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Eau potable : les causes d'abandon de captages passées à la loupe

Les pollutions d'origine agricole constituent la principale cause d'abandon de captages d'eau destinée à la consommation humaine. Le Nord-Ouest de la France est principalement concerné. Or, ces fermetures ont un coût pour la société.

Eau  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

La France compte quelque 34.000 captages produisant chaque jour 18 millions de mètres cube d'eau destinée à la consommation humaine. Entre 1998 et 2008, près de 440 captages ont été abandonnés en moyenne chaque année, révèle le bilan de la première enquête nationale sur l'abandon des captages, réalisée par le direction générale de la santé (DGS).

Il n'existait jusque-là pas de données nationales sur ce phénomène, encore moins sur la cause d'abandon des captages. "La remontée d'informations au niveau national est très inégale et les mesures réalisées donnent une vision très biaisée de la qualité de la ressource car les captages fermés ou abandonnés pour cause de contamination ne sont plus suivis « donnant une vision optimiste de la qualité des nappes »", soulignait en 2003 un rapport de l'OPECST sur la qualité de l'eau en France.

Pour remédier à ce manque d'informations, une circulaire a lancé en 2009 cette enquête nationale. Elle révèle que les problèmes de qualité de la ressource sont la première cause d'abandon de captages (41 %). Les pollutions diffuses d'origine agricole (nitrates et/ou pesticides) sont à l'origine du plus grand nombre d'abandon (19 %), suivies par la microbiologie et la turbidité (13 %). La dégradation ou la vétusté des ouvrages restent une cause minime d'abandon (moins de 10 %).

Pesticides et nitrates en cause dans 46 départements

Le nombre de captages fermés par département varie fortement : aucun abandon dans le Val-de-Marne (94) contre 197 en Savoie (73). L'Ardèche, l'Ariège, l'Aude, l'Eure-et-Loir, la Haute-Corse, la Haute-Savoie, la Lozère, les Pyrénées Orientales, la Savoie et le Tarn affichent des chiffres particulièrement élevés.

Les causes d'abandons sont très marquées selon les régions. Ainsi, l'arsenic (présent dans les « roches du socle » ou les roches volcaniques) est "une cause d'abandon prédominante" dans le Limousin, dans le Massif Central et en Savoie. En zone montagneuse et/ou karstique (Rhône-Alpes, Ariège et Tarn), la microbiologie et la turbidité font partie des causes principales d'abandon. Si dans 46 départements les pollutions diffuses (nitrates et/ou pesticides) sont celles qui causent le plus de fermetures, les abandons de captages liés à cette pollution sont particulièrement importants dans les zones de plaine et/ou d'élevage du nord de la France (notamment la Beauce, le Bassin armoricain, le Bassin Parisien) et en Charente Maritime.

   
Répartition des causes d'abandons de captages liés à la qualité de la ressource © Ministère de la santé – ARS – SISE-Eaux
 
   

Une pollution qui coûte cher

"Ces captages sont généralement abandonnés en raison, d'une part, des coûts élevés des traitements et de protection à mettre en œuvre pour respecter durablement les limites de qualité fixées par le code de la santé publique et, d'autre part, car la reconquête de la qualité de la ressource s'inscrit souvent dans la durée. Ils sont ainsi abandonnés au profit de réseaux d'alimentation en eau destinée à la consommation humaine interconnectés ou de captages mieux sécurisés, plus facilement protégeables ou prélevant une ressource naturellement de meilleure qualité", note la DGS.

Cependant, la fermeture de captages a un coût, souligné par le Conseil général au développement durable (CGDD), dans une étude sur le financement de la gestion des ressources en eau en France. L'abandon de captages engendre en effet des coûts d'investissements pour la création de nouveaux points de prélèvement et des surcoûts d'exploitation permanents, liés au fait que ces nouveaux captages sont plus éloignés des agglomérations que les anciens (augmentation des coûts de mobilisation et de transport des eaux brutes vers les installations de  potabilisation et de distribution). Ce surcoût permanent est évalué "dans une fourchette de 0,04 à 0,10 euro par m3, et ne concerne pas moins de 10 % de l'eau potable mobilisée. Sur la base du chiffre de 6 milliards de m3 de prélèvements annuels pour l'eau potable, ce surcoût annuel est ainsi estimé entre 24 et 60 millions d'euros, sans prise en compte des externalités sanitaires de cette pratique".

Réactions2 réactions à cet article

 

ai lu avec attention votre article. Si j'en juge d'aprés votre carte de répartition des facteurs de pollution , en fonction des dommages collatéraux générés, en Bretagne bien qu'inondés de nitrates, nous n'avons pas à nous plaindre face à d'autres régions. Pourtant ,il semble que les habitants des régions exposées ne portent pas beaucoup témoignage de la gravité de la situation.Ou ils n'ont pas l'info ou le risque est considéré comme mineur , car même l'UE ne soumet pas l'hexagone à astreintes financières hors les nitrates.

ubu22 | 07 mars 2012 à 10h03
 
 

Dans la moyenne Garonne des captages ont été désaffectés sous prétexte de nitrates, pour les raccorder à des captages d'eaux superficielles d'eau du fleuve au traitement couteux et difficile (on est en aval de Toulouse, avec tous les aléas que ça comporte). On a évoqué le fallacieux argument de l'irréversibilité de la pollution nitratée pour donner des clients à de couteuse usines de traitement

loulou | 08 mars 2012 à 10h01
 
 

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