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Un additif pour doper les performances d'extraction des PFAS

Spuma, start-up incubée par le groupe Valgo, travaille à améliorer l'extraction des PFAS par fractionnement de mousse grâce à un additif. Elle vise le marché du traitement des rejets industriels, mais aussi celui de la production d'eau potable.

TECHNIQUE  |  Eau  |    |  D. Laperche
Un additif pour doper les performances d'extraction des PFAS
Environnement & Technique N°407
Cet article a été publié dans Environnement & Technique N°407
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Piéger les PFAS et faciliter leur remontée à la surface grâce à l'injection d'air (et la formation de bulles) dans les eaux contaminées : ce sont les idées sur lesquelles s'appuie Spuma, une start-up française incubée par le groupe Valgo, pour développer une solution d'extraction de polluants dits éternels dans les rejets des industries, de stations d'épuration, les lixiviats de décharges ou même, potentiellement, dans la production d'eau potable. La jeune pousse souhaite ainsi doper les performances de ce procédé d'extraction des PFAS par fractionnement de mousse grâce à l'ajout d'un additif, breveté à l'échelle internationale (un dépôt de brevet est en cours sur le plan national).

« Les PFAS sont des détergents : ils ont une tête polaire qui aime l'eau, et une queue apolaire qui la fuit : ils vont donc se placer naturellement à l'interface des bulles », explique Hugo Carronnier, chef de projet chez Spuma. Une fois à la surface, piégés dans cette mousse, les PFAS seront ensuite récupérés pour destruction.

Un additif pour se faire mousser

“ Nous sommes arrivés à descendre en dessous des limites de quantification pour les principaux PFAS à chaîne longue ” Hugo Carronnier, Spuma
L'atout de l'additif utilisé est qu'il se lie fortement aux PFAS et favorise la formation d'une mousse fine plus abondante et stable. « L'additif se fixe sur un groupement commun à de nombreux PFAS, détaille Hugo Carronnier. Les interactions hydrophobes des chaînes des PFAS vont ensuite stabiliser cette liaison. » Et donc améliorer le rendement de l'extraction. « Grâce à l'interaction de type ligand-récepteur de notre additif, nous atteignons les 99,9 % d'extraction et nous sommes arrivés à descendre en dessous des limites de quantification pour les principaux PFAS à chaîne longue, soit ceux comptant plus de six [atomes de] carbone », précise le chef de projet.

99,9 %

C'est le taux d'extraction des PFAS obtenu grâce à l'additif mis au point par Spuma.
Reste ensuite à traiter les PFAS récupérés avec la mousse. « C'est une mousse sèche, ce réduit au maximum la quantité de déchets produits : les PFAS sont concentrés dans un petit volume, souligne Hugo Carronnier. Nous avons fait des essais récemment avec un partenaire et nous obtenons des taux entre 0,1 et 0,01 % de déchets. » La jeune entreprise travaille sur un procédé d'élimination de ce concentrat en partenariat avec le CEA.

L'accréditation de l'additif pour le traitement de l'eau destinée à la consommation humaine est un autre gros chantier pour Spuma.

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