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Eau potable : les ménages paient le coût des pollutions agricoles

Les pollutions agricoles pèsent sur la facture d'eau, note le Conseil général au développement durable. Selon lui, le surcoût est évalué à 215 € par personne et par an pour les localités les plus polluées. Le manque de prévention est pointé du doigt.

Eau  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Plus d'un milliard d'euros. C'est ce que coûterait aux ménages français la dégradation de la qualité des eaux liée aux excédents d'engrais azotés et de pesticides d'origine agricoles, selon le Conseil général au développement durable (CGDD) qui a publié le 30 septembre une étude sur le sujet. Les impacts financiers directs sur les dépenses annuelles des ménages se situent au minimum dans une fourchette de 1.010 à 1.530 millions d'euros. Ainsi, comme l'a déjà fait remarquer le Conseil d'Etat en 2010, le principe pollueur-payeur est loin d'être appliqué.

''Les résultats illustrent les bénéfices d'une intervention visant à limiter la contamination de l'eau par des résidus d'engrais et de pesticides'', indique le CGDD, qui précise que les bénéfices d'une telle intervention sur d'autres acteurs (tourisme, conchyliculture, pêche, thermalisme…) ou les coûts pour l'agriculture et pertes pour d'autres acteurs (baisse du chiffre d'affaires des producteurs d'eau en bouteille par exemple) n'ont pas été étudiés. Les dépenses supplémentaires des entreprises et collectivités entraînées par les pollutions diffuses agricoles en matière de traitement et d'épuration de leurs eaux n'ont pas non plus été évaluées dans le cadre de cette étude.

Une facture d'eau salée pour les ménages…

Chaque année, les services d'eau et d'assainissement paieraient un surcoût situé entre 640 et 1.140 millions d'euros, une somme reportée sur les ménages. Cette somme comprend les dépenses de lutte contre la pollution agricole financées par les agences de l'eau (60 à 70 millions d'euros), les coûts générés par l'eutrophisation des captages (entre 60 et 100 millions d'euros) et le déplacement des captages utilisés (entre 20 et 60 millions d'euros, sans prise en compte des externalités sanitaires de cette pratique). Enfin, dans le cas où les captages ne peuvent être déplacés, ''les producteurs d'eau potable des agglomérations disposant de plusieurs ressources d'eau d'origines géographiques distinctes se sont lancés dans le mélange des eaux contaminées avec les eaux propres au travers d'interconnections de réseaux de production d'eau potable. Cette pratique, qui n'est pas sans révéler un désarroi certain des collectivités locales concernées, pose de vraies questions éthiques et a tendance à se généraliser depuis quelques années'' (15 % des eaux potabilisées). Surcoût estimé : entre 20 et 40 millions d'euros.

Outre la facture d'eau, les ménages supportent entre 370 et 390 millions d'euros supplémentaires liés à la dégradation des ressources en eau, estime l'étude. Ainsi, une partie des ménages français consomme de l'eau en bouteille pour éviter les pollutions de l'eau. Etant donné que le phénomène est difficilement mesurable, l'étude s'en est tenue à la consommation d'eau en bouteille pour l'alimentation des enfants en bas âge, soit 220 millions d'euros de surcoût chaque année pour les ménages. Le CGDD y ajoute un coût de 10 à 14 millions d'euros pour la collecte et le traitement des bouteilles en plastique. Enfin d'autres consommateurs optent pour le filtrage de l'eau du robinet. Surcoût : entre 140 et 160 millions d'euros.

Sur cette base, le CGDD extrapole sur les impacts locaux de ces pollutions agricoles de l'eau. Pour les 8 à 12 % de ménages concernés par des captages pollués aux nitrates et pesticides, le surcoût est évalué à 494€ par ménage ou 215 € par personne.

A cela s'ajoute une perte pour les collectivités locales et les opérateurs de la pêche et du tourisme estimée entre 100 et 150 M€ (pertes liées à l'eutrophisation et nettoyage des littoraux). Ce qui conduit à une facture totale de 1.110 à 1.680 M€. Le rapport ne chiffre pas le coût du contentieux communautaire liée à une mauvaise qualité de l'eau. L'impact sur le tourisme et la santé n'est pas non plus chiffré.

Le choix de la prévention est nécessaire

En 2010, la Cour des comptes s'interrogeait sur la stratégie française consistant à ''généraliser des pratiques de traitement de ces pollutions à l'entrée des réseaux d'eau potable'' alors que des pays comme le Danemark et la Bavière (Allemagne) sont parvenus, en impliquant les agriculteurs dans des actions préventives, à réduire de 30 % leurs consommations d'azote et de pesticides. Or, la cour estimait que le choix français s'avérait 2,5 fois plus coûteux au mètre cube traité que la prévention.

Le CGDD estime que le coût annuel du traitement des flux annuels d'azote et de pesticides est compris entre 54 et 91 milliards d'euros. Pour les eaux souterraines, le coût de la dépollution pour les nitrates serait compris entre 490 et 742 milliards d'euros et pour les pesticides entre 32 et 105 milliards d'euros, soit au total : de 522 à 847 milliards d'euros, hors coûts d'énergie du pompage avant traitement.

Réactions10 réactions à cet article

 

IL FAUT FAIRE DU MENAGE ET SEVIR...ON NE POURRA CONTINUER A JOUER AU CHAT ET A LA SOURIS...IL Y A UNE REGLEMENTATION.APPLICONS LA DASN TOUTES SA RIGUEUR..LES AGRICULTEURS SERONT DE PLUS EN PLUS TENUS D ETRE PRECIS.IL Y A SANS DOUTE ENCORE TROP D IMPRECISION...LES PLANS PREVISIONNELS DE FERTILISATION SONT ILS RESPECTES ET FIABLES. LES AGRICULTEURS DOIVENT APPRENDRE A UTILISER DES BURETTES GRADUEES...LES BANDES EN HERBE SONT-ELLES SUFFISANTES ? POURQUOI DES ZONES VULNERABLES ET NON VULNERABLES QUANT "TOUTE LA PLANETE EST VULNERABLE"; TOUS LES RUISSEAUX ET FOSSES VONT A LA MER TOT OU TARD ET DANS LES NAPPES FORCEMENT...ALORS AUX ARMES PAYSANS POUR LA BONNE CAUSE DE TOUS...

BERTRAND | 04 octobre 2011 à 09h53
 
 

Faut être sur que ça poussera bien, tout de même ! si ça pousse moins bien à cause des bestioles ou de la mauvaise terre on pourra pas rembourser les engrais et tout le toutim. Bien blanc, bien vert, bien droit ! Et on est tranquille.

mimipinson | 04 octobre 2011 à 15h57
 
 

les pollueurs doivent être les payeurs, d'autant plus qu'en matière général, les agriculteurs ne respectent pas les doses prescrites, d'une part, traitent leurs parcelles sans tenir compte des conditions météorologies (pluie,vent,et ne respectent pas les distances réglementaires trop prés des ruisseaux et bordures de routes)d'autre part, en plus en france il n'y a pas assez d' inspecteurs de contrôle phytosanitaire afin de prélever sur le terrain un échantillon pour voir si la dose de la matière active est respectée, le non respect des doses entrainerait une amende, voire la cessation de leur activité ou de l'emprisonnement

henri | 06 octobre 2011 à 07h46
 
 

Et le jardinier du dimanche qui traite six fois ses tomates,démousse son gazon, javellise ses wc, double sa dose de lessive...quel est l'impact de CHAQUE citoyen?

JM | 06 octobre 2011 à 09h27
 
 

en pleine période de crise, qu'il est doux de s'entendre dire qu'on paye chaque année 215 euros de sa poche, sans avoir donné son accord, un choix de production aux conséquences environnementales calamiteuses et qui profite à une minorité de plus en plus minoritaire (les gros mangeant les plus petits dès qu'une exploitation bat de l'aile ou se libère). Et encore, les chiffres publiés ne prennent-ils pas en compte ceux de la chute de la biodiversité sauvage induite par la généralisation de ce modèle agricole industriel...
Il est plus que temps de revenir aux fondamentaux du métier d'agriculteur : l'agronomie.

Bleuet des champs | 06 octobre 2011 à 09h52
 
 

bonjour JM,
je suis d'accord avec vous pour le jardinier du dimanche, cependant les produits vendu dans les supermarchés les doses de matières actives sont largement plus diluées que les produits professionnels (mais ce n'est pas une raison de faire de tout et de n'importe quoi, en général à la vente le commercial dans le supermarché doit jouer son rôle de bons conseils ), bien sur, il faudrait que tout le monde prenne conscience des actes au quotidien(produits ménagers que vous citez par exemple) et je pense que cela est en bonne voie mais cela prendra beaucoup de temps et de changer notre mode de consommation et de nos habitudes, c'est ce que nous faisons pour une pensée des générations à venir

Henri | 06 octobre 2011 à 10h39
 
 

Chacun doit faire des efforts. Je vis en milieu rural. Je ne traite plus mes tomates, je ne démousse plus mon gazon, je ne javelise pas mes WC car j'ai une fosse septique et je lave ma lessive comme le pratique JM, en utilisant une quantité raisonnable de lessive. Mais ce n'est pas inné. Il a fallut changer mes habitudes.
A mon sens il ne s'agit plus de produire plus, mais de produire mieux. A chaque maillon de la chaine de faire des efforts et de contribuer financièrement à la préservation de la terre que nous laissons à nos enfants. Mais malheureusement, il faudrait que les pollueurs professionnels paient pour faire ses efforts. En France, difficile de changer les mammouth.

Bibu | 06 octobre 2011 à 12h09
 
 

Je ne voudrais pas décevoir mes des contorles sont éffectués en agriculture , mais ou il y en a le moins sur se sujet c'est en Bio ou l'on peut trés facillement épandre des nitrates du fumier sans possibilité de controle effiquasse sur le terrain ou des produit à base de cuivre ou meme l'utilisation d'antibiotique est autorisé sous le non de médicament halopathique
Le premier exemple à donner au consomateur pour réduire les diverces pollutions c'est de n'autorisé en BIO uniquement les produits issu de l'exploitation pour etre utilisé sur cette meme exploitation et ceci meme si l'impact du fait du % de ferme en Bio reste trés faible

Claude | 06 octobre 2011 à 15h36
 
 

Les agriculteurs responsables de l'augmentation du prix de l'eau, un raccourci facile !

Il est facile de jeter la pierre aux agriculteurs alors que depuis la fin de la première guerre mondiale on leur a demandé de produire de façon intensive à coups de subventions de l'état et de l'Europe. La responsabilité n'est-elle pas aussi politique?

Au même moment on apprend que le gouvernement a publié le décret qui va permettre d'augmenter les quantités d'azote épandues sur les terres agricoles, et va à contre-courant des efforts de réduction des nitrates dans les eaux.

il est trop simple de montrer du doigt les agriculteurs, alors que les politiques, mais aussi chacun d'entre nous pouvons faire un effort pour préserver la ressource eau. Cela passe par le bulletin de vote, mais aussi par notre responsabilité d'économiser l'eau en commençant par surveiller notre consommation et notamment de traquer les fuites d'eau (30% de la consommation en France) !

pbjardin | 20 octobre 2011 à 10h12
 
 

Les agriculteurs responsables de l'augmentation du prix de l'eau, un raccourci facile !
Il est facile de jeter la pierre aux agriculteurs alors que depuis la fin de la première guerre mondiale on leur a demandé de produire de façon intensive à coups de subventions de l'état et de l'Europe. La responsabilité n'est-elle pas aussi politique?
Au même moment on apprend que le gouvernement a publié le décret qui va permettre d'augmenter les quantités d'azote épandues sur les terres agricoles, et va à contre-courant des efforts de réduction des nitrates dans les eaux.
il est trop simple de montrer du doigt les agriculteurs, alors que les politiques, mais aussi chacun d'entre nous pouvons faire un effort pour préserver la ressource eau. Cela passe par le bulletin de vote, mais aussi par notre responsabilité d'économiser l'eau en commençant par surveiller notre consommation et notamment de traquer les fuites d'eau (30% de la consommation en France) !

Plus d'infos : http://www.activeau.fr/Blog.asp?ItmID=9185&Title=Les+agriculteurs+responsables+de+l%27augmentation+du+prix+de+l%27eau%2C+un+raccourci+facile+%21

pbjardin | 26 octobre 2011 à 15h18
 
 

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