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Santé-environnement : le champ d'action de la Commission de déontologie restreint

La Commission nationale de déontologie en santé-environnement ne recevra plus de manière sécurisée les alertes. Une conséquence d'un décret de la loi Waserman… regrettée notamment par le président de la Cndaspe.

Risques  |    |  D. Laperche
Santé-environnement : le champ d'action de la Commission de déontologie restreint
Actu-Environnement le Mensuel N°452
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La Commission nationale de déontologie en santé-environnement (Cndaspe) ne pourra plus recevoir les alertes de manière sécurisée : le site de dépôt ouvert en 2019 est désormais désactivé. « Ce site permettait à la Cndaspe de recevoir des saisines comportant des données devant rester confidentielles, ainsi que des informations qui peuvent la conduire à s'autosaisir, conformément aux dispositions de la loi qui l'a créée », regrette Denis Zmirou-Navier, président de la Commission.

Cette fermeture est liée à une évolution en cascade du cadre réglementaire. La première étape est positive pour les lanceurs d'alerte avec, en mars 2022, la loi Waserman qui a élargi la définition des lanceurs d'alerte en permettant à d'autres personnes que les salariés d'entreprise de jouer ce rôle. Autre point important : les salariés ne sont plus obligés de passer par la voie interne et leur hiérarchie, mais peuvent également faire des signalements externes à des autorités listées… dans un décret. C'est là que le bât blesse, selon la Commission.

“ Cet "oubli" est de nature à causer une injustice qui verrait des personnes physiques ou morales habilitées à la saisir être exposées au risque de ne pas bénéficier du nouveau régime de protection des lanceurs d'alerte ” Cndaspe
Ce fameux décret publié en octobre 2022 n'inclut pas la Cndaspe parmi les autorités qui recueillent les signalements relevant de la santé et de l'environnement et les traitent. « Cet "oubli" est de nature à causer une injustice qui verrait des personnes physiques ou morales habilitées, selon la loi, à la saisir, être exposées au risque de ne pas bénéficier du nouveau régime de protection des lanceurs d'alerte si elles devaient faire l'objet de menaces ou de représailles par des entités qu'elles auraient mises en cause par leur saisine », pointe la Commission. Celle-ci conseillait alors aux personnes pouvant être inquiétées d'adresser leur dossier au défenseur des droits.

Les alertes désormais orientées vers l'Igedd

Avec la suppression du site de dépôts sécurisé, ces demandes devront maintenant être orientées vers l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable (Igedd). « Après une longue période transitoire, notamment le temps que la réception des alertes puissent s'organiser, le site de dépôt d'alertes auprès de la Cndaspe a effectivement été substitué par des liens vers les autorités compétentes et ce, après de multiples échanges sur le sujet. L'autorité compétente pour l'environnement est l'Igedd, autorité indépendante, précise le ministère de la Transition écologique. Parallèlement, la Cndaspe (…) conserve ses deux autres missions dans les domaines de la santé et de l'environnement, celle d'accompagner des organismes publics d'expertise scientifique et technique dans l'amélioration de leurs pratiques en termes de déontologie et d'ouverture à la société civile ; et celle d'émettre des recommandations générales sur les principes déontologiques propres à l'expertise scientifique et technique. »

Une réorientation qui creuse encore l'écart avec l'ambition pour cet organisme imaginé dans la proposition initiale de la loi relative à l'indépendance de l'expertise et la protection des lanceurs d'alerte portée par Marie-Christine Blandin.

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