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Ce que révèlent les coûts d'usage des différents modes de transport

Qu'il s'agisse de trajets à courte ou à longue distance, se déplacer en transport collectif revient, en moyenne, moins cher que se déplacer en voiture, ainsi que le révèle une étude commandée par la Fédération nationale des usagers des transports.

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Environnement & Technique N°333 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°333
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Bien que la voiture soit le plus cher de tous les modes de transports, elle demeure le véhicule privilégié par les Français. A la demande de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut), l'économiste Jean-Marie Beauvais a déterminé le coût, pour le consommateur, des différents modes de transport de voyageurs, pour les déplacements de proximité et pour les déplacements à moyenne et longue distance.

Son étude, présentée à Paris le 10 janvier, se penche sur la dépense supportée directement par l'usager suivant le mode de transport qu'il utilise, plutôt que sur les coûts économiques (coûts de construction et d'entretien de la voirie et de gestion de la circulation, coûts de production du service de transport collectif), et les coûts sociaux et écologiques des transports. Pour la voiture, comme pour les motos, les paramètres retenus sont l'achat du véhicule, les pièces détachées, les réparations, le carburant, les dépenses de stationnement, l'assurance. Pour les transports en commun, l'étude prend en compte le trafic passager, et les dépenses et recettes.

Il en ressort que pour les déplacements à courte distance (moins de 80 km), la dépense unitaire est de 10 centimes par voyageur par kilomètre en transport collectif contre 27 centimes en voiture. Pour les déplacements à longue distance (plus de 80 km), la dépense unitaire est de 10 centimes par véhicule par kilomètre en transport collectif, contre 19 centimes en voiture. Dans les deux cas, se déplacer en transport collectif revient donc, en moyenne, moins cher que se déplacer en voiture.

L'avantage tarifaire du transport collectif s'est accentué

A partir des données macro-économiques de l'Insee, il apparaît qu'en 40 ans, le coût du transport collectif a augmenté de 12% en monnaie constante, et celui de la voiture de 34%. Si le prix d'achat des véhicules a baissé d'environ 20%, celui des carburants (+60%) et surtout de l'entretien et des réparations (+78%) a augmenté. L'avantage tarifaire offert par le transport collectif s'est donc accentué.

L'évaluation des coûts des déplacements de proximité, réalisée sur la base de données recueillies en 2010, révèle que le coût moyen du transport collectif est deux fois et demi plus faible que le coût complet de la voiture (avec un taux moyen d'occupation de 1,28). Mais le coût moyen du transport collectif est un peu supérieur au coût marginal de la voiture (carburant et stationnement). Deux résultats nouveaux : le coût complet d'usage de la moto est à peine inférieur à celui de la voiture en solo, mais son coût marginal est nettement plus faible ; le coût de l'autocar est très voisin de celui du TER.

Pour les transports longue distance, le TGV est plus coûteux que le train Intercités, d'environ 20%. Le train Intercités est lui-même plus coûteux que l'autocar, de près de 30% (cas d'Eurolines). Enfin l'avion "traditionnel" est nettement plus coûteux que le TGV (+35%) mais l'avion à bas coût l'est environ deux fois moins.

Collectiviser la voiture individuelle

Sur de longue distance, le coût d'usage de la voiture est 30% plus faible que pour les déplacements de proximité, essentiellement parce que le taux d'occupation moyen du véhicule est nettement plus élevé (1,74 contre 1,28). Les coûts de la voiture en solo varient peu entre courte et longue distance.

"Le plus souvent, l'usager ne prend en compte que le coût marginal (coût apparent) d'usage de son véhicule et, par la suite, ne perçoit pas le bénéfice financier que l'usage du transport collectif pourrait lui apporter. Il reste à établir des modes de concurrence équitable entre les différents transports : surtaxer le diesel, taxer le kérosène, introduire des péages urbains, ne pas augmenter la TVA sur les transports publics", souligne le président de la Fnaut, Jean Sivardière. A moyen terme et pour accompagner la transition énergétique, la voiture individuelle est appelée à devenir plus collective par le co-voiturage et l'auto-partage. Pour les nouvelles générations, elle n'est désormais plus un symbole de réussite sociale, et les petites cylindrées devraient faire leur retour sur le marché.

Quant au secteur ferroviaire, il résistera, à long terme, à la hausse du prix de l'énergie, puisque celle-ci ne représente que 5% du coût total de ce moyen de transport, alors que la voiture en dépend à 30%, selon les modèles, et l'avion à 35%, malgré les gains de productivité impressionnants du transport aérien, dont la consommation de carburant a été divisée par cinq entre 1950 et 2000. Sans compter le fait que le TGV émet 40 fois moins de CO2 que l'avion.

Pour les transports publics, il reste à les penser comme des services au plus proches des besoins des citoyens, comme cela est le cas à Belfort par exemple, où la carte Optymo permet d'accéder à n'importe quel mode et de payer le mois suivant uniquement pour les trajets effectués. Pour cela, "il faut une gouvernance forte, qui diversifie les autorités organisatrices", préconise la chercheuse Catherine Bouteiller, du Laboratoire d'économie des transports. Car un mode de transport, c'est aussi un mode de vie.

Réactions16 réactions à cet article

 

Je cite :
" Il reste à établir des modes de concurrence équitable entre les différents transports : surtaxer le diesel, taxer le kérosène, introduire des péages urbains, ne pas augmenter la TVA sur les transports publics"
Cela montre s'il en était besoin que les transports collectifs NE SONT PAS concurentiels.
Quant aux ferroviaire l'énergie ne réprésente que 5% du cout. Mais qu'est ce qui peut donc couter si cher pour les 95%???? Il y a une forte marge de réduction possible des couts assurément.

ami9327 | 14 janvier 2014 à 14h36
 
 

Quand on dit que l'usager ne prend en compte que le cout apparent du transport , c'est quand réalité peut de citoyens ne peuvent se passer de voiture et donc même si le transport collectif revient moins cher, l'assurance de la voiture doit être payé tout l'année, car il est très rare de pouvoir effectuer la majorité de ces déplacement en transport en communs

vincelefou | 15 janvier 2014 à 09h50
 
 

AH la génération tout voiture , ils sont indécrottables, moitié homme moitié voiture!
9327 vous avez mal lu les chiffres, vous oubliez les embouteillages(encombrements), l'entretien de la voirie, les places de stationnement,les accidents et autres maladies dues à la pollution.
Tout le monde ne peut pas pour l'instant se passer de sa voiture, mais si tout ceux qui pouvait s'en passer, s'en passait il y aurait au moins 50% de voiture en moins(minimum)question de volonté.

lio | 15 janvier 2014 à 11h01
 
 

Le temps n'est pas prit en compte également. Faire tous les jours 1h30 de bus ou 40 min en voiture ou 20 en moto...ça commence à faire sur l'année. Sans parler de l'inconstance de certain transport public. ce qui marche bien c'est un mix transport public, covoiturage (il faut donc une voiture).

moris | 15 janvier 2014 à 11h25
 
 

donc pour deux personnes ou plus le cout de la voiture reste le même mais le cout transport collectif est multiplié par autant de passager..."le taux d'occupation moyen du véhicule est nettement plus élevé (1,74 contre 1,28)" ce cout est comparer à un transport public pour 1 personne et non 1.28 ou 1.74.

moris | 15 janvier 2014 à 11h40
 
 

Si les auteurs de ces évidences visaient le prix Nobel, c'est raté. On espère qu'ils ont fait ça gracieusement !

Le Glaude | 15 janvier 2014 à 20h27
 
 

2 observations :
1) La comparaison ne prend pas en compte le temps perdu en transports en commun : personnellement, je suis à 6 kilomètres de mon travail, je mets 7/8 minutes en voiture, 1h00 en transports en commun, après avoir fait 1 kilomètre à pied pour rejoindre le plus proche arrêt de bus, pris un 1er bus, descendu pour prendre un tram, descendu pour reprendre un bus qui m'amène, enfin, à mon bureau....
2) La comparaison du coût est fausse car comme il est bien évident qu'il est pratiquement impossible de se passer d'une voiture, les coûts fixes tels qu'assurance restent même si on ne s'en sert pas !

Gerardgaby | 16 janvier 2014 à 10h54
 
 

Et le vélo ??? En plein essor et grand absent de cet article ...

Frein énorme à l'utilisation des transport en commun : inconstance des horaires. TER Midi-Pyrénées - point de vu utilisateur = 1 retard ou 1 suppression de train au moins par semaine pour l'horaire et le tronçon (10km) qui m’intéresse.

CP | 16 janvier 2014 à 11h02
 
 

Moins de voitures moins d'embouteillages, des transport en commun en site propre (voie dédiée aux bus) et le temps de trajet et nettement plus favorable.
Les villes ont été envahies par les voitures il est temps de les en libérer, c'est une politique du passé, ce n'est plus tenable à tout les niveaux

lio | 16 janvier 2014 à 11h29
 
 

Effectivement l'étude semble d'un niveau hautement scientifique! Si l'on souhaite étudier les choix des acteurs économiques au regard des transports, au moins prendre en compte les réalités qui pèsent dans ces choix... Un économiste est normalement capable aujourd'hui de prendre en compte le coût du temps, d'intégrer la disponibilité des différentes alternatives.

Peps | 16 janvier 2014 à 14h17
 
 

Comme souvent, les chiffres avancés sont justes mais à prendre dans un contexte particulier.

Bref, si la voiture s'est autant développée ce n'est pas sans raison.
Autant dans une ville on peut s'en passer, autant ailleurs cela devient compliqué.
J'utilise le train tous les jours pour aller travailler, mais si je veux voir mes amis, la famille ou autre le we j'utilise ma voiture. C'est le cas d'au moins 83% des Français. (pas forcément le train)

Les bus ne vont pas partout, les trains encore moins et les avions on n'en parlera pas. Sans parler des horaires ... rentrer à 3H du matin est une chose qui doit arriver à plus d'une personne.
Il y a un effort clair à faire en ville (ce qui est déjà engagé !) mais les citadins, de plus en plus, n'utilisent pas leur voiture sauf pour les we, les grandes courses ou que sais-je.

Par ailleurs il y a derrière tout ça l'industrie "au sens large" de la voiture : Construction et entretiens des véhicules, des routes, utilisation des consommables (essence), assureurs, policiers ...
C'est un pan monstrueux des économies (mondiale) qui est concerné. On ne peut pas juste le supprimer comme cela.

Car quoi qu'on en dise on aura toujours besoin de voiture sauf à vivre tous dans une quinzaine d'ultra-mégalopole.
...
Et encore
...

Bonne journée

J'ajouterai qu'il y a toujours eu des voitures ... sauf qu'avant on appelez ça des chevaux ...

Terra | 16 janvier 2014 à 14h45
 
 

les chevaux ne polluent pas "terra" et ils peuvent être remplacé par le vélo.
L'industrie n'est pas non plus un bon argument, d'abord parce que l'emploi s'il est important ne doit pas aller contre l’intérêt commun, et que notre économie ne peut pas continuer à fonctionner sur le modèle du 20éme siècle.
Rien n'a été fait notamment par les constructeurs automobiles pour changer les choses (comparer une voiture de même catégorie d'il y a 15 ou 20 ans avec un modèle actuelle et vous verrez clairement dans qu'elle direction on s'est orienté)ni par les politiques pour orienter l'économie vers des filière d'avenir(reconversion),on préfère soigner le mal plutôt que de s'attaquer aux causes.
Le but du jeu n'est pas de supprimer toutes les voitures sans mettre en place des solutions de rechange, mais de faire évoluer les mentalités pour repenser en profondeur nos systèmes de déplacement.
"Gerardgaby" nous dit qu'il habite à 6 km de son travail, combien de temps cela lui prendrait il en vélo?, voir avec un vélo électrique s'il manque de condition physique?
La voiture est devenue une solution de facilité un drogue douce, un réflexe dont il est très difficile de se passer (psychologiquement et socialement), encore une fois 70% des trajets(voiture) font moins de 2kms!!!
Enlevons donc ces 70% de trajets courts et nous verrions déjà une énorme différence.

lio | 17 janvier 2014 à 13h29
 
 

En soulignant que les transports en communs n'étaient pas concurentiels ce n'est pas tant la voiture que je défendais que l'organisation et la gestion des ces transports en commun.
Il est plus que choquant que ça coute si cher. Pour s'en rendre compte faite le parallèle avec le transport de marchandise: si on emploie des camions plutôt que des petits véhicules c'est parce que c'est moins cher: il faut toujours un conducteur et qu'il emmène 1 ou 2 ou 40 personnes c'est le même travail. C'est pareil avec l'entretien il faut toujours un mécanicien etc...
En lisant que dans le transport ferroviaire l'énergie n'entrait que pour 5% dans le cout du transport des voyageurs on a de quoi être scandalisé!!!!
Par rapport au vélo il faut rendre hommage aux habitants plats pays froids et humides pour accepter ce sacrifice. N'oublions pas que ce sont des contraintes fiscales qui sont pour une bonne part à l'origine de cet état de fait. Contraintes acceptéés par la population.

ami9327 | 17 janvier 2014 à 15h32
 
 

Je suis d'accord pour dire qu'il y a un effort à faire sur les petits trajets. Mais on ne peut pas supprimer la voiture.
Concernant les petits trajet, il y a de plus en plus de sensibilisation et d'éducation de faite à ce sujet.
Les villes développent des pôles multimodaux et de plus en plus de pistes cyclables.

Mais autant les solutions alternatives sont possibles en ville, autant lorsqu'il faut faire 15-20 km pour aller travailler, sans parler de toutes les professions itinérantes, il n'est pas possible de se passer de la voiture.
Mais je suis d'accord que si les efforts se poursuivent dans les villes on aura déjà gagné bcp bcp.
Concernant les avancées technologiques sur le parc automobile elles sont nombreuses !
Il y a 20 ans vous rouliez au super en consommant allègrement du 8-10l /100 km en ville.
Aujourd'hui il y a des voitures hybride et même sans ça les voitures consomment 5L/100 maximum.
PSA développe un moteur air/essence à 3L au 100 km.
Les voitures électriques sont en plein boum (même si on peut avoir quelques réticence à leur égard)
Les moteurs sont plus silencieux, des filtres à particule, des catalyseurs et autres équipements ont nettement réduit la pollution.
On ne roule plus au super
Les moteurs perdent nettement moins d'huile (pour ne pas dire plus d'huile).
Alors oui on reste majoritairement sur le modèle du moteur à explosion, mais il est faux de dire qu'il n'y a pas eu de progrès accomplis.

Et encore, attendons de voir la suite.

Terra | 20 janvier 2014 à 10h56
 
 

Les critiques sont systématiquement les mêmes : on ne pourrait pas se passer de voiture. En fait, elles reposent sur une assertion implicite : on ne choisirait pas son lieu de vie. C'est marrant, ça ! Moi qui n'ai pas de voiture (et pas envie de me ruiner pour en posséder une), j'intègre d'emblée la question des déplacements dans mes recherches de logement. Plus le temps passe, plus je me rends compte que c'est une chose que ne font pas la plupart des personnes ou alors de façon très marginale (regarder s'il y a un arrêt de bus et la fréquence de passage... sans jamais regarder si ça sera compatible pour emmener les enfants à l'école, le temps de trajet, etc. !).

Quand on est mal desservi par les transports collectifs, il peut sembler logique qu'on paye son logement (location ou achat) moins cher que si on est bien desservi... En résumé : chacun fait bien un choix - même s'il est inconscient - et demande ensuite d'avoir le service qui ne correspond pas au prix qu'il paye...

En habitant en centre-ville d'une petite agglomération, je paye plus cher que d'autres pour mon logement. Mais je suis au centre du réseau de bus. Et je n'ai pas de voiture. Et autant de solutions de déplacement. Et ça me coûte moins cher au global. La boucle est bouclée !

Bien sûr, on parlera de la région parisienne où il est compliqué de trouver un logement bien desservi par les transports collectifs et dans un état décent et adapté. Certes. Mais 7/8e de la population ne vivent pas là-bas...

metalrod11 | 20 janvier 2014 à 17h40
 
 

7/8 de la population ont choisi d'abord leur lieu de vie puis leur travail. Car le travail bouge sans cesse, AUTOUR du lieu de vie. Quand le lieu de vie change c'est que le travail est allé trop loin.
7/8 de la population habite dans une ville (toute taille confondue) et travail à l'extérieur de celle-ci. L'inverse est rare.
Les entreprises ont tendances à se développer là où les terrains ne sont pas cher. Donc hors des villes.
Les entreprises à risque ne sont même plus autorisées dans les villes, même en ZI.

Dans mon premier Job j'habitais en ville et j'allais travailler dans une entreprise "à risque" située à une 20 aine de km de la ville.
Pas ou peu de bus (en tout cas pas de bus de ville) et pas de trains à moins de ... 20 km soit dans la ville où j'habite.
Alors bien sûr vous me direz d'aller habiter dans le village où est implanté l'entreprise.
Oui. Bien sur.
Sauf que pas d'écoles plus que primaire, pas de magasins, pas de poste. RIEN.
Et dans ce genre de cas, voyez vous la voiture a toute son importance.

J'ai envie de dire qu'il y a toujours les même critiques face aux même arguments : type les votre.
"Yaka" ... sauf qu'à moins d'être tous dans une ville "yaka" ne suffit pas.

Et enfin, quand bien même on suivrait tous vos conseils éclairés ... comment ferait on pour se déplacer hors des jours de travail ? Les train et transport collectif n'existe qu'entre les "grandes" villes. ...

Terra | 21 janvier 2014 à 09h16
 
 

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