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"Nous visons un mix énergétique avec 40% d'énergies renouvelables en 2030 et 100% en 2050"

Eolien : la filière conforte ses atouts pour la transition écologique des territoires Actu-Environnement.com - Publié le 22/10/2018

Entretien avec Christèle Willer, vice-présidente en charge de la transition écologique et énergétique de la Région Grand Est.

Eolien : la filière conforte ses atouts...  |    |  Chapitre 8 / 17
"Nous visons un mix énergétique avec 40% d'énergies renouvelables en 2030 et 100% en 2050"
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La Région Grand Est fait partie des régions les plus venteuses de France. L'éolien y est très présent et la Région ne compte pas s'arrêter là. Détails avec Christèle Willer, vice-présidente en charge de la transition écologique et énergétique.

Environnement & Technique : Que représente la filière éolienne pour la Région Grand Est ?

Christèle Willer : Avec 3.070 MW de parcs installés, l'éolien représente 4,5% de la production électrique sur notre territoire et couvre 12% de notre consommation. C'est la première énergie renouvelable de la Région. Nous poursuivons une politique favorable aux énergies renouvelables dans leur ensemble. Les trois schémas climat-air-énergie (SRCAE) des anciennes régions qu'étaient l'Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne ont été fusionnés et fixent un objectif de 4.477 MW d'éolien à l'horizon 2020. Un objectif réalisable au regard des évolutions. L'éolien, c'est aussi 1.350 emplois locaux recensés en 2017 dans notre région, soit le sixième bassin d'emploi pour la filière.

E&T : Comment avance l'élaboration de votre Sraddet ?

CW : Nous avançons bien. Notre Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (Sraddet) sera validé en juillet ou septembre 2019. Nous y avons inscrit de nouveaux objectifs : un mix énergétique avec une couverture de la consommation par 40% d'énergies renouvelables en 2030 et 100% en 2050 contre 16,3% en 2014. Il n'y a pas d'objectif par filière car il n'y a pas d'obligation d'en écrire, mais nous allons encourager toutes les énergies renouvelables et notamment l'éolien.

Le Sraddet donne une ligne directive pour tous les acteurs de la Région Grand Est et des règles qui doivent être prises en compte dans les documents de planification d'un échelon plus local. C'est toujours utile de mettre des objectifs. Car si nous n'écrivons rien, personne ne se sentira concerné. Or, pour réussir la transition écologique, il faut une prise de conscience de chaque citoyen.

E&T : Si l'éolien est porteur d'emplois pour la Région, quelles politiques de formation menez-vous ?

CW : Nous avons fortement encouragé l'ouverture de formations spécifiques, au plus près des besoins de l'éolien. Si il y a de l'emploi à la clef, il faut des formations adaptées. Nous avons participé à la mise en place de formations bac+4 et bac+5 proposées par les universités alsaciennes, lorraines et champardenaises. Nous avons des licences pro à Châlons, Troyes, Reims, et au Cnam Lorraine. Ça va encore évoluer. Nous sommes en train de regarder les activités de fabrication de composants, et de maintenance des parcs. Le Cnam de Lorraine réfléchit à proposer des filières de reconversion professionnelle. L'appétence pour ces formations est déjà visible.

E&T : Dans quelle stratégie d'accompagnement de l'éolien vous inscrivez-vous ?

CW : Pour développer l'éolien sur notre territoire, nous voulons mettre l'accent sur l'amélioration de la productivité des parcs déjà existants. Des progrès sont attendus à ce niveau. Nous n'allons pas multiplier les parcs. L'éolien doit être présent dans les régions venteuses. Là où il est déjà accepté, nous voulons privilégier l'installation de nouvelles technologies, ça ne change rien au paysage. J'ai l'avantage d'avoir dans ma fonction la question de la biodiversité, je dois donc avoir une vision à 360 degrés.

Pour les nouveaux parcs, nous voulons vérifier l'acceptabilité des habitants. Inutile de faire du forcing. Nous allons nous appuyer sur la transparence des retombées économiques pour faire comprendre l'intérêt de l'éolien.

Nous souhaitons aussi mobiliser les groupements de citoyens pour qu'ils s'approprient les projets. Nous souhaitons également repenser la reconversion des sites dès leur conception et regarder l'opportunité du stockage de l'énergie produite en excédent.

E&T : La Région n'est pas prescripteur en matière de réglementation, comment travaillez-vous avec les développeurs de parcs éoliens ?

CW : Nous travaillons de manière informelle avec les acteurs de l'éolien pour faire évoluer leurs pratiques. Nous suggérons des évolutions réglementaires en matière de démantèlement de parc par exemple. Aujourd'hui, le démantèlement de la dalle de béton ne va que jusqu'à un mètre de profondeur. Il serait possible d'aller plus loin. Nous alertons les acteurs sur cette problématique et nous les encourageons à s'engager à faire plus. La Région devance l'Etat en quelque sorte. Mais cela participe surtout à améliorer l'acceptabilité des projets.

Propos recueillis par Florence Roussel

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