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IA, data centers et semi-conducteurs au menu de Veolia pour les prochaines années

Ce 14 avril à Londres, Veolia a dévoilé ses ambitions sur les marchés très consommateurs d'eau et d'énergie que sont les centres de données et les semi-conducteurs. Le groupe cible un milliard de chiffre d'affaires par an dès 2030 sur ces deux segments.

Eau  |    |  C. Lairy
IA, data centers et semi-conducteurs au menu de Veolia pour les prochaines années
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« D'ici 2030, la consommation totale d'eau des centres de données et de la fabrication de semi-conducteurs devrait égaler celle de 46 millions de personnes, annonce le groupe. Soit environ la population combinée des zones métropolitaines de New York, Los Angeles et Paris. » À cet horizon, calcule autrement Veolia, les centres de données devraient consommer 1,2 billion de litres par an, soit deux fois plus qu'en 2024. En croissance annuelle de 20 %, le secteur de la microélectronique est lui-aussi très gourmand en eau : fabriquer une seule puce électronique en consommerait 10 à 25 litres par jour… ce qui signifie qu'une « fab de grande capacité », i.e. produisant 35 000 à 50 000 plaquettes de silicium par mois, consommerait 20 à 40 millions de litres par jour. Dont une très grande partie d'eau ultrapure, la fabrication de ces puces ne supportant aucune impureté moléculaire.

Rien que sur la consommation d'eau, la construction des centres de données et des usines de microélectronique suscite les crispations, pour ne pas dire les tensions – on a même parlé de « guerres de l'eau » dans certaines régions des États-Unis en situation de stress hydrique. Si bien qu'en 2025, faute d'obtenir les permis nécessaires, plusieurs projets ont été mis à l'arrêt ou annulés un peu partout dans le monde, pour un montant de 154 milliards de dollars.

Améliorer l'acceptabilité des centres de données

L'entreprise estime qu'elle peut contribuer à réduire l'empreinte des industries de l'IA avec les technologies dont elle est propriétaire dans ses trois domaines d'expertise : l'énergie (récupération de chaleur, micro-réseaux) ; l'eau (purification, électrodéionisation, refroidissement, traitement et réutilisation des eaux usées, récupération des effluents) ; les déchets (régénération d'acide haute pureté, recyclage des métaux stratégiques issus des DEEE et des saumures, traitement des déchets dangereux).

Pourrait-elle ainsi faciliter l'acceptabilité des nouveaux projets de centres de données ? La directrice générale du groupe, Estelle Brachlianoff, s'en dit convaincue : « Nous apportons des technologies, et faisons le lien avec des communautés locales. (…) Je pense que la patronne de Veolia arrive plus facilement à parler à un maire que le patron de Nvidia ou d'Open AI. »

Une nouvelle offre

Les prestations de Veolia auprès des centres de données sont désormais intégrées au sein de l'offre « Data Center Resource 360 » lancée mardi 14 avril à Londres. Concrètement, au travers de cette offre, l'entreprise entend agir sur ce qui fonde sa triple expertise : l'énergie, l'eau et la gestion des déchets. Des projets de récupération de chaleur fatale, associés à des services de flexibilité électrique et de secours devraient garantir « jusqu'à 20 % d'efficacité de réutilisation de l'énergie au service des collectivités locales » – par exemple dans des réseaux de chaleur. Veolia promet aussi « jusqu'à 75 % d'empreinte hydrique en moins », au travers d'une gestion de l'eau sur l'ensemble du cycle et de projets de régénération. Côté déchets, le groupe annonce jusqu'à 95 % de recyclage et de réutilisation. Qu'elles soient en lien avec la consommation d'eau, la performance énergétique ou la maintenance critique, toutes les opérations seront surveillées et optimisées en temps réel grâce à la plateforme Hubgrade, intégrant IA et analyse prédictive.
L'intérêt de Veolia pour ces deux segments ne sort pas d'un chapeau. Google, AWS, Tesla Datacenter… « Nous menons déjà une centaine de projets dans les centres de données, confirme Estelle Brachlianoff. Ne serait-ce qu'au Royaume-Uni, nous avons 2 milliards de livres sterling de projets dans les tuyaux. » Exemple à Cambridge, avec le Wellcome Genome Campus : « La chaleur résiduelle d'un data center, associée à de la géothermie, fournira toute l'énergie nécessaire à ce grand hub de recherche, illustre la dirigeante. Notre cible, c'est de récupérer 20 % de la chaleur des data centers. Et de réduire de 75 % leur empreinte eau, par le recyclage, la réutilisation des eaux usées, etc. Nous avons même des projets de data centers à empreinte eau positive où, en plus de ces solutions, nous créons des zones humides à proximité. » S'agit-il de leur apporter plus de visibilité ? Sans doute ! Quoi qu'il en soit, toutes ces prestations à destination des centres de données viennent de trouver leur formalisation commerciale dans une nouvelle offre, baptisée « Data Center Resource 360 » (cf. encadré).

La société Veolia ne découvre pas non plus l'industrie microélectronique, puisqu'elle travaille déjà avec un grand nombre d'usines : celles de TSMC, Intel, Micron, STMicroelectronics… Elle contribue à assurer leurs approvisionnements en eau ultrapure, en solvants et autres acides. Pour cela, Veolia dispose par exemple de onze unités de régénération de solvants, auxquelles vont très prochainement s'ajouter deux autres – en Irlande et à Taïwan. À Taïwan est aussi mise au point une technologie (SAR Tech) qualifiée de « révolutionnaire » par Estelle Brachlianoff, en ce sens qu'elle permet, avec de l'acide sulfurique usagé, de produire un nouvel acide de qualité électronique. À la clé, une économie potentielle de 40 à 70 % par rapport à l'achat d'acide vierge, et une empreinte carbone réduite de plus de 50 %.

Une triple expertise au service du sur-mesure

L'intérêt stratégique que Veolia accorde à l'écosystème microélectronique-centres de données soutient l'accélération de la rotation de son portefeuille vers les technologies de l'eau et les déchets dangereux annoncée dans le plan GreenUp. Lancé en 2024 pour une durée de quatre ans, ce dernier prévoit également de consacrer un milliard d'euros à l'innovation « au service de la sécurité environnementale et écologique ». Il s'agit de contribuer à sécuriser l'accès aux ressources, pour les industriels, et à sécuriser l'avenir des services essentiels pour les collectivités. Forte de plus de 4 600 brevets, l'entreprise mène ses travaux de R&D dans 26 laboratoires sur cinq continents, auxquels s'ajoutera, d'ici quelques mois à Singapour, un centre dédié à la microélectronique.

Grâce à la force de frappe que lui confère sa taille (220 000 collaborateurs dans 44 pays, CA de près de 45 milliards d'euros en 2025), le groupe Veolia complète en permanence l'arsenal de solutions qu'il peut ensuite déployer sur le terrain en faisant du sur-mesure. « Car nos clients sont vraiment très locaux, répète la patronne du groupe. Ensuite, nous ne voulons pas écraser une mouche avec un marteau. » « Ça ne m'intéresse pas de savoir si l'on parle d'eau, de déchet ou d'énergie, poursuit-elle. Il se trouve que nous avons à notre disposition des briques, des solutions que nous avons inventées, et que nous les assemblons en fonction des besoins. »

La dernière ambition forte présentée lors de l'événement londonien concerne la face de l'IA et du digital appliquée à l'entreprise elle-même : à horizon 2030, Veolia entend ainsi porter à 50 % la part de l'efficacité opérationnelle obtenue grâce à ces technologies – part déjà passée de 10 à 23 % entre 2023 et 2025. « Ces 23 %, conclut la patronne du groupe, ont consommé l'équivalent de 2 000 tonnes de carbone. C'est-à-dire rien du tout à notre échelle. Systématiquement, notre IT étudie le rapport coûts-bénéfices des solutions digitales ou d'IA que nous souhaitons mettre en œuvre. Et nous ajustons nos outils à nos besoins. C'est d'ailleurs pour cela que Mistral AI fait partie de nos fournisseurs : ils sont Français et savent s'adapter. »

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