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AccueilKathleen BoquetIntégrer l’économie circulaire dans les territoires : de nouveaux outils pour un cap ambitieux

Intégrer l’économie circulaire dans les territoires : de nouveaux outils pour un cap ambitieux

Selon une note publiée par la Fabrique écologique, atteindre une réelle sobriété en termes de ressources impose de définir un objectif précis et passe par la création d’outils intégrant les territoires dans le pilotage d’une économie circulaire.

Publié le 04/03/2021

L’économie circulaire a été au cœur de l’actualité à plusieurs reprises en 2020. Cependant, les objectifs sont encore flous et les outils à disposition des territoires insuffisants.

L’économie circulaire est avant tout une économie de la sobriété

Les politiques d’économie circulaire ne peuvent être efficaces contre l’épuisement des ressources que si elles donnent la priorité à la sobriété, c’est-à-dire à la réduction des consommations de ressources. En effet, l’extraction de matières premières a été multipliée par huit au cours du siècle dernier[1], et par trois, rien que depuis 1970[2]. Sur certaines ressources emblématiques de notre économie, comme l’acier, on observe un taux de croissance exponentiel des consommations au cours des dernières décennies[3].  À ce rythme, les difficultés d’approvisionnement pourront concerner au moins 44 des 118 éléments du tableau périodique de Mendeleïev selon l’American Chemical Society (ACS)[4]. Et le recyclage de 100 % des matériaux, quand bien même il serait possible, ne sera pas une réponse suffisante. Au rythme actuel de croissance des consommations, il ne couvrirait qu’une part minime des besoins grandissants de matériaux.

Un indicateur de circularité de référence pour cesser de naviguer à vue

Pour que la sobriété ne se cantonne pas au registre des concepts, encore faut-il l’associer à des objectifs clairs et chiffrés. Dans quelle proportion doit-on réduire les consommations de matières ? Sur quels flux de matières en particulier ? À quel horizon de temps ? En climatologie, de nombreuses recherches ont conduit la science à définir un objectif clair et parlant à l’échelle internationale : la trajectoire 2°C. Des méthodes, dites Sciences based target (SBT), permettent aux organisations de définir des objectifs alignés avec cette ambition internationale. Il n’y a, à ce jour, pas d’équivalent pour l’économie circulaire. Le cadre réglementaire se renforce, les démarches d’économie circulaire se multiplient, et c’est positif. Mais pour passer d’une logique de moyens à une logique de résultats cohérents avec les enjeux liés aux ressources planétaires, il devient urgent de définir un cap et de démocratiser les outils de pilotage.

Le groupe de travail Territoires circulaires, qui a réuni une quinzaine d’experts dans le cadre de la Fabrique écologique, préconise la création d’un indice de circularité de référence associé à un objectif à la hauteur des enjeux planétaires. Un tel repère permettra de rendre l’enjeu des ressources tangible et d’orienter la décision politique vers les solutions les plus efficaces. Cet indice, qui s’apparentera à un tableau de bord incluant plusieurs sous-composantes, devra refléter le fonctionnement du métabolisme territorial (nature et quantité des flux entrants et sortants ainsi que des stocks) et l’impératif de réduction des consommations de ressources vierges.

Des outils fiables pour mettre les territoires au service de l’économie circulaire

Parallèlement à la définition d’un indice de circularité, il faudra rendre plus fiable les méthodes d’analyse de flux de matières, de même que des outils indispensables à la connaissance et au pilotage des flux et stocks de matières, afin d’en généraliser l’utilisation. Les organisations publiques et privées devront s’emparer de ces méthodologies et communiquer des informations sur leurs flux de matières, de la même manière qu’elles sont aujourd’hui soumises à l’obligation de communiquer leur bilan de gaz à effet de serre et leurs consommations énergétiques. À terme, il s’agira de construire un véritable service public de la donnée circulaire qui centralisera les données sur les flux et permettra de mesurer les progrès réalisés à différentes échelles territoriales. Une meilleure connaissance de la quantité, de la nature et de la géographie des flux pourra faire apparaître le besoin de créer des organismes de supervision avec des échelles d’intervention distinctes selon les flux (par exemple : nationale pour les métaux et plastiques, régionale ou intercommunale pour les minéraux non métalliques et la biomasse…).

Par ailleurs, le groupe de travail rappelle que la commande publique est un levier majeur de développement de l’économie circulaire, qui reste sous-utilisé, notamment du fait de freins techniques et organisationnels. Un label Commande publique circulaire pourrait voir le jour pour orienter massivement l’achat public vers les services et produits les plus vertueux, selon des critères clairs, homogènes et cohérents avec les objectifs d’une économie circulaire ambitieuse.

Enfin, le groupe de travail appelle à la mobilisation de tous les acteurs des territoires pour initier des plans de circularité territoriale basés sur la pédagogie, la coopération et la mise en œuvre de projets concrets, pour faire de l’économie circulaire une réalité sur tous les territoires et dans le quotidien de tous les Français à l’horizon 2025.

[1] Growth in global materials use, GDP and population during the 20t century, Krausmann Fridolin, Simone Gingrich, Nina Eisenmenger, Karl-Heinz Erb, Helmut Haberl and Marina Fischer-Kowalski, 2009.

[2] Perspectives des ressources mondiales, IRP, 2019

[3] Is recycling ‘part of the solution’ ? – The role of recycling in an expanding society and a world of finite resources, François Grosse, 2010

[4] Endangered Eléments, American Chemical Agency, 2020 : https://www.acs.org/content/acs/en/greenchemistry/research-innovation/endangered-elements.html

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