Actu-Environnement
 
 
 
 

Situation financière du secteur nucléaire : qui va payer ?

Face à la gravité de l’endettement des groupes EDF et Areva et aux enjeux stratégiques et sécuritaires de l'industrie du nucléaire, la réponse semble évidente. L'état n'ayant plus les moyens de suivre, le contribuable devra une nouvelle fois mettre la main à la poche au nom de l'atome.

Chronique  |  Economie  |    |  Actu-Environnement.com
   
Situation financière du secteur nucléaire : qui va payer ?
Corinne Lepage
Ancien Ministre de l'Environnement, Présidente de Cap21
   

La réponse à cette question est évidente : l'usager et le contribuable. Le secteur cumule les non-dits. La gravité de l'endettement des 2 groupes nationaux, dont l'actionnariat est majoritairement public, est empirique. Et il faut espérer que le secteur nucléaire reste public au vu des sommes déjà dépensées et l'impératif de sécurité corollaire à la dangerosité de l'activité ne devant pas céder aux objectifs de rentabilité.

EDF

EDF est une entreprise très endettée, en raison de choix capitalistiques désastreux, dont la stratégie constante est de faire peser sur le contribuable ou l'usager sa politique, tout en réduisant la sécurité au bénéfice de la rentabilité pour ses actionnaires.

En 2010, avant la manipulation consistant à se débarrasser de la dette de RTE et de l'obligation de constituer des provisions pour démantèlement, l'endettement d'EDF se montait à 42,5 milliards d'euros pour un résultat brut d'exploitation de 17,5 milliards, soit un rapport de 2,4. Le tour de passe-passe qui a permis de sortir le fond de démantèlement des centrales nucléaires a autorisé une apparente réduction de l'endettement de 12 milliards d'euros. Pourtant, lors de la présentation de ses comptes 2010, la dette nette n'a diminué  que de 8,1 Mds €, à 34,4 Mds € au 31 décembre malgré la cession du réseau UK (6,7 Mds €). M. Proglio a justifié le niveau d'endettement par l'obligation de provisionner  2,9 milliards d'euros pour risques et ajustements de valeur liés à la dégradation des conditions des marchés de l'électricité et du gaz à l'international, dont 1 milliard aux Etats-Unis et 915 millions en Italie. Les annonces d'Edf ont laissé le monde de la finance peu convaincu. Confirmation faite par les agences de notation qui dégrade la note comme Fitch qui passe à AA-.

La situation financière dépend aujourd'hui du débat sur le prix du kWh du nucléaire. Après des années de bataille médiatique pour faire accroire le faible coût de revient du nucléaire, EDF est pris dans le piège de fixer son prix pour la revente. Afin de faire le plus de marge possible EDF va devoir avouer un prix le plus haut possible. Le débat vise ainsi à intégrer le coût de remplacement des centrales nucléaires. Ainsi, EDF veut le faire tendre vers le prix de revient de l'EPR soit 50% plus cher. Le débat achoppe aussi sur l'intégration de l'enfouissement, dont le prix varie entre 15 et 35 milliards d'euros. EDF a pour l'instant provisionné 6.3 milliards d'euros sur la base d'estimations de 2005, loin des 35 milliards pour lesquels il devra supporter 80% des coûts. Ajoutons à cela les dérives sur le coût de l'EPR : Flamanville a vu son prix passer de 3,3 milliards à 4,5 milliards pour l'instant et les investissements, dont les risques de dévaluation de l'actif, sont grands, comme dans le cas par exemple de Constellation dont le but était de participer à la relance du nucléaire aux Etats-Unis, relance qui n'aura pas lieu pour EDF, le gaz étant plus rentable. Ainsi le joint-venture construit dans un but perd tout son sens et l'investissement aussi.

Les problèmes du volet industriel en 2009 ont conduit à une baisse de 5,5 % de la production du groupe par rapport à 2008, soit le niveau de 1999, mais aussi à la baisse des exportations en 2009, de l'ordre de 47 % en un an, ramenant l'exportation d'électricité à 24,6 TWh, soit le niveau de 1985 où nous ne possédions que 40 réacteurs nucléaires contre 58 aujourd'hui.

Le contribuable a assumé la charge de l'investissement initial et celle de la recherche et développement (selon un rapport de l'ENA, le soutien accordé à la recherche nucléaire depuis 1974 s'élèverait à 159 Mds $), non compris les risques spécifiques qui pèsent sur l'investissement (les surcoûts, incertitudes sur le prix des combustibles, risques politiques, réglementaires et la garantie de l'emprunt)

L'objectif du non-dit est-il de séparer  la production d'électricité déjà partiellement privatisée, de la distribution et de l'aval du cycle, qui resteraient gérés par l'Etat ? Dans ce cas, l'usager paierait 3 fois, une première lorsqu'il s'agissait de provisionner pour l'aval du cycle, une seconde fois sur leur quittance, une dernière, masquée,  comme contribuable pour assumer le coût du traitement final.

AREVA

La situation financière d'Areva est encore bien plus préoccupante que celle d'EDF. Si le plan stratégique lancé en 2005 a permis à Areva d'être présent sur tout le cycle du nucléaire, sa situation financière ne cesse de se détériorer. Le groupe doit investir près de 2,5 milliards d'euros par an en moyenne entre 2009 et 2012. Mais l'Etat, son actionnaire majoritaire, n'a pas les moyens de suivre et l'ouverture du capital est très problématique compte tenu de la nature des activités d'Areva.

Le groupe a subi un camouflet en décembre 2010 pour une augmentation de capital ouvrant de plus le capital d'une activité stratégique à un fond souverain non européen (Koweït Investment Authority). La note de crédit long terme d'Areva a été placée sous surveillance négative suite à ses difficultés. Cette dégradation fait suite à une précédente dégradation de 2 rangs en juin 2010 par une autre agence. La détérioration est donc patente. Il faudrait du reste rechercher les raisons profondes du désaccord avec Siemens qui a conduit cette dernière à quitter le capital d'AREVA. Areva a commencé à vendre ses actifs, à débuter par sa filiale R&D ; c'est la cession  au Fonds stratégique d'investissement (FSI) de sa participation au capital de STMicroelectronics (STM) qui est en question en raison d'un différentiel de prix de 25%. Une des premières annonces du conseil de politique nucléaire présidé par M.Besson consiste à contraindre Areva à filialiser son activité minière, qui est en réalité aujourd'hui la seule rentable dans le but probable d'en faire profiter quelques sociétés amies du pouvoir

Le fiasco de l'EPR est connu. L'addition finale ne l'est pas. C'est sans doute pour cette raison qu'AREVA s'oriente désormais vers un réacteur construit avec les chinois, plus petit, mais dont les règles de sécurité vont être d'une autre nature ! Il n'en demeure pas moins que le coût de la construction de l'EPR finlandais et les montants gigantesques d'investissements devront bien être supportés… comme les nouveaux investissements. Le contribuable va-t-il continuer à financer la recherche développement sans jamais aucune sanction pour les erreurs successives?

La question financière est d'autant plus délicate que si l'activité de construction de réacteurs nucléaires d'AREVA est en difficulté, son activité initiale de retraitement des déchets nucléaires se porte encore plus mal. En effet, un très grand nombre de ses clients ont abandonné leur contrat dans la mesure où ils ont décidé de ne plus retraiter leurs déchets. C'est principalement le cas de l'Allemagne. L'usine de retraitement UP3 de La Hague avait été préfinancée par des contrats entre Cogéma et vingt-sept exploitants de centrales étrangères pour le retraitement d'environ 7 000 tonnes de combustibles irradiés sur une période d'environ dix ans. Allemagne, Belgique, Japon, Pays-Bas, Suisse ont tous progressivement abandonné le retraitement. Or jusqu'aux alentours de 2004 environ la moitié des activités de retraitement de Cogéma concernaient des clients étrangers.

La quasi-totalité de l'activité classique d'AREVA dépend donc d'EDF, qui  est le premier client de l'usine de La Hague, dont il représente 80 à 89% de l'activité. Areva, de son côté, fournit 68% des besoins d'EDF en amont du cycle nucléaire, notamment l'uranium enrichi à destination des centrales du groupe. Chacun cherche à diversifier ses débouchés à l'international, d'où la violence du contentieux qui a opposé EDF à AREVA au début de 2010 sur le tonnage et le coût du retraitement des déchets des centrales françaises qui constituent un coût supplémentaire pour EDF et la bouée de sauvetage indispensable à la survie d'AREVA.

Areva a acquis des mines URAMINE en 2007 pour un montant de 2,5 milliards augmentant d'autant l'endettement du groupe. L'exploitation des mines d'uranium et la production d'uranium est une activité qui reste rentable chez Areva. Les récents contrats signés avec la Chine par exemple l'ont été dans ce domaine. Cependant, la situation politique du Niger et les conséquences sanitaires sociales environnementales de l'exploitation par Areva des mines d'uranium dans ce pays laissent planer de très grands doutes sur la pérennité de cette exploitation.

Par ailleurs, Areva fournit 68% des besoins d'EDF dans l'amont du cycle nucléaire (qui comprend notamment la fourniture d'uranium). Le second sujet conflictuel a été celui de l'enrichissement de l'uranium d'EDF sur le site Areva d'Eurodif.

Ainsi, l'avenir d'AREVA est particulièrement difficile, malgré le contrat passé avec la Chine qui prévoit la vente pour 8Mds (€) de 2 EPR, de combustible uranium mais aussi un partenariat pour la construction d'une usine de traitement-recyclage de l'uranium usagé, un projet évalué à 15Mds d'euros. Néanmoins le projet reste bloqué pour des questions de transfert complet de technologie.

Corinne LEPAGE, avocate, ancien Ministre de l'Environnement, Présidente de Cap21.

Réactions27 réactions à cet article

 

Madame Corinne LEPAGE nous abreuve de chiffres sélectionnés et souvent fantaisistes pour soutenir ses préférences sentimentales mais irréalistes.
C’est bien grâce au nucléaire que notre pays bénéficie du coût de l’électricité le plus bas d’Europe, et, pour preuve, les concurrents d’EDF font pression sur l’UE pour pouvoir acheter 25 % de celui-ci à prix coûtant.
Ajoutons qu’un pays ne peut pas se satisfaire d’énergies intermittentes (vent et soleil) qui, pour assurer une continuité du courant, car celles-ci nécessitent le lancement de centrales… à flamme (gaz ou charbon) productrices de CO 2.
Cordialement.

Reyne | 28 février 2011 à 10h23
 
 

@ Reyne :

Votre message sent très fort le lobby nucléaire, ça parait évident.
C'est assez facile de dire que "des chiffres sont fantaisistes" lorsqu'on n'en apporte pas la démonstration.
Nous avons le coût d'électricité le moins cher d'Europe dites vous. Peut être, mais pour combien de temps, et à quel prix ?? C'est bien l'objet de la tribune de Mme Lepage, qui nous annonce (et elle a raison), que ce coût compétitif va nous revenir dans la tronche comme un boomerang. En effet, l'endettement (si les chiffres sont fantaisistes, allez voir les comptes publiés d'edf qui est cotée en Bourse...) d'EDF faramineux, qui va finir par le payer ??? NOUS ! A travers nos impôts et notre facture d'élec.
Nous sommes en train de creuser notre propre tombe avec cette politique, mais nous nous sommes fait endormir par du kilowatheure pas cher pendant des années.
Au fait , le nuage Tchernobyl, ça s'est bien arrêté juste avant la France, c'est bien ça ??!
Enfin, quelle est la part d'ENR (principalement biomasse et éolien) d'un pays comme le Danemark ? savez vous quels sont leurs objectifs pour d'ici 20 ans ? ZERO fossile, et vous verrez qu'ils y arriveront.

Bien cordialement

Louis R. | 28 février 2011 à 11h44
 
 

La France a toujours une guerre de retard ...

A chaque fois qu'une evolution majeure s'est presentee, les conservateurs de tous poils se sont entendus pour jouer leur interet prive contre le Pays et ce jusqu'a ce qu'ils soient chasses du pouvoir de maniere brutale, et la transition actuelle ne fait pas exception.

La transition actuelle consiste a passer d'une production d'energie centralisee et polluante vers une production decentralisee et peu ou pas polluante. Mais cela nos elites dont les campagne sont finanacees par ce lobby ne veulent pas le voire.

Resultat : notre nucleair se casse la figure tandis que que l'hydro, le solaire, l'eolien ou le biogaz ne peuvent prendre la suite, entraves qu'ils sont par des reglementations aux petits oignons pour le nuke.

Et dire qu'on reproche au solaire d'etre trop cher, on va tres vite voire que la realite est tout autre et ca fera mal au porte-monnaie !

Steph | 28 février 2011 à 13h27
 
 

Vent et le soleil énergies intermittentes: certes, mais hélas l'uranium est constant. C'est pour cela qu'en périodes creuses nous vendons des kWh à très faible prix aux autres pays, et qu'en période de pointe, nous devons en acheter à prix élevé !
De plus, pour alimenter de 200T d'uranium enrichi chaque centrale Française et par an, il faut remuer plus d'un million de tonnes de minerais, le traiter, enrichir l'uranium ainsi extrait et le transporter. Le résultat de cette manipulation est une forte émission de CO2. (environ 3 000 tonnes de CO2). Ainsi, il est faut de dire que le "nucléaire" n'émet pas de CO2. Il est exacte que c'est au Niger, alors on s'en fiche.

Pierre | 28 février 2011 à 14h31
 
 

Bonjour à tous!

Une petite intervention pour répondre à certains commentaires. Pour ou contre le nucléaire, chacun doit se faire son opinion, mais encore faut-il que celle-ci se base sur de bonnes conaissances sur les énergies en général.

@ Louis R. :
Votre message sent très fort le lobby écologiste, ça parait évident :D

"quelle est la part d'ENR (principalement biomasse et éolien) d'un pays comme le Danemark ?"

Voici quelques statistiques de l'IEA (International Energy Agency) pour la période Janvier Novembre 2010 pour la production d'électricité:
Danemark : 21,7 % d'ENR (incl. Hydro)
France : 14 %
Allemagne : 10,8 %

IEA CO2 EMISSIONS FROM FUEL COMBUSTION Highlights (2010 Edition) - p107 - Emissons de CO2 pour la production d'électricité (2006 -2008)
Danemark : 329 g/kWh
France : 86 g/kWh
Allemagne : 438 g/kWh

Je vous laisse tirer vos propres conclusions et vous recommande le site de l'IEA.

@ Pierre :
Rapide calculs en prenant vos propres chiffres, dont je ne connais pas les sources.
Je comprends 3000 T de CO2 par centrale nucléaire pour l'extraction.
Sachant qu'une centrale produit en moyenne 7 TWh par an, cela fait un ajout de 0,43 g /kWh.

A comparer avec les chiffres ci dessus.

Maxime | 28 février 2011 à 17h15
 
 

Mme Lepage passe beaucoup de temps a crier sur la politique nucléaire de la France. Elle est aussi députée européenne et siège au parlement européen qui a voulu la libéralisation du marché du marché de l'électricité. Je serais curieux de savoir quels ont été ses positions quand il fallait défendre les intérêts de notre pays lors du vote de ces lois imbéciles qui mettent le marché de l'énergie dans les mains des privés.
@steph
Pensez vous, comme madame Lepage semble le sous entendre, que le gaz supplantera le nucléaire aux USA ? A court terme oui, a long terme j'en doutes. Sachant que les américains réclamant l'arrêt de ces pratiques d'extractions sont de + en + nombreux ...Pour ce qui est de la production décentralisée, il faudra nous fournir des chiffres pour augmenter les mailles du réseau.Notamment les prix du génie civil et des câbles avec un court du cuivre en forte augmentation et qui nécessite de remuer des millions de tonnes de terres aussi (a la mine de chouki kamata(Chili) par exemple)
@louisR
Regardez les chiffres de maxime et vous vous rendrez compte que les danois et les allemands émettent bien plus que nous pour le même KWh.C'est pas les chiffres d'EDF, ce sont ceux de l'IEA !Par ailleurs les photopiles et les éoliennes aussi nécessitent des énergies fossiles a leur fabrication, a leur mise en place et leur maintenance !

Bâtir un principe sur les faits actuels ne veut pas dire que ce sera toujours le cas, Mme lepage me semble définitivement aveugle ! élections?

Moise44 | 02 mars 2011 à 00h04
 
 

Vous prenez le danemark en exemple, c'est pour pourtant le pays d'europe du nord leader dans le forage pétrolier, d'ou le fort taux de Co2 ceci étant sans les aides de l'états depuis des années le kwh du nucléaire nous serait facturé le double voir le triple car le coût du démantelement de nos centrales n'est pas inclus dans nos factures.
Il n'y a pas de miracle, pour réduire nos émissions de Co2 il faut consommer autrement. Je ne suis qu'un lecteur, je laisse la stratégie énergétique de la france a nos politiciens.

Cordialement,

bruno | 02 mars 2011 à 08h51
 
 

@ bruno
"Il n'y a pas de miracle, pour réduire nos émissions de Co2 il faut consommer autrement."
Absolument d'accord.

"...sans les aides de l'états depuis des années le kwh du nucléaire nous serait facturé le double voir le triple..."
Je n'ai jamais entendu parler d'aides de l'état pour la production nucléaire...
La recherche coûte très cher mais couvre des champs très vastes, et principalement pour les technologies nucléaires futures.

Je ne vois pas sur quoi se base votre affirmation : en Belgique, Electrabel est l'opérateur historique des 7 réacteurs nucléaires. Cette entreprise est, et a toujours été, privée. Le cout du kWh facturé au client (hors transport et distribution) est sensiblement le même qu'en France.
Pourtant il n'y a pas de subventions, le coût du démentèlement est prévu et les fonds sont présents et controlés...
Sans compter bien sur une taxe extraordinaire de 500 M€ par an !

Vous allez me répondre que les coûts du démantèllement sont sous-estimés... Dans ce cas je serais heureux que vous m'indiquiez une étude sérieuse le prouvant, sachant que plusieurs centrales du même type (PWR) ont déjà été entièrement démantellées.

Un dernier point : l'actionnaire d'EDF, c'est l'état. C'est lui qui récupère la plus grosse partie des dividendes! C'est lui qui décide de la politique de l'entreprise, notament en termes de rentabilité... ou d'endettement... Et c'est lui qui décide de ce qu'il convient de faire avec les fonds de démantèlement... Il ne faut pas l'oublier.

Maxime | 02 mars 2011 à 10h57
 
 

Travaillant dans le nucléaire, je ne polémiquerai pas sur telle ou telle partie de l'article de Mme Lepage. Je me bornerai néanmoins à relever une très grosse incohérence : soit Mme Lepage a raison sur les coûts de stockage profond qui explosent, auquel cas elle a forcément tort pour l'avenir du retraitement (la seule chose qui retient encore quelques pays, notamment européens, d'opter pour le retraitement, est que le coût global estimé à terme de l'entreposage à sec puis du stockage profond, se compare aujourd'hui au coût du retraitement ; si le premier explose, La Hague va voir arriver 300 ou 400 tonnes de combustibles supplémentaires par an...) ; soit elle a raison sur l'avenir de la Hague, auquel cas tout son argumentaire sur le prix de l'électricité pour EDF ne tient pas. On ne peut pas tout avoir, désolé !!

Cordialement,

langelot | 02 mars 2011 à 13h40
 
 

Maxime,

Effectivement je me suis mal exprimé, "aides de l'état" voulait dire que le nucléaire avait été une option énergétique en son temps et que les constructions avait été subventionnées par l'argent des français EDF étant une entreprise avec des fonds d'états.
Je voulais simplement dire que lors des constructions de ces centrales l'argent pour le démentelement n'a pas? ou peu? été provisionné pour palier aux coûts de ces dernières.
c'est toujours intéressant de réagir sur des sujets comme celui-ci et vous en remercie.

Cordialement,

Bruno

bruno | 02 mars 2011 à 16h50
 
 

Bruno,

Je ne me suis pas documenté sur les fonds provisionnés par EDF, toutefois voici mon sentiment : il y a eu un certain laxisme dans la constitution des fonds (qui sera compensée par l'allongement des durées de vies) et dans tous les cas un manque de transparence et d'information à ce sujet. Si vous en avez de précises, merci de me les indiquer.

Comme d'habitude avec le nucléaire, les exigences évoluent au fil du temps.
A cet égard, la réglementation Anglaise pour la construction de nouvelles centrales, très pointilleuse sur le sujet du démantèlement (montants, type de montage financier, durée...) pourrait être une bonne source d'inspiration.

Cordialement
Maxime

Maxime | 02 mars 2011 à 18h31
 
 

Je ne suis pas du Modem, mais je préfèrerais très largement être informé par quelqu’un d’autre que Mme Lepage

Quel est le vrai prix de revient de production d’un kw nucléaire , construction démantèlement et long stockage des déchets inclus ?

Quel est le vrai prix de revient de production des divers kw non nucléaires, construction, démantèlement et stockage des déchets inclus ?

Quel est/sera le prix des conséquences d’un outil non nucléaire de production d’électricité (judicieusement utilisée) qui pète(ra) ?


Quel sera le prix des conséquences de la première centrale nucléaire qui pètera ?

Quel pro-nucléaire peut nous garantir sérieusement que ça n’arrivera pas demain matin ?

Dans ce cas probable, on fera quoi après-demain ?

J'ai un peu d'économie à placer . Où fabrique-t-on des bougies françaises ?


Merci

Sagecol | 03 mars 2011 à 05h36
 
 

Petit commentaire sur la forme, en marge du débat de fond.

Dans la phrase : "La gravité de l'endettement des 2 groupes nationaux, dont l'actionnariat est majoritairement public, est empirique"

Empire est employé à mauvais escient ! Ce mot ne signifie pas "de pire en pire" !!!

La qualité de l'usage du français dans vos articles va également en se dégradant !!!!!
J'ai lu 3 articles ce matin, plusieurs mots sont manquants, des annotations subsistent (du type "à ajouter dans une note" ), sans parler de ce type d'erreur !!!

Que penser du fond quand la forme est si mal servie !

Paul | 03 mars 2011 à 07h23
 
 

on vous avez pas entendu quand il a fallu que les états payent le défcit des banques à la suite de la crise finacière de 2009qu'elles avaient elles m^mes proviquées
c'est à dire que ce sont les contribuables et les citoyens qui ont payé le sauvetage des banques .
on vous a pas entendu non plus quand le développment de l'électrricité photovoltaique s'est fait en important massivement les panneaux de Chine (fabriqués avec de l'électricité trés "carbonnée") et en obligeant les utilisateurs d'électricité domestique à payer la rente que le gouvernement à octroyer aux producteurs d'électricité solaire qui se chifrera en 2020 à plus de 10 milliards d'Euros (le kwh solaire est acheté par EDF 2 fois plus cher que son propre Kwh qu'Edf produit)
et on vous a pas entendu non plus quand le 1/4 de la production des centrales électronucléaires (payées par les 20 millions d'utilisateurs de l'ectricité depuis 1975)va etre vendu à des commercialisateurs privés qui vont se faire "du gras" en revendant ces mêmes Kwh beaucoup plus cher que le tarif réglementé actuel .
Sur quelle planète politicienne vivait vous Mme Lepage ?
Les élections aprochent
Et dans les discussions de café du commerce , ça marque" bien" de taper sur EDF , sur les profs et les enseignenst , sur les fonctionnaires

pamir | 03 mars 2011 à 08h31
 
 

@ Paul

Définition de "empirique" : Qui s'appuie seulement sur l'expérience...

Qui a dit que empirique utilisé ici voulait dire de "pire en pire"... ?

Avant de critiquer le français des autres, il faudrait voir à le parler et à le comprendre correctement soi-même.

Daaavid

Daaaavid | 03 mars 2011 à 09h31
 
 

Comme à chaque fois, le nucléaire réveille les idées reçues et les postures idéologiques bien enracinées depuis le lancement de la politique d'indépendance énergétique du Gaullisme finissant. Le nucléaire civil comme un des derniers bastions de l'arrogance nationale: On est les meilleurs, on a raison contre tous les autres, on est "in-dé-pen-dants"… Le nucléaire fissile est une solution du passé, ça ne sert à rien de le refuser de l'admettre, ça ne fait que retarder au prix fort le fiasco final.
Au passage :
• Le nucléaire n'assure pas plus que les autres sources la "continuité du courant". Pour preuve le ralentissement ou l'arrêt des réacteurs en période de réchauffement des cours d'eau ou d'étiage hivernal (Tricastin, etc.)
• L'approvisionnement en uranium n'est pas plus garanti que celui du pétrole, sans attendre les révolutions à venir en Afrique subsaharienne
• l'EPR est une voie sans issue, condamné commercialement et n'ayant toujours pas pu faire la preuve de son fonctionnement. Les Finlandais, les seuls à avoir acheté un réacteur, s''en mordent les doigts (toujours pas opérationnel après 3 ans de retard, des surcoûts monstrueux que les Français devront payer, etc.) Même chose à Flamanville…
Je suis d'accord avec C. Lepage, c'est maintenant que les Français, sur au moins une génération, vont devoir payer le coût réel du nucléaire: coûts de maintenance toujours croissants sur des centrales à bout de souffle, cout du démantèlement,de l'enfouissement des déchets,etc.

moudiblouz | 03 mars 2011 à 09h37
 
 

@ moudiblouz

"Comme à chaque fois, le nucléaire réveille les idées reçues et les postures idéologiques bien enracinées " : Tout à fait d'accord et dans les deux sens !

"• Le nucléaire n'assure pas plus que les autres sources la "continuité du courant". Pour preuve le ralentissement ou l'arrêt des réacteurs en période de réchauffement des cours d'eau ou d'étiage hivernal "
Soit, mais on ne peut pas comparer une source d'énergie qui s'éteint intempestivement 1 fois par an avec celle qui peuvent s'éteindre 1 fois par jour !

"• L'approvisionnement en uranium n'est pas plus garanti que celui du pétrole, sans attendre les révolutions à venir en Afrique subsaharienne"
Sachant que les deux plus grand pays producteurs (et de loin) d'Uranium sont le Canada (25%) et l'Australie (19%), je ne me fait pas trop de soucis. Le Niger représente 8% de la production mondiale, la Namibie 7%.

"Les Finlandais, les seuls à avoir acheté un réacteur"
N'oubliez pas non plus les Chinois, avec 2 EPR, tous deux respectant leur planning...

Si tout était blanc ou noir ça serait facile...

Maxime | 03 mars 2011 à 14h25
 
 

Beaucoup, et particulièrement ignorent que - en dehors de quelques barrages hydrauliques - on ne sait pas, et on ne saura pas avant pluiseurs decades, stocker l'énergie électrique à un coût compatible avec les besoins. Si on peut tricher avec la finance, on ne triche pas avec l'énergie. Si une ou un "politique" n'a pas la connaissance des problèmes liés àl'énergie, pour etre credible la moindre des choses est de se faire conseiller par des gens qui connaissent les problèmes lies à l'énergie.
Nous avons la chance d'avoir dans l'ensemble un corps de fonctionnaires qui connaissent bien la question.
Tres préoccupé par l'environement et le rechauffement climatique je regarde les faits réels :
Pourquoi le Danemark a - t- il un taux d'émission de CO2 tellement plus elevé que le notre ?
Pourqoui avons nous une des electricité les moins chère d'Europe ?

fleurent | 03 mars 2011 à 14h48
 
 

EPR = machine à vapeur centralisée = rendement 30% + déperditions dans le transp.

-les réserves d'uranium sont évaluées pour une durée de 70 à 80 ans avec la conso actuelle
-les fonds d'edf pour le démantèlement avaient été investis (achat de centrale en amérique du Sud ...) un rapport de la cour des comptes pointe ce problème surtout en cas d'investissements hasardeux.
-pourquoi il est toujours dur d'évaluer le coût du nucléaire,
parce que il existe des coûts dissociés tel que la monopolisation de crédits de recherche pendant des années,
parce que l'on n'a pas de recul sur le coût du démantèlement puisque seul un réacteur commercial est en cours (Brennilis),
parce que la gestion des déchets ne se pose pas sur 10ans mais sur des centaines, des milliers d'années et étant donné les surcoûts des EPRs en construction on peut légitimement se poser la question de l'estimation des coûts pour les déchets

De plus, et c'était déjà la crainte de cadres d'EDF (article Les Echos en 2002), on risque de voir la gestion (et donc les coûts) du démantèlement et des déchets être dissociés des activités d'Areva et EDF et revenir à l'état donc au contribuable le tout sous couvert, en partie justifié, de sécurité.
Par contre un programme intelligent d'économie, d'efficacité et de sobriété énergétique tout en développant les productions d'énergies adaptées à un milieu, une région, géothermie, éolienne (verticale ou horizontale), hydrolienne, micro hydrolique, photovoltaïque, photothermique..

Jeremie | 03 mars 2011 à 21h31
 
 

Les français sont des veaux c'est bien connu...Il ne s'agit pas d'écrire des articles et de faire des discours. Il est donné aux politiques de gérer le pays. entre députés et sénateurs et tout autres élus bien payés par NOUS , que font tous ces gens là ??? Ont-ils encore la rigueur et les compétences à la hauteur des taches pour lesquelles ils se font élire ??? Les aides de l'Etat n'existent pas, les aides viennent de vous et moi de plus en plus spolié sur nos besoins et nos activités si petites
soient-elles. Ou sont les gestionnaires de rigueur pur et dur capables de gérer à Long Terme et non le nez sur la vitre ??? Les largesses de la démocratie et le foutoire qui s'y instaure ressemble fortement à la fois à la meilleure des méres et à la plus grande des prostituées ...

bertrand | 04 mars 2011 à 10h10
 
 

Je suis étonné du nombre de réponses, et merci à ACTU-Environnement qui nous permet de nous exprimer.
Je pense que chacun devrait méditer son point de vue à partir du tableau suivant donnant la production d’électricité fin 2008, en %, pour quelques pays industriels européens (dernière année globalement connue ), les émanations de CO2 correspondantes, et les tarifs pour des industriels

Origine France Allemagne Angleterre Italie Suisse
(en %)
----------------------------------------------------------------------------------------
Fossile 9,5 60,5 79,6 80,7 1,5
Nucléaire 76,9 23,3 13,3 -- 40,1
Hydraulique 11,4 4,3 2,3 13,4 54,9
Eolien 1,0 6,3 1,8 1,6 --
Solaire 0,01 0,6 0,004 0,08 0,04
Biomasse 0,8 4,1 2,4 1,9 1,8
Géothermique 0,02 0,003 -- 1,8 --
Déchets 0,3

re-reyne | 05 mars 2011 à 18h12
 
 

merci corinne je diffuse l'article .a mes contacts aux dèputès .a tous ceux vaccinès au nuclèaire

papilipe | 06 mars 2011 à 06h38
 
 

Merci re-reyne
Ce tableau très instructif en effet !
On peut voir quels ont été les choix de chacun de ces pays. Notamment concernant la suisse qui produit presque 55% de son électricité avec l'hydraulique. ils ont cette chance d'avoir le relief adapté !
Dommage cependant, que l'ont ai pas le reste du tableau comme celui que j'ai reçu par email, on peut déjà voir que les déchets ne sont pas un si gros pb que çà !

Moise44 | 07 mars 2011 à 17h55
 
 

Très instructif ce report.
Une raison de plus pour ne pas contaminer ceux qui respectent l'environnement et la Vie.
Sachant qu'une parti de mes impôts passent (par obligation) dans le financement de l'arnaque et du délire Nucléaire Français, et dans la mesure ou je paie maintenant plus cher mon électricité "Verte" par EnerCoop (non subventionnée); je vais faire de la Désobéissance Civile aux Impôts!!
Pas question de cautionner ça!

Bien à vous ++

Attaman | 16 mars 2011 à 21h37
 
 

Il est un devoir et une conscience civique pour chaque particulier et petite entreprise... de ne plus consommer et cautionner cette folie pour ne pas dire ce crime. Nous avons encore la chance de pouvoir choisir en tant que citoyen une fournisseur alternatif, qui plus sont en pleine expansion.

Je viens de souscrire à un fournisseur alternatifs et associatif 100% énergie Verte. Il sont nombreux mais j'ai retenu Enercoop et Oui-Planète. Le premier est un peu plus cher que EDF régulé (parce-que indépendant et probablement non subventionné par les contribuables); mais le soulagement en vaut vraiment la petite différence ;)

Bien à vous ++

Attaman | 17 mars 2011 à 01h27
 
 

Pouvez vous nous donner des liens pour en savoir plus sur l'absence de subventions de vos fournisseurs d'électricité ?Avec des chiffres si possible ? Juste pour dire que Mme Royal elle va dépenser bcp dans sa région pour "lutter" dit elle contre les changements de subventionnements pour les photopiles. J'voudrais bien voir les feuilles d'impôts dans sa région après ces subventions.

Moise44 | 17 mars 2011 à 18h13
 
 

Bonjour

La position des écologistes de tout bord sur la "sortie du nucléaire" ne cessera de m'interroger tant qu'elle ne sera pas conditionnée, accolée, à un moratoire sur les centrales à flammes aujourd'hui et maintenant. Je considère que le risque de dérèglement climatique annoncé et de ses dangers pour l'Homme, est à prendre en compte avec la même urgence, le même traitement "médiatique".

RV | 16 avril 2011 à 15h41
 
 

Réagissez à cet article

1500 caractères maximum
[ Tous les champs sont obligatoires ]