Le débat public relatif au projet de construction de deux EPR sur le site de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) débutera avec une première réunion publique à Gravelines le 17 septembre. Il s'achèvera le 17 janvier 2025, après une réunion de fermeture qui se tiendra à Dunkerque le 14 janvier. La construction de deux EPR à Gravelines participe à la mise en œuvre du programme nucléaire d'EDF de création de trois paires d'EPR.
Ce jeudi, à l'occasion d'une conférence de presse, Luc Martin, le président de la commission particulière du débat public, a expliqué que les sept garants comptent se pencher sur trois grands thèmes : le projet, son utilité et les solutions alternatives ; son insertion dans le territoire (le chantier comptera jusqu'à 8 000 travailleurs) ; et la sûreté et les enjeux environnementaux. Ces grands thèmes sont ressortis d'un cycle de 111 réunions préalables qui ont rassemblés 189 personnes intéressées au projet, dont 53 acteurs du territoire, 44 représentants d'associations (environnementales et pro ou antinucléaires), ou encore 24 représentants du tissu économique local.
Une série de réunions thématiques
Le débat sur le projet d'EPR de Gravelines fera l'objet d'une dizaine de réunions. Outre la réunion d'ouverture et celle organisée à quelques jours de la fin du débat, un autre temps fort sera la réunion de mi-parcours, organisée à Dunkerque le 21 novembre. Elle sera l'occasion de faire un point d'étape et de moduler, si besoin, l'orientation prise par le débat public.
111
C'est le nombre de réunions préalables desquelles sont ressortis les grands thèmes du débat public.
Une réunion publique se tiendra aussi en Belgique le 28 novembre, à Dixmud, afin de répondre aux demandes de participation de nos voisins d'outre-Quiévrain. « Ils sont très demandeurs », explique Luc Martin.
Parallèlement, la commission particulière du débat public souhaite réunir un groupe de citoyens durant trois jours pour les informer plus précisément (pendant les deux premiers jours) afin qu'ils rédigent un cahier d'acteurs. Et, bien sûr, les avis des citoyens et parties prenantes seront recueillis via le site internet du débat public (1) .
Répondre aux questions restées en suspens
Ce débat va s'ouvrir alors que la CNDP vient tout juste d'adopter un avis appelant EDF et l'État à répondre au plus vite à une série de questions restées en suspens à l'issue du précédent débat public relatif au projet d'EPR à Penly.
Marc Papinutti, le président de la CNDP, a saisi l'occasion pour évoquer les thèmes au cœur de ce rappel à l'ordre. L'un des principaux sujets est l'articulation des projets d'EPR avec la politique énergétique nationale, en particulier avec la révision des objectifs de la PPE d'avril 2020 qui se fait attendre. La CNDP veut que l'État et EDF « présentent clairement l'enchainement des textes législatifs, réglementaires, nécessaires pour mettre en œuvre le programme nouveau nucléaire, clarifient les étapes du processus décisionnel et en présentent les détails ».
Au-delà, des questions restent sans réponse concernant des sujets plus propres à la construction des réacteurs nucléaires. C'est le cas des enjeux économiques associés à la construction des EPR, notamment leur coût et leur financement ; de ceux relatifs à la production du combustible et à la gestion des matières et déchets radioactifs ; et des questions relatives aux risques liés aux dérèglements climatiques et aux épisodes caniculaires de forte intensité.






