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Véhicules électriques : un Livre Vert pour développer les infrastructures de recharge publiques

Incitation à la recharge lente, frais de déploiement des bornes supportés par le client final et contrats PPP comptent parmi les préconisations du Livre sur les infrastructures de recharge des véhicules décarbonés dans les collectivités d'ici 2020.

Transport  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Attendu depuis octobre 2010, le Livre Vert, rédigé par Louis Nègre, sénateur UMP des Alpes-Maritimes sur les infrastructures de recharge publiques des véhicules ''décarbonés'' a été publié ce 27 avril. Il a été remis hier aux ministres de l'Ecologie et de l'Energie et au secrétaire d'Etat au Transports.

L'Etat vise plus de 4 millions de points de recharge d'ici 2020, nécessaires à l'émergence du marché des véhicules électriques et hybrides et indispensables à leur usage. D'autant que 2 millions de voitures décarbonées sont prévus en circulation en France (contre moins de 10.000 actuellement), dans le cadre du plan national. Ce qui représentera environ 5% du parc de véhicules en France (véhicules personnels, utilitaires légers,…), indique le Livre Vert.

Un cahier des charges pour atteindre les 400.000 bornes publiques en 2020

Ce rapport entend favoriser le déploiement des infrastructures de recharges sur la voie publique et accompagner la mise sur le marché des véhicules d'ici 2012 en France. 60.000 voitures tout électriques devraient ainsi être vendues par les deux constructeurs Renault et PSA, rappelle le texte. Le Livre Vert se veut ''un guide'' pour les collectivités qui voudront déployer ce type de bornes et atteindre les objectifs du gouvernement. Soit 75.000 bornes publiques (parkings, centres commerciaux, voiries…) dès 2015 puis 400.000 en 2020.

 
Les bornes publiques, ''un gage de fiabilité'' Si les bornes de recharge accessibles au public ne représenteront seulement que 10 % des prises et 5 % des usages, la grande majorité des prises relèveront de la sphère privée (garages au domicile et lieu de travail) : 900.000 points de recharge sont aussi prévus dès 2015.
Mais ces bornes publiques '' offrent'' néanmoins ''une assurance aux utilisateurs de pouvoir accéder à des infrastructures de recharge'' et ''constituent à ce titre un gage de fiabilité de l'ensemble du système, indispensable pour dissiper le manque de confiance des utilisateurs finaux envers les véhicules rechargeables'', considère l'Ademe. Au total, le coût de l'ensemble des infrastructures de recharge est estimé à 5 milliards d'euros.
Selon l'Agence, l'introduction des véhicules rechargeables devrait également entraîner sur le plan économique, ''une baisse des taxes pétrolières (TIPP) à compenser par d'autres formes de fiscalité qui ne reposent pas exclusivement sur l'électricité (coût aujourd'hui de l'électricité au kilomètre environ 5 à 7 fois inférieur au coût de l'essence au kilomètre)'' mais aussi ''des investissements pour renforcer les réseaux de distribution et les capacités de production électrique''.
 

13 collectivités pilotes expérimentent déjà ces infrastructures de recharge en partenariat notamment avec EDF : Bordeaux, Grenoble, Rennes, Nice, Angoulême, Aix-en-Provence, Orléans, Paris, Rouen, Strasbourg, Le Havre, La Rochelle et le Grand Nancy. Ces 13 collectivités devraient installer 26.000 points de charge ouverts au public à horizon 2015, pour un montant de 180 M€, estime le sénateur.

Privilégier la recharge normale

Le rapport incite à ''systématiquement'' privilégier la recharge normale (de 5h à 8h) pour des batteries de 3 kVA (Kilo Volt Ampère) et permettant pour l'heure de réguler la gestion de la pointe énergétique. La charge normale ''s'impose notamment pour les places de stationnement principal, sur lesquelles les véhicules rechargeables stationnent pendant de longues durées et peuvent assurer la majorité de leurs recharges électriques (90 à 95% selon les premières expérimentations)'', note le Livre Vert.  Ces bornes ''standard'' doivent être compatibles à deux catégories de socles de prise présents sur chaque borne ( type E/F et 62196-2 Type-3) et tout type de catégories de véhicules (électriques de première génération, quadricycles, scooters, véhicules hybrides rechargeables etc.).  Les bornes de recharge accélérée (environ 22 kVA pour 1 heure environ) et rapide (environ 43 kVA de puissance pour 30 min) doivent elles, rester ''minoritaires voire exceptionnelles'', pour des raisons de coûts et ''de risque accru de déplacement de la charge sur les pointes carbonées''. D'ailleurs, seules 15.000 stations de charge rapide de batteries sont prévues en 2015 pour éviter toute saturation du réseau électrique, dans le plan gouvernemental.

A quels coûts ?

Côté budget : si le coût d'un point de charge classique peut s'échelonner de 4.000 à 9.000 euros, celui  d'une borne rapide peut aller de 8.000 euros à plus de 30.000 euros actuellement. Les frais de mise en place de bornes à charge normale pour les 25 plus grandes agglomérations de France (500.000 habitants) seraient de l'ordre de 45 millions d'euros en 2011 (7.000 points de charge), et 300 millions d'euros en 2014 (44.000 bornes), chiffre le rapport.

Les frais de déploiement des bornes pourraient être ''supportés intégralement par le client final''. Telle est l'une des pistes de financement préconisée pour démarrer le marché. ''Il faudrait alors leur faire payer - pour chaque « plein » de 25 kWh – des prix compris entre 13 euros pour une borne à 3 kVA en charge normale et 36 euros pour une borne de charge rapide à 43 kVA - auxquels pourrait s'ajouter le coût de l'électricité estimé à environ 2 euros pour ce même plein'', explique le rapport. Les frais d'infrastructures pourraient donc ''être très significatifs'' pour des usagers qui stationnent de façon principale sur l'espace public (notamment les voiries), de l'ordre d'environ 9.000 euros sur 8 ans, estime le sénateur. Mais ce prix sur le client final doit être considéré comme un signal tarifaire ''reflétant les différences de coûts entre les niveaux de charge que comme le principal moyen de financement", prévient-il.

Le Livre Vert préconise aussi les partenariats publics privés (PPP) pour mettre en place les prises dans les espaces de stationnement sous concession, dans les stations-service (aire d'autoroutes, hypermarchés…), ainsi que dans le cadre de services de mobilité comme l'auto partage.

Autre mode de soutien : celui apporté par l'Etat. Le gouvernement lance justement ce mercredi un appel à manifestation d'intérêt, piloté par l'Ademe, doté de 50 millions d'euros dans lequel il finance jusqu'à 50% le développement des premières bornes d'ici 2015. Les collectivités territoriales candidates sont invitées à participer jusqu'au 16 décembre 2013 ''et devront s'appuyer sur les recommandations du livre vert. Les villes labellisées « EcoCités » devront candidater auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations, au titre du programme Ville de demain'', précise le ministère de l'Ecologie.

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