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Géothermie profonde : la filière se dote d'une offre complète et d'un fonds assurantiel innovant

La filière française de la géothermie profonde lance Géodeep et propose une offre clé en main. Elle lance aussi un fonds assurantiel innovant pour couvrir le risque géothermique. Objectif : lancer 20 centrales, pour mieux exporter.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Géothermie profonde : la filière se dote d'une offre complète et d'un fonds assurantiel innovant

Ce mercredi 25 juin, les professionnels de la géothermie ont lancé le cluster Géodeep et proposé la création qu'un fonds assurantiel de 100 millions d'euros pour développer la géothermie haute énergie en France et à l'international. L'objectif affiché est de développer 20 centrales géothermiques, avec à la clé 2 milliards de chiffre d'affaires et la création de 1.000 emplois. Dix centrales seraient déployées en France métropolitaine, quatre dans les départements et régions d'outre-mer et six à l'étranger.

Si la France dispose de compétences dans le domaine de l'électricité géothermique, aujourd'hui l'objectif de la filière est de développer des démonstrateurs en France et de proposer une offre globale pour s'imposer à l'export.

Longtemps cantonnée aux centrales de Bouillante (Guadeloupe) et de Soultz-sous-Forêts (Alsace), la production géothermique d'électricité connaît en France un regain d'intérêt depuis deux ans. Figurant parmi les priorités affichées par l'exécutif, le secteur a bénéficié depuis un an de l'attribution de huit permis exclusifs de recherches de gîtes géothermiques à haute température : les permis de Durningen, de Soufflenheim, d'Illkirch-Erstein et de Strasbourg (Bas-Rhin), attribués en juin 2013, le permis d'Arzacq (Landes et Pyrénées-Atlantiques), accordé en février 2014, et les permis de Vistrenque (Bouches-du-Rhône et Gard) et du Val de Drôme (Ardèche et Drôme) , accordés en mars 2014. De plus, 25 permis sont actuellement en cours d'instruction.

L'offre packagée de Géodeep

Le cluster Géodeep rassemble douze entreprises de l'industrie énergétique et deux syndicats professionnels portant la géothermie, l'Association française des professionnels de la géothermie (AFPG) et le Syndicat des énergies renouvelables (SER). Le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) participe aussi au cluster. L'objectif est de proposer une "offre packagée", allant de l'exploration du sous-sol à l'exploitation de la centrale, couvrant à la fois la géothermie profonde et la géothermie volcanique.

Il s'agit surtout, explique le cluster, "[d'articuler] deux atouts français que sont les secteurs du sous-sol et celui de l'énergie". La répartition des rôles prévoit que Géodeep fasse la promotion à l'international de la filière française et que les industriels portent directement leurs projets. "Géodeep est notre outil marketing à l'international", résume Sylvain Brogle, directeur développement international de Clemessy.

Dans cette optique, le cluster regroupe aussi bien des spécialistes de l'ingénierie géothermique, tel que le BRGM, que des fabricants de matériel, comme Alstom, ou des constructeurs de centrale, avec Clemessy, des intégrateurs et développeurs de projets, à l'image d'EDF-ES Géothermie et de Fonroche, ou enfin des exploitants, comme GDF Suez – Cofely.

100 millions d'euros pour assurer le risque géothermique

Par ailleurs, pour soutenir le développement de la filière, le cluster propose à l'Etat de monter un fonds public-privé de garantie du risque géologique. D'un montant de 100 millions d'euros, le fonds est destiné à faciliter le développement de projets géothermiques profonds en France et à l'export, afin d'offrir une vitrine à la filière française.

Actuellement, avec environ 60% d'échec, les premières phases du projet sont les plus risquées. En effet, comme dans l'industrie pétrolière, même si la modélisation du sous-sol est favorable, le développement d'un projet peut tourner court si les forages ne confirment pas le potentiel. "La géothermie est rentable, mais si ça rate ça fait mal", résume Alain Chardon, directeur Cleantechs chez Cap Gemini, expliquant que le résultat des forages fait basculer le projet de la rentabilité à la perte sèche…

Concrètement le fonds sera financé à hauteur de 50 millions par les pouvoirs publics, sous forme d'avances remboursables pour les deux tiers. Les 50 autres millions seront apportés par les opérateurs privés, notamment par les porteurs de projets bénéficiant de l'assurance du fonds.

L'originalité du financement réside dans la combinaison de primes et de royalties. Le fonds aura une première phase active de dix ans au cours de laquelle il fonctionnera grâce aux financements publics et aux versements des primes des porteurs de projet. S'agissant de ces derniers, ils devront verser une prime, de l'ordre de 10% de leur investissement, pour être couvert lors de la phase exploratoire. Si le projet échoue, ils seront indemnisés.

Après dix ans d'activité, le fonds entre dans une phase passive de quinze ans dont l'objectif est de rembourser les avances accordées par les pouvoirs publics. Pour cela, le système prévoit que le fonds de garantie se rémunère via des royalties payées par les projets assurés au cours de la première période et ayant abouti.

Réactions22 réactions à cet article

 

En matière d'EnR, la Géothermie profonde me parait une solution autrement plus sérieuse que ces champs de "moulinettes" disgracieuse qui défigurent notre monde rural pour le seul profit d'un lobby, et au dépend du citoyen.
Quitte à payer, puisque il faudra toujours payer, j'aime autant que ce soit pour la Géothermie profonde.
Hélas, le Massif Central, terre du volcanisme, a été livré aux chasseurs de prime, et honteusement défiguré.
Et pourtant, il s'agit d'un PNR, avec de nombreux sites remarquables...

Tireman | 26 juin 2014 à 09h55
 
 

Un site tout trouvé pour une exploitation pérenne de géothermie : Bure (55) où un cabinet suisse indépendant, Géowatt, a trouvé un potentiel en géothermie aussi important que le bassin parisien. ça ferait une excellente image pour Bure, qui n'a pas besoin de CIGEO (futur centre d'enfouissement de déchets nucléaires européens les plus dangereux).

rémifasol57 | 26 juin 2014 à 09h59
 
 

Et allez c'est reparti pour un tour ! Désormais tous les sujets sur les EnR sont prétexte pour tirer à boulets rouges sur l'éolien par M. Tireman. Décidément, c'est vraiment une obsession chez vous. Seriez-vous investi d'une mission ?

Pour en revenir au sujet, La France disposerait d'un potentiel de 2 700 MW d'électricité géothermique, l'équivalent de trois réacteurs nucléaires (source: Planetoscope). Ceci est bien évidemment insuffisant pour couvrir nos besoins en métropole mais cette solution s'inscrit parfaitement dans le mix énergétique visé pour 2025. En autre, cette solution est parfaite pour réguler, lorsque cela est nécessaire, la variabilité de production tant reprochée du photovoltaïque et de l'éolien dans l'attente de l'avènement des solutions de stockage de l'énergie.
Espérons que ce fond de garantie suffise à lui seul à faire décoller cette filière qui met bien trop de temps à prendre son envol.

guirno | 26 juin 2014 à 10h45
 
 

Ce cher Guirno, quelle surprise ?
Je peux vous retourner le compliment voyez-vous.
L'éolien une obsession ?
Je vous le dit tranquillement, OUI.
Investi d'une mission ?
Là encore, je vous retourne le compliment.
Un vent mauvais doit souffler sur l'éolien pour que vous partiez en croisade à tout propos pour vendre vos moulinettes...

Si je soutiens depuis très longtemps la Géothermie profonde, c'est parce qu'elle offre un facteur de charge très intéressant (supérieur à celui de la fission nucléaire), et que cette énergie a un impact très faible sur le patrimoine paysager.
Alors, ce type d'EnR, je dis oui.

Autre chose ?

Tireman | 26 juin 2014 à 11h23
 
 

Donc une fois que l'exploration en surface est faite et laisse espérer un site exploitable les forages ne sont positifs que dans 40% des cas. Cela explique le peu de dévellopement actuel. La géothermie est la SEULE source d'énergie renouvelable CONTINUE. C'est une bonne chose de la favoriser.
La remarque avec CIGEO est juste pour fournir un argument contre le stockage. De toute façon il faudra bien finir par mettre Nos déchets atomiques quelque part chez nous: et il y aura TOUJOURS des personnes qui seront contre, PAR PRINCIPE.

ami9327 | 26 juin 2014 à 11h24
 
 

J'ajouterai à mon précédent commentaire, mon cher Guirno, que la Géothermie profonde n'a pas pour vocation à servir de béquille à vos sacro-saintes énergies intermittentes, ce serait vraiment du gaspillage.

Par contre, je suis assez surpris par le potentiel géothermique annoncé par Planetoscope.
D’autres sources font état d’un potentiel bien plus important, de l’ordre de 110 000 mégawatts. (Global Energie Network Institute).

@ami9327,
La gestion des déchets, problème récurent aujourd’hui, qui montre une fois de plus l’erreur monumentale qu’a constitué l’arrêt de la recherche sur la surgénération…
Merci qui ?

Tireman | 26 juin 2014 à 12h34
 
 

La géothermie n'est pas la seule source d'énergie renouvelable, mais elle peut aussi fournir eau chaude et chauffage en semi-profonde, de nombreuses installations sont déjà en fonctionnement. Avec des gradiants qui varient de 10° par 100 mètres, un simple forage peu chauffer tout un quartier, mais il ne faudra pas vous étonné si des sites comme Total ou autre promoteur des énergies fossiles, vont prétendre le contraire.

JFK | 26 juin 2014 à 13h39
 
 

@Tireman:
110 000 mégawatt de potentiel en métropole ? Comment expliquer une telle différence entre ces deux sites ? (ceci est vrai question, pas une provocation)
Si vous pouviez mettre de côté vos considérations personnelles sur la vocation de la géothermie et sur le reste, tout le monde vous en remercierait.

guirno | 26 juin 2014 à 15h04
 
 

@Guirno,
Je n'explique absolument pas cette différence, aussi je reste très prudent sur les chiffres annoncés.
D'ailleurs, malgré des recherches poussées pour comprendre cet écart, je n'ai pu trouver d'explication satisfaisantes.
Quant à ce que vous appelez mes "considérations personnelles", elles sont tout aussi honorable que les vôtres, je crois vous l'avoir déjà dit.
Je vous remercierais de bien vouloir le comprendre.

Tireman | 26 juin 2014 à 15h35
 
 

Peut t'on avoir un lien svp ? Je ne trouve rien sur le site de GENI que vous citez. Je n'ai aucune connaissance en la matière si ce n'est les articles que j'ai pu lire sur Internet. Où peut lire ce potentiel de 110 000 MW en métropole ?

Peu importe si vos considérations sont honorables ou pas, on s'en fout ! Arrêtez de les étaler à tout bout de champs, surtout quand elles ne sont pas en rapport avec le sujet. Et ça vous arrivez à le comprendre ?

guirno | 26 juin 2014 à 16h15
 
 

Différence des chiffres 2700 et 110 000, elle pourrait être entre la géothermie haute température et l'autre à bas niveau qui nécessite des pompes à chaleur pour alimenter des réseaux de chauffage.

ami9327 | 26 juin 2014 à 16h35
 
 

@ami8327
Attention, il est question ici d'électricité géothermique et non d'énergie sous forme de chaleur/calories. La géothermie haute température convient à la production d'électricité alors que la basse température ne peut convenir qu'au chauffage.

Les objectifs Français en matière de géothermie à l'horizon semblent peu ambitieux (source: site Internet geothermie-perspectives.fr):
- Pompes à chaleur géothermiques individuelles : 600ktep
- Géothermie intermédiaire (champs de sondes, pompes à chaleur sur nappe pour les bâtiments collectifs et à usage tertiaire, fondations thermoactives,etc...): 250 ktep
- Géothermie profonde (réseaux de chaleur) : 500ktep
- Géothermie électrique : SEULEMENT 80MWe

Déjà que nos objectifs semblent tellement loin du potentiel évoqué par le site de Planetoscope, la différence entre 2700 et 110 000 MW électrique est tellement importante qu'elle mériterait d'être précisée. Dans l'attente des éclaircissements et sources de Tireman...

guirno | 26 juin 2014 à 17h20
 
 

Précision dont je viens de faire le constat: le site geothermie-perspectives.fr est un site géré par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières)

guirno | 26 juin 2014 à 17h25
 
 

De guirno | Aujourd'hui à 16h15 :
"Peu importe si vos considérations sont honorables ou pas, on s'en fout ! Arrêtez de les étaler à tout bout de champs, surtout quand elles ne sont pas en rapport avec le sujet. Et ça vous arrivez à le comprendre ?"
Une fois de plus, je vous retourne le compliment.
Vous n'avez pas le monopole de la parole.
Ici, c'est un forum, capito ?

Bien entendu, j'ai été sur le site le plus sérieux, celui du BRGM pour avoir un ordre de grandeur quant au potentiel de la France.
Je n'ai rien trouvé.
Ce chiffre de 110 000 mégawatts est bien donné pour la géothermie profonde, en page 19 d'une étude dont le titre est :
"Potentiel de développement des énergies renouvelables en France pour le remplacement du nucléaire"
La phrase dit exactement :
"Le potentiel offert par les sites favorables à la production d’énergie par géothermie profonde est considérable, de l’ordre de 110 000 mégawatts"
Cependant, l'article n'argumente pas, d'où ma prudente réserve.
http://www.geni.org/globalenergy/issues/overview/other-languages/francais/Microsoft%20Word%20-%20French%20report%5B1%5D.pdf
Pas contre, ce qui m'a fait rire (jaune), c'est que cette étude montre en page 9 la faiblesse des vents exploitables sur le Massif Central...
On est en droit de se poser des question ???
N'est-pas Guirno ?

Tireman | 26 juin 2014 à 18h51
 
 

@ami9327
Avec une étude suisse indépendante qui certifie qu'il y a un potentiel de géothermie sous le site prévu de Cigéo, c'est un argument qui va à l'encontre de ce "projet". L'IRSN a écrit que l'eau est incompatible avec le stockage profond.
Les déchets radioactifs, il ne fallait pas les produire, maintenant qu'ils sont là, les enfouir est la PIRE des solutions, voir ce qui se passe au WIPP (Nouveau Mexique), à Hanford (USA). En Alsace avec Stocamine, même si ces déchets ne sont pas radioactifs mais dangereux quand même.

remifasol57 | 27 juin 2014 à 00h00
 
 

@Tireman
Vous vous comportez comme un enfant... Faites bien ce que vous voulez. Effectivement libre à vous de pourrir le forum en multipliant les hors sujets et en utilisant toutes les perches que vous vous tendez pour faire des parallèles avec l'éolien.
Une étude ?? C'est un rapport de stage de 30 pages qui date de 2007 ! Je ne remets en rien la qualité du travail engagée par cette étudiante mais c'est plus que de la prudence dont il faut faire preuve là ! Je comprends mieux pourquoi vous n'aviez pas cité cette fois votre source. Les réserves auraient pu être émises dès l'évocation de ce chiffre non ?
------------
L'énergie du sol est accessible facilement pour nos besoins en chauffage mais ça se complique pour la production d'électricité. Seule la "géothermie profonde" le permet et un lot de désagréments est à prendre en compte: fracturation de la roche à l'origine de micro-séismes, grande consommation d'eau (pour générer de la vapeur) qu'il va falloir pomper localement et grande production d'eau au ph acide (inutilisable) liée ay process qu'il va falloir gérer. Enfin les gisements seraient exploitables seulement entre 15 et 20 ans à cause du refroidissement de la zone exploitée.
Le gisement est probablement intéressant mais la pérennité des projets restent à démontrer. Les impacts environnementaux sont également loin d'être neutres et il me paraît important de rappeler que la gestion de l'eau reste un enjeu majeur au même rang que la réduction de nos émissions de GES.

guirno | 27 juin 2014 à 11h16
 
 

Décidément, mon pauvre Guirno, égal à vous même, n'Est-ce-pas ?
Enfin, si vous y trouvez votre bonheur...

Tireman | 28 juin 2014 à 20h52
 
 

L'art et la manière de la faire à l'envers...
Si j'ai commis une erreur ou avez une information concrète à nous livrer, n'hésitez pas.

guirno | 30 juin 2014 à 10h09
 
 

"L'art et la manière de la faire à l'envers..." Guirno ?
Tient, c'est une idée ça.
Si on enterrait les éoliennes, elles s'intégreraient mieux dans les paysages, non ?

La seule erreur que vous faites, mon cher Guirno, c'est de vouloir absolument nous imposer vos moulinettes en guise d'EnR, alors que d'autres solution, plus respectueuses de l'environnement, existent.
Et la géothermie en est une, surtout chez moi.

Tireman | 01 juillet 2014 à 09h59
 
 

Les solutions de chez vous ne sont pas des solutions universelles. Merci d'essayer de regarder ce qu'il se passe au delà du bout de votre nez.

guirno | 02 juillet 2014 à 16h03
 
 

Quand on impose chez moi des solutions qui n'ont pas lieu d'être, quand je consulte la carte des vents, je me dit qu'il y a là du pur dogmatisme, et je suis en droit d'être méfiant quant au reste, ne vous en déplaise.

Tireman | 02 juillet 2014 à 16h50
 
 

Expliquez-nous comment les méchants développeurs se font de l'argent avec un parc éolien qui ne tourne que peu ou pas. Vous employez le terme dogmatisme pour qualifier ce que vous ne pouvez ou ne voulez expliquer ?
Vous ne voulez pas d'éolien chez vous, tout le monde avait bien compris. Par contre cette dernière accusation est en totale contradiction avec ce que vous reprochez à la filière: l'appât du gain. Un grand n'importe quoi... A moins que vous nous expliquiez ce nouveau tour de passe-passe

guirno | 07 juillet 2014 à 10h48
 
 

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