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Actu-Environnement

Changement climatique : la mobilisation passe-t-elle par une autre forme d'information ?

25% des personnes interrogées ignorent les conséquences pour eux du changement climatique, selon un sondage du CGDD. L'implication des citoyens passe peut-être par un nouvel accès à l'information qui englobe différents domaines. 27 octobre 2015

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"Un des grands enjeux de la COP 21 est la mobilisation citoyenne, avait assuré Alissa Scholl, juriste, membre de l'ONG Islands First, en septembre dernier, lors d'une audition de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst). Face à l'inertie de certains décideurs, il est essentiel d'avoir une mobilisation comme facteur de pression pour faire avancer les négociations onusiennes".

Si les citoyens constituent un aiguillon pour orienter les acteurs politiques, sont-ils toutefois aujourd'hui impliqués, représentés et conscients des impacts potentiels que constitue pour eux une augmentation de la température à l'avenir ?

25% ignorent les conséquences pour eux du changement climatique

"Après une période 2005-2007 marquée par une montée en puissance des préoccupations citoyennes à l'égard du changement climatique, cet enjeu a perdu de son influence au cours de la période suivante (2007-2011), indique une analyse du Commissariat général au développement durable. Depuis, le niveau de préoccupation est progressivement revenu à son niveau de 2009". Dans une enquête, le CGDD s'est donc intéressé à la façon dont les Français perçoivent les conséquences du changement climatique sur leur vie.

Le sondage montre que 25% des personnes interrogées ignorent quelles pourraient être les conséquences du changement climatique pour eux, 15% considèrent qu'il ne les concernera pas et 60% citent de manière spontanée les effets qu'ils envisagent. Parmi ces derniers, le groupe de conséquences les plus citées (33%) comprend la hausse des températures, le dérèglement des saisons, la baisse des températures et la dégradation de la biodiversité. "Le groupe de conséquences qui s'impose nettement est constitué de réponses qui peuvent paraître hors sujet par rapport à la question posée, dans la mesure où il s'agit avant tout d'impacts globaux du changement climatique et non pas d'effets directs sur les individus", constate le CGDD. 23% des conséquences citées concernent la survenue d'épisodes météorologiques extrêmes (inondations, tempêtes, sécheresse, glissement de terrain, avalanche, etc.).

Les impacts sanitaires en troisième position

Les impacts sanitaires arrivent en troisième position (17%) avec la crainte des maladies respiratoires (qualité de l'air), la qualité des produits agricoles (intoxications), la dégradation de la qualité de l'eau, les cancers, la prolifération d'insectes (maladie infectieuse) ou de plantes allergènes.

13% des conséquences avancées concernent les transformations géographiques induites par le changement climatique (immersion, fonte des glaciers, exodes, afflux de réfugiés, nécessité de déménager) et 10% les altérations de la qualité de vie (pénuries alimentaires, hausse des dépenses, fermeture des stations de ski, dégâts sur les biens et habitats, chômage, etc.). Enfin, 2% craignent la fin du monde, des famines et l'extinction de l'humanité.

"Parmi les facteurs qui déterminent le plus significativement les réponses données, le niveau d'études exerce une influence notable. Ainsi, les personnes peu ou pas diplômées évoquent moins la survenue d'épisodes météorologiques extrêmes que les autres, mais ont nettement plus tendance à redouter un futur chaotique, note le CGDD. L'activité professionnelle peut également conditionner les réponses données : les enquêtés travaillant dans le monde agricole s'inquiètent beaucoup plus que les autres (22% contre 7%) des problèmes sanitaires qui pourraient découler d'une dégradation des produits agroalimentaires".

Autres critères qui influencent les réponses : l'expérience des enquêtés d'une catastrophe, leur âge (les plus de 50 ans évoquent plus fréquemment les épisodes extrêmes tandis que les plus jeunes les possibles dégradations des conditions de vie), leur lieu de résidence, le niveau socio-culturel, etc.

Un certain nombre de citoyens, à travers des manifestations comme la marche pour le climat ou le débat citoyen planétaire sur le climat, ont déjà manifesté leur volonté d'aboutir à des accords concrets lors de la 21e réunion de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques. Toutefois pour que l'ensemble d'une société puisse se positionner et s'approprier les choix à effectuer, elle doit bénéficier d'une information accessible à la croisée des connaissances de différents domaines.

Vers de nouveaux indicateurs pour un choix plus participatif ?

"Réfléchir à travers un objectif qui nous implique au delà d'un intérêt particulier pourrait être une façon de rendre le débat plus participatif et l'écoute d'une société plus large, a exposé Jean-Claude Ameisen, président du Comité consultatif national d'éthique, lors de l'audition de l'Opecst. Je pense que la santé peut être une grille de lecture qui dépasse la focalisation sur tel ou tel symptôme : que ce soit le changement climatique, la pollution, la déforestation, etc.". Selon lui, la réflexion sur les indicateurs sur l'efficacité des mesures de transitions pourrait intégrer des indicateurs sur la santé. Ainsi, le choix d'une énergie pourrait s'accompagner d'une évaluation de son effet positif, négatif ou neutre en terme de santé.

"Notre façon de parler de l'énergie ne nous permet pas de comprendre ce qu'est l'énergie, a quant à lui souligné Etienne Klein, directeur du laboratoire sur les sciences de la matière du CEA, membre du Conseil scientifique de l'Opecst. L'énergie se définit par le fait même qu'elle se conserve. (…) Consommer la totalité d'un kilojoule d'énergie c'est prendre un kilo d'énergie sous une forme de faible entropie, par exemple de l'électricité, énergie très organisée (…) pour la convertir en quantité exactement égale sous une autre forme généralement d'entropie plus élevée par exemple de l'eau chaude".

Pour lui, une méthode pourrait permettre d'améliorer la situation : utiliser l'idée de prendre comme référentiel le corps humain à travers la notion "d'esclave énergétique" fictif (que représentent en réalité les machines). Le métabolisme du corps humain consomme une puissance de 100 watts, ce qui représente pour une journée une énergie de 2,4 kilowatt-heure.

Ainsi, à la lumière de cette comparaison, une ampoule de 40 watts laissée allumée toute la journée correspond à un demi esclave énergétique et une voiture qui consomme 8 L/100 km, 17 esclaves énergétiques. "C'est une notion qui permet d'avoir une image plus concrète de ce que représente l'énergie", estime Etienne Klein.

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