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“ Ecofolio veut être l'architecte, le catalyseur, d'une filière papiers basée sur l'économie circulaire ”

Le rapport Bardy plaidait pour une filière cellulose basée sur l'économie circulaire. Alors que les négociations de réagrément d'Ecofolio approchent, Laurent Francony, son président, explique que l'éco-organisme souhaite en être l'architecte pour développer le recyclage.

Interview  |  Dechets / Recyclage  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°345 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°345
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“ Ecofolio veut être l'architecte, le catalyseur, d'une filière papiers basée sur l'économie circulaire ”
Laurent Francony
Président d'Ecofolio. Directeur environnement et qualité de Système U
   

Actu-environnement : En septembre dernier, Serge Bardy remettait un rapport sur l'avenir de l'industrie papetière française. Constatant qu'il n'y avait pas de filière du papier recyclé, le député SRC de Maine-et-Loire proposait de créer une large filière cellulose qui s'appuierait sur l'économie circulaire. Où en sommes-nous ?

Laurent Francony : Ce rapport est particulièrement intéressant car tous les acteurs, des metteurs sur le marché aux recycleurs, en passant par les papetiers, ont été réunis et se sont accordés sur une idée forte : il faut repenser l'organisation de la filière cellulose pour favoriser le recyclage. Il faut passer d'un modèle visant à éliminer les produits fibreux usagers au modèle industriel du déchet ressource. L'enjeu n'est plus seulement de recycler ou d'éliminer les vieux papiers, mais avant tout de mieux capter à moindre coût les matières premières secondaires afin d'accélérer l'innovation et l'émergence de nouveaux produits.

Quelles suites en attendre ? Les acteurs de la filière doivent agir pour concrétiser cette volonté. Nous travaillons donc sur ce sujet et nous espérons nous accorder pour renouveler le modèle. C'est essentiel de débattre sereinement de tout cela, parce qu'aujourd'hui, faute de discussion, chaque acteur cherche à amender les textes en sa faveur. Ces actions ne cherchent qu'à préserver des positions sectorielles par manque de vision globale de ce que pourrait être un système satisfaisant pour tous. Aujourd'hui, le temps est au changement, profitons-en. Décidons ensemble du projet économique et de société que nous souhaitons proposer : les vieux papiers sont nos ressources pour demain.

AE : Quel est le principal reproche que vous faites au système actuel ?

LF : Pour le conseil d'Ecofolio le modèle actuel, pensé il y a une vingtaine d'années et qui a produit ses effets notamment grâce au travail des collectivités, n'est plus tenable. Il est construit sur une approche marquée par le seul financement de l'élimination d'un déchet, au détriment d'une réflexion en termes d'investissement, de compétitivité et de qualité. Les metteurs sur le marché veulent assumer pleinement leur rôle et souhaitent continuer à l'exercer, en pleine responsabilité. Mais nous ne pouvons plus nous contenter de contribuer à un système qui ne satisfait plus personne : les consommateurs payent in fine ce financement, les entreprises voient leurs coûts augmenter et cela ne freine pas la hausse des taxes finançant le service public de gestion des déchets. C'est un système inflationniste que l'on ne peut plus soutenir.

Il faut passer à un modèle construit autour de la création de valeur : collecter davantage de vieux papiers, en faire de nouveaux produits. Notre ambition c'est une collecte et un tri des papiers à coût zéro .Pour cela, il est nécessaire de réfléchir au rôle de chaque acteur de la filière papier et voir comment il peut participer à cet objectif. Il faut donc penser en termes de stratégie de filière, ce qui correspond à la démarche entreprise par le ministère de l'Economie. Une fois ce modèle nouveau mis en place, les acteurs économiques s'en saisiront pour innover, créer de nouveaux produits et produire de la croissance. C'est la réflexion en cours actuellement à l'étranger.

Pour cela, il convient d'être pragmatique. Laissons nos anciens schémas de côté, oublions nos positions sectorielles. Je lance un appel à tous les acteurs de la filière afin que nous nous mettions ensemble autour de la table. Inventons ensemble ce nouveau modèle, sans aucun dogmatisme ! Soyons ouverts à des évolutions sur, par exemple, les modes de financement ou la gouvernance.

AE : L'agrément d'Ecofolio doit être revu en 2016. C'est aussi l'occasion de réfléchir à ce nouveau modèle.

LF : Nous ne pouvons accepter un réagrément sur les bases actuelles. Nous ne pouvons plus nous contenter d'abonder un système qui ne satisfait plus aux exigences actuelles en matière d'environnement et d'économie. Si nous souhaitons une vraie rupture, elle ne se fera pas du jour au lendemain. C'est pour cela que les discussions en vue de notre réagrément sont essentielles.

Nous souhaitons devenir l'architecte, le catalyseur de ce nouveau modèle qui s'appuie sur l'ensemble de la filière cellulose dans une optique d'économie circulaire pour favoriser, non pas le recyclage en tant que tel, mais bel et bien l'usage de matière première recyclée.

Les acteurs sont prêts à bouger. C'est par exemple le cas avec le tri à la source des papiers et cartons. Nous savons le faire dans les entreprises et c'est clairement le modèle de demain si l'on veut s'engager dans une économie circulaire. Les dispositifs papiers et emballages redistribuent presque 700 à 800 millions d'euros par an. Investissons : dans les centres de tri, les dispositifs de collecte, la R&D. Les metteurs sur le marché ne remettent aucunement en cause la REP et sont fiers de jouer leur rôle. Mais utilisons ces financements pour favoriser l'émergence d'un modèle performant et porteur de croissance.

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