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De nouveaux pesticides reconnus comme cancérogènes par l'OMS

Le centre international de recherche sur le cancer vient notamment de classifier comme cancérogène probable pour l'homme le glyphosate, le malathion et le diazinon.

Hygiene / Securite / Sante  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°347 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°347
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Désormais, l'herbicide glyphosate, les insecticides malathion et diazion sont classifiés comme cancérogène probable pour les hommes (groupe 2A). Le centre international de recherche sur le cancer (Circ), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de rendre public son évaluation de la cancérogénicité de cinq pesticides organophosphorés. Du 3 au 10 mars 2015, un groupe de travail de 17 experts de 11 pays s'est réuni et a analysé "les rapports publiés ou acceptés pour publication dans la littérature scientifique disponible" ainsi que "les rapports gouvernementaux accessibles au public" sur le tétrachlorvinphos, le parathion, le malathion, le diazinon et le glyphosate. Les pesticides tétrachlorvinphos et parathions sont quant à eux considérés comme des cancérogènes possibles pour les hommes (groupe 2B).

Pour ce qui concerne le glyphosate (composant du Roundup notamment), des études avaient déjà pointé en 2012 ses impacts sur le système endocrinien et en 2010 sur les embryons de vertébrés. "Il y avait des preuves limitées de cancérogénicité chez l'Homme pour le lymphome non hodgkinien, rappelle également l'OMS. Des études sur des expositions, principalement agricoles, aux Etats-Unis, Canada et en Suède ont été publiées depuis 2001". Selon le Circ, des "preuves convaincantes" montrent que le glyphosate peut également causer le cancer chez les animaux de laboratoire. Le glyphosate serait aussi à l'origine de lésion sur le matériel génétique de cellules humaines. Au niveau mondial, il représente le plus gros volume de production pour les herbicides. Selon l'Ineris, cette substance fait également partie des herbicides les plus vendus en Europe. En France, le glyphosate est utilisé en agriculture, par les jardiniers amateurs ainsi que pour l'entretien des voies de circulation. "L'utilisation la plus importante dans le monde reste l'agriculture, pointe le Circ. Celle-ci a fortement augmenté depuis le développement de cultures génétiquement modifiées résistantes au glyphosate".

S'il est interdit en Europe, le malathion continue à être produit dans des quantités importantes au niveau mondial, selon le Circ pour un usage agricole et de contrôle des insectes en zone urbaine. L'insecticide avait été exceptionnellement autorisé en août 2014 par dérogation pour lutter contre l'épidémie du chikungunya en Guyane. Des études aux Etats-Unis, Canada et Suède avaient relevé lors d'une exposition agricole des preuves limités de cancérogénicité chez l'Homme (lymphome et cancer de la prostate non hodgkinien). Le malathion provoquerait également des tumeurs chez les rongeurs, des lésions de l'ADN et une perturbation hormonale.

Pour ce qui concerne le diazinon, "les volumes de production étaient relativement faibles et ont encore diminué après 2006 en raison de restrictions aux Etats-Unis et dans l'Union européenne". Le tétrachlorvinphos et le parathion ne sont plus utilisés en France. Interdit dans l'Union européenne, le tétrachlorvinphos continue toutefois à être utilisé sur le bétail et animaux de compagnie (colliers anti-puces) aux Etats-Unis.

Vers un retrait du glyphosate?

"Si le règlement 1107/2009 (cf. Annexe II point 3.6.3) s'applique, il devrait y avoir des retraits du marché de produits commerciaux contenant cette substances active [le glyphosate] désormais reconnue officiellement comme cancérigène probable", pointe Générations futures, dans un communiqué. L'Association demande également une réévaluation par l'Agence européenne de sécurité sanitaire (Efsa) du glyphosate et un retrait des produits vendus en France à base de cette substance active. "Le Programme (…) fournit des évaluations scientifiques fondées sur un examen exhaustif de la littérature scientifique, mais il reste de la responsabilité des gouvernements et d'autres organisations internationales de recommander des règlements, législation, ou une intervention de santé publique", constate toutefois le Circ.

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