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Plus de la moitié des récifs coralliens menacés de disparition

19% des récifs coralliens mondiaux ont déjà disparu, selon le bilan réalisé tous les 4 ans par l'ICRI et l'Ifrecor, rendu public le 18 février. 54 % des récifs mondiaux restent menacés de disparition. Détails.

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Plus de la moitié des récifs coralliens menacés de disparition
   
Selon le bilan 2008 de l'état des récifs coralliens, publié hier par l'Initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI) et l'Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor), 19% des récifs coralliens mondiaux ont disparu depuis la seconde guerre mondiale.

Près de 500 millions de personnes au niveau mondial dépendraient de récifs coralliens en bonne santé pour leur subsistance, la protection des côtes, les ressources renouvelables et le tourisme. Les 600.000 km2 de récifs coralliens constituent des barrières naturelles protégeant les côtes des cyclones et des tsunamis. Environ 30 millions de personnes, ''parmi les plus pauvres du monde, dépendent entièrement des récifs pour leur nourriture'', avait rappelé l'UNESCO, à l'ouverture de l'année internationale des récifs coralliens en janvier 2008.

Ce bilan de l'état mondial des récifs coralliens, réalisé tous les quatre ans, a mobilisé 372 chercheurs et gestionnaires de 96 nationalités.

Pressions anthropiques et changement climatique

Aussi selon le rapport, 54 % des récifs mondiaux sont menacés par l'impact du développement économique et du climat. Parmi eux, 15 % risquent de disparaître dans les 10 à 20 prochaines années notamment en Asie du Sud Est et dans les Caraïbes. 20 % de plus sont menacés de disparition d'ici 20 à 40 ans si aucune mesure concrète n'est adoptée pour réduire les pressions exercées par l'activité humaine telles que la surpêche, les sédiments liés à la déforestation, les rejets d'engrais et de produits chimiques.

Le blanchissement du corail lié au réchauffement climatique et l'acidité des mers due à l'augmentation des émissions de CO2 sont également responsables de leur disparition. Le blanchissement se produit quand les coraux, stressés par l'augmentation de la température de l'eau, expulsent les algues microscopiques avec lesquelles ils vivent en symbiose, les zooxanthelles. Ce sont elles qui fournissent aux coraux leur nourriture et donnent leurs couleurs à leur squelette calcaire. Si les zooxanthelles ne retournent pas dans le tissu corallien, le corail meurt.

D'après ce rapport, l'année 1998 et 2005, qui fut marquée par 26 tempêtes majeures dont 13 ouragans, ont été responsables d'un blanchissement corallien très important. En 2005, ce blanchissement a particulièrement touché les îles Caraïbes, Caïmans, la Jamaïque, Cuba mais aussi les Antilles françaises.

De son côté, l'acidification rapide des océans, provoquée par l'absorption dans la mer du CO2 produit par les activités humaines, menace aussi les récifs qui abritent un quart des poissons dans le monde soit 4.000 espèces.

Les récifs coralliens Antillais en ''danger moyen''

Rappelons que sur l'ensemble des DOM-TOM, les surfaces récifo-lagonaires couvrent environ 55.000 km2 soit 10% de la surface mondiale de récifs. La Polynésie regroupe près de 20% des atolls coralliens du monde et la Nouvelle-Calédonie possède la seconde plus grande barrière récifale.

Aussi d'après l'Ifrecor, les lagons et récifs français sont, à l'exception des zones à proximité urbaine, dans un état relativement satisfaisant et faiblement en danger, à l'exception des conséquences générales des changements climatiques. Ce constat général national tient à l'insularité des collectivités françaises outre-mer, à leur isolement océanique et à des pressions démographiques très limitées en Polynésie française et Nouvelle-Calédonie contrairement à celui des pays asiatiques, plus continentaux et plus sujets aux pollutions, dont les récifs seront à haut risque de dégradation dans les décennies à venir, explique l'Ifrecor.

Cependant, les Antilles et la Réunion, où les écosystèmes coralliens sont bien moins étendus (moins de 1 % du patrimoine national), subissent les pressions exercées par 70 % de la population française ultramarine. Dans les Antilles françaises, les récifs peuvent être considérés comme ''étant en danger moyen'', note l'Ifrecor.

Les efforts de protection doivent se poursuivre

La prise en compte de la fragilité des récifs progresse dans les politiques publiques, en faveur d'une meilleure protection et de mesures de gestion durable des habitats et des ressources, soulignent l'ICRI et l'Ifrecor. Les 16.000 km2 de récifs calédoniens ont été classés au Patrimoine Mondial de l'Humanité. Deux Aires Marines Protégées consacrées aux récifs coralliens ont également été établies dans le Pacifique par les gouvernements des Etats-Unis et de Kiribati. Le président indonésien coordonne par ailleurs, le projet ''Initiative pour le Triangle de Corail'' dans le Sud-Est asiatique, avec des crédits de la Banque mondiale et plusieurs pays de la zone (Indonésie, Philippines, Papouasie Nouvelle Guinée, Australie, Salomon).

Cette amélioration ne parvient toutefois vraisemblablement pas à contrebalancer le développement général des sociétés ultramarines qui se poursuit, indiquent les experts. L'ICRI et l'Ifrecor appellent à limiter de toute urgence les pressions qui fragilisent les communautés coralliennes et les rendent plus vulnérables aux épisodes répétés d'élévation anormale de la température de l'eau de mer. Et ceci dans un double objectif de conservation du patrimoine naturel et de protection des littoraux, ainsi que des activités humaines ou économiques qui s'y développent, face aux effets prévisibles du changement climatique.

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