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Les acteurs du photovoltaïque font le pari de l'autoconsommation

Alors que la concertation sur l'autoconsommation se poursuit, une centaine d'acteurs du photovoltaïque signe un manifeste pour l'autoproduction. Le groupement des particuliers producteurs fait quant à lui des propositions concrètes de financement.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°334 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°334
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L'autoconsommation, nouveau leitmotiv de la filière photovoltaïque ? Alors que le tarif d'achat devrait être enterré par la concertation sur les dispositifs de soutien aux énergies renouvelables, les réflexions sur le développement de l'autoconsommation semblent donner un nouveau souffle à ce secteur. Le 2 février, ils étaient 121 (élus, représentants d'entreprise, associations…) à avoir signé le manifeste pour l'autoproduction locale d'énergie renouvelable. "Aujourd'hui, les 800 MW de solaire photovoltaïque annuels fixés comme un seuil par le ministre de l'écologie Philippe Martin représentent un volume d'activités notoirement insuffisant pour la survie de la filière française. Les volumes additionnels, au-delà des tarifs en place et des systèmes d'appels d'offres, passent nécessairement par un développement de l'autoconsommation sur des créneaux complémentaires quand les conditions techniques et économiques sont réunies", peut-on lire en préambule du manifeste.

Les signataires se disent donc favorables aux initiatives permettant de produire l'énergie renouvelable à proximité des lieux de consommation en circuit court (maison, quartier, ville, agglo, département, région). Ce changement de modèle passe par une décentralisation de la compétence énergie, via des régies régionales de l'énergie, et une simplification des démarches administratives pour la production décentralisée. Mais favoriser l'autoconsommation ne suffit pas : il faut promouvoir l'efficacité et la sobriété énergétique, décourager les pratiques non vertueuses en matière de production/consommation d'énergie.

Si le principe même de l'autoconsommation semble faire consensus, le modèle à déployer ne fait pas l'unanimité. Pour l'heure, de nombreux acteurs s'accordent sur le fait que l'échelle la plus appropriée pour développer ce mode de consommation reste le tertiaire, l'industrie et l'îlot urbain.

A son tour, le groupement des particuliers producteurs d'électricité photovoltaïque (GPPEP), signataire du manifeste, publie ses propositions. Et comme son nom l'indique, il se penche sur le cas des particuliers.

Net metering ou tarif d'achat simplifié ?

L'une des questions posées lors de la concertation sur l'autoconsommation, lancée par le ministre de l'Ecologie Philippe Martin, est de savoir comment inciter à l'autoconsommation sans pour autant créer d'effets pervers ni peser sur la contribution au service public de l'électricité (CSPE). Tarif d'achat ? Prime au surplus de production injecté sur le réseau ?

Le GPPEP se penche sur une autre solution mise en avant par de nombreux acteurs : le net metering. En principe, sur une période donnée (un jour, un mois, une année…), est fait le solde consommation / production. Le particulier producteur pourra consommer gratuitement le même volume que celui qu'il a injecté en surplus.

Techniquement, cela peut se faire avec un compteur mécanique qui tourne à l'envers lors d'injection d'électricité sur le réseau. "Mais ce type de compteur ne permet pas de comptabiliser la partie qui a été temporairement envoyée sur le réseau (et donc l'effort à l'autoconsommation qui a été fait). A terme, il conviendra de disposer de compteurs double flux mais, en attendant leur déploiement, une tolérance serait souhaitable pour les usagers disposant encore d'un compteur mécanique".

Si cette solution n'engendre pas de surcoût pour la société (pas de tarif d'achat nécessaire), elle doit être encadrée pour éviter les abus : il serait tentant pour les particuliers de surdimensionner leur installation par rapport aux besoins de consommation. "Lorsque les compteurs double flux (genre Linky) seront disponibles, il conviendra probablement de mettre une limite sur l'énergie injectée en fonction de la puissance installée afin d'inciter à maximiser son autoconsommation". En attendant, le GPPEP propose de ne pas rémunérer le surplus en période de comptage, qui serait annuel. Lorsque les particuliers seront équipés de compteurs électroniques double flux, le GPPEP propose même de donner ce surplus à un fonds public qui pourra les vendre aux fournisseurs d'énergie pour financer ses actions de lutte contre la précarité énergétique ou de promotion de l'efficacité énergétique. Le groupement estime en revanche que ces installations en autoconsommation devraient bénéficier des mêmes aides que les travaux d'économie d'énergie (éco-PTZ, CEE, TVA à taux réduit…).

Pour inciter au développement massif du photovoltaïque, le tarif d'achat pourrait aussi être maintenu pour la vente totale ou seulement du surplus de l'électricité, mais amélioré. Selon le GPPEP, pour réduire l'impact de ces contrats sur la CSPE, il faut "poursuivre le système existant, mais en supprimant la contrainte d'intégration au bâti, qui représente la plus grande partie du coût du tarif d'achat, sans avoir montré d'impact sur le développement d'une technologie nationale".

Revoir le financement du réseau

Enfin, le GPPEP fait des propositions pour financer le réseau. Car l'autoconsommateur continue à utiliser le réseau, même s'il le sollicite moins. Une contribution au kilowatt heure consommé permettrait, selon lui, d'inciter à réduire la consommation d'électricité, à faire de l'autoconsommation, favoriserait le stockage de quartier (jugé plus rentable que le micro-stockage), et ne ferait "pas payer au consommateur la mise en place d'un système coûteux et moyennement efficace alors que ces efforts sont du ressort de la collectivité et donc d'ERDF". Mais à terme, le groupement propose de faire financer le réseau par les citoyens et non les consommateurs car, "étant un bien collectif, il est logique qu'il devienne citoyen et financé par tout le monde, consommateur, producteur, simple utilisateur".

Réactions9 réactions à cet article

 

Pourquoi l'autoconsommation est-elle si complexe? Parce que tout ceux qui se sont équipés n'ont pas les moyens de stockage nécessaires OU n'ont pas d'équipements a alimenter en direct CHEZ EUX le JOUR quand le temps n'est pas trop couvert ;-)
Il n'y a aucune raison de subventionner tout ça. Faciliter une organisation locale pour optimiser cette source quotidienne ET intermittente est la solution. Le photovoltaïque s'est développé avec un effet d'aubaine: prix de rachat "garanti" de l'électricité qui ne pouvait naturellement pas perdurer et donc aujourd'hui les producteurs n'ont plus a être subventionnés.

ami9327 | 03 février 2014 à 18h54
 
 

Auto-consommation - Auto-production au niveau local ! Oui !
Repris de ci-dessus:
''...initiatives permettant de produire l'énergie renouvelable à proximité des lieux de consommation en circuit court (maison, quartier, ville, agglo, département, région)... décentralisation de la compétence énergie, via des REGIES REGIONALES de l'énergie, ...simplification des démarches administratives pour la production décentralisée...promouvoir l'efficacité et la sobriété énergétique, décourager les pratiques non vertueuse...'' Vente du seul SURPLUS ! Utiliser réseau pour mutualiser les kWhs en LOCAL !
Voilà un bel os à ronger !
YA+KA converger sur ces pistes pour booster les EnR !
A+ Salutations
Guydegif(91)

Guydegif(91) | 04 février 2014 à 10h35
 
 

Bonjour,
Il faudrait peut - être mettre en place un système qui permette d'avoir un recours rapide et efficace en cas de problèmes ...
J'ai fait partie de ceux qui se battent depuis au moins 1 an 1/2 contre une société franco - belge qui vient de faire parler d'elle .Et 6 mois après mon procès ce n'est pas fini ... Qui a bien voulu agir avant qu'il y ait toutes ces " victimes " ??? Ce n'est pas faute d'avoir écrit à tout le monde possible et imaginable , ainsi qu'à la presse .. Ce fut un grand " mutisme " ..

jenny84 | 04 février 2014 à 11h22
 
 

.
l'avenir du photovoltaique chez les particuliers est l'autoconsommation
accompagné de la gestion intéligente et automatisé des consommations
plus un petit stockage et "échange" du surplus avec le réseau(net metering,en bon jargon)


ma "CSPE" (Construction Solaire Photovltaique Experimentale)
fait en autoconstruction pour de l'autoconsommation :
production: 2300 kWh sur 1an
aproximativement 1/3 de ma consommation!!!

mon UTOPIE devient une realitée
nb CSPE :regarder sur la facture de l'electricité ...........
mon experimentation demontre que pour optimiser et autoconsommer le max il faut
1500 a 2000WAtts de panneaux
onduleur
chargeur pour 300AH de batteries
comutateurset relais delesteur
gestion et programation de l'instalation
temps de retour escompter:moins de 10ans au tarif actuel de l'electricité

domifa | 04 février 2014 à 15h25
 
 

Non l'autoconsommation ne fait pas consensus, c'est pourtant actu-environnement qui l'avait souligné...

http://www.actu-environnement.com/ae/news/marc-jedliczka-autoconsommation-photovoltaique-sous-dimensionnement-mort-gisement-20434.php4#xtor=EPR-1

Espace Info Energie | 04 février 2014 à 17h29
 
 

à Domifa
Vous voudrez bien me montrer comment une installation de 1.5 ou 2KWc avec stockage , prod de 2300 kWh et conso de 3*2300 = 6900 kWh (c'est déja beaucoup ! Chiffres ADEME 3000 à 3400 kWh / an par ménage sans ECS et chauffage bien sur !) est amorti en 10 ans ! Donnez moi aussi l'origine de fabrication de votre matériel ! Moi je pose du français et si je dois ajouter du stockage ça prend plus de 20 ans à amortir ! Batteries très cheres...et autoconso à hauteur de 80% de la prod si on se debrouille bien...
Sur une conso de ma maison de 3200 kWh / an... c'est pas rentable une telle installation, pas avant plus de 20 ans... ! Je paye 450€ /an donc c'est vite calculer : 80% de 450 = 360€ * 20 ans = 7200€...
Donc en 10 ans cela fait 3600€...
Ben chapeau pour faire poser par un pro 2Kwc + stockage pour 3600 TTC !! Et je sais de quoi je parle , je suis pro et ce n'est pas possible de faire vivre mon activité avec ça... 2KWc on est déja à 1800 HT prix coutant à 0.90€ / Wc (de la qualité européenne !)...sans fair ele reste du calcul...on dépasse les 3600 TTC sans aucune marge pour le PRO qui pose (!!)...
Faut arrêter de raconter n'importe quoi !

Roro | 04 février 2014 à 20h02
 
 

Roro, Domifa a parlé "d'autoconstruction", donc j'imagine qu'il a fait une installation "maison", s'affranchissant des marges d'un professionnel sur l'équipement et de la main d'oeuvre.

Quant à l'autoconsommation, je dis OUI. Vive la production et le stockage décentralisés, au plus près des sites de consommation!

AlexG | 05 février 2014 à 12h04
 
 

à Roro
ma "CSPE" (Construction Solaire Photovltaique Experimentale)
fait en_ autoconstruction pour de l'autoconsommation :
production: 2300 kWh sur 1an
aproximativement 1/3 de ma consommation!!!
ECS et chauffage compris
cout du materiel partielement d'occasion mais doublé
2chargeurs 2 onduleurs convertisseur regulateur 2lignes batteries 24V
investissement materiel moins de3000€
une instalation plus simple en net metering 1500w au sol ou surimposition toiture devrais pouvoir sortir a moins de5000€ instalation comprise
comme cela ce fait dans d'autre Pays,et dans ces conditions des milliers de clients sont pret a faire l'effort dans un but ecologique et non pas financier et sans le faire PAYER a nos enfants et petits enfants pendant 20ans (et meme s'il faut 20ans pour pour un retour sur investissement)
un marché porteur et plein de travail non delocalisable

domifa | 05 février 2014 à 12h09
 
 

ah bien sur, si on le pose soit-même ! Beau hors sujet non ?
Mais alors quel % de la population va le poser soit-même sans passer par un PRO ?? 1% ??? Donc vous blablatez ici pour un projet de loi qui va concerner 1% de la population ??? ! Ridicule !
Donc les 99% restant ne le feront pas car par un PRO ce sera non rentable sur 20 ans ! ou alors faudra des pros qui arnaques avec des credits comme actuellement pour la vente sur reseau ! Ou alors faut être un gros consommateur d'élec à 6000 ou 10.000 kwh/an...
Sur un foyer type ADEM à 3400 kWh/an, c'est MORT !
Le calcul plus haut à la louche certe !

Roro | 05 février 2014 à 20h15
 
 

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