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Guyane : un insecticide interdit pour lutter contre le chikungunya

Les ministères de la Santé et de l'Ecologie ont autorisé en Guyane le recours au malathion, un insecticide interdit dans l'UE pour éradiquer les moustiques tigres, vecteurs du virus chikungunya qui frappe l'Outre-mer. Le feu vert des autorités sanitaires fait polémique.

Décryptage  |  Risques  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Un arrêté interministériel, publié le 13 août au Journal officiel, autorise par dérogation l'utilisation en Guyane du malathion, un insecticide organophosphoré interdit dans l'Union européenne, afin d'enrayer l'épidémie de chikungunya qui sévit dans le département depuis janvier.

Le malathion n'est plus autorisé dans l'UE en tant que biocide depuis août 2008. S'il est "toxique" pour l'homme et les écosystèmes, sa persistance est "faible" dans le sol, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Cet insecticide neurotoxique est "nocif" en cas d'ingestion et peut provoquer "une allergie cutanée". Il est "très toxique" pour les organismes aquatiques, les abeilles et les oiseaux, a indiqué l'Anses dans un avis paru en mars dernier.

L'Agence a en effet été saisie par la Direction générale de la santé (DGS) sur l'efficacité et les risques d'utilisation du malathion comme moyen complémentaire de lutte contre les moustiques tigres adultes (genre Aedes), vecteurs du chikungunya qui a déjà touché 1.665 personnes en Guyane dont 55% à Cayenne, selon l'Agence régionale de santé (ARS). "La circulation du virus continue sa progression, de nouveaux foyers épidémiologiques ont été identifiés", a de nouveau alerté l'ARS le 14 août.

L'arrêté, signé le 5 août par les ministères de la Santé, de l'Ecologie et des Outre-mer, justifie l'utilisation du malathion par "la résistance des moustiques vecteurs de Guyane à l'adulticide deltaméthrine et l'absence de produits adulticides de substitution". A la demande du préfet de la région Guyane, les ministres ont donc décidé d'autoriser l'insecticide à des fins de lutte antivectorielle pour une durée de 180 jours soit 6 mois, conformément à l'article 55 du règlement européen biocide de 2012.

Avis favorable de l'Anses et du HCSP…

Autorisée dans l'UE en tant que substance active phytopharmaceutique, la deltaméthrine (insecticide pyréthrinoïde) "seule n'est plus efficace, excepté en cas de brumisations intra-domiciliaires", a estimé l'Anses dans son avis.

Les données concernant le malathion "sont trop parcellaires pour conclure quant à l'intérêt de (son) utilisation opérationnelle. Il est urgent de réaliser des bioessais (tests de résistance des moustiques à l'insecticide, ndlr) pour combler cette lacune", a-t-elle indiqué. Afin de prévenir l'épidémie, l'Anses a toutefois donné un avis favorable pour son usage temporaire via la mise en place de "mesures spécifiques" visant à limiter son exposition.

L'arrêté prend en compte les recommandations d'épandage formulées par l'Anses et le Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Ce dernier a également donné son feu vert dans un avis daté de mai dernier.

Les pulvérisations du malathion à l'extérieur devraient démarrer en septembre, le produit n'ayant pas encore été livré. Le traitement s'effectuera par voie terrestre "sous formulation UBV (ultra bas volume)" à partir de véhicules tractant l'appareil de pulvérisation, de type 4x4, ou à pied par atomiseurs à dos. Les pulvérisations s'effectueront dans un rayon de 100 à 200 mètres autour des cas suspects ou confirmés de chikungunya.

La durée de l'usage de cette substance biocide "doit être la plus courte possible au regard de la situation épidémiologique, aux valeurs les plus hautes de la gamme de doses d'emploi préconisées par l'OMS (112 à 600 g/ha)", a précisé l'arrêté.

La pulvérisation se fera "exclusivement en soirée" afin d'éviter une exposition des habitants "qui déambulent dès le début de la matinée et d'empêcher une contamination des aliments présentés sur les étals des marchés et commerces ouverts", a préconisé le HCSP. Cela correspond aux périodes où le moustique "diurne est actif". L'insecticide ne sera pas répandu près des cours d'eau, des cultures vivrières et des captages d'eau de surface. Les pulvérisations sont également proscrites lorsque le vent dépasse 15 km/h et en cas de pluie.

Les agents qui seront chargés du traitement devront revêtir des équipements de protection (EPI) adéquats (gants, masque, combinaison). Tandis que les populations devront être informées "24 h en avance, afin de les inviter à ne pas rester dehors et à fermer les portes et fenêtres ou volets lors des opérations", selon le HCSP.

 
Surveillance renforcée en France métropolitaine Selon le dernier point de l'Institut de veille sanitaire (InVS) publié le 18 août, 250 cas de chikungunya importés ont été confirmés en France métropolitaine depuis le 1er mai (Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, Aquitaine et Midi-Pyrénées). 18 départements du sud de la France sont visés.
Des mesures de lutte anti-vectorielle, avec destruction des gîtes larvaires (larvicides Bti, diflubenzuron) et traitements adulticides (deltaméthrine principalement), ont été prises par arrêtés préfectoraux jusqu'au 30 novembre. 722 cas suspects ont été répertoriés en métropole.

En Martinique, l'épidémie "se poursuit mais la tendance à la baisse s'est confirmée au cours des deux dernières semaines", a indiqué l'InVS. 55.920 cas "cliniquement évocateurs" et 19 décès ont été recensés depuis décembre 2013. En Guadeloupe et ses îles proches, la "diminution de la circulation virale observée depuis début juillet se confirme". 73.120 cas cliniquement évocateurs et 9 décès on été enregistrés.
 

… en dépit des risques

Mais les risques "ne peuvent pas être écartés pour les opérateurs malgré le port d'EPI", a prévenu l'Anses. De même, "il ne peut être démontré une absence de risque pour les résidents dans la zone traitée avec du malathion", a souligné l'Agence sanitaire. Et d'alerter : "De nombreux cas d'empoisonnement au malathion ont été rapportés dans la littérature montrant des diminutions de l'acétylcholinestérase (enzyme impliquée dans la transmission de l'influx nerveux, ndlr) associées à des symptômes digestifs, respiratoires et neuromusculaires, en particulier à des doses comprises entre 15 et25 g/personne".

Depuis la parution de l'arrêté, scientifiques et citoyens ont dénoncé le recours à cet insecticide. "Il s'agit d'une molécule qui va se dégrader en quelque chose d'encore plus nuisible. Ça tue tout", a déclaré Christophe Duplais, chimiste au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), au site d'information France-Guyane.

Inquiétude des scientifiques et citoyens

"Le problème est que les pulvérisations se font depuis la route, sur 5 à 10 mètres (…). Elles ne suffisent pas à tuer le moustique mais constituent des doses homéopathiques qui favorisent la résistance", a-t-il affirmé. Et de s'insurger : "Des gens prennent des décisions et choisissent d'utiliser un produit mortel et toxique sans consulter ni les scientifiques ni la population".

Selon l'AFP, la région Guyane s'interroge également "sur le bien-fondé de cette autorisation alors que l'utilisation de cet insecticide est interdite en France et en Europe depuis 2007-2008". Elle s'inquiète aussi "sur les conséquences de l'utilisation de ce produit chimique sur l'environnement, l'agriculture et la santé".

Plus de 1.000 personnes ont également signé une pétition en ligne contre l'emploi de ce produit "hautement toxique (qui) va se retrouver dans les jardins, les cours, les écoles, les crèches".

De leur côté, les autorités sanitaires guyanaises se veulent rassurantes. "Le malathion fait partie de la liste des produits autorisés par l'OMS. De nombreux pays l'utilisent après avoir effectué des études bénéfices/risques", a souligné Christian Meurin, directeur de l'Agence régionale de santé, lors d'une conférence de presse le 18 août, rapporte le site d'information France-Antilles. "La situation sanitaire est potentiellement grave. Personne n'a souhaité se priver d'un moyen qui permet de lutter contre le chikungunya", a-t-il insisté.

Le malathion "n'est pas plus toxique que la deltaméthrine utilisée actuellement", ont assuré de concert M. Meurin, Sandrine Chantilly, directrice du service départemental démoustication du Conseil général et Xavier Luquet directeur de cabinet du préfet, selon le site Guyaweb.

L'insecticide a déjà été utilisé par dérogation en Guyane "lors de l'épidémie de dengue en 2009", a rappelé Mme Chantilly.

Le recours aux substances adulticides "n'est qu'un des outils de la lutte antivectorielle", a réitéré l'Anses en soulignant "l'importance des autres actions" qui contribuent à diminuer la densité des populations de moustiques : "lutte mécanique, intensification de l'usage des larvicides (Bti en particulier qui est biologique, ndlr), mobilisation communautaire et promotion des mesures de protection personnelle antivectorielle (répulsifs, adaptation de l'habitat)".

Réactions22 réactions à cet article

 

il aurait été intéressant de voir paraitre cette décision aux différents 20h de la télé et mieux encore, que cette mesure visant à détruire un insectes vecteur de cette maladie, soit annoncée voire commentée par le ministre de la justice;
Dans le même ordre d'esprit, l'épandage de quelques cinq cents tonnes (500 tonnes) de chlorpyrifos éthyl sur l'ile de Madagascar pour détruire enfin l'invasion de criquets qui a dévasté une grande partie de l'ile. Ce type d'information n'est disponible que pour les seule initiés de la phytopharmacie mondiale. Nous n'avons rien entendu de la part d'EELV et pourtant, pour en arriver là dans les deux cas il a fallu que les parasites concernés en fassent du mal !

pitopita | 21 août 2014 à 18h08
 
 

« Le feu vert des autorités sanitaires fait polémique » ?

On n'en attendait pas moins de la galaxie alter et anti. Pensez donc ! On autorise l'emploi d'un insecticide... voilà une superbe occasion de faire parler d'elle et de faire marcher son fond de commerce.

En plus, rendez-vous compte Mme Michu, il est interdit en Europe !

Mais non, il n'est pas interdit. Il n'y a pas eu de demande de renouvellement de son autorisation de commercialisation pour la lutte antivectorielle. En France, il est autorisé en agriculture, pour la désinfection des silos. Sauf erreur, il est toujours utilisé comme anti-poux.

Mais c'est qu'il est « hautement toxique » selon les agitateurs. Tellement qu'il est recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et utilisé au Canada et aux Etats-Unis... Ils ne doivent pas avoir la même notion de toxicité, ces gens-là.

Du reste, notre ANSES nationale pédale aussi dans la choucroute :

« Le malathion et le fénitrothion présentent des profils de toxicité similaires, avec une inhibition de l’acéthylcholinestérase comme effet commun. Ces deux substances sont des sensibilisants cutanés. La deltaméthrine est particulièrement associée à des effets hépatiques et neurotoxiques. Parmi ces trois substances, le malathion présente un profil toxicologique plus favorable avec les valeurs toxicologiques de référence les plus élevées (AOEL 2,3 fois plus élevée que celle du fénitrothion et 4 fois plus élevée que celle de la deltaméthrine). »

[À suivre]

Wackes Seppi | 21 août 2014 à 19h40
 
 

La deltaméthrine ? C'est le produit actuellement utilisé...

Il y a un dessin sur Guyaweb. C'est ignoble !

La Guyane est confrontée à une grave crise sanitaire, réelle. Et la bien-pensance s'inquiète de risques largement hypothétiques.

Au fait... une dérogation avait aussi été instituée en 2009 en Guyane pour lutter contre la dengue.

Wackes Seppi | 21 août 2014 à 19h42
 
 

un futur scandale sanitaire? Dés qu'il y a une crise on a recours aux bonnes vieilles méthodes,je suis étonné qu'on est pas recours a l'agent orange(militaire)Wackes seppi ne devrait pas y voir d'inconvénients

lio | 22 août 2014 à 10h37
 
 

Les pesticides des lobbys (FNSEA Pro OGM, UIPP, UMP, MEDEF.....) sont bien une escroquerie mafieuse ! Comme pour les plantes, les insectes deviennent résistants aux poisons censés les tuer ! C'est la fuite en avant et toujours curative aux frais des citoyens électeurs cobayes contribuables Français vaches à lait ! Ne soyons plus spectateur mais acteur du changement pour un autre modèle agricole agroécologique disposant d'une recherche publique indépendante de toutes pressions pour que les alternatives d'intérêt général soient disponibles gratuitement (domaine public) au plus grand nombre, professionnelles, particuliers ! Les générations futures nous remercieront d'avoir lutté contre ses criminels de l'humanité !

Eau Pure | 22 août 2014 à 18h24
 
 

Oh si, Mme Lio !

Je vois un gros inconvénient à employer un herbicide pour lutter contre des insectes : c'est inefficace !

« Dés qu'il y a une crise on a recours aux bonnes vieilles méthodes » ?

Mais, Mme Lio, ces bonnes vieilles méthodes vous permettent de vivre dans un confort sanitaire remarquable.

Wackes Seppi | 25 août 2014 à 10h57
 
 

Le titre de votre article est d'une ambiguïté (on a l'impression que c'est le contraire du fait qui est annoncé) qui fait difficilement exclure l'hypothèse de la maladresse.
Cette ambiguïté va dans le sens du déficit d'information sur d'autres canaux.

En ce qui concerne la décision, est-elle surprenante de la part de la soeur du dynamiteur du Rainbow Warrior?

Evidemment non.

Royal à l'environnement..., pourquoi pas Dufflot à la Défense, Carlos Ghosn à l'Emploi, Besancenot à l'Economie, Cahuzac à la Justice, DSK à la Famille?

Moustique Rieur | 26 août 2014 à 08h36
 
 

C'est bien de critiquer les décisions qui sont prises. Vous pensez bien que personnes n'avaient envie d'en arriver là mais à un moment il faut savoir réagir et les dans une situation comme celle-ci les choix ne sont pas nombreux.

Merci à Wackes Seppi pour tes remarques et tes commentaires qui sont à mon avis les plus pertinents.

Quant à ceux qui ne font que critiquer, si vous êtes si intelligents proposer des solutions!!

BOPE | 26 août 2014 à 09h11
 
 

C'est là qu'on espère de tout cœur pouvoir continuer à s'en remettre à la sagesse d'une autorité: le Préfet protège les populations et merci à lui de prendre les bonnes décisions.
Ceux qui voient là l'action d'un lobby ou une action mafieuse sont peut-être résistants aux maladies, en attendant le recours à la chimie et à la pharmacie reste une nécessité. Mon fiston est épileptique (sans doute "à cause des poisons que les salopards de la chimie envoient dans l'atmosphère" comme dirait l'écolo qui ignore que dans le bon vieux temps les épileptiques faisaient bien rigoler la populace avec leur danse de Saint Gui) et heureusement que je ne le soigne pas "par les plantes" comme me le suggèrent nombre de rigolos...
Phénobarbital, clozanépan, clobazame et carbamazépine sont plutôt mes amis, sans que je ne sois un "suppôt du lobby pharmaceutique".
Bonne journée et surtout bonne santé.

Albatros | 26 août 2014 à 10h17
 
 

Avancer fièrement le nom de molécules n'est pas proposer une solution, ni même ennoblir la discussion. Il s'agit plutôt d'une vaine tentative de se distinguer d'observateurs sceptiques en tentant d'assimiler ces derniers à une plèbe dont les propos seraient automatiquement disqualifiés.
Vous (vous vous reconnaîtrez) pourriez (?) expliciter la densité électronique des molécules citées que vous n'en seriez pas davantage légitimé.
Il existe des moyens connus de tous pour se protéger des moustiques, certes de manière imparfaite, mais vouloir protéger parfaitement à court terme par des moyens apportant de manière diffuse mais certaine d'autres maux pour les générations futures, c'est précisément se placer aux antipodes du "développement durable".

Moustique Rieur | 26 août 2014 à 11h15
 
 

Rien de fier dans mon propos, ce serait déplacé. Plutôt une habitude à recevoir des leçons de représentants autoproclamés des générations futures, écolos adeptes du Yakafokon.
Rien de parfait non plus dans la sauvegarde de la santé humaine qui sous-tend la décision de l'autorité démocratique de notre pays.
La densité électronique est une notion qui m'est inconnue: une leçon, encore du Moustique Rieur?
Si je voulais ajouter à la polémique, qu'avez-vous pensé de la "gestion raisonnée" des E. coli dans les graines germées de fenugrec ?

Albatros | 26 août 2014 à 11h56
 
 

Et pourquoi ma "tentative" serait "vaine"?
Je n'ai pas compris la notion de "plèbe dont les propos... disqualifiés".
Mes rapports avec mes interlocuteurs ne sont jamais de cette nature: je ne recherche pas à les disqualifier ni à les diffamer, même si nous ne sommes pas d'accord (ce qui est nécessaire dans une discussion, sinon, qu'Est-ce qu'on s'emmerderait!).
A votre santé.

Albatros | 26 août 2014 à 12h00
 
 

- Deltaméthrine DL 50: 800 mg/Kg voie cutanée, chez le rat,
2000 mg/Kg voie cutanée, chez le chien.

- Malathion DL50: 4400 mg/Kg voie cutanée, chez le rat,
4100 mg/Kg voie cutanée, chez le lapin.

- la DL50 chez les insectes est infiniment moindre ( insecticides ).

Chez les mammifères, les deux produits ont donc une toxicité aigûe très faible par voie cutanée.
Il n'en va pas de même pour les abeilles et le moustique tigre,
et le malathion a une DL50 supérieure à la deltaméthrine chez les mammifères, et inférieure à la deltaméthrine chez les insectes.

Alors, pour une durée limitée et selon des conditions très encadrées,
de l'homme ou de l'abeille, quel est le choix ?

Euplectes | 26 août 2014 à 15h55
 
 

@ Wakkes Seppi

La décision de la Commission européenne n° 2007/389 CE en date du 6 juin 2007 prévoit en son article 2:
" Les États membres font en sorte:

a)que les autorisations de produits phytopharmaceutiques contenant du malathion soient retirées pour le 6 décembre 2007;

b) qu’aucune autorisation de produits phytopharmaceutiques contenant du malathion ne soit accordée ou reconduite à partir de la date de publication de la présente décision".

Ce qui fut fait par la République française par avis publié au JORF n°204 du 4 septembre 2007 page 14592, texte n° 143.

Le mélathion est donc interdit du fait du RETRAIT de son AMM.

Quand on ne sait pas (enfin, quand on fait exprès de dire le contraire de ce qui est) on ferme sa G.

Kewa Pisse | 27 août 2014 à 12h03
 
 

Cette dernière contribution est intéressante en ce sens que son seul objet est de disqualifier définitivement son interlocuteur. L'injonction de "fermer sa gueule" laisse à penser que, en cas de rencontre interpersonnelle, la prochaine étape de la "discussion" envisagée par l'inverseur de pseudonyme ne soit purement et simplement la voie de fait.
C'est un peu triste vu l'objet du fil qui est de comment envisager la protection de la santé publique en limitant les effets adverses des moyens employés.

Albatros | 27 août 2014 à 14h30
 
 

En voilà encore un qui pense que son argument aura plus de poids en utilisant un pseudo qui se veut dénigrant de son interlocuteur... Rions en !

Mais vous avez raison : « Quand on ne sait pas [...] on ferme sa G. »

Apprenez donc que la réglementation distingue entre les produits biocides et les produits phytopharmaceutiques (pesticides). En France, les premiers sont du ressort du ministère de l'environnement et les seconds, de l'agriculture.

J'ai écrit : « Mais non, il n'est pas interdit. Il n'y a pas eu de demande de renouvellement de son autorisation de commercialisation pour la lutte antivectorielle. En France, il est autorisé en agriculture, pour la désinfection des silos. Sauf erreur, il est toujours utilisé comme anti-poux. »

L'absence de demande de renouvellement – pour la lutte antivectorielle, donc comme biocide – a été actée dans la « Décision n° 2007/565/CE du 14 août 2007 concernant la non-inscription, à l’annexe I, I A ou I B de la directive 98/8/CE du Parlement européen et du Conseil concernant la mise sur le marché des produits biocides, de certaines substances devant faire l’objet d’un examen dans le cadre du programme de travail de dix ans visé à l’article 16, paragraphe 2, de ladite directive ».

[À suivre]

Wackes Seppi | 27 août 2014 à 16h02
 
 

Je vous mets le texte du considérant pertinent :

« (2) Pour un certain nombre des combinaisons de substances et types de produits figurant sur cette liste, tous les participants se sont retirés du programme d’examen, conformément à l’article 8, paragraphe 2, du règlement (CE) n° 2032/2003, ou bien l’État membre rapporteur désigné pour l’évaluation n’a reçu aucun dossier complet, comme spécifié à l’article 9, paragraphe 5, dudit règlement, dans les délais prescrits aux annexes V et VIII. »

On vous ajoutera que la possibilité d'utiliser une substance de manière dérogatoire est prévue par l'article 55 du règlement Règlement (UE) n° 528/2012, du 22 mai 2012, concernant la mise à disposition sur le marché et l’utilisation des produits biocides :

Je vous mets le texte :

« Dérogation aux exigences
1. Par dérogation aux articles 17 et 19, une autorité compétente peut autoriser, pour une période n’excédant pas 180 jours, la mise à disposition sur le marché ou l’utilisation d’un produit biocide qui ne remplit pas les conditions d’autorisation établies par le présent règlement, en vue d’une utilisation limitée et contrôlée sous la supervision de l’autorité compétente si une telle mesure est nécessaire en raison d’un danger menaçant la santé publique, la santé animale ou l’environnement qui ne peut être maîtrisé par d’autres moyens. »

Cet article reprend un texte antérieur. Si nécessaire je peux vous en donner la référence.

Wackes Seppi | 27 août 2014 à 16h03
 
 

« Quand on ne sait pas [...] on ferme sa G. »

Vous avez raison ! (Bis)

C'est bien de citer – ou plutôt de régurgiter la désinformation – la décision de la Commission européenne n° 2007/389 CE en date du 6 juin 2007.

Mais l'histoire ne s'est pas arrêtée ce 6 juin 2007.

L'auteur de la notification initiale a déposé une nouvelle demande. Et la Commission a adopté, le 9 mars 2010, une nouvelle directive « modifiant la directive 91/414/CEE du Conseil en vue d’y inscrire la substance active malathion ».

La directive précitée concerne t la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques.

Wackes Seppi | 27 août 2014 à 16h04
 
 

Merci à Wakes Seppi de nous avoir rassuré, par cette analyse, sur la sécurité juridique et le bien-fondé de cette décision d'utiliser le malathion
pour lutter contre le moustique tigre, décision prise "en raison d'un danger
menaçant la santé publique".

Euplectes | 27 août 2014 à 20h35
 
 

COMMUNIQUE SUR L’UTILISATION DU MALATHION
CHOISIR ENTRE LA PESTE ET LE CHOLERA
Aujourd’hui la France et l’Europe reproduit sa volonté de solutionner sans se soucier des conséquences d’un produit interdit depuis 2007 pour la France et 2008 pour l’Europe.
En effet deux exemples nous interpellent sur le désintéressement des conséquences dans l’utilisation ou le risque de nuire aux populations :
Le premier est le Chloredécone interdit en 1976 aux Etats-Unis, il a continué à être utilisé en France métropolitaine jusque en 1990, alors que sa suspension définitive aux Antilles où il est majoritairement employé n’est intervenue que trois ans plus tard laissant la chaine alimentaire se contaminer sans même prendre les précaution d’usage que cela imposait face à l’empoisonnement des sols.
Le deuxième de tout autre nature est la décision prise par le Président SARKOSY pour interdire que le pétrole off shore puisse se faire en méditerranée afin que cette dernière ne soit pas la poubelle de la France mais aujourd’hui la Gauche qui se félicitait de cette réalité
applaudit que la Guyane à travers les multinationales puissent se laisser confisquer son espace maritime au risque de voir notre ressource halieutique disparaître entraînant la fin de notre pèche côtière voire hauturière.
La troisième est celle qui nous préoccupe le MALATHION.
Le malathion est un insecticide et un neurotoxique, interdit en Europe depuis 2007 et en France depuis 2008.
De l’aveu de l’interview accordé à un quotidie

michel | 31 août 2014 à 16h00
 
 

M. le Secrétaire Régional Guyane Ecologie (alias Michel),

Vous reproduisez ici un « communiqué » que vous avez publié le 19 août 2014 en tant que commentaire sous un article de Guyaweb.

On y avait expliqué – déjà – que le malathion « est interdit en Europe [...] pour un motif [...] administratif, lié au non-renouvellement de la demande d’homologation en tant que lutte anti-vectoriel de la part du fabricant ». Ce « on », c'étaient l’Ars, la Préfecture et le Conseil Général. Rien que ça.

On vous a expliqué aussi sur ce fil.

Vous récidivez, en quelque sorte. En tout cas vous vous obstinez. Avec un gloubiboulga qui mélange allègrement le malathion avec la chlordécone et le pétrole.

Et vous insinuez que les pouvoirs politiques prendraient des décisions pour la Métropole et d'autres – préjudiciables à la population – pour la Guyane. Ça fleure l'accusation de racisme...

Ignoble.

Wackes Seppi | 03 septembre 2014 à 13h50
 
 

En effet l'amalgame est insolite, mais s'il n'est pas sous-tendu par un
parti pris idéologique, il peut être justifié par l'inquiétude et le manque de
confiance, au regard des questions posées par l'accumulation de la chlordécone et par les dégazages pétroliers.

Mais pour l'épidémie en cours, nous n'en sommes plus à la
précaution ni même à la prévention, il s'agit d'enrayer l'épidémie.
Le malathion a une toxicité aigüe 3 à 5 fois inférieure à celle de la
deltaméthrine chez les mammifères; il est rapidement dégradé dans
le sol et dans l'eau.
La deltaméthrine est devenue tolérée par ces souches de moustiques
tigre, alors que le malathion leur est toxique à près de 100%.

Le malathion est considéré comme "légèrement dangereux" par l'OMS,
alors que la deltaméthrine est considérée comme "moyennement
dangereuse" par l'OMS, chez l'Homme.

Le malathion est utilisé en médecine humaine à raison de 5000mg/Kg
de solution pour éradiquer les poux (voie cutanée) et on l'emploie aussi contre les
insectes qui dévorent le grain des silos de céréales destinées à l'alimentation humaine. Les doses ici employées sont bien supérieures
à celles trouvées dans la nature après un épandage.

En somme, pour cette question, je pense qu'il faut faire confiance aux
instances scientifiques officielles, ce qui n'empêche pas, évidemment,
de rester vigilant sur le respect des conditions d'exécution de la décision.

Euplectes | 03 septembre 2014 à 17h30
 
 

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