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Gaz de schiste : Ségolène Royal retire le projet du Luberon mais n'éteint pas le débat

Le débat sur le gaz de schiste rebondit sur fond de polémique liée à la mise en consultation de projets d'attribution de permis de recherche d'hydrocarbures en plein débat sur la loi de transition énergétique.

Energie  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

La ministre de l'Ecologie a annoncé ce lundi 6 octobre, lors de la discussion du projet de loi de transition énergétique, que la consultation sur le projet d'attribution d'un permis de recherche d'hydrocarbures dans le parc naturel régional (PNR) du Luberon était sans objet. Et, dans un lapsus que la ministre corrigera plus tard, que "le permis de construire ne serait pas donné", compte tenu "des informations qui arrivent sur le site du ministère relatives à cette consultation".

Ségolène Royal a ainsi répondu à la contestation qui montait suite à la mise en ligne le 19 septembre par le ministère de l'Ecologie d'un projet d'arrêté prévoyant d'attribuer à la société Tethys Oil AB le permis de "Calavon" sur un territoire à cheval sur les départements du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, en grande partie sur le périmètre du parc naturel.

Europe Ecologie Les Verts (EELV) avait appelé fin septembre à s'opposer à ce projet. "Il faut refuser ce permis dangereux car il permet la recherche sur les gaz de schiste, les substances faisant l'objet de la demande sont tous les hydrocarbures liquides ou gazeux, et substances connexes", avait alerté le mouvement écologiste. Le 2 octobre, le bureau du Parc du Luberon, dont le président Jean-Louis Joseph préside également la fédération des PNR de France, votait une motion pour s'opposer au projet.

Une voie ouverte vers l'exploitation du gaz de schiste ?

Alors l'arrêté mis en consultation aurait-il pu ouvrir la voie à une exploitation du gaz de schiste ? On peut considérer que oui à en croire la discussion intervenue la nuit dernière entre les députés et la ministre de l'Ecologie alors qu'était examiné un amendement de Michel Sordi (UMP – Bas-Rhin) à la loi de transition énergétique. Cet amendement, finalement rejeté, visait à mettre en œuvre des explorations en vue d'établir un inventaire des ressources disponibles en matière de gaz de schiste sur le territoire national.

Comme l'a rappelé Jean-Paul Chanteguet, le président socialiste de la commission du développement durable, les permis sont "muets" sur le type d'hydrocarbures concernés. Il faut dire que si la loi Jacob interdit l'utilisation de la technique de la fracturation hydraulique, le code minier ne définit en revanche pas ce que sont les hydrocarbures conventionnels ou non conventionnels. "C'est une vraie difficulté et il y a urgence à légiférer", estime le parlementaire qui rejoint la position du député UMP Martial Saddier qui pointe le "vide juridique" concernant le code minier, vide remis à jour par la question du gaz de schiste mais aussi par les projets de géothermie profonde.

"Mettre sens dessus dessous un parc régional"

"Ce soir, à Paris, vous me dites qu'il est hors de question de lancer l'exploitation du gaz de schiste, position que je peux comprendre, même si je ne la partage pas, mais j'apprends que sur le terrain des entreprises s'apprêtent à mettre sens dessus dessous un parc régional pour trouver du gaz de schiste !", s'est exclamé Julien Aubert, député UMP du Vaucluse, qui a cherché à éclaircir la position de la ministre.

La demande de permis de recherche ne portait pas sur le gaz de schiste mais sur les hydrocarbures conventionnels liquides ou gazeux, a expliqué Ségolène Royal. Mais si l'entreprise fore, elle peut être tentée, compte tenu des investissements engagés, d'exploiter les gaz de schiste contenus dans la roche-mère à défaut de trouver des hydrocarbures conventionnels, a-t-elle ajouté. "C'est précisément ce que je ne veux pas voir, non seulement dans le parc du Luberon, mais partout ailleurs !", a conclu la ministre.

Mais en utilisant une telle argumentation - le retrait du projet de permis pas du seul fait qu'il s'agissait d'une zone protégée mais en raison du risque que l'exploration d'hydrocarbures traditionnels puisse glisser vers une exploitation des gaz de schiste - Ségolène Royal confirme les craintes des écologistes. Au regard de cet argument, la question de la pertinence de ne retirer qu'un seul des projets de permis de recherche mis en consultation sur le site du ministère peut donc se poser.

Réactions6 réactions à cet article

 

Après le premier groupe de 4 permis (Gastins, Chambrey, Hebsheim, Marne), en consultation publique du 1er au 22 septembre, Il existe en ce moment un deuxième groupe de 9 permis, dont la consultation publique sera close le 11 octobre. Il faut savoir que TOUTES ces demandes permis (les 13) dont on parle en ce moment ont été déposées avant le vote de la loi Jacob, en 2011. Dans les documents joints à ces demandes de permis il est question du gaz de schiste, de fracturation, de savoir-faire en matière de fracturation, etc. Hormis le permis de Calavon sur lequel Segolène Royal vient de se prononcer, il y a, par exemple, les permis de Dicy (Aisne), de Montmort (Marne) pour lesquels il est explicitement fait mention du gaz de schiste et de la fracturation hydraulique dans la notice d'impact mise à disposition du public en téléchargement. Pour les autres permis on trouve ces informations dans les documents envoyés aux actionnaires. Bref, tous ces permis doivent être refusés par la ministre.

isa77_jouarre | 07 octobre 2014 à 21h40
 
 

nous vivons dans un environnement qui a besoin d'être protégé contre les mauvaises pratique pour réduire les risques sur le changement climatique c'est pour pourquoi il faut mener des enquêtes, études socio économique et autres sur terrain, pour voir si cette demande sera accepter ou non.

Brigitte | 08 octobre 2014 à 11h27
 
 

ah!!!!!
je me disais bien qu'on ne les entendait plus depuis que la question avait été réglée. Je les croyais repartis sur un autre combat. Les revoilà à rebrasser de l'air. Pas de fracturation hydraulique, ça veut dire pas de fracturation hydraulique ...

Et pendant ce temps, la terre se meure. Il est plus facile de passer à la télé en hurlant contre les moulins à vent plutôt qu'en agissant concrètement pour baisser notre conso d'énergie fossile.

dolgan | 09 octobre 2014 à 10h36
 
 

Comme votre photo le montre, le Luberon est un pays superbe et privilégié. Dans tous les sens du terme puisque, ce n'est pas un secret, le Luberon est une des régions de France qui abrite le plus grand nombre de résidences secondaires de……privilégiés.

On imagine bien leur pouvoir d'influence pour conserver tous leurs avantages.

Jean-Claude Herrenschmidt | 10 octobre 2014 à 09h47
 
 

Il est incroyable que dans site protégé (PNR), situé dans une région d'Europe aussi ensoleillée, on freine sous des prétextes fallacieux le développement de l'énergie solaire, laquelle n'a pas d'impact caché sur l'environnement mais qu'on ait pu envisager de bouleverser des sols à la recherche hypothétique d'hydrocarbures dont on sait qu'ils polluent l'atmosphère et contribuent aux changements climatiques dont nous ne mesurerons toute l'ampleur que lorsqu'il sera trop tard! Ceci dit, je ne me fais guère d'illusions: les politiques seront toujours en retard d'une génération et toujours à la merci de la recherche universelle du PROFIT. Merci quand même à Ségolène Royal de s'efforcer d'empècher pour un moment encore autant de projets que possible menant in fine à la fracturation hydraulique entre autres destructions de notre environnement.

Hélène | 10 octobre 2014 à 18h33
 
 

@Hélène. Vous avez probablement raison. Il faudra encore attendre un petit peu avant qu'un pouvoir politique un petit peu autoritaire, pour ne pas dire peu démocratique, impose au régions du globe terrestre qui bénéficient d'un ensoleillement élevé d'atteindre leur autonomie énergétique avec la seule source solaire.

Jean-Claude Herrenschmidt | 13 octobre 2014 à 14h16
 
 

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