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Lancement d'une filière de valorisation des algues vertes bretonnes : bonne opportunité ou vrai scandale ?

La première bio-raffinerie d'algues en France vient d'être inaugurée à Plouénan (29) pour produire des compléments agro-alimentaires. Mais en consommant des algues vertes abondantes et disponibles localement, la nouvelle filière industrielle pourrait bien légitimer la pollution aux nitrates.

Reportage vidéo  |  Agriculture  |    |  Actu-Environnement.com
Lancement d'une filière de valorisation des algues vertes bretonnes : bonne opportunité ou vrai scandale ?

"Les algues créent de l'emploi", "Bretagne, ton économie bleue est là". Tels sont les slogans lancés à l'occasion de l'inauguration de la bio-raffinerie de Plouénan dans le Finistère. L'usine qui vise à extraire les principes actifs des algues comme les protéines et sucres pour produire des compléments alimentaires, voire des produits phytosanitaires biosourcés, s'inscrit en effet dans un projet industriel nommé Ulvans. Mené par quatre partenaires industriels (PRP Technologies, Melspring, Agrival, Amadéite) appuyés de deux centres de recherches (UBS et CNRS de Mulhouse), le programme a bénéficié d'une aide de 10,7 millions d'euros de la banque public d'investissement (BPI) sur un investissement total de 25 millions d'euros. A terme, 60.000 tonnes d'algues devraient être traitées chaque année tandis que 300 à 500 emplois devraient être créés d'ici 2020.

Ombre verte au tableau

Deux machines ont été mises au point pour récolter les algues en mer ou sur le rivage. Si toutes les algues sont valorisables, (rouges, vertes et brunes) ce sont bien les algues vertes qui constituent la principale matière première de cette "économie bleue". Dès lors se pose la question du développement durable de cette nouvelle filière cofinancée par les pouvoirs publics. En donnant un débouché industriel aux algues vertes, tandis que la réglementation s'assouplit sur les élevages, le projet Ulvans risque bien de conforter l'immobilisme en matière de lutte contre la pollution aux nitrates en Bretagne.

Réactions23 réactions à cet article

 

Arrêtons de dire des sottises. Les nitrates ne sont pas responsables des marées vertes.

Laurent Berthod | 18 septembre 2013 à 21h45
 
 

@ Laurent Berthod

Sans blague, les nitrates ne sont pas à l'origine des marées vertes ? Il doit s'agir d'une intervention divine alors ?

Daaaavid | 19 septembre 2013 à 09h32
 
 

Inintéressante affirmation... Pourriez-vous alors nous expliquer les origines de cette prolifération ?

vertigo | 19 septembre 2013 à 09h54
 
 

La réglementation en élevage s'assouplie? Fallait l'oser alors que la nouvelle directive nitrate va créer de véritables problèmes sur les périodes d'épandages et les capacités de stockage des exploitations en Zones vulnérables...

Kathar | 19 septembre 2013 à 10h00
 
 

M Berthod à l'art de la provocation facile et gratuite.

Cependant, oui, on doit pouvoir inclure une toute toute petite partie au réchauffement global des eaux de surface. Aller. 5 % ?
Le reste c'est de la pollution nitrate, phosphore ...
Sinon on aurait autant d'algues vertes ailleurs. cqfd.

Quant à ce projet, au moins a t-il le mérite de trouver un déboucher à ces algues. Je préfère cela à l'enfouissement.
Et vu la pollution historique je pense que l'entreprise a facilement 15-20 ans de production plus ou moins gratuite.
A voir si à l'avenir ils devront en produire sur place. reste que cela permettra de la R&D sur un milieu industriel peu connu, celui des algues.
bref, Wait and see.

Terra | 19 septembre 2013 à 10h32
 
 

LB à raison .
Pour réellement réglé le problèmee sur les cotes il s'avère qu'il faudrait limiter les rejets de P2O5 ( Phosphore) et non les nitrates.
Cette erreur banalisé par les médias (et cetain discours volontairement alarmiste et simplificateur) n'enlève rien au problème.

yannquirigole | 19 septembre 2013 à 10h35
 
 

Il sa'git plus d'une dépollution que de la sacralisation d'une pollution.

Pour être d'accord avec LB, les nitrates ne produisent pas d emaréees vertes, ce sont les cochons..

IL est surtout à regretter que le traitement des lisiers ne fasse pas partie de la filière intégrée porcine et que ce soit l'éleveur qui le supporte alors que cela serait plus simple si c'était l'abateur qui la financait.

Qu'en pense LB?

audaces | 19 septembre 2013 à 10h39
 
 

1 - Le gouvernement autorise des élevages plus gros ;
2 - la BPI finance le projet de valorisation ;
3 - les élus locaux sont ravis car des emplois sont crées ;
5 - les politiques prônent l'excellence environnementale française ;
4 - l'agriculture intensive peut se poursuivre comme si ne rien n'était.

Bienvenu dans le petit monde de l'agro-pollution-business !

Daaaavid | 19 septembre 2013 à 11h03
 
 

Et les lisiers de porcs sont riches en ...

Terra | 19 septembre 2013 à 13h23
 
 

Plutôt que de s'insurger contre une énième provocation gratuite de M. Berthod, voici quelques articles qui permettra à chacun de constater que les nitrates (et évidemment le phosphore) ont une responsabilité avérée :

Le site du ministère de l'écologie :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Les-nitrates-et-les-algues-vertes,17843.html

Pas assez objectif ? OK alors voici un rapport interministériel validé par Le CNRS, Le MNHN et l'INRA
http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/media/user/File/Actu2012/rapport%20intermininsteriel%20causes%20MV%20mars%202012.pdf

Pas convaincu ? Ok, alors voici un article de l'IFREMER
http://envlit.ifremer.fr/content/download/27419/222408/version/2/file/marees_vertes_0306.pdf

Je me suis concentré sur ce qui était, a priori, sans parti pris et scientifique (on ne peut pas contester les compétences scientifiques de l'IFREMER il me semble).

Pour ce qui est de la contradiction (elle est nécessaire en science) disons "pro nitrate" , je n'ai trouvé dans la littérature classique (Inist du CNRS) et sur internet que 2 références : une sur le blog de LB (pas d'article cité mais de belles photos) et une sur le site de la Coordination Rural (syndicat) citant un rapport de mathématicien qui contesterait la validé des modèles utilisés, rapport qui n'est pas donné en source par le syndicat et que je n'ai pas réussit à retrouver.

Voilà pour les éléments objectifs. Je reste évidemment ouvert aux critiques...

jujuniep | 19 septembre 2013 à 14h30
 
 

Merci jujuniep pour ces informations et sources.
Effectivement, pas la peine de s'enflammer d'autant plus que n'importe qui peut écrire sous le pseudo de Laurent Berthod... Ce qui est tout a fait envisageable vu l'énormité de l'affirmation.

vertigo | 19 septembre 2013 à 15h39
 
 

Effet d'aubaine effectivement, déjà constaté sur les installations de méthanisation, où on voit des agriculteurs construisant des unités nécessitant l'achat de "combustible", bien au-delà de leur production de déchets. Cette "solution" ne peut donc être envisagée que transitoire, jusqu'au moment où la France se mettra enfin à appliquer la loi de l'eau !

dmg | 19 septembre 2013 à 18h39
 
 

Gestion des risques. Santé et environnement : le cas des nitrates
Phosphore, azote et prolifération des végétaux aquatiques par Guy Barroin dans Le Courrier de l'environnement (de l'INRA) n°48, février 2003

http://www7.inra.fr/dpenv/barroc48.htm

Laurent Berthod | 20 septembre 2013 à 09h55
 
 

Courage Laurent!
La valorisation de ces algues est une excellente chose qui ne manque cependant pas de contradiction avec l'obstination à en éliminer les causes. Et si il y avait une quantité d'algues vertes acceptable? Une sorte d'équilibre à construire plutôt que de sans cesse rêver à revenir à un état initial fantasmé (le "c'était vachement mieux avant" sous-jacent à nombre de postures écolo)?

Albatros | 20 septembre 2013 à 12h03
 
 

A l'Ifremer il y en a qui travaillent bien comme, par exemple, ceux qui inventent les huitres triploïdes qui procurent de réels avantages aux ostréiculteurs qui les achètent à l'Ifremer.

Il y en a d'autres qui assurent la promotion des modèles nitrates vendus aux collectivités territoriale.

Laurent Berthod | 20 septembre 2013 à 12h21
 
 

@dmg: dans un méthaniseur si vous en mettez des déjections animales vous n'allez pas allez loin. Il est donc normal qu'une unité dépende de gisement extérieur. c'est là tout la difficulté de ce genre de projet. Sécuriser son gisement.

kathar | 20 septembre 2013 à 15h32
 
 

@kathar
oui, bien sûr, mais l'objectif dot d'abord être d'utiliser rationnellement les déchets produits par un bassin, pour contribuer à une agriculture durable, sinon, annoncer clairement la couleur et changer de métier !

dmg | 20 septembre 2013 à 20h37
 
 

Je trouve génial que les agriculteurs-pollueurs se fassent payer pour dépolluer.
Un peu comme si je mettaist sur le trottoir mes bouteilles vides et demandais à la municipalité des subventions pour les enlever.

bioclim | 21 septembre 2013 à 13h58
 
 

Comme le dit si bien l'escrolo de service EXPERT EN TOUT DOMAINE sur le web @Laurent Berthod : Arrêtons de dire des sottises. Les nitrates sont bien responsables des marées vertes. !

- Bilan des connaissances scientifiques sur les causes de prolifération de macroalgues vertes. Application à la situation de la Bretagne et propositions.
BOUVIER (Michel) ; FEMENIAS (Alain) ; ANDRAL (Bruno) ; CHEVASSUS-AU-LOUIS (Bernard)
CONSEIL GENERAL DE L'ENVIRONNEMENT ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE (CGEDD) ; CONSEIL GENERAL DE L'ALIMENTATION, DE L'AGRICULTURE ET DES ESPACES RURAUX (CGAAER)
19/03/2012
Paris : Conseil général de l'environnement et du développement durable, mars 2012.- 147 p.
Comité scientifique de lecture : Gilles BILLEN, CNRS ; Bruno de REVIERS, Muséum national d'histoire naturelle ; Jean-Marc DORIOZ, INRA

" La mise en oeuvre du plan d’action gouvernemental « algues vertes » en Bretagne est perturbée par une campagne de remise en cause des fondements scientifiques expliquant la prolifération de ces ulves, sur lesquels est fondée l’action de l’Etat. Cette contestation traduit l’inquiétude de la profession agricole directement mobilisée par les
mesures correctrices du plan (réduction drastique des nitrates dans les eaux).
...................

- http://portail.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/cgedd/007942-01_rapport.pdf

Eau Pure | 21 septembre 2013 à 22h42
 
 

Ben oui, mais le totalitaire sectaire de service ne cite que ce qui va dans le sens de sa thèse et passe sous silence toute la littérature scientifique internationale qui va dans l'autre sens.

Sur le plan scientifique la France s'enfonce dans son provincialisme; qu'il s'agisse des nitrates, du climat, etc;

Laurent Berthod | 23 septembre 2013 à 11h08
 
 

Il y a des gens qui, pour se faire entendre, exposent des "théories" qui vont à l'encontre de la réalité et des faits.
DIre que la pollution des sols est une bonne chose ou que le réchauffement climatique est un leurre leur permettent d'exister à travers la toile.
Ceux qui disent qu'il faut réduire nos émissions de CO2 n'intéressent plus personne.
Cela me fait penser aux gens de l'extrème gauche qui prônent l'égalité des salaires et la mise en commun des biens.

Bioclim | 23 septembre 2013 à 13h18
 
 

Et "littérature scientifique internationale qui va dans l'autre sens" c'est quoi ? C'est Votre publi de l'INRA faite à partir de données du Lac Léman par un chercheur qui devient très vague (dans son article, comme en tant qu'intervenant) lorsqu'il s'agit de faire l'analogie avec le milieu marin ? Un article de 2003 qui est remis en cause par un bilan des connaissances scientifiques de 2012 ?

Et la France ferait du provincialisme ? Mais je croyais que justement elle essayait de se conformer à une directive européenne que vous contestez... Il faut être cohérent, même quand on est "politiquement incorrect" ! Alors, la France : "provincialiste" ou communautaire ?

Et pour en revenir au sujet : si on interdisait l'élevage intensif sur caillebotis pour le remplacer (progressivement) par de l'élevage sur paille redistribué sur tout le territoire ? On règle le problème de concentration des nuisances dans une région, on redonne de l'eau potable aux bretons, on rapproche source de paille et source de fumier entre agriculteurs ce qui diminuera la conso d'engrais chimique, on fait plus d'emplois (en moyenne par rapport au nombre de cochons), de meilleurs revenus pour les éleveurs, et on supprime une souffrance animale inadmissible pour une société dite civilisée.

Et si la France prenait vraiment de l'avance à plusieurs niveaux en prenant cette décision plutôt qu'être le pays qui met un pansement à 25 millions d'€ sur une jambe de bois ?

jujuniep | 23 septembre 2013 à 13h46
 
 

Quand on lit avec des lunettes idéologiques on ne lit que ce que vous montrent les lunettes. Guy Barroin ne devient pas très vague, il est très précis et il renvoie aux publications scientifiques. Mais il ne faut pas survoler, il faut chercher à comprendre ce qu'on lit.

Laurent Berthod | 23 septembre 2013 à 14h38
 
 

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