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Climat : "Nous sommes à mi-chemin du seuil critique des 2°C", selon l'OMM

Gouvernance  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a de nouveau alerté le 21 mars sur les records de chaleur enregistrés à la surface du globe. L'année 2015 "restera dans les annales en raison des records de température qui ont été pulvérisés, de l'intensité des vagues de chaleur, du caractère exceptionnel des pluies, des ravages causés par la sécheresse et du profil inhabituel de l'activité cyclonique tropicale", a indiqué l'OMM, en publiant sa Déclaration sur l'état du climat mondial en 2015.

La température moyenne à la surface du globe, supérieure d'environ 0,76°C à la normale de la période 1961-1990, "en raison d'un épisode El Niño intense et du réchauffement global d'origine anthropique, a de loin battu tous les records en 2015", a précisé l'Organisation dans un communiqué. "Comme 93% de l'excédent de chaleur est stocké dans les océans, un nouveau record a également été établi en ce qui concerne le contenu thermique de l'océan jusqu'à une profondeur de 2.000 mètres", a-t-elle ajouté. L'augmentation de la chaleur emmagasinée dans l'océan est responsable à hauteur d'environ 40% de l'élévation du niveau de la mer observée ces 60 dernières années "et ce pourcentage devrait se maintenir à l'avenir".

"Le rythme inquiétant des changements climatiques dus aux émissions de gaz à effet de serre que nous observons à l'heure actuelle est sans précédent depuis le début des relevés", a déclaré Petteri Taalas, le Secrétaire général de l'OMM.

Or, des records de chaleur, en moyenne mensuelle, sont également tombés en janvier et février 2016, "en particulier aux hautes latitudes de l'hémisphère Nord où les anomalies positives ont été particulièrement prononcées". Dans l'Arctique, l'étendue des glaces de mer a atteint un minimum record pour ces deux mois, selon les relevés de la Nasa et de l'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA). Quant aux concentrations de gaz à effet de serre, "elles ont franchi le seuil, symbolique, de 400 parties par million".

L'Accord sur le climat, conclu à Paris, prévoit de "contenir" la hausse moyenne de la température du Globe "nettement en dessous de 2°C" par rapport aux niveaux pré-industriels. L'Accord ajoute qu'il faut "poursuivre l'action menée" pour limiter la hausse à 1,5°C.

"De nos jours, la Terre est déjà plus chaude d'un degré Celsius par rapport au début du XXe siècle. Nous sommes à mi-chemin du seuil critique des 2°C", a mis en garde Petteri Taalas.

"Les plans nationaux déjà adoptés pour lutter contre les changements climatiques ne permettront peut-être pas d'éviter une hausse de 3°C, mais nous pouvons empêcher que se réalisent les scénarios les plus pessimistes en prenant, de toute urgence, des mesures radicales pour réduire les émissions de dioxyde de carbone", a-t-il ajouté. M. Taalas a appelé les dirigeants à "signer l'Accord de Paris sur les changements climatiques, l'appliquer et réduire sans plus tarder les émissions de gaz à effet de serre, avant de dépasser le point de non-retour".

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