Corinne Lepage,que j'estime beaucoup,ne trouvera pas la réponse à la question qu'elle pose auprès de l'équipe économique et sociale du Modem.
Celle-ci est l'alliée objective du lobby de l'argent (Peyrelevade qui se vante encore d'avoir désindexé les salaires, Camdessus qui revendique son action au FMI alors qu'il a aggravé les crises économiques (africaine, asiatique, russe, et sud-américaine), provoquant même des émeutes de la faim, et qui donnait encore l'Argentine comme modèle de bonne gestion peu de temps avant qu'elle fasse banqueroute....).
Il faut que, s'appuyant sur Stiglitz, Maurice Allais, notre prix Nobel d'économie qui malgré ses 98 ans viens d'intervenir dans Marianne, et les économistes sérieux comme Jean-Paul Fitoussi; Corinne Lepage ose proposer de rendre à la monnaie son véritable rôle, qui n'est pas la thésaurisation et la spéculation, mais exclusivement les échanges et le partage.
La monnaie doit être le moyen d'action de la démocratie et non l'arme de prédation de la finance internationale et des nantis.
Pour cela :
· Il faut remettre le moteur économique, qui est aussi le meilleur répartiteur de richesse, « la monnaie » au service des hommes, et non au service de l'argent et de ses possesseurs.
· Il faut remplacer l'économie d'individualisme et de concurrence, par une économie de coopération et de solidarité bien plus productive, agréable et humaine.
Partant de la constatation qu'un "gros mensonge bien appliqué" (1) convainc beaucoup mieux qu'une vérité bien argumentée, et que pour intéresser son interlocuteur il faut lui montrer le but d'une démonstration avant de la développer, je cite, sans les approfondir, les mesures que je pense indispensables au niveau de l'Europe, vis-à-vis du système monétaire mondial, et vis-à-vis du fonctionnement et du développement harmonieux de l'Euroland.
Au niveau mondial
Comme l'explique François Morin dans son livre « Le nouveau mur de l'argent », la liberté des changes empêche les Banques centrales d'assurer un contrôle efficace sur la création et la gestion monétaire mondiale " elles se contentent d'entériner les actions des grandes banques internationales.
La liberté des changes a généré le "Carry Trade" (2) qui empêche une gestion saine des monnaies.
Nous avons créé l'euro pour nous mettre à l'abri de ce genre d'inconvénient.
La première décision que nous devons prendre est de :
Rétablir le contrôle des changes sur l'euro. L'Euroland a le pouvoir de le faire, en tant que plus grande zone économique du monde ayant un commerce équilibré.
La liberté des changes, c'est s'absenter ou s'endormir en laissant le tiroir-caisse ouvert.
La seconde, que permettra la première :
Ne pas faire d'emprunt hors zone euro, sauf pour faire des investissements à l'étranger ou, si nous en avons besoin, pour financer la différence de valeur entre nos importations et nos exportations.
Tous les financements nécessaires au paiement de ressources provenant de l'Euroland (droits, main-d’œuvre, ou marchandises) doivent se faire par des emprunts en euros (création d'euros).
Il n'y a aucune raison que, pour financer notre travail, nous allions payer des intérêts à l'étranger.
Le grand emprunt que la France s'apprête à faire sur le marché monétaire mondial est une aberration. (3)
La troisième :
Maintenir notre compétitivité au niveau international par l'ajustement du taux de change de l'euro. La politique de l'euro fort est une aberration. On ne peut pas, comme le fait Trichet (4) , vouloir la monnaie la plus forte possible sous prétexte que cela n'empêche pas quelques entreprises bénéficiant de savoirs-faire exclusifs (machines-outil allemandes) d'exporter.
Au niveau de l'Euroland
L'économie de la France, comme celle des autres pays de l'Euroland, est conditionnée par la politique monétaire et budgétaire que lui impose l'Europe. Les critères de Maastricht étaient nécessaires pour faire converger la gestion monétaire et économique des six premiers membres de l'Euroland. La pratique de ces critères pendant 10 ans montre clairement qu'ils ont freiné développement européen.
L'Euroland était très certainement la zone économique qui avait le plus de facteur de développement rapide du monde (5) , et c'est elle qui a eu la croissance la plus lente.
La première des choses à faire est de:
Changer l'objectif fixé à la BCE : (6)
Abolir l'article 104 du traité de Maastricht qui est un pur instrument de racket au profit de la finance privée. Les responsables politiques de gauche qui ont adopté cet article sans protester ont trahi la démocratie et le peuple.
Tant que la gauche, ne s'attaquera pas à la réforme du système monétaire elle ne pourra pas se démarquer de la droite néolibérale.
A la suite des derniers événements, tous les citoyens européens ayant le niveau du certificat d'études, c'est-à-dire 90 % de la population, sont capables de comprendre que le système monétaire actuel est fait pour accroître les inégalités au profit d'une infime minorité.
De même ils ne peuvent pas admettre que le pauvre surendetté doive payer des intérêts de 20 % alors que l'argent spéculatif ne coûte que presque rien.
Tous les partis de gauche européen doivent s'allier pour proposer au peuple de changer notre système monétaire, au lieu de prétexter, chacun de leur coté, que les autres ne suivront pas, pour ne rien faire.
S'ils s'y mettent dès maintenant, la majorité néolibérale qui règne sur l'Europe sera balayée par le peuple.
Il faut donner à la Banque centrale européenne un objectif unique : « le plein-emploi de qualité » car sa réalisation entraîne tout le reste.
On peut y ajouter le rattrapage des économies en retard par rapport au reste de l'Europe.
La manière la plus efficace pour le faire, et la moins douloureuse pour les autres, est de leur octroyer, pour des programmes bien ciblés, des crédits préférentiels à taux d’intérêt réel négatif dans le cadre d'une inflation suffisamment conséquente. (# 10 %) (7)
Cette pratique aurait l'avantage de favoriser les plus démunis sans pénaliser les autres, mis à part les possesseurs d'argent spéculatif.
Il faut que la monnaie cesse d'être l'objet de thésaurisation et de prédation, pour se consacrer à son véritable rôle de semence (ou de carburant) du progrès économique et social, qui doit se résorber pour porter le maximum de fruits.
Elle relancerait très rapidement l'économie, en faisant fondre toutes les dettes et en obligeant les immenses fonds spéculatifs de s'investir le plus vite possible dans l'économie réelle.
La seconde :
Indexer les minima sociaux les retraites et les salaires, au moins jusqu'au niveau du revenu médian, sur l'inflation
Pour pratiquer une politique inflationniste, qui suppose que les salaires et bas revenus augmentent en même temps que les autres prix, il est nécessaire de les indexer automatiquement sur l'augmentation des prix. (8)
La troisième :
Donner la responsabilité de la politique monétaire à une instance politique de l'Euroland (à créer).
Comme l'a dit Joseph de Stiglitz, la gestion monétaire conditionne le progrès économique et le partage social : c'est un acte purement politique. Le rôle des banquiers centraux doit donc se limiter à l'application des grandes orientations données par l'instance politique, à créer au niveau le Euroland à cet effet.
On n'aurait pas l'idée de confier la rédaction des lois et l'application la justice à l'Administration pénitentiaire. Le statut actuel de la BCE correspond pourtant à cette aberration.
La quatrième :
Passer du système de création monétaire par l'emprunt des acteurs privés, qui est pro-cyclique (9) , à la création de monnaie permanente uniquement au profit des Etats (10) en fonction des besoins économiques et sociaux.
L’entité, dépendant du politique, prévue ci-dessus déciderait de la répartition de la monnaie créée entre les différentes parties prenantes. Cela donnerait à l'Euroland un budget lui permettant un grand nombre d'actions d'intérêt général ou international pour l'Europe. Ce serait un excellent moyen de consolider l'Europe et de la faire aimer de ses citoyens.
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Pour résorber l’épais brouillard diffusé en permanence par le lobby de l'argent, il faut du temps.
Si la gauche, basait son programme sur la reprise en main de l’énorme puissance d'action de la monnaie, elle deviendrait crédible et aurait toutes les chances de gagner la prochaine Présidentielle.
Il ne s'agit pas de promettre sa réalisation demain, car il faut obtenir le soutien des autres partis humanistes de l'Euroland. Il suffirait de clarifier l'avenir pour obtenir le soutien du peuple.
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Seul le changement de politique monétaire prévu peut permettre rapidement :
· La résorption des dettes des Etats, des entreprises et des particuliers, en faisant fondre les créances, acquises de façon difficilement justifiable, par les puissances financières.
· La croissance du pouvoir d'achat des acteurs économiques et l’accélération de leurs amortissements, par la fusion rapide de leurs dettes dans le temps (cf. 30 glorieuses)
· Le financement des investissements difficilement amortissables, ce qui est le cas de la plupart de ceux concernant les économies d'énergie, l'énergie propre, par la pratique des crédits à long terme et à taux d'intérêt réel négatif. Ces crédits peuvent aussi servir à l'habitat social en acquisition ou location …. Au financement des études supérieures par leur octroi aux étudiants, avec des remboursements différés, …
· Le remplacement de la plupart des niches fiscales, par la variation des taux de crédits en fonction de l'utilité des investissements à réaliser…. Ce qui diminuerait énormément le besoin de prélèvements obligatoires
1 - Le lobby de l'argent est maître en ce domaine, par exemple : « l'inflation nuit aux pauvres » !
2 - Le « Carry Trade » consiste à emprunter d'énormes sommes, à taux très bas dans une zone monétaire, pour les placer à taux beaucoup plus élevé dans une autre zone monétaire. Cela procure, sans beaucoup de risques, d’énormes bénéfices à la finance internationale.
Proposer la taxe Tobin pour contrer le « Carry Trade » est un leurre qui empêche de réclamer la seule mesure valable, le contrôle des changes.
3 - À titre d'exemple, les grandes banques internationales (américaines) se refont une santé en faisant créer d'énormes masses de monnaie quasi gratuitement, par la Fed pour les placer avec des taux d’intérêts substantiels auprès des Etats les pratiquants (y compris États-Unis pour leurs emprunts).
4- Sa politique du franc fort, pendant de nombreuses années, a fait régresser l'économie française par rapport à celle de ses voisins. Par orgueil, il nous a fait entrer dans l'euro avec un franc surévalué, ce qui nous a mis pour longtemps en position concurrentielle difficile dans l'Euroland.
5 - L'Euroland disposait, au sein de la zone économique et monétaire la plus solide du monde, des hommes, des savoirs, des moyens, et des programmes à réaliser , pour organiser un développement rapide par la coopération dans le plein-emploi. Elle a préféré organiser la concurrence, laisser se développer le dumping fiscal et social. Surtout, au lieu de donner à la BCE comme objectifs le plein-emploi de qualité et le rattrapage des économies en retard, elle lui a donné celui de la stabilité monétaire qui est un frein économique générateur de chômage et de dettes au profit d'une infime minorité financière.
6 - L’article 104 du Traité de Maastricht spécifie « Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des états membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales" d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE, ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »
7 - Ce niveau élevé, qui est celui du septennat de VGE, est nécessité par les énormes dettes que les Etats viennent d’accumuler pour sauver le système bancaire.
8 - Cette indexation facilite grandement le fonctionnement des entreprises car elle évite des négociations salariales inutiles ainsi que des distorsions de concurrence en fonction des conditions et dates de leurs augmentations de salaire.
9 - Il gonfle systématiquement les bulles et aggrave encore plus vite les crises, en fournissant de la monnaie quand il faudrait en retirer et en retirant quand il faudrait en apporter.
10 - Ce système est préconisé depuis des décennies par notre prix Nobel d'économie Maurice Allais. (L'Euroland étant considéré comme un État)
Message déposé par Martin 31 le 5/12/2009