« Les résultats confirment le besoin d'un projet d'infrastructure [de CO2] à grande échelle, au service de la décarbonation et de l'attractivité des territoires », analyse le gestionnaire de réseau de gaz Natran, qui livre les résultats d'un appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé sur son projet interrégional de transport de CO2 dans la partie Nord Est de la France.
L'opérateur envisage en effet de créer une « dorsale de transport de CO2 d'environ 1 000 kilomètres, sur quatre régions françaises (Grand Est, Hauts-de-France, Normandie et Ile-de-France) ». Il permettrait de connecter les grands émetteurs locaux, des utilisateurs et des ports, notamment celui de Dunkerque, en vue de l'exportation du carbone vers les projets de stockage d'Europe du Nord.
Lors de cet AMI, Natran a identifié un volume total de CO2 de 16,7 millions de tonnes par an (dont 6,4 Mt de CO2 biogénique), « soit 27 % des émissions de l'industrie manufacturière française ». Près de 200 acteurs se sont manifestés, couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur : 90 industriels émetteurs (industrie mais aussi incinérateurs, chaufferies biomasse, gestionnaires de déchets), plus de 100 sites de méthanisation qui souhaitent valoriser le CO2 biogénique, 5 agrégateurs de volume et un projet de stockage souterrain dans le bassin parisien. « Des émetteurs luxembourgeois, allemands et suisses ont aussi manifesté leur intérêt auprès de NaTran, conférant au projet une dimension transfrontalière ».
Côté utilisateurs, « des besoins conséquents pour des projets de valorisation de ce CO2 ont été identifiés pour un total de 2 millions de tonnes par an », notamment dans le Grand Est et en Normandie. Enfin, des exutoires via les terminaux maritimes et des canalisations sous-marines ont été identifiés.
Natran indique donc lancer une étude de faisabilité sur ce projet de carboduc.






