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Les citadins européens toujours plus exposés à la pollution atmosphérique

La nouvelle édition du bilan de la qualité de l'air témoigne à nouveau de la dégradation de la situation pour les citadins européens. Or, l'incapacité des Etats membres à respecter les normes en vigueur ne prédit rien de bon pour les années à venir.

Transport  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Les citadins européens toujours plus exposés à la pollution atmosphérique
Environnement & Technique N°330 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°330
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L'Agence européenne de l'Environnement (AEE) a publié le 15 octobre la nouvelle édition de son analyse annuelle de la qualité de l'air européen. Et les résultats sont plus mauvais que la version précédente. La proportion de la population citadine exposée à des concentrations de polluants atmosphériques supérieures aux seuils recommandés par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est en légère hausse par rapport à l'édition 2012 de la même étude. Ainsi 96% des citadins européens sont exposés à des seuils de particules fines (PM 2,5) supérieurs à 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3), contre 95% en 2012. Pour les PM 10, la hausse est plus sensible puisque ce taux passe de 81% en 2012 à 88% en 2013.

Outre les particules, l'ozone troposphérique (de basse altitude) est l'autre polluant inquiétant dans les grandes villes européennes. A l'heure actuelle, 98% des citadins sont exposés à des concentrations supérieures à 100 µg/m3 (seuil de l'OMS recommandé) contre 97% dans l'édition 2012. Si pour les dioxydes d'azote la situation semble stable (13% de la population citadine y serait exposée), l'exposition au Benzo [a] Pyrène (BaP) reste inquiétante. Pour cet hydrocarbure aromatique, l'OMS préconise de ne pas s'exposer à plus de 0,12 nanogramme par m3 (ng/m3), or 94% de la population respire un air plus concentré.

Des Etats membres incapables de respecter les seuils réglementaires

Ces taux assez importants, supérieurs à 90% pour certains cas, s'expliquent par le fait que les seuils réglementaires sont, pour la plupart des polluants suivis, moins contraignants que les seuils de l'OMS (cf tableau ci-dessous).

Polluant Seuil Européen Seuil OMS
PM 2,5 20 µg/m3 10 µg/m3
PM 10 50 µg/m3 20 µg/m3
Ozone 120 µg/m3 100 µg/m3
Dioxyde d'azote 40 µg/m3 40 µg/m3
Benzo [a] Pyrène 1 ng/m3 0,12 ng/m3
Dioxyde de soufre 125 µg/m3 20 µg/m3
Monoxyde de carbone 10 mg/m3 10 mg/m3
Plomb 0,5 µg/m3 0,5 µg/m3
Benzène 5 µg/m3 1,7 µg/m3

La Commission européenne est en train de réviser les directives encadrant la qualité de l'air mais rien ne dit que les seuils à respecter seront renforcés même si l'Europe déclare vouloir respecter les recommandations de l'OMS. Rappelons que 17 Etats membres, dont la France, sont actuellement poursuivis par la Commission devant la cour de justice de l'UE (CJUE) pour non respect des valeurs limites applicables aux PM10 depuis 2005 et des poursuites devraient être progressivement engagées concernant les dépassements de la valeur limite pour le NO2.

A l'occasion de la Green Week organisée à Bruxelles en juin le Commissaire européen à l'Environnement, Janez Potocnik a présenté l'ébauche de la future stratégie européenne en la matière. En premier lieu, il attend à l'horizon 2020 un respect total des valeurs limites européennes. Il souhaite ensuite établir de nouveaux objectifs à l'horizon 2030 en incluant d'autres polluants et en élargissant le périmètre d'application à de nouvelles sources de pollution. Les sources fixes seront les premières cibles : norme anti-pollution pour les engins de chantier, le chauffage domestique, les émissions industrielles et peut-être les émissions d'ammoniac des effluents d'élevage. Mais pour l'instant tout est au point mort, les négociations avec les Etats membres étant déjà tendues au regard des contentieux en cours.

Réactions3 réactions à cet article

 

Je ne savais pas... L’air me manque pour m’en indigner...

Je ne savais pas que vivre en ville pouvait être aussi pénible et risqué...

Je ne savais pas qu’il y avait intérêt, pour sa santé, à vivre à Nantes, Bordeaux ou Toulouse, plutôt qu’à Paris, Lyon ou Marseille...

Je n’aurais pas imaginé l’enfer dantesque des villes du Piémont italien avec une qualité de l’air exécrable, mais pire encore dans les anciens pays de l’est ou la région des Balkans, ce qui est une faible consolation pour le Milanais captif de la situation...

Je ne savais pas que l’Europe et ses institutions – si fréquemment vantées quand il s’agit de déplorer les défaillances de la gouvernance globale – nous protégeaient aussi mal des dégradations environnementales : des normes jusqu’à plus de 6 fois moins exigeantes en termes de seuils de polluants atmosphériques...

Je ne savais pas... Mais je ne doute pas un instant de la responsabilité de la société et de ses meneurs, du système automobile en place incapable de ré internaliser ses effets néfastes...

pédibus | 17 octobre 2013 à 07h53
 
 

Comment ne pas savoir...comment ne pas voir et comment ne pas sentir ou ressentir les méfaits d'une pollution grandissante. Il faut avoir l'insouciance d'un enfant, la malvoyance d'un aveugle, ou encore s'asperger d'un parfum tous les jours pour ne pas croire en la maltraitance de notre planète, vidée de son énergie... Comment voulons-nous être nous les êtres soi-disant vivants, vivants... Nous ne pouvons donner ce dont on nous retire, nous ne pouvons positiver dans un environnement si négatif... Survivre, n'est pas vivre et tout ce qui ne vit pas péri à petit feu... C'est le cas, jusqu'au jour où, irréversiblement les ressources se modifieront au profit d'êtres moins volumineux que l'humain pour qu'elles aussi puissent simplement survivre...

Edaflor | 18 octobre 2013 à 16h26
 
 

Je ne vois pas Séville...
J'y vis, je voudrais savoir !

iclod | 22 octobre 2013 à 23h25
 
 

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