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Microplastiques : vingt ans de recherche passés au crible

Déchets  |    |  P. Collet
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Il y a vingt ans apparaissait pour la première fois le terme microplastique dans la littérature scientifique avec une étude qui portait sur la « disparition » de la pollution marine par les déchets en plastique. À l'époque, l'enjeu était de comprendre le devenir des déchets en plastique déversés dans les océans et les chercheurs mettaient en évidence la présence en mer de débris et de fibres en plastique de 20 micromètres (μm) de diamètre (soit 0,02 mm).

Une nouvelle étude (1) , publiée le 19 septembre dans Science, dresse un bilan des deux décennies de recherche sur le sujet. Cette méta-analyse, coordonnée par le directeur de l'unité de recherche internationale sur les déchets marine de l'université of Plymouth (Angleterre), a passé en revue 7 000 articles scientifiques.

Une pollution généralisée

Désormais, le terme microplastique englobe tous les déchets en plastique de moins de 5 mm, parce que ces particules peuvent être ingérées. L'étude de Science pointe notamment du doigt l'origine des microplastiques retrouvés dans les écosystèmes. C'est de loin la fragmentation des macrodéchets en plastique qui génère le plus de microplastiques, avec en moyenne 7,6 millions de tonnes par an (Mt/an), suivie par la dégradation des peintures (1,3 Mt/an) et l'usure des pneus (un peu moins de 1 Mt/an).

Où se trouvent ces microplastiques ? Partout. Chaque oiseau marin en contient en moyenne 26,5. Les sols contiennent entre 350 et 1 604 microplastiques par kilogramme (et les sols agricoles entre 88 et 2 830). La pollution de la surface des mers et océans peut atteindre jusqu'à 2,5 kg de microplastiques par kilomètre, alors que les eaux profondes contiennent en moyenne 70,8 particules par mètres cubes d'eau. L'atmosphère n'est pas épargnée, tout comme le sommet de l'Everest.

Bien sûr, l'étude reprend aussi les enjeux sanitaires liés à la diffusion des microplastiques dans l'environnement. « Des microplastiques ont été détectés dans plus de 1 300 espèces aquatiques et terrestres, notamment des poissons, des mammifères, des oiseaux et des insectes, et leurs effets sont évidents à tous les niveaux de l'organisation biologique, du niveau subcellulaire au stabilité des réseaux trophiques », résume les chercheurs. Et de rappeler que cette ingestion généralisée de plastique entraîne des dommages physiques (blocage gastro-intestinal ou abrasion interne, par exemple) et des dommages chimiques (lessivage d'additifs toxiques et de polluants). Une section de l'article se penche plus spécialement sur les dommages causés à l'Homme.

1. Accéder à l'étude
https://www.science.org/doi/10.1126/science.adl2746

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