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La France, plus urbaine que jamais

Selon l'Insee, la France s'est fortement urbanisée au cours de la dernière décennie. Les trois-quarts de la population vivent désormais en ville. Une évolution marquée par un étalement urbain et une absorption de communes dans de plus grandes unités.

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La France, plus urbaine que jamais (© Google Map) Extension des zones urbaines par de nouveaux lotissements à Lattes (34)

En 2010, 77,5 % de la population française vit en zone urbaine, soit 47,9 millions d'habitants, selon une étude de l'Insee publiée le 25 août. Les villes occupent désormais 21,8 % du territoire, soit une progression de 19 % en dix ans. Un rythme plus important que lors des décennies précédentes, mais proche de celui des années cinquante et soixante. ''De nouvelles petites unités urbaines sont apparues et le périmètre de certaines grandes unités urbaines s'est agrandi'', résume l'Insee.

 
Zone urbaines et zones rurales La différenciation entre zone urbaine et zone rurale repose sur deux critères : la continuité du bâti et le nombre d'habitants.
Une zone ou unité urbaine est un ''ensemble de communes sur lequel on trouve une zone de bâti continu, c'est-à-dire un espace au sein duquel il n'y a pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions et dans lequel résident au moins 2.000 habitants'', selon l'Insee. Une ville isolée est une unité urbaine qui n'est constituée que d'une seule commune.
 
Une forte urbanisation du territoire français

Les villes couvrent désormais 119.000 km² de territoire, contre 100.000 en 1999. Ainsi, 1.368 communes rurales en 1999 sont devenues urbaines en 2010, le plus souvent par intégration à une agglomération, alors qu'à l'inverse seulement 100 communes urbaines sont devenues rurales.

''L'urbanisation progresse surtout le long des littoraux atlantique et méditerranéen'', et plus surprenant : dans les régions alpines. ''La part de la population située dans des communes nouvellement urbaines est élevée en Bretagne (Côtes-d'Armor, Morbihan, Ille-et- Vilaine), Loire-Atlantique et Vendée, ainsi qu'en Ariège, dans les Pyrénées-Orientales, l'Aude, le Gard et le Vaucluse. Ces départements, déjà en forte urbanisation dans les années 1990, ont depuis confirmé leur important dynamisme démographique'', indique l'Insee.

D'autres départements connaissent une plus forte urbanisation que dans la décennie précédente (Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, la Savoie et la Haute-Savoie, mais aussi la Corrèze, le Lot, le Tarn-et-Garonne, la Lozère, l'Ardèche et le Jura) soit liée à une forte croissance de la population, soit à une proportion importante des résidences secondaires.

Les régions les plus urbaines restent l'Île-de-France (96,4 %), Provence-Alpes-Côte d'Azur (94,3 %), Nord-Pas-de-Calais (88 %), puis Rhône-Alpes (81,5 %) et Languedoc-Roussillon (80 %).

Une urbanisation marquée par l'étalement urbain

La densité moyenne de population augmente : 113,6 habitants par km² en 2007 (contre 107,6 en 1999). Si elle est stable dans l'espace rural depuis 1936 (33 habitants par km²), la densité de population diminue dans l'espace urbain depuis la fin des années soixante. On compte aujourd'hui 400 habitants au km² en moyenne dans l'espace urbain, contre 600 jusqu'en 1962. La principale raison : l'étalement urbain. ''La notion d'étalement urbain est souvent utilisée en urbanisme pour décrire une extension des surfaces urbanisées, souvent sous la forme d'un habitat pavillonnaire de faible hauteur avec des jardins. Ce phénomène ne se traduit pas forcément par la transformation de communes rurales en communes urbaines, car l'habitat d'une commune peut s'étendre sans accroissement de sa population. En revanche, l'étalement urbain se matérialise souvent par les constructions le long des routes. Il peut en résulter l'apparition de zones de bâti continu avec des communes voisines, et l'adjonction à une unité urbaine'', analyse l'Insee.

Ainsi, la superficie totale des très grandes agglomérations (de 200.000 à 2 millions d'habitants) a augmenté de 30 % par l'absorption de communes (+ 3.800 km²). Mais c'est surtout la superficie des petites unités urbaines (moins de 10.000 habitants) qui a le plus augmenté (+ 9.700 km² entre 1999 et 2010), soit par l'agrandissement d'agglomérations existantes, soit par l'apparition de nouvelles villes isolées.

Les petites unités urbaines sont responsables de plus de la moitié de la croissance urbaine alors que seulement 16 % de la population urbaine y vit. ''La croissance du territoire urbain s'observe donc surtout dans la partie la moins dense de l'espace urbain, et plus particulièrement sous la forme d'unités urbaines multicommunales''.

La France métropolitaine compte aujourd'hui 28 unités urbaines de 200.000 à moins d'un million d'habitants. Sont entrées dans cette catégorie depuis 1999 : Le Mans et Bayonne, qui a fusionné avec l'unité urbaine frontalière d'Hendaye.

Parmi les très grandes unités urbaines, Nice, Toulon, Toulouse et Douai-Lens, qui s'étaient beaucoup développés dans les années 1990, ont cessé de s'étendre. En revanche, Avignon a connu ''une extension spectaculaire'', en englobant notamment les unités urbaines d'Orange, Cavaillon et l'Isle-sur-la-Sorgue. Montpellier a absorbé Lattes et Prades-le-Lez. Saint-Étienne a fusionné avec Saint-Chamond.

Réactions4 réactions à cet article

 

l'urbanisme tentaculaire est une lépre qui en plus de défigurer nos campagnes, va générer une souffrance de plus en plus croissante.

urbanisation des campagnes, OGM, Nucléaire, Nanotechs, tout est lié au caractère expansioniste des sociétés établis sur le modéle parasitaire de la Cité qui de tout temps nécessita pillage et servitude, légalisés ou pas, librement consentie ou pas.

quel tristesse d'assister à cette apocalypse..

antoine | 26 août 2011 à 10h29
 
 

Quand finira ce spectacle absurde de 36000 communes pour satisfaire à la gloriole d'élus locaux régnant sur quelques citoyens quand ce n'est pas une commune fantôme sans aucun résident c'est l'artificialisatiion des terres le vrai problème les générations futures que pourront elles cultiver ??

firminou | 27 août 2011 à 22h24
 
 

L'irresponsabilité de l'Homme dans la gestion des surfaces conduira forcément les populations vers des impasses irréversibles... L'équivalent d'un département disparaitrait de la surface agricole tous les 12 ans...Tous ces changements sont de plus en plus "pollueurs". Les surfaces cultivées fixent plus de CO² et rejettent plus d'oxygéne que ces villes "empoisonnées" mais la stupidité et l'irresponsabilité de l' Homme le conduira peu à peu à sa propre "perte". L'espéce la plus destructrice de la planéte qui continue de se reproduire béatement de surcroit...

BERTRAND | 28 août 2011 à 13h23
 
 

La Chine limite les naissances à 1 enfant par couple. C'est un drame démographique car la population vieilli de façon alarmante. Il y aura un jour bien plus de vieux de de personnes aptes à travailler.
Dans les pays occidentaux, l'allongement de la durée de vie posera à terme des problèmes équivalents à ceux de la Chine. On ne peut donc pas arrêter la croissance du genre humain : 7 milliards d'habitants actuellement du Terre, 9 milliards en 2020-25, etc. Donc, c'est bien vers la maîtrise de terre cultivable qu'il faut aller, ou vers des industries de la nutrition qui libéreront le sol des contraintes ancestrales. L'aquaculture, les cultures et l'élevage hors sol préfigurent ces industries du futur. Sur le plan urbanistique, il faut en finir maintenant avec les lotissements pavillonnaires, hyper dévoreurs d'espaces naturels et densifier les zones déjà urbanisées. Faut-il encore que les élus - nationaux et territoriaux - se libèrent du lobby de l'immobilier et du BTP et de la corruption qu'il alimente. Vaste problème.

pierre | 21 octobre 2012 à 17h46
 
 

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