Les communautés animales et végétales se réorganisent sous l'effet du changement climatique. C'est ce qui ressort de l'étude sur l'état de santé de la biodiversité en Ile-de-France (1) , dévoilée le 10 avril par l'agence régionale de la biodiversité (ARB). Sachant que le climat régional a gagné plus d'un degré depuis le milieu du XXe siècle, un rythme plus rapide que la moyenne mondiale, et que la trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (Tracc) prévoit environ deux degrés supplémentaires d'ici 2050.
Les espèces associées aux températures élevées, comme la Mante religieuse ou le Brun des pélargoniums, un papillon, progressent, tandis que celles associées aux températures fraîches, comme la Cordulie bronzée, une libellule, sont plus fréquemment en déclin. Cette évolution est constatée dans tous les groupes étudiés : plantes, oiseaux, paipllons, etc.
Les milieux aquatiques subissent une hausse des températures de l'eau et une baisse des débits estivaux, ce qui « fragilise la reproduction des espèces sensibles et déstabilise les zones humides ». Les milieux agricoles sont les premières victimes de l'artificialisation des terres et du changement climatique, provoquant un fort déclin de la biodiversité, qui a des conséquences négatives sur les rendements, sur la capacité des sols à retenir l'eau, ou sur la résistance des cultures aux parasites et pathogènes. Les forêts voient leur fonction protectrice diminuer et émettent désormais plus de carbone qu'elles n'en stockent. Quant aux espaces urbains, les îlots de chaleurs, qui peuvent atteindre +8 °C, exposent les arbres d'alignement, perturbent la faune urbaine et favorisent l'installation d'espèces exotiques ou méridionales (orchidées, etc.).
« Dans une région dense comme l'Île-de-France, la préservation et la restauration des milieux naturels deviennent non seulement un enjeu écologique, mais aussi une condition de résilience pour l'ensemble du territoire », conclut l'étude, qui met l'accent sur l'importance des solutions fondées sur la nature. « Zones humides fonctionnelles, forêts diversifiées, friches urbaines, sols perméables, murs végétalisés : ces éléments contribuent simultanément à rafraîchir le climat local, gérer l'eau, stocker du carbone et maintenir des habitats favorables », rappelle l'ARB, qui annonce la publication d'un guide sur ce théme.







