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La France est interpellée par les ONG pour la protection des requins

NATURE / ECOLOGIE - Actu-Environnement.com - 19/02/2007
 
La coalition d'ONG Shark Alliance appelle la France, l'un des acteurs les plus actifs en matière de pêche et de commerce des requins en Europe, à peser de tout son poids pour la mise en oeuvre d'un plan de gestion de la pêche des requins.
 
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Le terme « requin » regroupe les différentes espèces de requins mais également les raies et les chimères. Ces espèces sont présentes des eaux froides de la Mer du Nord jusqu'aux eaux plus chaudes de la Mer Méditerranée, depuis les estuaires jusque dans les grands fonds. Bien que les requins ne fassent l'objet que de captures accessoires ou accidentelles, autrement dit, des captures non intentionnelles et non ciblées, ils sont pourtant recherchés pour leur viande, leur peau, l'huile de leur foie, leurs ailerons et leurs dents et plus récemment pour le cartilage de leur squelette. Mais les parties les plus prisées restent les nageoires qui constituent le principal ingrédient de la soupe à l'aileron de requin. Ce met traditionnel chinois coûteux est de plus en plus accessible et consommé compte tenu du nouvel essor économique de la Chine. Résultat, le marché des ailerons de requins de Hong Kong croit de 5% par an et les exportations mondiales de produits issus de requins ont doublé entre 1990 et 2003. Ce besoin grandissant d'ailerons de requins associé à un prix pouvant atteindre 700$/kg, a entraîné l'apparition d'une pratique appelée « finning » qui consiste à couper les nageoires des requins et à rejeter les corps en mer, engendrant un gaspillage énorme.
Au cours des dix dernières années, la participation de l'Europe au marché des ailerons de Hong Kong n'a cessé d'augmenter. Alors que les nageoires importées d'Europe ne représentaient qu'une part négligeable sur ce marché au début des années 1990, elles constituent aujourd'hui pratiquement un tiers des importations totales. Selon les données fournies par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les pays de l'Union européenne ont péché près de 109.000 tonnes de requins, raies et chimères en 2004. L'Espagne se place en tête avec la capture d'environ 51.000 tonnes (46% du total des captures de l'UE), suivie par la France avec plus de 21.000 tonnes (19,5%), le Royaume-Uni avec 16.000 tonnes (14,6%) et le Portugal avec 7.200 tonnes (6,5%).

Face à cette situation, les associations de défense du requin comme la coalition Shark Alliance dont l'Association Pour l'Etude et la Conservation des Sélaciens (APECS) en France fait partie, craignent une surexploitation et à terme, la disparition de plusieurs espèces. En effet, ces espèces ont une croissance lente, une maturité tardive, un faible taux de reproduction et une durée de vie élevée. Les populations n'augmentent donc que très lentement ce qui les rend extrêmement vulnérables à la surexploitation. On compte par exemple parmi les cas extrêmes, le requin sombre dont les femelles ne se reproduisent pas avant l'âge de 20 ans en Atlantique, l'aiguillat commun dont la durée de gestation est d'environ deux ans et le requin pèlerin dont la durée de vie est estimée à 50 ans. Selon les ONG, l'absence de limitation des captures de requins fondée sur des bases scientifiques pour les bateaux de l'UE a conduit au déclin de la plupart des populations de requins, de raies et de chimères en Europe. Environ un tiers des espèces des eaux européennes sont considérées comme menacées selon les critères de la Liste Rouge de l'Union Mondiale pour la Nature (UICN).

Shark Alliance et l'APECS appellent tout particulièrement la France afin qu'elle suive les recommandations des scientifiques et qu'elle suspende la pêche ciblant des espèces en danger. La France est en effet principalement impliquée dans le déclin des populations d'aiguillats et de requins taupes communs. Elle est le seul pays européen pratiquant la pêche ciblée du requin taupe alors que cette espèce est maintenant considérée, par l'Union mondiale pour la nature (UICN), comme en danger critique d'extinction dans l'Atlantique nord-est. Bien qu'elle soit également grande importatrice de requin, l'Allemagne a proposé que l'aiguillat et le requin taupe soient inscrits à l'annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Mais la France ne s'est pas encore engagée à soutenir cette proposition. Si la France a joué un rôle dans le déclin des populations d'aiguillats et des requins taupes en Europe, elle a maintenant la possibilité de réparer ses erreurs en cessant d'exploiter ces espèces et en soutenant activement leur inscription à la CITES, estime Sonja Fordham, responsable de la politique de Shark Alliance.

Les ONG demandent également à la France de soutenir l'élaboration et la mise en œuvre, par l'Union européenne, d'un plan de gestion des stocks de requins. Étant donné son influence au sein de l'Union européenne et le vaste rayon d'action de ses navires, la France est un des pays détenant le pouvoir d'assurer ou de compromettre l'avenir des requins en Europe et dans le monde, explique Eric Stéphan de l'APECS. Les associations misent sur la prise de conscience française qui s'est déjà exprimée lors de la mise en place d'un moratoire sur la pêche ciblée des requins de grands fonds de l'Océan Austral. Pour les associations, cette action exemplaire illustre parfaitement le principe de précaution en matière de gestion des requins.

Par ailleurs, Shark Alliance incite fortement tous les États membres à corriger les déficiences de la réglementation européenne relative au prélèvement des ailerons des requins. Au cours des 15 dernières années, les protestations des scientifiques et du public contre cette pratique ont conduit à son interdiction dans de nombreux pays y compris dans l'ensemble de l'Union Européenne en 2003 et dans la plupart des eaux internationales du monde. La plupart des scientifiques estiment que la manière la plus simple et la plus efficace de rendre effectives cette interdiction est de demander à ce que les requins soient débarqués intacts, avec leurs nageoires. Cependant, pour accorder une plus grande flexibilité aux pêcheurs, la réglementation en vigueur donne la possibilité de stocker séparément les nageoires et les carcasses à bord des bateaux. Une correspondance théorique entre le poids des nageoires et celui des carcasses doit être respectée pour permettre le contrôle. Le calcul de ce ratio permet aux autorités portuaires et de contrôle des pêches de vérifier si le nombre de nageoires débarquées correspond au nombre de carcasses à bord du bateau. Alors que les scientifiques conseillent un ratio de 2%, l'Union européenne accepte un ratio maximum de 5%.
Pour ces ONG, la réglementation européenne est remplie de déficiences et contribue à menacer sérieusement les populations de requins à l'échelle mondiale.

F.LABY

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Réactions à cet article
 
finning il faut réagir.....
 
 
Save the sharks
 
 
les dents de la terre
 
 
protection des requins (4 réponses)
 
 
Et la souffrance alors ! (3 réponses)
 
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