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Le poisson, à consommer avec modération

Pollution  |    |  Actu-Environnement.com
Une étude de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (devenue aujourd'hui Anses en fusionnant avec l'Afsset), publiée en juin dernier, analyse les bénéfices/risques liés à la consommation de poisson. Une partie du travail est consacrée à l'exposition en contaminants physico chimiques des consommateurs de poissons. Les poissons sont en effet considérés depuis de nombreuses années comme des contributeurs potentiels de substances toxiques, vecteurs entre autres ''d'apports non négligeables en arsenic (As), méthylmercure (MeHg), PCB, dioxines/furanes (PCDD/F) et les poly-bromo- diphényle éthers (PBDE)''.

Des niveaux peu préoccupants pour l'arsenic et les PBDE

Concernant l'arsenic présent dans les poissons péchés en France et en Europe, ''l'impact sanitaire des contaminations observées avec l'arsenic n'est pas considéré à ce jour comme préoccupant puisque les poissons contribuent faiblement à l'exposition en dérivés inorganique de l'arsenic (Asi) qui sont démontrés comme les plus toxiques''.
Si les poissons et les produits de la mer ont été identifiés comme les vecteurs majoritaires de l'apport alimentaire de PBDE (entre 30 et 60 % de l'exposition totale), leur contribution ''à l'exposition française totale est toutefois du même ordre de grandeur que celle rapportée dans les autres pays européens et se situe en deçà des doses pouvant être estimées comme sans effet à partir des données de toxicité disponibles chez l'animal'', note l'étude.

L'exposition au méthylmercure dangereuse pour le foetus et les jeunes enfants

En revanche, les poissons apparaissent comme les premiers contributeurs de l'exposition au méthylmercure (MeHg). En raison de l'importante vulnérabilité du système nerveux au MeHg pendant le développement du fœtus, l'Afssa avait déjà émis en 2004 des recommandations spécifiques de consommation de poissons pour les enfants en bas âge et pour les femmes enceintes et allaitantes. L'agence préconisait une consommation diversifiée des différentes espèces de poissons en évitant, à titre de précaution, une consommation exclusive de poissons prédateurs sauvages qui présentent des niveaux plus élevés de MeHg. Il était notamment recommandé, respectivement aux enfants de 0-30 mois et aux femmes enceintes ou allaitantes, d'éviter à titre de précaution, la consommation d'espadons, marlins et sikis. Sur la base de nouvelles données, l'Afssa a étendu en 2009 la liste des espèces de poissons à éviter pour ces catégories de la population aux requins et lamproies.
L'Affsa souligne qu' ''à l'exception des femmes enceintes et des jeunes enfants, le bénéfice lié à la consommation de poissons apparaît globalement supérieur aux risques encourus''.

PCB : un risque pour l'ensemble de la population

Enfin, concernant les dioxines (PCDD/F) et PCB (PCB-DL et PCB-NDL),''en France comme dans d'autres pays d'Europe, les niveaux d'exposition alimentaires sont susceptibles, indépendamment de la consommation de poissons, de dépasser les valeurs toxiques de référence fixées par l'OMS. Bien que les poissons ne constituent pas les vecteurs alimentaires prédominants de l'exposition aux dioxines, ils contribuent en revanche fortement à l'exposition alimentaire aux PCB (38 % du total) notamment chez les enfants''.
L'étude souligne que l'exposition moyenne aux dioxines et PCB des enfants de 3 à 10 ans est supérieure à la valeur toxicologique de référence et cela indépendamment du niveau de consommation de poissons. La consommation de 3 portions de poissons par semaine conduit à un dépassement des valeurs toxicologiques de référence fixées pour les dioxines et les PCB dans presque toutes les catégories d'âges de la population. Enfin, l'étude note que le niveau d'exposition aux PCB augmente avec le nombre de poissons consommés et a fortiori avec le nombre d'espèces grasses consommées en raison notamment des différences importantes de contamination qui peuvent être observées entre les poissons gras et les poissons maigres. L'Afssa conclut donc que le risque de surexposition de la population aux PCB par la consommation de poissons est avéré en raison de la contamination importante de certaines espèces bioaccumulatrices et de la contribution non négligeable d'autres vecteurs alimentaires (viandes et produits laitiers).
Depuis 2006, plusieurs restrictions de pêche et des recommandations de non consommation des espèces de poissons les plus accumulatrices de PCB (anguilles, poissons gras, espèces fortement bio accumulatrices) ont d'ailleurs été mises en place, notamment dans les secteurs du Rhône, de la Somme, de la Seine, de la Garonne… Début 2008, un inventaire national des sites à risques a également été mis en œuvre dans le cadre du plan national d'action sur les PCB.

En conclusion, l'Afssa recommande la consommation de 2 portions de poissons par semaine, en variant les espèces et les lieux d'approvisionnement (sauvage, élevage, lieux de pêche etc…). ''Cette consommation permet une couverture optimale des besoins en nutriments tout en limitant le risque de surexposition aux contaminants chimiques''.

Réactions2 réactions à cet article

 
le poisson n'a pas de langue !

Les trois petits singes ont trouvé un mauvais camarade qui lui n'a pas de langue,en conséquence la farce s'étoffe...Nul ne s'étonnera donc et sauf à la gratifier d'un baiser langoureux et prolongé,que la France défigurée ait en réalité,non pas une jambe mais une langue de bois.
En ce qui concerne le bassin de la Somme,des centaines d'hectares de marais ont été interdits à la pêche;ces zones situées près de Peronne,ont été contaminées par la dioxine et autres huiles,type électrine de transformateurs EDF.Pour la petite histoire,un "récupérateur indélicat" aurait stocké des tonnes de ces polluants dans une usine aujourd'hui désaffectée.Comme on pouvait s'y attendre,la dégradation progressive des fûts a occasionné des fuites,elles mêmes véhiculées vers un affluent de la Somme,par les eaux pluviales.Les trente glorieuses vont peut-être se résoudre à devenir les trente goîtreuses...

ECCE HOMO | 05 août 2010 à 10h53
 
 
A quand le poisson de mer bio ?

Trés inquiétant cet article, d'autant que je m'apprêtais à manger plus de poison, pardon, poisson, suite à lecture d'un autre article mettant en exergue la richesse du poisson en oméga3.

Lechti | 06 août 2010 à 14h30
 
 

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