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Huiles de schiste : vers une exploration sur le Bassin Parisien ?

La mission interministérielle sur les hydrocarbures non conventionnels préconise dans son rapport final de renforcer les connaissances sur la fracturation hydraulique et d'explorer les possibilités d'une exploitation des huiles de schistes.

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Huiles de schiste : vers une exploration sur le Bassin Parisien ?

Fédérer les résultats des études, les expérimentations in situ et les travaux d'exploration afin de savoir s'il est possible de recourir à une exploitation propre des hydrocarbures non conventionnels : telle est la préconisation de la mission interministérielle sur les gaz de schiste, lancée en février 2011 par les ministères de l'Ecologie et de l'Energie. La date de publication de son rapport final (le 22 mars) n'est pas anodine : le même jour était publié au Journal officiel le décret créant la "Commission nationale d'orientation, de suivi et d'évaluation des techniques d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux". Cette commission, issue de la loi du 13 juillet 2011 qui interdit tout recours à la technique de fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation de gaz et huiles de schiste, est chargée d'émettre un avis sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations scientifiques, dont la possibilité est introduite par ce même texte.

La mission interministérielle adresse ses préconisations sur les conditions d'exploration et d'expérimentation. Après avoir rappelé que les demandes mondiales en énergie et en gaz étaient appelées à croître aux cours des décennies à venir, la mission dessine les contours du chantier que la France devrait engager pour s'assurer qu'une production d'hydrocarbures non conventionnels en France pourrait être envisagée de manière environnementalement acceptable.

"Le développement des hydrocarbures de roche-mère sur notre continent n'atteindra jamais l'ampleur et la rapidité de celui qu'ont vécu les Etats-Unis depuis 20 ans. En outre, quel que soit l'intérêt économique des ressources du sous-sol, celui-ci doit être mis en balance avec la prise en compte des autres atouts du territoire, telles que agriculture, patrimoine naturel, tourisme, etc.", note la mission. Cependant, selon elle, "les enjeux en termes d'emplois, de sécurité d'approvisionnement ne peuvent être ignorés. Le principe de précaution et la loi du 13 juillet 2011 militent pour ne pas céder à l'immobilisme".

La mission recommande donc de lancer, sous le contrôle de la commission qui "devra assurer la transparence la plus complète des opérations", un programme d'acquisition de connaissances pour identifier les ressources potentielles et la possibilité d'une exploitation propre. "Au regard des hydrocarbures de roche-mère, les prochains mois peuvent être l'occasion de faire progresser toutes les composantes relatives à la sécurité et de compléter et adapter les réglementations".

Fracturation hydraulique : un retour d'expérience à exploiter

"Si l'on excepte l'apparition récente (2008), au Canada, d'une technologie de fracturation hydraulique au propane (voir 2.4.2), la technologie de fracturation hydraulique à l'eau reste la seule utilisée, à travers le monde, dans les opérations de fracturation. Cette position résulte principalement des décennies de développements et de perfectionnements dont elle a bénéficié et dont elle continue de bénéficier", souligne la mission. Au regard de cette expérience accumulée et des retours d'expérience acquis sur cette technologie, la mission estime que c'est sur celle-ci que l'attention doit se focaliser. Elle indique que des évolutions technologiques sont en cours pour la fracturation hydraulique, comme "la réduction (par un facteur 2) de la quantité d'eau nécessaire à une fracturation hydraulique", grâce à un pilotage microsismique de la fracturation ; "la publication, la réduction et l'amélioration des additifs (utilisation de produits acceptés comme additifs alimentaires)", dénoncés par les nombreux opposants à toute exploration de gaz de schiste ; et l'amélioration de la gestion et du retraitement de l'eau.

"L'ampleur des travaux réalisés aux Etats-Unis pour analyser les problèmes rencontrés et pour définir une réglementation qui puisse les éradiquer, et la perspective de développements - plus modérés dans leur rythme qu'aux USA - dans deux pays européens proches, la Pologne et le Royaume-Uni, conduit à penser que tous les éléments sont potentiellement disponibles pour engager une clarification de la situation et des perspectives des hydrocarbures de roche mère en France".

L'expérience nord-américaine aurait ainsi permis d'identifier tous les risques encourus et les voies pour les encadrer. "L'Europe doit impérativement profiter de toutes les leçons tirées Outre atlantique". Cependant, la mission estime que la France doit prendre en compte un contexte différent "(densité de population, impacts environnementaux plus sensibles sur des territoires plus petits, etc..) [qui] va imposer en tout état de cause aux futurs travaux quels qu'en soit la nature et l'échéancier un cahier des charges très contraignant".

Exploration et pourquoi pas expérimentation

La mission recommande la mise en place d'un programme commençant par un recueil de données "pour connaître les ressources potentielles et la possibilité éventuelle d'une exploitation propre". Dans un premier temps, elle préconise de focaliser l'amélioration des connaissances sur les huiles de schistes du Bassin Parisien, le mieux connu au regard des forages déjà réalisés dans le cadre de l'exploitation pétrolière. La mission souligne la présence, dans cette zone, d'un gisement d'eau non potable issue du Dogger qui pourrait constituer une ressource pour la fracturation hydraulique. "La couche visée par les explorations d'huiles de schiste se trouve au dessus d'une couche visée par des explorations d'huile traditionnelles. Environ six cents puits, dont très peu ont été carottés ont ainsi déjà traversé le Lias ; des forages vont être réalisés dans les mois qui viennent. Les échanges avec l'IFPen et le BRGM ont confirmé que ces forages peuvent être l'occasion d'améliorer utilement les connaissances, à condition de leur adjoindre un programme complémentaire", note la mission. Il s'agirait de réaliser un carottage systématique du Lias et éventuellement d'autres mesures physiques sur des microforages supplémentaires. Selon la mission, les industriels seraient prêts à participer à une telle expérimentation.

En revanche, "pour les gaz de schiste, qui se trouvent dans des zones moins explorées, et avec des géologies plus tourmentées, l'acquisition de connaissances est plus complexe. (…) Dans le sud de la France, une étude pourrait se concentrer sur les questions hydrogéologiques (bilan ressource/utilisation, vulnérabilité) qui, au-delà des seuls hydrocarbures, présentent un grand intérêt en termes de bilan besoin/ressource et vulnérabilité".

Une deuxième phase d'expérimentation portant sur un nombre limité de puits avec des essais de fracturation hydraulique est envisagée, mais celle-ci "ne pourra démarrer que si le législateur et la commission ad hoc l'autorisent".

Réactions3 réactions à cet article

 

lacherons jamais!!! c'est hallucinant !!!La france est elle une démocratie ou une dictature capitaliste ?
Toutes ces mesures de précautions envisagées ne sont que de la poudre au yeux pour essayer de faire accepter à la population une exploitation dont elle ne veut pas .
"piece of schiste"

lio | 23 mars 2012 à 13h23
 
 

Les vautours ont une patience infinie.
Que de dégâts en perspective pour prolonger de quelques décennies une source d'énergie moribonde et sans espoir de développement.
D'une imbécilité consternante.

Tijean | 27 mars 2012 à 08h24
 
 

Quand on connait les dégà que cela occasionne...dépensez plutôt de l'argent dans la recherche d'énergies alternatives aux hydrocarbures, je pense que personne en France, un fois informé, ne voudra de ces exploitations !!! La technique est dangereuse pour les travailleurs et l'environnement, les dérives nombreuses, bref, que du négatif !!!!

Anonyme | 27 mars 2012 à 09h28
 
 

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