vertes. En prime, vous aurez droit à une autre étude dans les cinq ans pour dire la même chose.
Yves-marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor.

Yves-Marie Le Lay | 27 mai 2012 à 22h17
 
 

Bonjour,

Encore un rapport de plus pour démontrer ce qui maintenant une évidence depuis de nombreuses années.
Il y a peu j'ai lu le livre de Mr OLLIVRO, "Le scandale des algues vertes" et j'ai constaté avec effroi l'implication (négative) de nos politiques dans cette catastrophe qui n'a rien de naturelle. J'avais déjà plus ou moins conscience de l'inaction des politiques français en matière de protection de l'environnement mais là j'en ai eu une démonstration magistrale. C'est horrible, c'est n'importe quoi. Je suis d'accord pour dire que les agriculteurs ne sont pas les seuls responsables de ce fiasco, les politiques avec leurs aides, subventions, reports et dérogations à tous va y ont largement contribué. Néanmoins, je ne vois pas ce que, à l'échelle d'une région ou d'un pays, les gens peuvent faire de plus. C'est aux agriculteurs de se prendre en main, de ne plus rien attendre de personnes et de décider de changer de modèle pour une agriculture à échelle humaine et en contact avec la terre !

Laetitia | 29 mai 2012 à 16h18
 
 

Un rapport fondé sur les erreurs scientifiques indéniables du lobby de l'Ifremer qui vend, au sens propre du mot, ses modèles à tous les élus locaux ou nationaux crédules.

Laurent Berthod | 26 juin 2012 à 22h29
 
 

Ah, dernières nouvelles, et où émarge M. Berthod que nous n'avions pas eu le plaisir de lire depuis trop longtemps... Si l'on part du principe que les algues vertes ne sont qu'un symptôme visible d'une fraction des émissions hors des parcelles (qui d'autre que la profession et la filière touchent des subventions publiques pour vider sa sanie dans le jardin du voisin, AVEC LA BENEDICTION DES AUTORITES Y COMPRIS LOCALES, en toute impunité ; il n'y a pas qu'à Naples qu'il y a un problème de déchets, et de subventions...

Théo Le Tranchant | 27 juin 2012 à 13h33
 
 

Et dire que ce sont les écologistes que l'on traite d'intégristes ! Nous avons là affaire avec M. Bertod au pur produit de la religion du productivisme à tout va. Les mêmes certitudes avec le terme "indéniables" contre vents et marées, qui révèle bien un esprit formaté. Si M. Bertold ne reconnait pas les conclusions mille fois démontrées de l'origine des marées vertes, comment peut-il expliquer qu'elles collent si bien à la réalité ? Le rapport Chevasus met bien en parallèle ce que n'importe qui peut constater la relation entre les marées vertes et la montée en puissance de l'agriculture hors sol dans les années 1980. Comme les intégristes religieux, il refuse de voir la réalité telle qu'elle est, préférant la voir telle qu'il voudrait qu'elle soit. Je lui lance un défi : convaincre la FNSEA et les coopératives agricoles de transformer en 5 ans les cultures du bassin versant de la Lieue de Grève, en supprimant toute fuite d'azote sur le modéle de Vittel. 170 exploitations concernées à qui on accorde aides techniques et financières pour cela. Peu de chances qu'il relève le défi. Pourquoi l'agro-alimentaire refuse-t-il ce changement mineur à l'échelle de la Bretagne ? Parce que ceux qui le dirigent savent très bien que ce changement a toutes les chances de réussir, puisque ce nouveau modèle a réussi ailleurs. Pas question de donner le "mauvais" exemple à toute la filière. Et pendant ce temps là, il entretient dans la servitude idéologique quelques hallucinés comme M. Bertod.

Yves-Marie Le Lay Sauvegarde du Trégor | 27 juin 2012 à 16h07
 
 

Le développement des marées vertes accompagne aussi très bien la montée de l'urbanisation des zones côtières et la multiplication des stations d'épuration des eaux domestiques.

Alors qu'est-ce qui peut départager entre les nitrates agricoles et les phosphates domestiques ?

Pas les statistiques ni les modèles. La connaissance des phénomènes biologiques. Et là, les tenants des nitrates sont mal. C'est partout dans la littérature scientifique internationale, que l'Ifremer ignore délibérément.

NB La question "où émarge" est une insulte récurrente. J'y réponds une fois de plus : aux caisses de retraites de base et complémentaires (régimes salariés). Sil es écolos pouvaient désormais s'abstenir de cette insulte à l'encontre de ceux qui ne pensent pas comme eux, le débat serait plus serein.

Laurent Berthod | 27 juin 2012 à 17h01
 
 

Monsieur Bertod est bien dans le registre du déni de la réalité. Où sont les immenses stations d'épuration qui expliqueraient l'apport d'azote domestique dans la baie de Saint-Michel-en-Grève ? Je suis prêt à comparer avec lui les flux de la station d'épuration de Saint-Michel et celui, par temps de pluie d'un seul drainage de champ dans un fossé à Tréduder. Enfin, comment explique-t-il moins de marées vertes au mois d'août, alors que c'est le mois où les touristes sont les plus nombreux ? L'apport d'azote domestique est de 1 à 5 %. Tout le reste est agricole. Quant aux références aux études internationales, c'est bien le rapport Chevasus qui en parle puisque leurs auteurs en ont consulté prés de 300. M. Bertod, donnez nous vos références scientifiques, sauf le Buson de service bien sûr, et nous saurons si les tenants du nitrate agricole sont si mal que cela ! Et en l'absence de réponses précises, je serai obligé de conclure que vous êtes dans ce domaine comme celui de la réalité, dans l'hallucination. Enfin, nul besoin d'être appointé pour avoir des hallucinations.

Yves-Marie Le Lay Président de Sauvegarde du Trégor | 27 juin 2012 à 17h39
 
 

Erreur de méthode cher retraité ;

Il faut raisonner en termes de flux d'une part ; par type de source et de polluant d'autre part ; dont les nitrates et les phosphates ne sont qu'une composante mesurable - mais qui ne l'est pas vraiment ; or il est impossible d'obtenir des cartes claires à l'exutoire ; ou par noeud de sous bassin versant ; en violation de la DCE qui exige au moins de distinguer pollution domestique, pollution industrielle et pollution agricole ;
pour les nitrates et les phosphates, hors la problématique du facteur limitant, c'est plus rigolo, mais c'est révélateur : le principe explicite est la non émission hors des parcelles dans ou via un quelconque compartiment ; sol sous sol atmosphère, eau ; et le but de la directive dite nitrate, pour ne parler que de celle-là, est de prévenir l'eutrophisation ; on ne l'a pas prévenue, on ne l'a pas gérue non plus, et il n'y a toujours pas de prévenus à la barre (d'un Tribunal) ; c'est une verrue pourtant au bout du ru ; pourtant il est prescrit qu'il faut prendre toutes les mesures nécessaires y incluses sanctions proportionnées et dissuasives ; pour ce qui est scientifiquement validé ; localement et internationalement ; ah oui, plus de 90% des flux des BV à problème viennent de l'agriculture... Et cela ne signifie pas que l'on a le droit de polluer dans les autres BV ou avec d'autres substances ; allez, parlons un peu d'oestrogènes et autres perturbateurs endocriniens... Pas pris en compte dans les études d'impacts

Théo Le Tranchant | 27 juin 2012 à 17h49
 
 

ça fait longtemps que le phosphore s'est fixé dans les sédiments des baies et qu'il est relargué dans le milieu marin au fur et à mesure des besoins. Bon, on voit là que les écolos ne connaissent pas plus la chimie que la biologie.

Laurent Berthod | 27 juin 2012 à 21h37
 
 

Ce rapport a été fait en mars 2012.
Le gouvernement précédent avait refusé de le rendre public. Il est facile de comprendre pourquoi. La transparence sur ce dossier complexe faisait peur à certains.
Le nouveau gouvernement a eu le courage de nous le faire connaître.
Esperons qu'il saura s'en servir malgré les pressions de ceux qui continuent à nier une évidence

Philippe

Philippe | 28 juin 2012 à 13h30
 
 

Il y a des pays et des français qui se contentent des porcs et des volailles produites de façon intensive en Bretagne.
Tout le monde ne peut pas se payer du porc ou des volailles fermièrs ou issus de l'agriculture biologique.

jpp | 28 juin 2012 à 15h10
 
 

ah le pauvre M. Berthod, que tant de haine aveugle, au point qu'il est le véhicule de tous les lieux communs cameragricoles : on le sait que le phosphate est fixé, pour 70 ans ; MAIS plus enocre dans la pédologie terrestre ; où ils ont aussi un rôle eutrophe (cyanophicées par ex). C'est de la science et du droit, pas de l'ideologie haineuse. Mais tellement révélatrice d'une forme de corporatisme hors la loi qui nous ramène directement au corporatisme d'Etat des années 30 et suivantes, avec les mêmes dénis de réalité... Vivement des décisions judiciaires que tout cela soit clarifié !

Théo le Tranchant | 28 juin 2012 à 16h43
 
 

Ah, cet'argument de la boboisation bio... Sur la soi disant agriculture populaire ; encore un éculé... encore de la stigmatisation irrationnelle mais sur un cahier de communication bien rodé ; sauf que se pose la question de savoir si ce modèle existerait sans subvention ; et si les subventions ont été accordées à des opérations respectant l'ensemble du droit de l'UE des autorisations aux programmations ; les algues vertes et certaine décision de la CAA de Nantes - et seulement pour ce dont elle a été saisie en appel - permettent raisonnablement de penser le contraire. Donc serions nous devant un immense scandale environnemental et financier ? Sur plusieurs decennies, instrumentalisant la population agricole pour faire circuler des flux ?

Simple question, en principe du ressort pour la réponse, des gens dont c'est le métier...

En attendant, si toutes ces règles avaient été respectées, l'argent y compris national eut été mieux employé ; et peut être la bretagne serait elle au top d'un autre modéle

Théo Le Tranchant | 28 juin 2012 à 16h50
 
 

Il est bien connu que ce sont les tribunaux qui disent la science. Le Saint Office contre Galilée en est l'exemple le plus célèbre !

Laurent Berthod | 28 juin 2012 à 18h47
 
 

Monsieur Bertod, je vous ai posé deux questions auxquelles vous ne répondez pas. Je les repose. 1°) Etes-vous d'accord pour faire l'expérience en 5 ans de cultures nouvelles avec luzerne, ou trèfle ou toute autre plante à très basse fuite d'azote sur toutes les vallées des rivières qui apportent l'azote dans la Baie de Saint-Michel et provoque les marées vertes. Peut-être avez-vous raison, mais votre honnêteté commande que vous acceptiez cette expérience uniquement à cet endroit de Bretagne qui ne concerne que 170 exploitations. Ensuite il vous suffira de convaincre vos amis de la FNSEA. 2°) Pourquoi, si c'est l'azote des déjections humaines et la lessive des ménagères qui sont responsables des marées vertes, c'est au mois d'août, sur la Lieue de Grève, que le plus souvent, quand la foule abonde, qu'elle déverse le plus de déjections et de lessive à travers les stations d'épuration, que l'on a le moins de marées vertes ? Ce n'est pas de la chimie, ni de la biologie, seulement du bon sens. Moins vous répondrez de façon cohérente à ces questions, et plus vous nous donnerez raison.

Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor | 28 juin 2012 à 23h08
 
 

Voilà un pauvre Monsieur qui se prend pour un hérétique destiné au bûcher pour une grande découverte qui change la vision du monde ; tout au plus, et tout bien pesé au trébuchet, est-il, suivant l'adage, un vieil ami de la femme de César ; et celle-ci n'étant pas très vertueuse, ayant entraîné tous les satrapes dans sa couche, et se sachant donc protégé par César, essaye-t-il de faire passer pour fou ceux qui la disent nue et de petite vertu. Ce que tous les satrapes savent qui y ont goûté aux délices de la chambre d'Agri...p...pa... aurait dit Démosthène s'il eût été né.

Alors sachez que le droit a été fait à partir des fondement, non pas offerts par la femme de César à ses commensaux, mais établis par la Science, internationalement validée et reconnue suivant ses propres critères ; et que rien ne dément depuis sinon un certain déni de réalité confinant à l'autisme paranoïaque et agressif, dont l'entretien collectif et médiatique par les instigateurs et prolongateurs, constitue aussi un déni de démocratie sapant les fondations de l'Etat de droit que les juges sont chargés de faire respecter.
Tant d'argent pour tant de cochonneries... Il est temps de fermer cette maison si mal tenue (voyez ce n'est pas la maison close en elle même, nul intégrisme, mais le fait qu'elle soit très mal tenue... Et de pendre haut et court ses tenanciers et autres complices : de quoi bien renouveler le personnel professionnel, administratif et politique, sans exclusion ni discrimination.

Théo Le Tranchant | 29 juin 2012 à 16h07
 
 

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