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Recyclage des panneaux photovoltaïques : le Ceres cesse ses activités

Fragilisé par la crise que traverse le marché solaire, le Ceres, un des principaux acteurs du recyclage de panneaux photovoltaïques en Europe, a décidé de cesser son activité pour se recentrer dans des projets de R&D.

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Recyclage des panneaux photovoltaïques : le Ceres cesse ses activités
Environnement & Technique N°329 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°329
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Le centre européen de recyclage de l'énergie solaire (Ceres) a mis fin le 6 septembre 2013 à ses activités de collecte et de gestion des déchets issus de panneaux photovoltaïques, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Créée au cours de l'été 2011, l'association à but non lucratif Ceres, basée à Paris et dotée de 30 points de collecte, regroupait une quinzaine d'entreprises adhérentes du secteur en Europe et au niveau international dont les français BatiSolar, Elifrance et FranceWatts, le chinois Beijing Hope Solar Power Co ou le fabricant européen Bisol. Le modèle économique du Ceres consistait à faire couvrir le coût de collecte et de recyclage par des partenaires recycleurs. La particularité de cette association était de miser sur la revente des matières premières recyclées (métaux rares, silicium, aluminium, argent, cuivre et verre) pour financer son activité. Au cours du premier trimestre 2012, le Ceres avait collecté plus de 500 tonnes de modules photovoltaïques. Il prévoyait d'ouvrir une première ligne pilote en France capable de traiter 20 MW par an en 2015, soit 2.000 tonnes de panneaux par an.

Mais "un cadre de plus en plus rigide pour la production d'énergie solaire en Europe et un marché de plus en plus complexe pour la gestion des déchets de panneaux photovoltaïques ont été des facteurs décisifs" dans sa décision d'interrompre sa division opérationnelle de collecte et recyclage, a justifié le Ceres.

L'association va désormais se recentrer sur l'organisation de recherche sur l'ensemble du secteur de la gestion des déchets photovoltaïques et le design "cradle-to-cradle". "Ceres a commencé en tant que plateforme de recherche pour le recyclage des panneaux photovoltaïques. C'est dans ce domaine que nous sommes des experts et dans lequel nous pouvons jouer un rôle central pour cette industrie", estime Serge Besanger, président de l'association.

Accord avec PV Cycle

Le Ceres a signé un accord avec l'association européenne PV Cycle, pionnière du recyclage des panneaux dans l'UE, basé sur le principe de responsabilité élargie du producteur. En février 2013, quelque 6.000 tonnes ont été récupérées et traitées par PV Cycle qui représente près de 90% du marché photovoltaïque européen.

"Afin de faciliter la cessation des activités de Ceres", PV Cycle s'est engagé à reprendre toutes les obligations de collecte et recyclage des membres actuels de l'association. La collecte et le traitement des modules photovoltaïques seront gratuits pour les propriétaires des panneaux produits par les membres du Ceres jusqu'à décembre 2013. L'accord entre les deux associations couvre tous les déchets des modules photovoltaïques post-production, au sein des pays de l'Union européenne et de l'Association européenne de libre-échange (AELE), excepté en Italie où le Ceres a signé un accord séparé avec ERP Italia en février 2013.

Une filière pourtant prometteuse

Le recyclage est devenu une préoccupation des industriels du secteur solaire avec l'arrivée en fin de vie de la première génération de panneaux photovoltaïques de technologie cristalline au bout de vingt voire trente ans. Entrée en vigueur en août 2012, la nouvelle directive sur les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) étend l'obligation en Europe de collecte et de recyclage des panneaux photovoltaïques à partir de 2014. PV Cycle table sur 130.000 tonnes de panneaux à traiter d'ici 2030.

Réactions4 réactions à cet article

 

Pourquoi ne pas faire comme la règlementation l'impose dans le nicléaire?
Celui qui fournit s'engage à le ramener chez lui au démantèlement.
Les Chinois viendrait les récupérer et les ramener chez eux à leur frais.

zaravis | 10 septembre 2013 à 09h56
 
 

Le recyclage des panneaux solaires permet d'économiser une partie de l'énergie employée pour leur fabrication. Mais la nouvelle purification pour isoler le Silicium ultra-pur nécessite de fondre le tout. Ensuite la technique de purification employée lors de la fabrication doit être de nouveau employée. Ensuite on peut refabriquer des nouvelles photopiles. Tout ça consomme une énorme quantité d'energie et il n'est pas du tout certain que la production d'électricité photovoltaïque soit en mesure de couvrir le besoin (pour des centaines de milliers de tonnes!!!). D'ailleurs c'est clair que cette technique aura toujours un bilan énergétique "énergie de fabrication par rapport à l'energie produite durant son cycle de vie" qui sera au mieux défavorable au pire calamiteux. De toute façon ce secteur n'a pu se développer que grâce à la contribution imposée A TOUS les abonnés au profit de quelques exploitants d'intallations. Sitôt que cette aide à cesser (parce que le système commençait à s'emballer) tout s'est effondré.

ami9327 | 14 septembre 2013 à 00h08
 
 

Bonjour,

Je relève que : "le Ceres, un des principaux acteurs du recyclage de panneaux photovoltaïques en Europe, a décidé de cesser son activité".

La fabrication des panneaux photovoltaïques est déjà une activité industrielle extrêmement polluante et je trouve très inquiétant que cet important acteur de leur recyclage ne poursuive pas son activité.

Que fait la Commission Européenne ? Va-t-elle laisser se former des dépôts anarchiques de ces produits, surtout s'ils ont déjà besoin d'être recyclés ?

Comme je le soupçonnais depuis le début, si ces panneaux ont déjà besoin d'être recyclés, c'est bien que leur qualité est médiocre et qu"ils se trans forment rapidement enn déchets ...... non recyclables ???

...... très très inquiétant !!!

Dany

Dany-a-Nice | 01 novembre 2013 à 08h40
 
 

La pollution par les vieux panneaux photovoltaiques sera assez limitée. Les constituant réagissant pour la plupart difficilement sur l'eau dans des conditions ambiantes. Ce serait différents en présence de produits corrosifs et sans doute aussi en cas d'électrolyse inopinée au soleil.
Le constituant principal est le silicium, et sous forme (massive) de plaques il est protégé naturellement par une couche de SiO2 qui le protège d'une oxydation plus poussée.

ami9327 | 04 novembre 2013 à 22h55
 
 

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